{"id":21678,"date":"2019-12-24T11:17:20","date_gmt":"2019-12-24T10:17:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=21678"},"modified":"2019-12-24T11:26:21","modified_gmt":"2019-12-24T10:26:21","slug":"paria","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/paria\/","title":{"rendered":"Paria"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Le jeu des visages\ninvers\u00e9s<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ton visage au dessus du mien,\nretourn\u00e9&nbsp;: une esp\u00e8ce de gueule incompr\u00e9hensible et\ngrotesque. Tes longs cheveux s&rsquo;enracinent dans ma nuque, te dessinent\nune barbe, tes sourcils tracent des cernes en dessous des yeux. Entre\nles deux s&rsquo;insinuent les rides du lion soudain chang\u00e9es en un genre\nde truffe, alors que ton front, dans cet autre monde, h\u00e9rite de deux\ngrosses l\u00e8vres et d&rsquo;une moustache en guidon. Et puis, au beau milieu\ndu simulacre, un rire transperce ton cr\u00e2ne comme une balle \u2013\nfragments blancs, trou b\u00e9ant, rouge et noir. Une main venue de nulle\npart m\u00e9lange encore les cartes.  \n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Comme si<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme si tu \u00e9tais n\u00e9e d&rsquo;un ch\u00e2teau\nde sable et qu&rsquo;un jour l&rsquo;enfant qui te cr\u00e9a te bourra de coups de\npoings. Comme si tes yeux ton nez ta bouche nourrissaient des r\u00eaves\nd&rsquo;absence. Comme si tes cheveux pleuvaient des cordes sur ton\nportrait. Comme si ta peau \u2013 vitre embu\u00e9e \u2013 crissait sous les\ncaresses. Comme si chaque nuit, tes grimaces rejouaient le m\u00eame\ndisque. \n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Journal<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">17 janvier&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je l&rsquo;imagine de\ndos, une partie du corps masqu\u00e9e par une porte entrouverte. Son\nimage se refl\u00e8te dans un miroir au teint piqu\u00e9 des t\u00e2ches sombres,\nvaguement \u00e9clair\u00e9 d&rsquo;un n\u00e9on clignotant et blafard. Elle peigne une\ntouffe \u00e9paisse de longs cheveux noirs, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une t\u00e2che qui\nse confond \u00e0 celles du miroir, mais semble bouger en m\u00eame temps que\nson visage, attire mon attention. Je resserre le cadre. Gros plan sur\nson reflet, une partie de sa nuque, son oreille et son \u00e9paule\ndroite. Seulement, l&rsquo;obstacle du n\u00e9on, tel un muscle de l\u2019\u0153il qui\ntressaute, coupl\u00e9 \u00e0 celui des salissures de la glace, m&rsquo;interdisent\nde soustraire l&rsquo;image de cette fille \u00e0 l&rsquo;ambiance g\u00e9n\u00e9rale. Je\npeux cependant avancer qu&rsquo;elle est jeune, sans \u00eatre adolescente, et\nqu&rsquo;une trace, en tous cas quelque chose de pas commun, glisse de la\ntempe droite \u00e0 la pommette \u2013 peut-\u00eatre descend-elle jusqu&rsquo;au bas\nde l&rsquo;oreille et une partie de la nuque, \u00e0 moins que ce ne soit\nqu&rsquo;une ombre, car  la parcelle de peau couvrant la pommette et la\ntempe est plus rose et semble froiss\u00e9e, pareillement aux parchemins.\nPar une sorte d&rsquo;association bizarre me revient l&rsquo;expression roumaine\n<em>\u00ab&nbsp;a ii crapa obrazul de rusine\u00bb<\/em> qui signifie <em>\u00ab&nbsp;perdre\nla face&nbsp;\u00bb<\/em>, mais se traduit litt\u00e9ralement en Fran\u00e7ais\npar&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;avoir la joue fendue \u00e0 cause de la honte&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">18 janvier&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a quelques\nann\u00e9es j&rsquo;ai fait la furtive rencontre d&rsquo;une femme, contr\u00f4leuse de\ntrain, amput\u00e9e de la main gauche (sans ce d\u00e9tail je l&rsquo;aurais sans\ndoute oubli\u00e9e). Je la croisai dans le Thalys quelque part entre\nParis et Bruxelles. Elle avait log\u00e9 sa poin\u00e7onneuse dans le plis du\ncoude. Sa main droite attrapait nos billets tandis que les regards\nincapables de composer avec cette absence butaient sur l&rsquo;anomalie\navant de vite revenir sur autre chose \u2013 ses yeux, le voisin d&rsquo;en\nface, le paysage derri\u00e8re la vitre \u2013 comme on s&rsquo;accroche au\npremier venu pour ne pas glisser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>L&rsquo;enfant\net la jeune fille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Long silence<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: \u00e7a fait mal?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle: Pas tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Silence<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: Pourquoi des fois \u00e7a fait mal et des fois non?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un temps<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: Hein? dis.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Elle l\u00e8ve les yeux en l&rsquo;air et prend une grande respiration avant de r\u00e9pondre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle: C&rsquo;est comme ceux qui se sont cass\u00e9 la jambe, tu vois. M\u00eame si \u00e7a fait longtemps et que maintenant ils peuvent courir, sauter ou jouer au foot comme tout le monde, quand il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0  pleuvoir par exemple, \u00e7a leur arrive de souffrir comme avant. D\u00e8s qu&rsquo;ils sentent la pluie, la vieille blessure revient.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Il grimace en la d\u00e9visageant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: Et si on habite un pays o\u00f9 il pleut tout le temps?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle: J&rsquo;imagine qu&rsquo;on s&rsquo;habitue. On a toujours mal, mais sans y penser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: Euh&#8230; c&rsquo;est pas possible, \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle: Bien s\u00fbr que si.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: Ah ouais? Et comment c&rsquo;est possible?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle: Je sais pas!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un long silence pendant lequel il ne la quitte pas des yeux.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lui: On dirait bien qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui t&rsquo;as un peu mal, non?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Sur\nl&rsquo;automutilation du visage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">\n\u00ab&nbsp;Nous sommes tous coupables de tout et de tous devant tous, et\nmoi plus que les autres&nbsp;\u00bb <em>Dostoiesvski<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">\u00abLa\nmeilleur mani\u00e8re de rencontrer autrui c&rsquo;est de ne pas m\u00eame\nremarquer la couleur de ses yeux&nbsp;\u00bb<em> Levinas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e9figurer\u00a0: rendre quelqu&rsquo;un m\u00e9connaissable. Donner une id\u00e9e fausse de quelque chose. D\u00e9former. D\u00e9naturer. Dans la (d\u00e9)figuration se trouve l&rsquo;id\u00e9e de d\u00e9faire. Du latin \u00ab\u00a0figura\u00a0\u00bb signifiant la forme, l&rsquo;aspect. La d\u00e9figuration serait presque d\u00e9j\u00e0, dans sa d\u00e9finition, comme une fracture dans l&rsquo;\u00eatre\u00a0; ainsi la laideur dit quelque chose de l&rsquo;envers du monde. Contempler la laideur c&rsquo;est \u00eatre dessaisi. De ce mouvement na\u00eet un bouleversement radical qui me d\u00e9fait de mes rep\u00e8res, des significations institu\u00e9es, du spectacle d&rsquo;apparition des choses. L&rsquo;acte d&rsquo;automutilation en lui-m\u00eame n&rsquo;est pas une pulsion de mort, mais au contraire, une pulsion de vie. Je me risquerais m\u00eame \u00e0 avancer que ce pourrait \u00eatre l&rsquo;expression, encore non conscientis\u00e9e, d&rsquo;une d\u00e9marche artistique, voire m\u00eame politique, du monde. Quelque chose entre la performance, l&rsquo;art brut et le sabotage. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;automutilation n&rsquo;est pas une pratique sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;\u00eatre humain. Les primates et les volatiles y ont souvent recours pour protester contre la captivit\u00e9. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire\u00a0? Que chaque \u00e9poque h\u00e9rite de la r\u00e9volte qu&rsquo;elle m\u00e9rite. Dans une \u00e9poque sur-esth\u00e9tis\u00e9e comme la n\u00f4tre, o\u00f9 la question de la repr\u00e9sentation de soi-m\u00eame s&rsquo;av\u00e8re omnipr\u00e9sente, il est logique que sa r\u00e9futation prenne le visage comme support. Le monstre de notre soci\u00e9t\u00e9 ultra mat\u00e9rialiste pourrait \u00eatre, comme l&rsquo;indique Michel Journiac, ce \u00ab\u00a0 corps r\u00e9ifi\u00e9, objet-conscience se contestant lui-m\u00eame, ali\u00e9nation se refusant dans le surgissement du NON\u00a0\u00bb.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Paysage <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps a grav\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9corce rugueuse du vieux peuplier des  losanges et des crevasses aux significations bizarres. La base du tronc a \u00e9t\u00e9 creus\u00e9e par je ne sais quel insecte ou quelle maladie\u00a0: le trou laiss\u00e9 est si profond qu&rsquo;un petit enfant pourrait venir s&rsquo;y loger sans probl\u00e8me. Une lourde branche se repose un peu sur le flanc de la dune puis s&rsquo;\u00e9lance en tanguant sous les bourrasques, tandis que la mer qui se fait entendre sans se laisser voir, gronde comme un chien malade derri\u00e8re le d\u00f4me de sable. On gravit la dune en s&rsquo;aidant des mains et de l\u00e0-haut, dominant l&rsquo;ensemble, on s&rsquo;imagine que la mer perdue au loin aurait pu avoir \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e du paysage, laissant la plage \u00e0 vif comme lorsqu&rsquo;on a gratt\u00e9 une blessure. Au dessus glisse une machinerie de nuages fouillant les rayons d&rsquo;un soleil p\u00e2le dans la chair vein\u00e9e de vase et d&rsquo;algues, o\u00f9 ruisselle une h\u00e9morragie de fluides bleus et noirs d\u00e9bordant des sillons plus profonds. Des bubons de mousse blanch\u00e2tre s&rsquo;accrochent aux abords, se gondolant dans le vent comme une gel\u00e9e immonde. \u00c0 certains endroits c&rsquo;est une ramification de petits vaisseaux \u00e9clat\u00e9s qui infusent par touches tout un  nuancier complexe de vert-brun sur le sable durci et sculpt\u00e9 de vaguelettes, \u00e0 d&rsquo;autres ce sont des boursouflures pareilles aux repr\u00e9sentations des r\u00e9gions montagneuses sur les cartes g\u00e9ographiques en relief. L\u00e0 dessous palpite une vie microbienne dont le souffle besogneux s&rsquo;\u00e9chappe des pores par petites bulles. C&rsquo;est ici que se cachent les vives, ces poissons qu&rsquo;on appelle aussi \u00ab\u00a0sorci\u00e8res\u00a0\u00bb \u00e0 cause de leur moue peu engageante. Elles s&rsquo;enfouissent dans la mati\u00e8re en ne laissant affleurer la surface que leurs grands yeux mouill\u00e9s et leur \u00e9pine dorsale gorg\u00e9e de poison.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Liste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nLe front de Ian Curtis<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nLes sourcils de Frida Kahlo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nLes yeux de Geronimo<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nLa frange de Catherine Ringer \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Rita Mitsouko<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nUn peu de la tristesse de \u00ab&nbsp;<em>la ramasseuse d&rsquo;\u00e9paves&nbsp;<\/em>\u00bb\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nLe c\u00f4t\u00e9 punk de ma prof d&rsquo;espagnol<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Appel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">\nDimanche 22 d\u00e9cembre 2019<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> J&rsquo;\u00e9cris comme on lance une bouteille \u00e0 la mer car il semblerait qu&rsquo;un jour \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, dans un hall de gare ou dans le couloir transi d&rsquo;\u00e9chos d&rsquo;une prison, j&rsquo;ai  rang\u00e9 un visage par inadvertance dans mes affaires. Je dis hall de gare, h\u00f4pital et prison comme j&rsquo;aurais pu dire arr\u00eat de bus ou salle d&rsquo;attente. La seule chose dont je suis certain, c&rsquo;est que ce visage fuit les lieux communs comme la peste \u2013 J&rsquo;en arrive donc \u00e0 cette conclusion\u00a0: <em>je<\/em> passais par l\u00e0, <em>il<\/em> souhaitait rentrer chez lui. Il me regarde au moment m\u00eame o\u00f9 j&rsquo;\u00e9cris ces lignes et je comprends qu&rsquo;il cherche \u00e0 me dire quelque chose. Or, ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est que nous ne parlons pas la m\u00eame langue. Le bon samaritain d&rsquo;homme occidental que je suis, nourri aux r\u00e9flexes patriarcaux sur fond de culpabilit\u00e9 chr\u00e9tienne, s&rsquo;est empress\u00e9 de croire qu&rsquo;il avait affaire \u00e0 une victime. Je l&rsquo;ai donc invit\u00e9 \u00e0 venir sur mes genoux, mais il s&rsquo;y est oppos\u00e9 avec une telle violence qu&rsquo;aussit\u00f4t je le rangeai dans la cat\u00e9gorie des sauvages. Qui plus est, je le soup\u00e7onne de se mouvoir en quatre dimensions. N&rsquo;\u00e9tant, pour ma part, parvenu qu&rsquo;au niveau 3, ce que je prends pour de la r\u00e9alit\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un trompe l\u2019\u0153il. Cela m&rsquo;angoisse \u00e0 tel point que mon inconscient s&#8217;empare de la question pour la travailler dans mes r\u00eaves. L&rsquo;autre nuit par exemple, je me suis retrouv\u00e9 sage femme. Il y avait en face de moi un ventre nu et gonfl\u00e9, un sexe f\u00e9minin, des cuisses \u00e9cart\u00e9es, les pieds reposant sur les \u00e9triers. Arm\u00e9 d&rsquo;un monitoring je faisait voyager nerveusement une esp\u00e8ce de manette lubrifi\u00e9e sur le ventre de la femme inconnue, pendant que, simultan\u00e9ment sur l&rsquo;\u00e9cran, apparaissait  l&rsquo;image d&rsquo;un visage d\u00e9form\u00e9. Ne serait-ce que pour ma sant\u00e9 mentale et l&rsquo;hygi\u00e8ne de sa vie personnelle, il est grand temps que ce visage retrouve un corps pour le v\u00e9hiculer. Ensemble nous avons pris l&rsquo;habitude de nous promener tous les jours \u00e0 la plage. Il affectionne tout particuli\u00e8rement le grand air. Je le sais jeune, bien qu&rsquo;il semble avoir beaucoup v\u00e9cu. Je reconnais en lui la m\u00eame patience qui accompagne les enfants malades, mais j&rsquo;ai la vague impression qu&rsquo;il ne faudrait pas trop se fier \u00e0 la dr\u00f4le de t\u00e2che qui cours sur son profil. Selon moi  c&rsquo;est une ruse de cam\u00e9l\u00e9on. Je n&rsquo;ai pas encore bien compris ce qui anime ce d\u00e9sir constant de brouiller les pistes, ce besoin de sans cesse vous repousser dans vos retranchements\u00a0; serait-ce un cri d&rsquo;alarme, un plaisir sadique, un souci de vengeance, une mani\u00e8re de snobisme, une tendance parano\u00efaque, bipolaire, un coup de g\u00e9nie\u00a0? Je peux affirmer en revanche  que cette t\u00e2che n&rsquo;est pas contagieuse (bien qu&rsquo;elle titille un peu l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal) et que le visage qui en est d\u00e9positaire ne mord pas (bien qu&rsquo;il ex\u00e8cre les caresses).  Si vous avez ne serait-ce qu&rsquo;une petite id\u00e9e de qui se cache derri\u00e8re ce  visage, merci de me contacter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nCordialement, \n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\nFranck. \n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le jeu des visages invers\u00e9s Ton visage au dessus du mien, retourn\u00e9&nbsp;: une esp\u00e8ce de gueule incompr\u00e9hensible et grotesque. Tes longs cheveux s&rsquo;enracinent dans ma nuque, te dessinent une barbe, tes sourcils tracent des cernes en dessous des yeux. Entre les deux s&rsquo;insinuent les rides du lion soudain chang\u00e9es en un genre de truffe, alors que ton front, dans cet <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/paria\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Paria<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":90,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[],"class_list":["post-21678","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-personnages-1-visages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/90"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21678"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21678\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}