{"id":217496,"date":"2026-07-30T12:49:55","date_gmt":"2026-07-30T10:49:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=217496"},"modified":"2026-07-30T12:49:55","modified_gmt":"2026-07-30T10:49:55","slug":"chroniques-04-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-04-2\/","title":{"rendered":"#chroniques #04 |\u00a0toujours L\u00e9onie revient"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_paysages4.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques_paysages#4.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-8e72e144-dbf7-484c-b5b1-5c3bc3afccbe\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_paysages4.pdf\">chroniques_paysages#4<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/chroniques_paysages4.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-8e72e144-dbf7-484c-b5b1-5c3bc3afccbe\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 |&nbsp;DU MONDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pas question de les croire ceux qui avaient tellement promis en 2023 en Gironde dans les Landes une base de canadairs, d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res, des moyens de luttes contre les feux pas question de les croire<br>Exigez exigez un autre mod\u00e8le \u00e9conomique d\u00e9croissance plus le temps plus le temps plus<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><br>2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;\u00e9tait un moment bien particulier dimanche en fin d\u2019apr\u00e8s-midi vers 17h00 dans le train \u00e0 une vingtaine de kilom\u00e8tres au sud de Bordeaux. Dix-sept heures. Ce devait \u00eatre encore le plein jour. Dix-sept heures, je l\u00e8ve le nez de la lecture, en regardant par la fen\u00eatre, une dr\u00f4le de sensation. Comme si c&rsquo;\u00e9tait le moment bien pr\u00e9cis juste apr\u00e8s le jour juste avant la nuit. Effet combin\u00e9 des m\u00e9ga feux des Landes et de Gironde, le ciel et les nuages lourds de la fum\u00e9e crach\u00e9e par la for\u00eat en feu depuis quatre jours. Anthracite les nuages, gris-nuit color\u00e9 de jaune. Une triste et angoissante impression de fin du monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 | \u00c9CRIRE AVEC CLARICE LISPECTOR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8211; vont nous refaire le coup des masques du confinement faut pas sortir trop toxique suis all\u00e9e \u00e0 la pharmacie d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 ce matin pas encore livr\u00e9 mettez les masques du covid ils m&rsquo;ont dit s\u00fbr que \u00e7a sert \u00e0 rien<br>&#8211; toujours mieux que r\u2026.<br>mais elle m&rsquo;entend pas, on est dans l&rsquo;ascenceur quatri\u00e8me \u00e9tage<br>&#8211; Suis all\u00e9e dans une autre pharmacie vous savez avenue d&rsquo;Ar\u00e8s les avaient re\u00e7u le matin en donnaient deux par personne sont tellement fin \u00e0 mon avis les particules passent \u00e0 travers gratuit mais pas efficace et pour les enfants vous en avez je leur dis ceux pour les adultes sont trop grands non il me dit le pharmacien faites un n\u0153ud il ajoute. Rien pour les enfants c&rsquo;est pas croyable trop de mots pour \u00e9touffer l\u2019angoisse<br>L&rsquo;ascenseur arrive au rez-de-chauss\u00e9e. Et vous, vous allez comment, pas trop d&rsquo;odeur de fum\u00e9e dans votre appartement ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 | DE SOI-M\u00caME, ET D\u2019\u00c9CRIRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au festival Voix vives de S\u00e8te la po\u00e8te Marie Huot lit des pages de son recueil en cours d\u2019\u00e9criture, l\u2019histoire de Blanche. Pour ressentir dit-elle, comment ses textes vont raisonner face au public, face \u00e0 la ville pleine de mots, de po\u00e9sie pendant sept jours . A une question, il sortira quand le livre elle r\u00e9pond je ne sais pas, dans plusieurs ann\u00e9es,. Blanche elle va encore m&rsquo;accompagner longtemps, la lenteur caract\u00e9rise mon \u00e9criture, je le lis, relis, peaufine, r\u00e9\u00e9cris, avance le r\u00e9cit en prenant le temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pense \u00e0 L\u00e9onie qui m&rsquo;accompagne depuis plusieurs ann\u00e9es. R\u00e9appara\u00eet dans un texte sans lien \u00e9vident avec le sujet. J&rsquo;\u00e9cris sur les nuages et paf elle appara\u00eet. Je pense que ce projet est trop difficile, l&rsquo;\u00e9criture sur un personnage qui vit un moment historique. Trop de recherche. La petite histoire d&rsquo;un personnage face \u00e0 la grande Histoire. Celle de la guerre. Pas pr\u00eate. Ou alors peut-\u00eatre que ce sera l\u00e0 que le texte devra \u00eatre saisi. Ecrire le journal ses recherches.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais pourquoi L\u00e9onie, revient-t-elle r\u00e9guli\u00e8rement dans les textes ? A l\u2019insu de la narratrice ?<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><strong>Journal des recherches \u00e0 partir de textes \u00e9crits lors de l\u2019atelier recto-verso<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>J\u2019ouvre le tiroir de mon bureau attrape la petite bo\u00eete dans laquelle sont pr\u00e9cieusement rang\u00e9es la photo de L\u00e9onie et une longue lettre \u00e9crite de sa main.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e9onie a 15 ans, le 28 Ao\u00fbt 1915 elle \u00e9crit \u00e0 une amie, depuis l\u2019H\u00f4tel Beau-S\u00e9jour de Cannes. Elle \u00e9crit, tu me pardonneras d\u2019avoir \u00e9crit si fin mais c\u2019\u00e9tait pour t\u2019en dire plus. J\u2019en ai un livre \u00e0 t\u2019\u00e9crire, mais voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 4 pages. Elle est \u00e0 Cannes avec Madame Carnot, la femme du Directeur des filatures en laine peign\u00e9e et tissage Garnier-Carnot, de Pontfaverger \u2013 le village natal de L\u00e9onie. Dans sa lettre, L\u00e9onie \u00e9voque ses occupations \u00e0 Cannes, les travaux \u00e0 la lingerie, repasser ou raccommoder le linge, cela passe le temps, dit-elle. Elle donne des nouvelles de ceux qui sont rest\u00e9s au pays, Pontfaverger, un petit village de la Marne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Apr\u00e8s la d\u00e9couverte de cette lettre, je surfe sur internet, essaie de comprendre. Pourquoi L\u00e9onie est-elle \u00e0 Cannes en 1919 ? Je d\u00e9couvre que la C\u00f4te d\u2019Azur est terre d\u2019accueil des exil\u00e9s pendant la premi\u00e8re guerre mondiale. Par petites touches l\u2019histoire de L\u00e9onie, de madame Carnot et des milliers de r\u00e9fugi\u00e9s se dessine : ils ont fui les zones de combats du Nord et de l\u2019Est de la France. Je d\u00e9couvre sans surprise que la premi\u00e8re vague de r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 partir en 1914 est compos\u00e9e de familles bourgeoises ayant les moyens de financer leur d\u00e9part et leur installation sur la C\u00f4te d\u2019Azur.<\/em><br><br>L\u00e9onie \u00e9crit dans sa lettre qu\u2019avant son d\u00e9part, ils ne mangent plus \u00e0 leur faim, les habitants du village n\u2019ont plus qu\u2019un quart de pain par personne et par jour ; de toutes les vaches qui restent dans le pays, une dizaine est r\u00e9quisitionn\u00e9e par les allemands.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je poursuis fr\u00e9n\u00e9tiquement mes recherches sur internet, je d\u00e9couvre sur la \u00ab&nbsp;Liste de Rapatri\u00e9s civils fran\u00e7ais&nbsp;\u00bb, la pr\u00e9sence \u00e0 Gen\u00e8ve le 20 avril 1915 de L\u00e9onie Denizet et Camille Carnot. Pass\u00e9es par Gen\u00e8ve pour rejoindre Anemasse et subir des interrogatoires longs et pr\u00e9cis de la part de militaires fran\u00e7ais qui cherchent \u00e0 r\u00e9colter des informations pr\u00e9cises sur les positions allemandes et leur organisation au sein des territoires occup\u00e9s.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u00e9onie a 18 ans, dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 1919. Elle regagne son village natal. Traverse des villages et des paysages d\u00e9truits par les combats et les pillages de l\u2019arm\u00e9e allemande. Sa famille est toujours en vie, en mauvaise sant\u00e9 suite aux quatre ann\u00e9es de privation. La ferme familiale a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite pendant les combats, la famille vit dans un baraquement.<br>L\u00e9onie a 20 ans sur la photo. Une photo entour\u00e9e d\u2019une marie-louise ovale jaunie et tachet\u00e9e de marron. Joues saillantes, l\u2019air d\u00e9cid\u00e9. V\u00eatue d\u2019une robe sombre avec une collerette blanche, un ruban de velours noir autour du col, de longs gants blancs sans doigts. <br>A vingt ans elle a d\u00e9j\u00e0 tellement v\u00e9cu, on le lit dans son regard.<br>L\u00e9onie a vingt-deux ans, brusquement quitt\u00e9e par l\u2019homme qu\u2019elle doit \u00e9pouser. Elle se jette dans la rivi\u00e8re qui coule derri\u00e8re la ferme. Son corps est retrouv\u00e9 quelques jours plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Un entrefilet dans un journal trouv\u00e9 sur internet livre une histoire toute diff\u00e9rente : Tr\u00e8s souffrante des privations endur\u00e9es durant les quatre ann\u00e9es d\u2019occupation ennemies, Mlle L\u00e9onie Denizet, 22 ans, de Pont-Faverger (Marne) s\u2019est noy\u00e9e dans un acc\u00e8s de neurasth\u00e9nie. L\u2019Ouest-Eclair \u2013 8 avril 1923<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 | \u00c0 VOUS LA CANTONADE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tenir entre les mains les livres de po\u00e9sie pour voir le monde diff\u00e9remment pour poursuivre la lutte autrement et rester debout<br>Tenir collection de photos de nuages r\u00eaver en regardant le ciel pour rester debout<br>Tenir les fen\u00eatres ouvertes a\u00e9rer tant que les temp\u00e9ratures sont fra\u00eeches odeurs pr\u00e9gnantes de fum\u00e9es chanceler en \u00e9coutant les nouvelles tenter de tenir debout<br>Tenir journal des collectes de livres po\u00e8mes textes documentaires podcast sur le th\u00e8me des nuages eux allong\u00e9s dans le ciel moi pour mieux les observer debout<br>Tenir debout l&rsquo;\u00e9crire \u00e0 l&rsquo;infini<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 |&nbsp;DU MONDE Pas question de les croire ceux qui avaient tellement promis en 2023 en Gironde dans les Landes une base de canadairs, d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res, des moyens de luttes contre les feux pas question de les croireExigez exigez un autre mod\u00e8le \u00e9conomique d\u00e9croissance plus le temps plus le temps plus 2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL C&rsquo;\u00e9tait <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-04-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #04 |\u00a0toujours L\u00e9onie revient<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":565,"featured_media":217502,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8160],"tags":[],"class_list":["post-217496","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-04-semaine-4"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217496","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/565"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=217496"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217496\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":217519,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217496\/revisions\/217519"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/217502"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=217496"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=217496"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=217496"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}