{"id":217351,"date":"2026-07-28T21:56:26","date_gmt":"2026-07-28T19:56:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=217351"},"modified":"2026-07-28T22:17:30","modified_gmt":"2026-07-28T20:17:30","slug":"chroniques-04-tenir-par-dignite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-04-tenir-par-dignite\/","title":{"rendered":"# Chroniques #04: Tenir par dignit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">PREMI\u00c8RE SORTIE\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-217356\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/bebes-hirondelles-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1 DU MONDE<br><em>Pas question de perdre la foi<br>Face aux enfants qui croient au f\u00e9es<br>Pas question de geindre devant l&rsquo;\u00e9cran<br>Exigeons total respect<br>Et d\u00e9f\u00e9rence au vivant<\/em><br><br><em>Ensemble et maintenant partons<br>En r\u00e9sistance<br>Ensemble<br>Maintenant.<\/em><br><br>2 | SOIR<br>Soir d&rsquo;\u00e9t\u00e9 2026. L&rsquo;odeur de fum\u00e9e depuis des jours m\u00eame si les collines de l&rsquo;arri\u00e8re-pays et le plateau de Valensole ne sont plus voil\u00e9s. On voudrait savoir si \u00e7a br\u00fble encore ou si c&rsquo;est seulement l&rsquo;odeur des cendres qui persiste. Ailleurs on sait. \u00c7a flambe et m\u00eame des braises tombent du ciel. \u00a0Les cigales redoublent d&rsquo;ardeur alors que le jour tombe, les martinets qui tra\u00e7aient \u00e0 toute allure des cercles dans des premi\u00e8res soir\u00e9es de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 se sont tus, nous esp\u00e9rons que les petits cuisant sous la chaleur des tuiles du cabanon ne se sont pas jet\u00e9s du nid. Les adultes autour de la table laissent venir la nuit, la lune au trois quarts, jaune avant de blanchir, l&rsquo;\u00e9toile du berger dans le ciel encore clair derri\u00e8re les ch\u00eanes. Les adultes se taisent devant les enfants, c&rsquo;est l&rsquo;heure du bilan, chacun a regard\u00e9, \u00e9cout\u00e9, lu, les nouvelles du monde qui flambe et qui guerroie. On comprend les g\u00e9n\u00e9rations de migrants de pers\u00e9cut\u00e9s, de r\u00e9sistants, d&rsquo;exil\u00e9s, de d\u00e9port\u00e9s qui n&rsquo;ont rien dit aux enfants. On veut qu&rsquo;ils grandissent en paix, on gardera le silence jusqu&rsquo;\u00e0 les mettre au lit derri\u00e8re les moustiquaires. C&rsquo;est l&rsquo;heure des moustiques tigres attaquant les jambes nues sous la table, les gu\u00eapes sont couch\u00e9es, la nuit vient, le vent l\u00e9ger, non ce n&rsquo;est pas du mistral alors on reboit un verre de ros\u00e9. Une derni\u00e8re fois les pies jacassent mollement pr\u00e8s de leur nid et d\u00e9j\u00e0 la chev\u00eache. Il fait noir du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9glise St Pancrace plant\u00e9e sur sa colline, sa forme massive maintenant se d\u00e9coupe sur le ciel. L&rsquo;ombre est violette au pied des ch\u00eanes mais \u00e0 la cime encore des lueurs, des petites \u00e9charpes de bleu tendre alors que d\u00e9j\u00e0 les \u00e9toiles par-dessus le toit. On va \u00e9changer \u00e0 mi-voix, quel air respire-t-on l\u00e0-bas, ont-ils pass\u00e9 la fronti\u00e8re, as-tu des nouvelles de \u00a0\u2026 ? On n&rsquo;allumera pas, jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus voir nos visages et seulement nous deviner dans la p\u00e9nombre o\u00f9 s&rsquo;installe une p\u00e2le clart\u00e9 lunaire, d\u00e9posant son voile feutr\u00e9 sur cet encore tranquille morceau de terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3 | NONAG\u00c9NAIRES<br>&#8211; \u00a0Allez au revoir, je t&rsquo;ai pris ton temps<br>&#8211;  C&rsquo;est pas grave on est \u00e0 la retraite<br>&#8211;  La retraite ! Tout ce qu&rsquo;il y a \u00e0 faire \u00e0 la retraite\u00a0!<br>&#8211;  Viens me voir quand tu veux<br>&#8211;  D&rsquo;accord, tu fais la sieste toi ?<br>&#8211;  Parfois, mais tu peux venir, m\u00eame si je dors je suis imm\u00e9diatement debout et        op\u00e9rationnelle, les id\u00e9es claires<br>&#8211; T&rsquo;as raison c&rsquo;est pas \u00e0 nos \u00e2ges qu&rsquo;on va commencer \u00e0 geindre sur un canap\u00e9<br>&#8211;  Surtout qu&rsquo;on sait pas le temps qui reste<br>&#8211; C&rsquo;est pas la question, c&rsquo;est que le temps on l&rsquo;a pas.<br>&#8211;  Au fait je vois ta plaie \u00e0 la tempe. \u00c7a va ?<br>&#8211;  \u00c7a va, ils ont rien trouv\u00e9 on m&rsquo;a enlev\u00e9 les fils. J&rsquo;en ai fini avec les radios, toubibs, dermato, infirmi\u00e8re. J&rsquo;avais l&rsquo;impression de faire que \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 |\u00a0Projet en cours : LA QUESTION<br>Cette semaine, il est question de commencer \u00e0 saisir tous les \u00e9crits dormant dans les cahiers depuis des ann\u00e9es, avec un \u00e9lagage drastique destin\u00e9 on l&rsquo;esp\u00e8re, non pas seulement \u00e0 all\u00e9ger le bagage et l&rsquo;envahissante mati\u00e8re, mais aussi \u00e0 relancer la s\u00e8ve et voir ce qui tient.<br>Fort bonne surprise, retrouv\u00e9 un texte sur le ch\u00e2teau d&rsquo;If que je r\u00eavais de retravailler pour l&rsquo;\u00e9crit en cours, sans avoir aucun espoir de le retrouver en cherchant.<br>En \u00e9voquant le souvenir poignant des emprisonn\u00e9s du ch\u00e2teau, vient la question de wikipedia et des informations historiques :<br><strong>Jusqu&rsquo;\u00e0 quel point peut-on donner des informations au lecteur, qui ne seraient que de la copie (r\u00e9\u00e9crite) et qui pourtant sont n\u00e9cessaires car ont touch\u00e9 le c\u0153ur du narrateur ?<\/strong><br>\u00a0\u00bb Imm\u00e9diatement saisi d&rsquo;une m\u00e9lancolie-tristesse intense \u00e0 cause de tous ces hommes morts ici et de mes contemporains en goguette au ch\u00e2teau. Ce n&rsquo;est pas un monument historique que l&rsquo;on visite, c&rsquo;est une prison pos\u00e9e sur la mer. Les murs suintent de douleur et de sang et des familles en short prennent des clich\u00e9s. Tous les hommes pass\u00e9s ici sont-ils, parce qu&rsquo;on visite, moins oubli\u00e9s que d&rsquo;autres ? Les prisonniers anonymes politiques (d\u00e9mocrates) et religieux (protestants), le v\u00e9ritable abb\u00e9 Faria enferm\u00e9 dans ce cachot si oppressant que m\u00eame libre en visite touristique on n&rsquo;arrive pas \u00e0 y entrer (avec une honte int\u00e9rieure), Jean Baptiste Chataud commandant du <em>Grand Saint Antoine<\/em> qui a ramen\u00e9 la peste en 1720 (dit-on car il y a d&rsquo;autres versions), il revenait de Syrie et du Liban charg\u00e9 de marchandises et, par volont\u00e9 du propri\u00e9taire de la cargaison, il d\u00e9barque \u00e0 Marseille malgr\u00e9 la peste \u00e0 bord, quarante mille morts \u00e0 Marseille cent mille en Provence (on souhaite au propri\u00e9taire d&rsquo;\u00eatre mort de la peste), et puis tous les quarante-huitards emprisonn\u00e9s en 1848-1849 et les nombreux communards de 1871. Ils ont grav\u00e9 leurs noms dans la cour\u2026\u00a0\u00bb<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5 | PAR DIGNIT\u00c9<br>TENIR par l&rsquo;\u00e9criture devant le manque de sens global, et, quand l&rsquo;\u00e9crire s&rsquo;\u00e9clipse voire s&rsquo;enfuit,<br>TENIR alors par la pratique du groupe, s&rsquo;ancrer dans un chaudron o\u00f9 le faire d\u00e9livre de l&rsquo;impuissance et du non-faire,\u00a0<br>TENIR pour ne pas montrer que l&rsquo;on flanche aux g\u00e9n\u00e9rations qui suivent et leur laisser du courage, de la foi, du rire, de la force, m\u00eame si parfois on fait semblant, m\u00eame si parfois ils le savent<br>TENIR parce qu&rsquo;on les a fait na\u00eetre<br>TENIR absolument parce qu&rsquo;\u00eatre homme c&rsquo;est depuis toujours tenir, et ceux qu&rsquo;on admire ont r\u00e9sist\u00e9<br>TENIR par dignit\u00e9<br>DEBOUT<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PREMI\u00c8RE SORTIE\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 1 DU MONDEPas question de perdre la foiFace aux enfants qui croient au f\u00e9esPas question de geindre devant l&rsquo;\u00e9cranExigeons total respectEt d\u00e9f\u00e9rence au vivant Ensemble et maintenant partonsEn r\u00e9sistanceEnsembleMaintenant. 2 | SOIRSoir d&rsquo;\u00e9t\u00e9 2026. L&rsquo;odeur de fum\u00e9e depuis des jours m\u00eame si les collines de l&rsquo;arri\u00e8re-pays et le plateau de Valensole ne sont plus voil\u00e9s. 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