{"id":216076,"date":"2026-07-17T15:55:54","date_gmt":"2026-07-17T13:55:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=216076"},"modified":"2026-07-17T15:57:52","modified_gmt":"2026-07-17T13:57:52","slug":"chroniques-02esprit-da-propos","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-02esprit-da-propos\/","title":{"rendered":"#chroniques #02|Esprit d\u2019\u00e0-propos"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques02_Esprit-da-propos_MAG.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 #chroniques#02_Esprit d&apos;\u00e0-propos_MAG.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-82b9f2ac-be84-4534-8ea9-b892abbab372\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques02_Esprit-da-propos_MAG.pdf\">#chroniques#02_Esprit d&rsquo;\u00e0-propos_MAG<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques02_Esprit-da-propos_MAG.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-82b9f2ac-be84-4534-8ea9-b892abbab372\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>1|13 juillet 2026<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment faire sans internet&nbsp;deux heures durant ?<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-small-font-size\"><code><em>13\u00a0:51 Un incident impacte votre ligne 0474\u2026 Retour pr\u00e9vu le 17\/07 en fin de journ\u00e9e. Laissez la box allum\u00e9e. Pendant la coupure internet, nous vous offrons\u2026<\/em>\n<em>15\u00a0:56 Notre intervention est termin\u00e9e.<\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>3|Terres froides<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les terres froides sont derri\u00e8re le coteau. Des mauvaises langues disent que parfois ceux qui les habitent ne voient pas le soleil de la journ\u00e9e et par surench\u00e8re de la semaine. Par comparaison de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du versant c\u2019est le \u00ab&nbsp;petit Nice&nbsp;\u00bb. Je ne parle pas de ces terres froides que j\u2019ai travers\u00e9es pendant quelques ann\u00e9es pour aller travailler \u00e0 trente-cinq kilom\u00e8tres de chez moi. Je parle des terres australes. Celles situ\u00e9es au sud de la boussole, au pays des 40<sup>\u00e8me<\/sup> rugissants. Je me demande si en allant l\u00e0-bas j\u2019aurais la t\u00eate \u00e0 l\u2019envers. J\u2019observerai la faune probablement plus importante que la flore parce que quelle fleur aurait l\u2019id\u00e9e saugrenue de s\u2019implanter si bas sous l\u2019\u00e9quateur&nbsp;? Ce \u00e0 quoi je r\u00e9torque \u00e0 qui pose la question quelle id\u00e9e saugrenue a eu cette fleur de pousser dans mon jardin alors qu\u2019il fait si terriblement chaud et qu\u2019il est si terriblement sec&nbsp;? Les fourmis viennent r\u00e9cup\u00e9rer l\u2019eau que je lui porte dans mon arrosoir perc\u00e9 avec leurs petits sots ou leurs petites cuill\u00e8res et je vois leur galerie affleurer \u00e0 la surface de la terre fine qu\u2019inlassablement elles criblent au pied des plants de courgettes. Pas de courgette en terres australes. D\u2019ailleurs qu\u2019y mange-t-on&nbsp;? qu\u2019y produit-on&nbsp;? si tant est qu\u2019on puisse y vivre. L\u2019id\u00e9e d\u2019un lieu vierge de toute civilisation est s\u00fbrement hypoth\u00e9tique. Que les \u00eeles se trouvant en terres australes et ressemblant \u00e0 des lentilles d\u2019eau ou des iris de l\u2019\u0153il sur l\u2019eau reposent en paix. Je tairai leurs secrets.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>2|Par les yeux du ventilateur<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"576\" height=\"1024\" data-id=\"216079\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-576x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-216079\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-576x1024.jpg 576w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-236x420.jpg 236w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-768x1365.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-864x1536.jpg 864w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-1152x2048.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20240526_101423-scaled.jpg 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 576px) 100vw, 576px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right alignfull has-small-font-size wp-block-paragraph\">Photographie CM|26\/05\/2024<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La t\u00eate du ventilateur pivote \u00e0 180 degr\u00e9s. Il est plac\u00e9 au milieu du couloir qui occupe un quart de la surface de l\u2019appartement, trois \u00e0 quatre fois plus long que large, orient\u00e9 nord-sud dans sa longueur. Carrelage de couleur marron datant de la fin des ann\u00e9es cinquante, ann\u00e9es soixante, carreaux de dix centim\u00e8tres sur dix. Face \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e, un placard mural fermant avec une cl\u00e9. Peinture de couleur neutre, je dirai beige, assez clair. A droite de la porte du placard, mur d\u2019une trentaine de centim\u00e8tres de large avec interrupteur et prise de courant \u00e0 un m\u00e8tre du sol. Deux portes ouvertes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la pi\u00e8ce donnent sur le s\u00e9jour-salle-\u00e0- manger disposant d\u2019un balcon en b\u00e9ton plein. Deux baies vitr\u00e9es sur la fa\u00e7ade plein ouest donnent sur l\u2019avenue de Saxe. En 2024 on apercevait le haut des platanes. Au centre de la pi\u00e8ce en parquet vitrifi\u00e9, il n\u2019y a plus de tapis. La vieille femme est morte. A gauche, les deux fauteuils et le meuble de radio en bois laqu\u00e9 des ann\u00e9es soixante qui les s\u00e9paraient ont disparu. Sur le mur au-dessus, la trace en ogive de ce qui devait \u00eatre un petit miroir. Vers la porte fen\u00eatre \u00e0 gauche, un radiateur recouvert d\u2019une tablette en marbre. Les baies vitr\u00e9es centrales ne s\u2019ouvrent pas. Au-dessus des baies vitr\u00e9es, deux caissons pour les volets roulants noircis par la poussi\u00e8re de la rue. De chaque c\u00f4t\u00e9 le bras actionnant l\u2019ouverture et la fermeture des stores pendent. Sur la droite la silhouette d\u2019un buffet marque le mur. Revenant dans le couloir \u00e0 droite, un nouveau placard mural fait pendant au pr\u00e9c\u00e9dent, puis une nouvelle porte, ouverte sur une chambre qui doit donner sur l\u2019avenue. Au sol, on aper\u00e7oit du plancher vitrifi\u00e9. Seules deux suspensions en forme de lanterne ont \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es au plafond du couloir ainsi que deux miroirs muraux d\u2019environ deux m\u00e8tres de haut sur un m\u00e8tre de large tenus par des boulons \u00e0 la t\u00eate hexagonale et chrom\u00e9e de part et d\u2019autre d\u2019une porte ferm\u00e9e de couleur beige. La t\u00eate du ventilateur ne tourne pas suffisamment pour voir la deuxi\u00e8me chambre dans l\u2019angle nord-est de l\u2019appartement. Entend-on des martinets\u00a0dans la cour int\u00e9rieure ? C\u00f4t\u00e9 est, le ventilateur ne voit pas le placard mural ferm\u00e9 avec une cl\u00e9 ni la l\u00e9g\u00e8re saillie correspondant \u00e0 l\u2019armoire \u00e9lectrique sur le palier derri\u00e8re son dos. Dans le renfoncement qui suit, sa t\u00eate aveugle ignore le combin\u00e9 de l\u2019interphone, le bo\u00eetier devenu inutile de l\u2019aide \u00e0 domicile, la petite plaque du branchement internet, la porte d\u2019entr\u00e9e imposante en bois de ch\u00eane \u00e9quip\u00e9e d\u2019un judas, la porte vitr\u00e9e en verre d\u00e9poli ouverte sur le couloir permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la cuisine. Au sud le trou noir de la salle de bain sans ouverture. A sa droite un radiateur recouvert lui aussi d\u2019une tablette en marbre. Une\u00a0 derni\u00e8re pi\u00e8ce se trouve dans l\u2019angle sud-ouest. Parquet vitrifi\u00e9. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>4|D\u2019eau de glace et de soleil<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9t\u00e9 je lis des romans westerns dans la collection \u00ab\u00a0L\u2019Ouest, le vrai\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9e en 2013 par Bertrand Tavernier chez Actes Sud. Les paysages sont chauff\u00e9s \u00e0 blanc comme ma plaine is\u00e9roise. J\u2019imagine tr\u00e8s bien la suffocation. Le soleil sera au c\u0153ur de la proposition d\u2019\u00e9criture de mon atelier fin de mois. J\u2019ai relev\u00e9 des occurrences du mot soleil dans des phrases emprunt\u00e9es \u00e0 plusieurs romans de la collection ainsi que dans les romans de Craig Johnson dont les histoires se d\u00e9roulent dans le comt\u00e9 d\u2019Absaroka dans le Wyoming. Il y fait aussi tr\u00e8s chaud sauf quand il neige et que les temp\u00e9ratures chutent en-dessous de 0\u00b0C \u00e0 la fin du mois de mai. Et l\u00e0 vous \u00eates content de lire une enqu\u00eate de Walt Longmire, le sh\u00e9rif, quand il fait 40\u00b0C dehors, c\u2019est comme ouvrir le r\u00e9frig\u00e9rateur dans votre cuisine. J\u2019ai \u00e9galement en t\u00eate le titre du recueil d\u2019H\u00e9l\u00e8ne Cadou <em>J\u2019ai le soleil \u00e0 vivre <\/em>et celui du petit opuscule de Paul-Andr\u00e9 Landes <em>73 fois l\u2019\u00e9t\u00e9<\/em>. La consigne d\u2019\u00e9criture est en bonne voie. Et je n\u2019oublie pas que dans le Nebraska l\u2019hiver <em>Il n\u2019y a vraiment pas assez de soleil pour pr\u00e9server la vie<sup>1<\/sup><\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>5|Iceberg \u00e0 la d\u00e9rive<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois de plus dans le livre que je suis en train de lire<sup>1<\/sup> je tombe sur le sujet qui nous int\u00e9resse : <em>Pourquoi devrions-nous \u00eatre limit\u00e9s par une s\u00e9rie de p\u00e9rim\u00e8tres infranchissables\u00a0? <\/em>Le narrateur s\u2019interroge <em>O\u00f9 se trouvent mes limites\u00a0? Et qui les pose\u00a0?<\/em> Avant d\u2019affirmer un peu plus loin <em>Les gens sont limit\u00e9s par leurs obsessions essentielles, qui caract\u00e9risent la nature de leur expression, que ce soit le sport, l\u2019\u00e9levage de bestiaux, la Bourse, l\u2019anthropologie, l\u2019histoire de l\u2019art ou autre chose. <\/em>Autre chose. Par exemple l\u2019\u00e9criture.\u00a0 Et de conclure <em>Pour une fois, la moiti\u00e9 de mon esprit n\u2019avait pas grand-chose \u00e0 dire \u00e0 l\u2019autre.<\/em> Peut-\u00eatre que tout se tient dans ce pas grand-chose. Il faut dire qu\u2019il fait chaud et que l\u2019\u00e9criture fond comme neige au soleil. Quand il fait froid elle se r\u00e9tracte comme un sexe tout recroquevill\u00e9. Toutes les conditions ne sont jamais r\u00e9unies trop chaud trop froid pas le temps pas le moment pas l\u2019envie pas l\u2019id\u00e9e mais c\u2019est l\u00e0 et \u00e7a bute contre les dents. Ce qui s\u2019\u00e9crit arrivant \u00e0 franchir l\u2019obstacle s\u2019adosse \u00e0 ce qui ne s\u2019\u00e9crit pas dans les proportions de l\u2019iceberg. Environ 92 % du volume de l\u2019iceberg est situ\u00e9 sous la surface de l\u2019eau et il est difficile de d\u00e9terminer la forme qu\u2019adopte la partie immerg\u00e9e \u00e0 partir de sa pointe. L\u2019iceberg se d\u00e9robe sans cesse \u00e0 la vue. Il suffit de voir la rapidit\u00e9 \u00e0 laquelle le Titanic a coul\u00e9 apr\u00e8s avoir but\u00e9 sur un iceberg jusqu\u2019au dernier moment invisible \u00e0 l\u2019\u0153il nu \u2013 mais c\u2019est que la longue vue n\u2019\u00e9tait pas mont\u00e9e \u00e0 bord du bateau ni le propri\u00e9taire de la longue vue ayant \u00e0 faire ailleurs \u2013 tout de m\u00eame \u00e0 quoi \u00e7a tient un naufrage. Ce dont je suis s\u00fbre avant de couler c\u2019est l\u2019obstination de mon \u00e9criture celle qui vingt fois sur le m\u00e9tier se remet \u00e0 l\u2019ouvrage cherchant sa forme \u2013 la question de la forme est essentielle mais peut-\u00eatre me tromp\u00e9-je \u2013 et j\u2019accepte mes limites de n\u2019\u00e9crire ni nouvelle ni roman ni polar ni SF ni th\u00e9\u00e2tre ni ni ni et d\u2019\u00e9crire sans limite des textes comme autant de gammes. <\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-8f761849 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><sup>1<\/sup> Jim Harrison, <em>La route du retour<\/em>, traduit de l\u2019anglais par Brice Matthieussent, Christian Bourgois \u00e9diteur, 1998<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1|13 juillet 2026 Comment faire sans internet&nbsp;deux heures durant ? 3|Terres froides Les terres froides sont derri\u00e8re le coteau. Des mauvaises langues disent que parfois ceux qui les habitent ne voient pas le soleil de la journ\u00e9e et par surench\u00e8re de la semaine. Par comparaison de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du versant c\u2019est le \u00ab&nbsp;petit Nice&nbsp;\u00bb. 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