{"id":216886,"date":"2026-07-24T16:46:53","date_gmt":"2026-07-24T14:46:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=216886"},"modified":"2026-07-24T16:48:13","modified_gmt":"2026-07-24T14:48:13","slug":"chroniques-03-de-cote","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-03-de-cote\/","title":{"rendered":"#chroniques #03 | de c\u00f4t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-03-de-cote.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques #03 - de c\u00f4t\u00e9.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-1426db06-e270-4cbc-8abe-8ef8b43eb3bc\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-03-de-cote.pdf\">chroniques #03 &#8211; de c\u00f4t\u00e9<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques-03-de-cote.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-1426db06-e270-4cbc-8abe-8ef8b43eb3bc\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.1 |<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>\u00c9COUTE LA NUIT LIBRE QUI VIT SANS NOUS<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.2 | tra\u00een\u00e9e d\u2019oreille<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026 Eh oui, c\u2019est nous \u2026 Martine est au bord de l\u2019attaque, l\u00e0 \u2026 Orange, j\u2019en ai par-dessus la t\u00eate \u2026 Le Jet Stream s\u2019est s\u00e9par\u00e9 en deux, c\u2019est pour \u00e7a &#8230; Allez, on respire bien avec les jambes \u2026 \u00c0 Vannes&nbsp;?! \u2026 Tu m\u2019\u00e9tonnes ben oui ah ben oui tu m\u2019\u00e9tonnes \u2026 Finalement, vous \u00eates une escargot \u2026 Alceste, reviens&nbsp;! \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.3 |<\/strong> (<em>Perceval<\/em>)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle dit qu\u2019elle n\u2019appr\u00e9cie rien, le dimanche. Elle dit&nbsp;: le dimanche, \u00e7a me fiche l\u2019\u0153uf. Elle ne peut rien faire de son dimanche. Avoir l\u2019\u0153uf, tu vois bien ce que \u00e7a signifie&nbsp;: c\u2019est ignorer comment <em>occuper<\/em> le temps, rester amorphe. Se d\u00e9sesp\u00e9rer d\u2019\u00eatre \u00e0 la veille de lundi. Toute la semaine, elle dit qu\u2019elle n\u2019a le temps de rien. Elle court, toute la semaine. Entre son travail et les t\u00e2ches que se doit d\u2019effectuer une femme pour avoir l\u2019assurance d\u2019agir en bonne m\u00e8re. Elle dit&nbsp;: Toute la semaine, c\u2019est simple, il n\u2019y en a que pour toi et ta s\u0153ur. Vous ne vous rendez compte de rien, dit-elle, mais c\u2019est \u00e9puisant. Vous conduire \u00e0 l\u2019\u00e9cole, surtout Clotilde, qui est trop petite pour y aller seule, et je ne peux pas te la confier, il arriverait quelque chose, tu es si immature, si irresponsable, tu aurais un accident sur la conscience, et moi je ne m\u2019en remettrais pas, non je ne peux pas compter sur toi, je ne peux rien attendre de toi, voil\u00e0 ce qu\u2019elle dit. Le samedi, elle fait les courses de la semaine, toi tu pousses le chariot, elle se plaint souvent qu\u2019avec son dos, il n\u2019est pas question, qu\u2019elle en fait suffisamment, il ne manquerait plus qu\u2019elle soit immobilis\u00e9e, avec une hernie discale ou un soucis du m\u00eame ordre, \u00e9videmment, toi \u00e0 ton \u00e2ge tu ne crains rien, mais ce que tu peux \u00eatre lent pourtant avec ce chariot, \u00e0 croire que tu n\u2019as pas de force dans les bras, c\u2019est cela, bien cela, tu n\u2019as pas de cran, pas de temp\u00e9rament, tu n\u2019es qu\u2019une charge inutile, si seulement, c\u2019est ce qu\u2019elle dit, si seulement tu \u00e9tais r\u00e9ellement un gar\u00e7on, mais quelle d\u00e9ception pour une m\u00e8re. Je ne peux compter que sur moi-m\u00eame, r\u00e2le-t-elle encore en jetant dans le chariot les petits beurres premier prix. Le samedi apr\u00e8s-midi, elle fait les lessives de la semaine, tu dois \u00e9tendre le linge dans la salle de bain, sur l\u2019\u00e9tendoir suspendu au-dessus de la baignoire, il faut bien que cela serve \u00e0 quelque chose que tu aies si vite pouss\u00e9, cela lui co\u00fbte assez cher, tu ne sers \u00e0 rien quoi qu\u2019il en soit. Et le dimanche, elle dit qu\u2019elle n\u2019aime pas le dimanche, elle dit&nbsp;: Dire que demain, \u00e7a recommence, mais cela n\u2019aura donc jamais de fin, que faut-il faire pour se reposer, il n\u2019y en a que pour vous, c\u2019est \u00e9puisant. Elle dit&nbsp;: Qu\u2019est-ce que tu fabriques, dans ta chambre, \u00e0 lire, c\u2019est pour l\u2019\u00e9cole, qu\u2019est-ce qu\u2019ils vous apprennent \u00e0 l\u2019\u00e9cole, certainement pas \u00e0 trouver un travail, tu ne sers \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.4 | un regard<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je veux n\u00e9gliger la composition du groupe. Ainsi de la petite nature morte cadr\u00e9e d\u2019or, du vase Ming et de l\u2019Ath\u00e9na de pl\u00e2tre blanc qui tous trois reposent sur une nappe vermillon, install\u00e9s l\u00e0 tr\u00e8s intentionnellement, choisis, organis\u00e9s comme un portrait en creux du propri\u00e9taire de l\u2019atelier&nbsp;: L\u2019Antique, L\u2019Ailleurs, L\u2019Impermanent. Je veux les laisser glisser hors du cadre, ne pas m\u2019y arr\u00eater malgr\u00e9 la perfection qui s\u2019en d\u00e9gage. <em>Ce n\u2019est pas le sujet<\/em>. Je ne verrai ni ne montrerai rien du portrait reposant sur le chevalet, sur lequel l\u2019artiste applique les poils de martre du pinceau charg\u00e9 d\u2019un pigment brun, presque noir, sans un tremblement. Capturerai-je seulement le son feutr\u00e9 du frottement sur la toile, et s\u2019il m\u2019\u00e9tait possible de le faire, l\u2019ent\u00eatant parfum de l\u2019huile de lin m\u00eal\u00e9 \u00e0 celui de la t\u00e9r\u00e9benthine. Je veux capturer dans son recueillement quasi religieux la confr\u00e9rie qui entoure \u00c9douard Manet occup\u00e9 \u00e0 peindre Zacharie Astruc. Otto Sch\u00f6lderer et l\u2019air souffrant que lui conf\u00e8re son front haut et p\u00e2le. Ne pas m\u2019attarder sur Auguste Renoir, ni sur Edmond Ma\u00eetre, pas plus que sur le grand Bazille dont le corps se tend avec un soup\u00e7on d\u2019impatience, ou sur le discret Claude Monet dont le visage, dans un mouvement de recul, semble d\u00e9sirer rejoindre l\u2019obscurit\u00e9. Saisir leur respiration, oui, leur silence, le craquement de leurs souliers vernis lorsqu\u2019ils changent de position, le froissement doux de leurs costumes lorsqu\u2019ils croisent leurs mains dans le dos et patientent. Je veux m\u2019appesantir davantage sur le gar\u00e7on de vingt-neuf ans, le huiti\u00e8me comparse, dont le regard se perd d\u00e9j\u00e0 ailleurs, en de\u00e7\u00e0 de la toile, souligner ce moment pr\u00e9cis o\u00f9 son visage se d\u00e9tourne et quitte le portrait qui nait sous ses yeux, le front tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement pliss\u00e9 dans une \u00e9motion ind\u00e9cise, ces quelques secondes o\u00f9 le lorgnon qu\u2019il tient \u00e0 main droite quitte sa pupille pour aller rejoindre la poche int\u00e9rieure d\u2019une redingote. Je veux m\u2019approcher encore, \u00e9tudier sa coupe soign\u00e9e, sa barbe taill\u00e9e, la forme caract\u00e9ristique de sa bouche, \u00e0 la l\u00e8ve inf\u00e9rieure aussi charnue que la sup\u00e9rieure est fine, ce qui lui donne un air \u00e9ternellement but\u00e9, dubitatif, survoler l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement brillante de son nez droit \u00e0 l\u2019ar\u00eate fine. Je veux le voir battre des paupi\u00e8res, r\u00e9v\u00e9ler ce regard profond, noir insondable, dont la fixit\u00e9 contemple un \u00e0 venir qui \u00e9merge encore confus\u00e9ment, se l\u00e8ve et enfle comme une vague calcaire sur la garrigue. Je veux suspendre le temps et plonger dans l\u2019\u00e9nigme de ce regard. Des heures durant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que voit-il&nbsp;? Que pr\u00e9voit-il de la masse noire et sublime \u00e0 laquelle il consacrera plus de vingt ans de sa vie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/www.musee-orsay.fr\/fr\/oeuvres\/un-atelier-aux-batignolles-210\">https:\/\/www.musee-orsay.fr\/fr\/oeuvres\/un-atelier-aux-batignolles-210<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-right\"><strong>.5 |<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">Sous mes semelles, le fil du r\u00e9cit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>.1 | \u00c9COUTE LA NUIT LIBRE QUI VIT SANS NOUS .2 | tra\u00een\u00e9e d\u2019oreille \u2026 Eh oui, c\u2019est nous \u2026 Martine est au bord de l\u2019attaque, l\u00e0 \u2026 Orange, j\u2019en ai par-dessus la t\u00eate \u2026 Le Jet Stream s\u2019est s\u00e9par\u00e9 en deux, c\u2019est pour \u00e7a &#8230; Allez, on respire bien avec les jambes \u2026 \u00c0 Vannes&nbsp;?! \u2026 Tu m\u2019\u00e9tonnes ben <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-03-de-cote\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #03 | de c\u00f4t\u00e9<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":720,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8154],"tags":[],"class_list":["post-216886","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-03-semaine-3"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216886","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/720"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=216886"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216886\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":216890,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216886\/revisions\/216890"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=216886"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=216886"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=216886"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}