{"id":216909,"date":"2026-07-24T19:28:12","date_gmt":"2026-07-24T17:28:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=216909"},"modified":"2026-07-24T19:28:13","modified_gmt":"2026-07-24T17:28:13","slug":"chronique-03-mariner-dans-ses-archives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chronique-03-mariner-dans-ses-archives\/","title":{"rendered":"Chronique 03 | \u00ab\u00a0mariner dans ses archives\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/GeorgeB_chronique03.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 GeorgeB_chronique03.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-711ead82-96d7-4aa4-8ef5-a77c702575e2\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/GeorgeB_chronique03.pdf\">GeorgeB_chronique03<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/GeorgeB_chronique03.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-711ead82-96d7-4aa4-8ef5-a77c702575e2\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20220609_212439.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-216910\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20220609_212439.jpg 800w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20220609_212439-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/20220609_212439-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1. Du monde<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>\u00c9coute l\u2019oiseau<br>dans la nuit encore noire<br>s\u2019\u00e9veille le monde<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2. zapping<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;| des incendies hors de contr\u00f4le dans l\u2019Ontario | n\u2019importe quel style | quelle est la part du hasard pour vous | une demi-heure pour passer de 47 \u00e0 85% | il y en a un qui est allergique \u00e0 l\u2019ail | des choses qu\u2019on ne cherche pas mais qui se r\u00e9v\u00e8lent amusantes | je me laisse mariner dans mes archives | on n\u2019est pas assez bien pour elle | il y a eu un passage | j\u2019ai remis mon alliance hier | des frappes a\u00e9riennes principalement sur des infrastructures | j\u2019ai trois six, j\u2019te dis que j\u2019ai trois six | avec quelques averses | tiens j\u2019te l\u2019offre | d\u2019\u00eatre une forteresse assi\u00e9g\u00e9e | un peu au-dessus de | n\u2019est toujours pas fix\u00e9 mais ne progresse plus | il m\u2019a dit que \u00e7a ne se fait pas |<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3. Juliette chantait<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je hais les dimanches \/ Le dimanche pr\u00e9tentieux\u2026<\/em><br>et j\u2019\u00e9tais bien d\u2019accord. Je l\u2019avais \u00e9crit et expliqu\u00e9, ce qui m\u2019avait valu une bonne note de r\u00e9daction, avec lecture par Mlle Carton devant la classe, le commentaire d\u2019une \u00e9l\u00e8ve&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est dr\u00f4lement bien&nbsp;\u00bb et en r\u00e9ponse le commentaire du professeur du haut de l\u2019estrade&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour une fois, un emploi correct de l\u2019adverbe <em>dr\u00f4lement&nbsp;<\/em>!&nbsp;\u00bb, et une observation sur la copie qui avait suscit\u00e9 interrogation et indignation des parents, puisqu\u2019elle contenait l\u2019adjectif <em>cynique<\/em>. Ils aen avaient recherch\u00e9 la signification pr\u00e9cise dans le dictionnaire, et \u00e7a ne leur avait pas plu. Mais on n\u2019allait pas, en ces temps-l\u00e0, demander des comptes \u00e0 l\u2019enseignant et les choses en \u00e9taient rest\u00e9es l\u00e0. Ce petit succ\u00e8s ne m\u2019avait pas fait aimer les dimanches pour autant, mais l\u2019\u00e9criture \u00e9tait devenue un exercice gratifiant. Sauf avec la m\u00e8re, qui trouvait que d\u00e9cid\u00e9ment, je continuais \u00e0 \u00e9crire ce qu\u2019il ne fallait pas et \u00e0 me faire remarquer. Mais ceci est une autre histoire.<br>Juliette a raison, le dimanche est un pr\u00e9tentieux qui cherche absolument \u00e0 se distinguer et commence par o\u00f9 les autres finissent. Enfin, le dimanche des pays du sud, puisque les langues du nord le nomment <em>jour du soleil<\/em>. Selon les pays, il change de place. Septi\u00e8me ou premier&nbsp;? Au Portugal, il est le seul \u00e0 avoir un nom, les autres ne sont que des num\u00e9ros. Ce qui te vaut des surprises, car tu croyais que la banque \u00e9tait ouverte le lundi, puisque ferm\u00e9e le <em>segunda-feira<\/em>\u2026 Perdu&nbsp;! car \u00e0 Lisbonne le dimanche a pris la premi\u00e8re place (il faut toujours qu\u2019il se distingue, ce jour du seigneur, o\u00f9 l\u2019on devait se v\u00eatir avec distinction, para\u00eetre dans ses beaux habits, du moins pour ceux qui en avaient). Il para\u00eet que cette mani\u00e8re de ranger les jours aurait rel\u00e9gu\u00e9 les autres dieux dans l\u2019oubli. Pourtant leur samedi, <em>sabado<\/em>, est jour de sabbat. Dieux pa\u00efens ou plan\u00e8tes, je pr\u00e9f\u00e8re voir chaque jour comme une perle, une blanche laiteuse, une rouge corail, une de vif argent, une de lapis-lazuli, une de jaspe vert, une d\u2019am\u00e9thyste et la derni\u00e8re d\u2019or, enfil\u00e9es sur un bracelet. Fermez-le et alors, dans ce cercle,&nbsp; qui est premier et qui est dernier&nbsp;? mais pourquoi, dans notre occident chr\u00e9tien, divise-t-on le temps en tranches de sept jours&nbsp;? Et depuis quand en est-il ainsi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4. Journal d\u2019\u00e9criture et de recherche (3)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Anne et Jeanne. Elles se sont mari\u00e9es toutes les deux \u00e0 vingt-cinq ans&nbsp;; \u00ab\u00a0<em>ou environ<\/em>\u00ab\u00a0, (im)pr\u00e9cisent les clercs qui tiennent les registres paroissiaux. Certains v\u00e9rifient et donnent des \u00e2ges \u00e0 peu pr\u00e8s fiables, mais est-ce le cas pour elles&nbsp;? certes l\u2019\u00e2ge de Anne est pr\u00e9cis\u00e9 dans son acte de d\u00e9c\u00e8s&nbsp;; celui de Jeanne dans son acte de mariage, mais peut-on se fier totalement \u00e0 cet acte? En 1695, Jeanne Vaillant a \u00e9pous\u00e9 Fran\u00e7ois Courtin \u00e0 Amiens, alors qu\u2019ils sont tous deux de W. Sa m\u00e8re est pr\u00e9sente, mais ni son pr\u00e9nom ni son nom ne sont indiqu\u00e9s, et comme elle n\u2019a pas sign\u00e9, elle reste \u00e0 tout jamais inconnue. Quant \u00e0 son p\u00e8re, il n\u2019est pas mentionn\u00e9 du tout. Est-il mort&nbsp;? absent&nbsp;? Pourtant, quand Jean Vaillant, dix ans apr\u00e8s, marie Anne, son autre fille, Fran\u00e7ois Courtin est t\u00e9moin de la <em>mariante<\/em> en tant que beau-fr\u00e8re. Jeanne serait-elle une enfant naturelle&nbsp;? ce qui ressemble \u00e0 un ressort romanesque n\u2019aurait rien d\u2019exceptionnel&nbsp;; dans ces villages du Santerre, les notables, propri\u00e9taires, notaires, gros laboureurs, fermiers de terres d\u2019abbaye, sont assez souvent p\u00e8res hors mariage. Ainsi le sieur Jean Courtois, \u00ab\u00a0honorable homme\u00a0\u00bb notaire royal, greffier de la baronnie et ch\u00e2tellenie d\u2019Hangest, marchand, laboureur, mari\u00e9, a-t-il fait un enfant \u00e0 Catherine Lemaire, fille de Louis, laboureur de Folies, village voisin de W. Apr\u00e8s menaces de mort et affrontements, l\u2019affaire se termine devant le lieutenant criminel du baillage. Jean Courtois est condamn\u00e9 \u00e0 prendre l\u2019enfant et l\u2019\u00e9lever, et \u00e0 verser cent livres de dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e0 Catherine.<br>Jean Vaillant est d\u2019ailleurs un personnage surprenant&nbsp;: en 1703, alors qu\u2019il est un laboureur plut\u00f4t ais\u00e9, il se joint aux r\u00e9volt\u00e9s du village voisin qui arm\u00e9s de fourches, de fl\u00e9aux et de manches de pioche mettent en d\u00e9route l\u2019huissier et ses hommes venus saisir les biens d\u2019un petit marchand endett\u00e9. L\u2019autorit\u00e9&nbsp; leur envoie les archers et Jean Vaillant est arr\u00eat\u00e9 comme s\u00e9ditieux, avec vingt hommes et quatre femmes, et condamn\u00e9 \u00e0 une lourde amende.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"104\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/1665_Vaillant_Jean_signature-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-216913\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Signature de Jean Vaillant en 1665<\/em><\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5. NICHI NICHI KORE KO NICHI<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qu\u2019est-ce que je transporte sous mes semelles&nbsp;?<br>Des paroles&nbsp;comme \u00ab&nbsp;on n\u2019emporte pas la patrie \u00e0 la semelle de ses souliers&nbsp;\u00bb Qui a dit \u00e7a&nbsp;? Danton&nbsp;; et avec ces mots, tout un imaginaire r\u00e9volutionnaire, la libert\u00e9 ou la mort, les principes r\u00e9publicains, le romantisme d\u2019un Julien Sorel\u2026<br>De la glaise. Celle des champs o\u00f9 j\u2019ai pi\u00e9tin\u00e9 enfant, \u00e0 glaner les pommes de terre. Je d\u00e9testais \u00e7a. On nous y employait, nous les petits&nbsp;; il fallait passer dans le sillon derri\u00e8re les adultes, r\u00e9cup\u00e9rer les tubercules qui leur auraient \u00e9chapp\u00e9&nbsp;; c\u2019est qu\u2019il ne fallait rien laisser perdre, un sou est un sou, une patate de plus c\u2019est toujours bon \u00e0 prendre et les gosses peuvent se rendre utiles d\u00e8s qu\u2019ils savent marcher. On avait de la terre plein les mains, mais ce n\u2019\u00e9tait rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celle qui s\u2019accrochait \u00e0 nos pieds, qui enrobait la semelle et nous tirait dans le creux du sillon, nous rivait \u00e0 la terre. Des paquets de la terre grasse et noire o\u00f9 ont trim\u00e9 nos anc\u00eatres, si\u00e8cle apr\u00e8s si\u00e8cle. O\u00f9 les femmes accouchaient&nbsp;; elles travaillaient jusqu\u2019au dernier moment, pas le temps de rentrer, l\u2019enfant vient, alors il naissait l\u00e0, au bord du champ.<br>Des gravillons rouges. Ceux du terrain de sport, celui de la communale, luxe de la reconstruction, o\u00f9 les soirs d\u2019\u00e9t\u00e9, avec les enfants de la rue voisine, nous tracions avec les talons de nos chaussures des rues, des places, des maisons et leurs des portes, des cours\u2026 mais au moment o\u00f9 nous allions enfin pouvoir y jouer, et parcourir ce domaine \u00e0 pied ou en patinette, le soir tombait et il fallait rentrer pour le d\u00eener. Le lendemain, il avait plu et tout \u00e9tait effac\u00e9.<br>Des souvenirs qu\u2019on pr\u00e9f\u00e9rerait oublier. Des moments qu\u2019on voudrait revivre. Du pass\u00e9 qui finit toujours par passer, avec le temps.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Du monde \u00c9coute l\u2019oiseaudans la nuit encore noires\u2019\u00e9veille le monde 2. zapping &nbsp;| des incendies hors de contr\u00f4le dans l\u2019Ontario | n\u2019importe quel style | quelle est la part du hasard pour vous | une demi-heure pour passer de 47 \u00e0 85% | il y en a un qui est allergique \u00e0 l\u2019ail | des choses qu\u2019on ne cherche <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chronique-03-mariner-dans-ses-archives\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Chronique 03 | \u00ab\u00a0mariner dans ses archives\u00a0\u00bb<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":701,"featured_media":216910,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8154,1],"tags":[],"class_list":["post-216909","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-03-semaine-3","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216909","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/701"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=216909"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216909\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":216917,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/216909\/revisions\/216917"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/216910"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=216909"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=216909"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=216909"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}