{"id":215835,"date":"2026-07-16T16:30:08","date_gmt":"2026-07-16T14:30:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215835"},"modified":"2026-07-16T16:30:08","modified_gmt":"2026-07-16T14:30:08","slug":"chroniques-02-aimer-le-prochain","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-02-aimer-le-prochain\/","title":{"rendered":"#chroniques #02 | aimer le prochain\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-02-aimer-le-prochain.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques #02 - aimer le prochain.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-5b4e2028-6b83-41a8-bc71-442f0bc897dd\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-02-aimer-le-prochain.pdf\">chroniques #02 &#8211; aimer le prochain<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-02-aimer-le-prochain.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-5b4e2028-6b83-41a8-bc71-442f0bc897dd\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\">.0 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[Je m\u2019en tiens \u00e0 5.400 s. Tout est \u00e9crit. Le choix importe aussi.]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.1 |<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>COMMENT RENOUER AVEC L\u2019HUMAIN SANS QUE CELA NE CO\u00dbTE<\/em><br>(ne co\u00fbte \u00e0 mort)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.2 | paysage vu du cirque (sans \u00e9l\u00e9phant)<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(ou bien est-il cach\u00e9 quelque part, ces animaux go\u00fbtant fort la discr\u00e9tion)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mur du chapiteau vibre \u00e0 chaque \u00e0 chaque bourrasque. Le kakemono oscille doucement dans le faible courant d\u2019air. Le psychologue a chaud, il avale une gorg\u00e9e d\u2019eau au goulot d\u2019une bouteille plastique pour moiti\u00e9 vide. Un paysage est d\u00e9coup\u00e9 par la porte ouverte\u00a0: soleil\u00a0; dans le tiers sup\u00e9rieur, ciel d\u00e9gag\u00e9. Le fils du d\u00e9funt-\u00e0-qui-l\u2019on-a-pr\u00e9c\u00e9demment-rendu-hommage sourit en regardant un imprim\u00e9. Le monsieur tr\u00e8s maigre \u00e0 lourdes lunettes m\u00e2chonne ses l\u00e8vres en prenant de minuscules notes po\u00e9tiques sur une grande feuille A3 divis\u00e9e en deux colonnes. La po\u00e9tesse en robe \u00e0 motif de vitrail consulte son t\u00e9l\u00e9phone portable en grattant distraitement une piq\u00fbre de moustique qu\u2019elle a dans le cou. L\u2019auteur de westerns se teint les cheveux, et \u00e7a se voit. Le dessinateur \u00e0 tee-shirt rose est le plus jeune des exposants. Le laurier-rose en pot porte des fleurs \u00e9closes. L\u2019organisateur en rouge quitte le bar quitte le bar et s\u2019avance dans l\u2019all\u00e9e. La dame en robe bleue se tient debout derri\u00e8re son stand et attend. La luminosit\u00e9 faiblit sur le ciel de toile blanche. La paroi du chapiteau est immobile. Le kakemono oscille cependant, l\u00e9g\u00e8rement. Le psychologue trouve que le maigre \u00e0 lunettes ressemble \u00e0 Michel Fourniret. La bande centrale du paysage est s\u00e9par\u00e9e de la bande inf\u00e9rieure par une cl\u00f4ture de lattes plant\u00e9es de guingois dans le sable \u2013 herbes couch\u00e9es dans la brise oc\u00e9anique. Le fils du d\u00e9funt est pench\u00e9 sur les publications install\u00e9es sur son stand. Le monsieur maigre trace une ligne droite \u00e0 l\u2019aide d\u2019une r\u00e8gle, pour s\u00e9parer le bas de la page de ce qui se trouve au-dessus et m\u00e2chonne ses l\u00e8vres. La po\u00e9tesse \u00e0 robe vitrail croise les bras au-dessus de la table, et les jambes au-dessous. L\u2019auteur de westerns gonfle les joues, il semble s\u2019ennuyer. Il y a un jeune gar\u00e7on qui feuillette les illustrations du dessinateur en rose, qui n\u2019est pas l\u00e0. Le laurier-rose n\u2019a pas de prise au vent. Deux dames discutent au bar. La dame en bleu s\u2019\u00e9vente \u00e0 l\u2019aide d\u2019un carton plastifi\u00e9 o\u00f9 est inscrit son propre nom. Le ciel blanc de toile est agit\u00e9 de vaguelettes. La paroi du chapiteau se tient bien droite. Le kakemono Dunombril oscille l\u00e9g\u00e8rement. Le psychologue d\u00e9dicace un ouvrage. Sur la bande inf\u00e9rieure du paysage, la plus lumineuse, la plus claire, une butte de sable o\u00f9 subsiste une herbe rare et l\u00e9preuse. Le fils du d\u00e9funt, debout, pointe quelque chose du doigt\u00a0; il est int\u00e9gralement v\u00eatu de toile kaki. Le monsieur maigre cherche laquelle des sept feuilles couvertes d\u2019inscriptions kabbalistiques il convient \u00e0 pr\u00e9sent de relire, et se passe les doigts sur les joues. La dame vitrail lit le programme de la journ\u00e9e, sur lequel elle figure. L\u2019auteur de westerns a chauss\u00e9 une paire de lunettes qui le vieillissent. Le dessinateur en rose, assis, cherche quelque chose sous la table, son dos ressemble \u00e0 une dune mouvante. Le dessinateur en rose passe devant le laurier-rose en pot. Six personnes se trouvent au bar. La dame en bleu consulte son t\u00e9l\u00e9phone. Le ciel de toile est immobile. Le mur du chapiteau est immobile. Le kakemono est immobile. Le psychologue est remerci\u00e9 par l\u2019organisateur en rouge. Le paysage n\u2019est plus agit\u00e9 par la brise marine. Le fils du d\u00e9funt discute avec deux femmes. Le monsieur maigre gomme quelque chose sur la partie centrale d\u2019une feuille. La dame vitrail a ferm\u00e9 les yeux\u00a0; devant elle, sur la table, se dresse un petit ventilateur aux allures de godemichet. En passant derri\u00e8re elle, l\u2019auteur de westerns d\u00e9range la femme vitrail de sa pause extase. Le dessinateur en rose regarde paisiblement, l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre, les grandes feuilles vierges d\u2019un cahier. Le laurier-rose est empot\u00e9. Le jeune gar\u00e7on est au bar. La dame en bleu souffle sur le bas de son t\u00e9l\u00e9phone comme si elle lui offrait un baiser. Le ciel de toile s\u2019agite. Le mur a un soubresaut. Le kakemono est immobile. Le psychologue s\u2019entretient avec une tr\u00e8s belle dame \u00e2g\u00e9e qui lui sourit doucement. Deux bancs vides dans le paysage. Le fils du d\u00e9funt s\u2019entretient avec des personnes de plus en plus nombreuses. Le monsieur maigre met un chapeau et s\u2019\u00e9loigne pr\u00e9cipitamment avec la mallette noire qui ne le quitte jamais. La femme vitrail s\u2019\u00e9loigne \u00e9galement, une bouteille plastique vide sous le bras, un verre ballon dans une main et dans l\u2019autre, un t\u00e9l\u00e9phone portable coll\u00e9 \u00e0 un paquet noir o\u00f9 est inscrit \u00ab\u00a0fumer tue\u00a0\u00bb. L\u2019auteur de westerns parle avec le dessinateur en rose, ses mouvements de bras imitent la danse des canards. Le dessinateur en rose l\u2019observe d\u2019un air goguenard, t\u00eate pench\u00e9e vers la droite. Le laurier-rose est sur le passage d\u2019une fum\u00e9e de cigarette qui vient de l\u2019ext\u00e9rieur. Le jeune gar\u00e7on essaie de poser ses coudes sur le bar, comme les grands \u2013 il a les bras lev\u00e9s. La dame en bleu caresse ses cheveux. Le ciel est en toile blanche. Le mur est immobile.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.3 | Perceval sur la route<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(&#8230;) Ce que je cherche \u00e0 dire dans les lignes qui pr\u00e9c\u00e8dent, c\u2019est que ce rapport \u00e0 la marche, au d\u00e9placement, est de plus en plus indispensable \u00e0 ma propre existence. (&#8230;) Mais le voyage ne forme pas la jeunesse. Le voyage ne forme rien si l\u2019on ignore pour quelle raison on l\u2019entreprend.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019\u00e9cris un roman dont le titre provisoire (le nom de code) est <em>Perceval<\/em>. Un jeune homme au destin tout trac\u00e9 (tout pr\u00e9vu par d\u2019autres) qui d\u00e9visse un jour, renonce \u00e0 tout et part au hasard. Il erre. Des pages durant, on le voit marcher. Car le sens des choses l\u2019a abandonn\u00e9. Le seul moyen pour lui de retrouver ce sens, c\u2019est de se mettre en qu\u00eate. Donc de marcher. Je sais qu\u2019il mourra de cela. Je sais aussi que je d\u00e9sire le faire rena\u00eetre. J\u2019ignore encore comment. Pour aider \u00e0 trouver, je marche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">[Ce n\u2019est pas le <em>livre de voyage que je n\u2019\u00e9crirai jamais<\/em>\u00a0; mais il se peut que ce soit celui que je ne puisse jamais achever]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\">.4 | cahier<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\">.5 | stagner dans la part la pire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce \u00e0 quoi je ne parviens pas\u00a0: \u00e9crire un texte qui me laisse un sentiment d\u2019aboutissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>.0 | [Je m\u2019en tiens \u00e0 5.400 s. Tout est \u00e9crit. Le choix importe aussi.] .1 | COMMENT RENOUER AVEC L\u2019HUMAIN SANS QUE CELA NE CO\u00dbTE(ne co\u00fbte \u00e0 mort) .2 | paysage vu du cirque (sans \u00e9l\u00e9phant) (ou bien est-il cach\u00e9 quelque part, ces animaux go\u00fbtant fort la discr\u00e9tion) Le mur du chapiteau vibre \u00e0 chaque \u00e0 chaque bourrasque. 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