{"id":217204,"date":"2026-07-27T21:14:07","date_gmt":"2026-07-27T19:14:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=217204"},"modified":"2026-07-27T21:14:07","modified_gmt":"2026-07-27T19:14:07","slug":"chroniques-03-poussieres-et-autres-petites-choses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-03-poussieres-et-autres-petites-choses\/","title":{"rendered":"#chroniques #03 | poussi\u00e8res et autres petites choses"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"481\" height=\"640\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-CafetiereBalzac.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-217205\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-CafetiereBalzac.jpeg 481w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-CafetiereBalzac-316x420.jpeg 316w\" sizes=\"auto, (max-width: 481px) 100vw, 481px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-PDF.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 #03-PDF.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b4d87920-0ed9-40ee-a0eb-048093d5caf1\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-PDF.pdf\">#03-PDF<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/03-PDF.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b4d87920-0ed9-40ee-a0eb-048093d5caf1\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 \u2013 poussi\u00e8re de monde<\/strong><br>\u00c9coute la poussi\u00e8re se poser sur tes feuilles<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 \u2013 poussi\u00e8res de mots<\/strong><br>Exposition Matisse, Grand Palais<br>c\u2019est tellement simple, regarde les citrons, ils sont juste jaunes \u2013 c\u2019est facile, tu feras la m\u00eame chose \u00e0 la maison, il reste des papiers en couleur des d\u00e9cos de No\u00ebl \u2013 Dis, pourquoi le monsieur il a dessin\u00e9 plein de fois le m\u00eame dessin\u00a0? ben c\u2019est pas le m\u00eame dessins \u2013 ah si, c\u2019est marqu\u00e9 l\u00e0 \u2013 attend, je veux faire la photo, \u00e7a fait une \u00e9ternit\u00e9 qu\u2019elle est devant, on dirait qu\u2019elle lit le truc dans les deux langues \u2013 c\u2019est nul, les chaussettes Matisse elles existent pas en 29-30 \u2013 on le voit partout ce tableau-l\u00e0, je le voyais plus petit<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3\u00a0\u2013 un jour et des poussi\u00e8res<\/strong><br>Dimanche quand j\u2019\u00e9tais petite \u00e7a commen\u00e7ait toujours par mon p\u00e8re qui se moquait des voisines en les voyant partir pour la messe et passer devant chez nous. Plus tard, \u00e0 Londres, le dimanche \u00e9tait juste le jour o\u00f9 souvent je ne mangeais rien, ou ce qui restait dans le placard, dans le petit frigo, faute d\u2019y avoir pens\u00e9 la veille et faute aussi d\u2019avoir assez d\u2019argent pour aller chercher quelque chose au take-away. Depuis que je suis en Bretagne et qu\u2019on a ouvert l\u2019\u00e9cole du bois sur Lavrec, le dimanche est le jour des poussi\u00e8res, le jour de la sciure. Toute le reste de la semaine, les stagiaires sont l\u00e0. Ils partent le samedi apr\u00e8s-midi, les suivants arrivent le lundi. Toute la semaine, on mange ensemble, on parle ensemble, ils travaillent ensemble, ils dorment sur l\u2019\u00eele, toute la semaine, ce n\u2019est plus vraiment notre \u00eele. Le dimanche, on est chez nous. Toute la semaine, je n\u2019ai rien \u00e0 faire \u00e0 l\u2019atelier, certains stagiaires sont plus habiles que moi, je n\u2019ai pas grand-chose \u00e0 leur apprendre, le bois c\u2019est le domaine de Josef. Mais on vit sur la m\u00eame \u00eele, on se parle \u00e0 table, durant les pauses, ils sont intrigu\u00e9s par mon accent, parfois par mes photos, de temps en temps par mes textes, ma vie les int\u00e9resse, les Shetland, c\u2019est loin, c\u2019est exotique, les moutons, les poneys, mais \u00e7a s\u2019arr\u00eate souvent l\u00e0. Et ils repartent. Le dimanche, Neige et Damien s\u2019occupent du m\u00e9nage dans les dortoirs et la cuisine, tandis que l\u2019atelier, c\u2019est pour Josef et moi. Le balai qui frotte, qui cogne contre les murs et les pieds des \u00e9tablis, la poussi\u00e8re qui se tortille en longs rubans dans la lumi\u00e8re, les odeurs. L\u2019odeur du bois, reconna\u00eetre les essences \u00e0 leur odeur. Josef sait sur quel \u00e9tabli on a travaill\u00e9 quoi, j\u2019essaye de deviner \u00e0 l\u2019odeur de la sciure. Les r\u00e9sineux, c\u2019est facile et les bois frais aussi, le noyer, le ch\u00eane, je suis incollable, et maintenant le buis, lot r\u00e9cemment achet\u00e9 pour un stage de sculpture des pi\u00e8ces du jeu d\u2019\u00e9chec. De temps en temps pour m\u2019apprendre, Josef m\u2019aide faire des copeaux, le copeau frais sent plus et puis toucher le bois c\u2019est presque savoir son nom. Sinon, au bout d\u2019un moment je donne ma langue au chat. Et souvent le coup de balai du dimanche se prolonge tout le jour et on se retrouve tous \u00e0 bricoler tranquilles dans les bruits de rabot, de scie ou de chignole, de pierre \u00e0 aff\u00fbter, dans les odeurs de bois, de poussi\u00e8re, de sciure. Le dimanche, c\u2019est le jour des poussi\u00e8res.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 \u2013 r\u00e9duites en poussi\u00e8res<\/strong><br>C\u2019est peut-\u00eatre le destin de toutes les r\u00e9solutions, de finir en poussi\u00e8re. Pour les miennes je me dis que c\u2019est trop souvent le cas. Un jour on a le temps de penser \u00e0 tout \u00e7a. On se dit qu\u2019on va faire \u00e7a et \u00e7a, aussi \u00e7a. Comme \u00e7a. \u00c9crire tous les jours, m\u00eame \u00e9crire pas grand-chose, mais \u00e9crire tous les jours. Et aussi finir avant telle date cette relecture qui tra\u00eene, envoyer le manuscrit, se faire une liste d\u2019adresses, un tableau de suivi pour \u00e9viter, quand m\u00eame d\u2019envoyer deux fois de suite le m\u00eame manuscrit \u00e0 la m\u00eame maison. Des r\u00e9solutions simples, de bonnes r\u00e9solutions. Et puis la vie arrive et elle pi\u00e9tine tout \u00e7a d\u2019une semelle amus\u00e9e. Le livre nous tombe des mains et les yeux se ferment tout seuls, et au moment d\u2019\u00e9crire, on pense \u00e0 autre chose, on a d\u2019autres urgences, des opportunit\u00e9s, des promesses \u00e0 tenir, aussi des engagements. Et puis on se retrouve dans la maison de Balzac, sa maison de Paris. Monter les escaliers pour sortir du m\u00e9tro, regarder les immeubles, tout en pierres, tout proprets, se demander quand m\u00eame si du temps de Balzac c\u2019\u00e9tait les beaux quartiers, cette rue Raynouard, 1761 \u2013 1836, \u00e9crivain, membre de l\u2019acad\u00e9mie fran\u00e7aise. Malgr\u00e9 un petit moment o\u00f9 on se demande quand m\u00eame pour le verre et m\u00e9tal si \u00e7a fait tr\u00e8s Balzac, descendre dans le jardin, d\u00e9couvrir la maison, un seul \u00e9tage en haut au milieu des immeubles, d\u2019autres pi\u00e8ces en contrebas, mais au premier abord, c\u2019est le contraste qui frappe. Visiter toutes les pi\u00e8ces, tr\u00e8s peu de mobilier, beaucoup de choses \u00e0 lire, des copies de manuscrits, des panneaux de commentaires, une frise des personnages, des statues, des portraits, des gravures, un grand po\u00eale, un fauteuil et une table plac\u00e9s dos \u00e0 la fen\u00eatre, et dos \u00e0 la lumi\u00e8re. Discussion \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur le seuil de la cuisine, \u00e9changer quelques mots avec les gens des lieux, se rappeler que Balzac \u00e9crivait toute la nuit, qu\u2019il buvait du caf\u00e9 pour se tenir \u00e9veill\u00e9. Alors vite retourner dans une des premi\u00e8res pi\u00e8ces et faire une photo de la cafeti\u00e8re de Balzac et voir une solution dans cette potion magique pour prolonger les jours et pouvoir ramasser toutes les r\u00e9solutions tomb\u00e9es dans la poussi\u00e8re\u00a0: la solution est l\u00e0 pour agrandir les jours, il faut boire du caf\u00e9\u00a0!\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 \u2013 aux semelles, des poussi\u00e8res de mots<\/strong><br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles des poussi\u00e8res et des traces des livres qu\u2019on a lus\u00a0?<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles des mots qui ont roul\u00e9 sous nos yeux, dans nos t\u00eates ?<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles de tout ce que l\u2019on cherche quand on cherche sur le web\u00a0?<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles de toutes ces heures pass\u00e9es perdu entre les pages\u00a0?<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles des mots \u00e9crits par d\u2019autres\u00a0?<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on transporte sous nos semelles des mots \u00e9crits par d\u2019autres dans les mots qu\u2019on \u00e9crit\u00a0?<br>Nos semelles ne sont-elles que des semelles de plagiaires\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 \u2013 poussi\u00e8re de monde\u00c9coute la poussi\u00e8re se poser sur tes feuilles 2 \u2013 poussi\u00e8res de motsExposition Matisse, Grand Palaisc\u2019est tellement simple, regarde les citrons, ils sont juste jaunes \u2013 c\u2019est facile, tu feras la m\u00eame chose \u00e0 la maison, il reste des papiers en couleur des d\u00e9cos de No\u00ebl \u2013 Dis, pourquoi le monsieur il a dessin\u00e9 plein de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-03-poussieres-et-autres-petites-choses\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #03 | poussi\u00e8res et autres petites choses<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":123,"featured_media":217205,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8154],"tags":[3331,284,8164,231],"class_list":["post-217204","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-03-semaine-3","tag-balzac","tag-bois","tag-plagaires","tag-poussiere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217204","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/123"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=217204"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217204\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":217209,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217204\/revisions\/217209"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/217205"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=217204"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=217204"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=217204"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}