{"id":215837,"date":"2026-07-16T17:49:56","date_gmt":"2026-07-16T15:49:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215837"},"modified":"2026-07-16T17:49:57","modified_gmt":"2026-07-16T15:49:57","slug":"chroniques-02-au-dela-des-apparences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-02-au-dela-des-apparences\/","title":{"rendered":"#chroniques #02 | Au-del\u00e0 des apparences"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_02-2.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques_#02.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-ecd64dff-e439-4821-888c-ef1f8183f671\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_02-2.pdf\">chroniques_#02<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_02-2.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-ecd64dff-e439-4821-888c-ef1f8183f671\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">1 | Au-del\u00e0 des apparences<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment vivre sans regarder au-del\u00e0 des apparences ?<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2 | Une chambre d&rsquo;il y a longtemps<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est une chambre d\u2019il y a longtemps, quand j&rsquo;allais en vacances chez ma tante qui \u00e9tait aussi ma marraine. Deux fen\u00eatres aux vitres compos\u00e9es de petits carreaux de verre fum\u00e9 sertis dans une g\u00e9ographie de baguettes de plomb. J\u2019avais toujours trouv\u00e9 \u00e7a un peu sinistre. Elles donnaient sur la rue, avec directement en face l\u2019acc\u00e8s vers l\u2019entr\u00e9e du bois. La nuit, tr\u00e8s peu d\u2019\u00e9clairage, un noir d\u2019encre. Entre les deux fen\u00eatres une coiffeuse de bois sombre, j\u2019ai le souvenir qu\u2019elle \u00e9tait basse. Un grand miroir, un plateau couvert d\u2019une plaque protectrice en verre sur lequel \u00e9taient plac\u00e9e une bo\u00eete \u00e0 bijoux &nbsp;et d\u2019autres choses dont je ne me souviens plus. Dessous, des espaces de rangement o\u00f9 \u00e9taient remis\u00e9s d\u2019anciens &nbsp;sacs \u00e0 mains et de vieilles chaussures. Dans le sens des aiguilles d\u2019une montre, sur le mur suivant, on aper\u00e7oit une photo encadr\u00e9e de l\u2019oncle (son mari), bel homme, &nbsp;en tenue militaire, assis sur une chaise, droit, fier, le cheveu couleur charbon, l\u2019\u0153il de jais, le teint basan\u00e9. C\u2019\u00e9tait avant qu\u2019il ne soit fait prisonnier et exp\u00e9di\u00e9 en Allemagne et en Boh\u00eame-Moravie pendant cinq ans, ou alors \u00e9tait-ce apr\u00e8s son retour&nbsp;? Je ne sais plus. \u00c0 droite, surplombant le lit o\u00f9 mes parents dormaient quand nous y allions ensemble, un cadre ovale en bois, muni d\u2019un verre bomb\u00e9, contenait un bouquet de fleurs s\u00e9ch\u00e9es ou un crucifix sur fond de velours grenat. Face aux fen\u00eatres et \u00e0 l\u2019or\u00e9e du bois, un autre cadre montrait une for\u00eat et un lac lugubres. Quand on est petit, la for\u00eat impressionne, surtout quand on vient de la ville. Et pour finir, la grande garde-robe \u00e0 quatre portes, remplie de v\u00eatements et de linge de toutes sortes. J\u2019avais douze ans et j\u2019\u00e9tais seule avec ma marraine. Elle me montrait ce qu\u2019elle avait dans son armoire. Je la revois sortir de son emballage une longue robe de chambre droite, l\u00e9g\u00e8rement \u00e9vas\u00e9e dans le bas, coup\u00e9e dans un tissu synth\u00e9tique vert p\u00e2le matelass\u00e9, col ras de cou, et rehauss\u00e9e d\u2019un n\u0153ud plat en velours marron clair dont les extr\u00e9mit\u00e9s larges et plates \u00e9galement couraient sur toute la hauteur du &nbsp;v\u00eatement. \u00ab&nbsp;C\u2019est de ce peignoir dont il faudra me v\u00eatir quand je serai morte&nbsp;\u00bb, me dit-elle en guise d\u2019explication.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">3 | Dans les \u00eeles du Nord<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;\u00c0 l\u2019exception d\u2019un seul, les voyages qui seraient relat\u00e9s dans ce livre n\u2019ont pas encore eu lieu. J\u2019en serais l\u2019unique lectrice. Son titre&nbsp;: <em>Dans les \u00eeles du Nord<\/em>. Il retracerait mes p\u00e9riples en Islande, dans les \u00celes F\u00e9ro\u00e9, les Lofoten, les Shetland, les Orcades ou dans l\u2019Archipel des H\u00e9brides. Ce ne serait pas vraiment un livre, mais un carnet constitu\u00e9 d\u2019un assemblage de feuilles dites volantes \u2013\u2013 papier aquarelle, papier kraft, papiers divers r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s \u2013\u2013 reli\u00e9es par mes soins.&nbsp; L\u2019essentiel de sa mati\u00e8re serait couleur, dessin, croquis, texture, plantes ou fleurs s\u00e9ch\u00e9es, collage. Il serait conserv\u00e9 dans une bo\u00eete o\u00f9 se seraient ajout\u00e9s des objets glan\u00e9s sur les plages, pierres, coquillages, petits morceaux de bois flott\u00e9. Il serait un dialogue entre moi et ces \u00eeles dont j\u2019aurais tent\u00e9 de m\u2019approcher par la finesse de l\u2019\u00e9crit, la douceur de l\u2019aquarelle, l\u2019intime de l\u2019image. Comme un pont entre elles et moi, pour y retourner au gr\u00e9 de mes envies et de mes besoins d\u2019espace et de grand large. J\u2019y chercherais le go\u00fbt des embruns et le murmure du vent, son grondement, sa caresse comme ses bourrasques, l\u2019insaisissable lumi\u00e8re. Un livre comme un r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-215847\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/IMG_3846-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">4 | Soleil du matin<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un extrait du chantier en cours. Dans le prologue, j\u2019avais \u00e9voqu\u00e9 cette femme qui prend une chambre d\u2019h\u00f4tel dans sa ville. La voici qui se r\u00e9veille apr\u00e8s sa premi\u00e8re nuit&nbsp;:<br>\u00ab&nbsp;Elle se r\u00e9veille d\u2019une nuit sans r\u00eave. Elle attache ses cheveux comme souvent quand elle se l\u00e8ve. Mais elle s\u2019attarde quelques instants dans le soleil du matin, rien ne presse, elle s\u2019assied, jambes repli\u00e9es qui d\u00e9passent du long T-shirt, elle croise les mains sur les tibias. Le lit fait face \u00e0 la grande fen\u00eatre rectangulaire dont elle n\u2019avait pas baiss\u00e9 le store. Le soleil se refl\u00e8te dans le b\u00e2timent d\u2019en face et comme par ricochet se r\u00e9percute sur les murs nus de la chambre tra\u00e7ant des contrastes d\u2019ombre et de lumi\u00e8re sur elle comme sur les murs, des verticales qui font \u00e9cho \u00e0 celles des immeubles offerts \u00e0 sa vue. Elle regarde devant elle, pensive. Mais que regarde-t-elle&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">5 | Se mettre \u00e0 nu<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout \u00e9crire serait se mettre \u00e0 nu, d\u00e9voiler ce qui n\u2019a pas encore trouv\u00e9 les mots justes pour se dire. Et j\u2019aime l\u2019id\u00e9e d\u2019un recto au verso inaccessible. Conserver la part de myst\u00e8re. Quoi de mieux pour y parvenir que le silence entre les mots ou dans les mots m\u00eame. Mais, par ailleurs, sans doute qu\u2019\u00e0 force d\u2019explorer, de creuser, de descendre dans le profond, de fr\u00f4ler les limites de l\u2019intime, celles-ci se laisseraient apprivoiser, deviendraient poreuses, permettraient peu \u00e0 peu le surgissement de fragments de petites dimensions d\u2019abord, puis de plus en plus vastes pareils \u00e0 des fruits murs pr\u00eats \u00e0 s\u2019offrir. Tout \u00e9crire, sans doute le travail d\u2019une vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | Au-del\u00e0 des apparences Comment vivre sans regarder au-del\u00e0 des apparences ? 2 | Une chambre d&rsquo;il y a longtemps C\u2019est une chambre d\u2019il y a longtemps, quand j&rsquo;allais en vacances chez ma tante qui \u00e9tait aussi ma marraine. Deux fen\u00eatres aux vitres compos\u00e9es de petits carreaux de verre fum\u00e9 sertis dans une g\u00e9ographie de baguettes de plomb. 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