{"id":217621,"date":"2026-07-31T20:07:29","date_gmt":"2026-07-31T18:07:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=217621"},"modified":"2026-07-31T20:26:37","modified_gmt":"2026-07-31T18:26:37","slug":"217621-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/217621-2\/","title":{"rendered":"#Chronique 04 # Jour et nuit"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/04-chroniques-Jour-et-nuit.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 #04 chroniques # Jour et nuit.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-8213039f-dff0-4cf8-b3cb-25bd9d7ba19a\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/04-chroniques-Jour-et-nuit.pdf\">#04 chroniques # Jour et nuit<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/04-chroniques-Jour-et-nuit.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-8213039f-dff0-4cf8-b3cb-25bd9d7ba19a\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"625\" height=\"417\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-217623\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-11.png 625w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-11-420x280.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 625px) 100vw, 625px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 |&nbsp;D\u2019autres mots<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que pourrais-je demander de plus grand que le choix des mots&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De ce &#8211; <em>\u00e7a va<\/em> &#8211; pas question.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Tomber<\/em>\u2026 non plus<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">non plus\u2026 <em>laisser tomber.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Exigeons que le bruit ne couvre pas le silence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Partons \u00e0 l\u2019aff\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eclairons la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 | 21h44 et quarante secondes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fontenay-les-louvets en Normandie. <em>Claire soir\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/em> Lucky jappe pr\u00e9sumant un d\u00e9part imminent en for\u00eat. Mais non, l\u2019aff\u00fbt avec lui n\u2019est pas envisageable. Bastien, Bastien, crie joyeusement une m\u00e8re derri\u00e8re la haie du jardin \u2013 \u00ab&nbsp;les m\u00fbres seront bient\u00f4t \u00e0 point&nbsp;\u00bb. 21h20 &#8211; <em>Beau ciel pur, blanc.<\/em> Fen\u00eatres ouvertes dans la Dacia, nous longeons les routes bord\u00e9es d\u2019arbres de la for\u00eat domaniale d\u2019Ecouves. A l\u2019ouest, vers le soleil couchant, Alen\u00e7on. A hauteur du panneau La Bouceli\u00e8re, on se l\u00e8ve par-del\u00e0 la fen\u00eatre de la voiture pour scruter les champs en feu sous le soleil rasant. <em>On dirait des projos.<\/em> Un li\u00e8vre passe. <em>Trop t\u00f4t encore pour apercevoir les cerfs<\/em>. Des amoureux piqueniquent. Les foug\u00e8res et l\u2019herbe br\u00fbl\u00e9e sentent bon.&nbsp;21h26. Le ciel vire rose. La route monte, descend, s\u2019assombrit. <em>On se dirait dans la Creuse.<\/em> 21h37. De part et d\u2019autre, une coul\u00e9e \u2013 traces des passages d\u2019animaux. On est heureux de jouer aux pisteurs. Avant l\u2019\u00e9glise non loin d\u2019une camionnette de l\u2019Office National des For\u00eats, l\u2019herbe d\u2019une prairie est rest\u00e9e haute. Y apercevoir des cerfs ? On ralentit. On attend. <em>Non. Pas de cerf<\/em>. On va chercher ailleurs. Tout est calme. Oiseaux fig\u00e9s sur poteaux t\u00e9l\u00e9graphiques. Il fait encore tr\u00e8s chaud. Tout \u00e0 coup, odeur de boule de foin ferment\u00e9e. Sur la route, un couple en shorts et teeshirts aux couleurs jurant avec le paysage, prom\u00e8ne leur chien en attendant les premiers souffles de fra\u00eecheur. On d\u00e9cide de se diriger vers les pommiers. <em>En septembre on y voit souvent des cerfs.<\/em> En chemin, quelques rares chevaux et moutons. Parcelle de bouleaux aux feuillages graciles en lisi\u00e8re de for\u00eat touffue. Dans le pr\u00e9, l\u00e0-bas tout au fond, une forme maronn\u00e9e. 21h44 et quarante secondes, c\u2019est l\u2019heure o\u00f9 l\u2019on voit. Toujours pas de cerf, mais petit cri retenu, <em>une biche et son faon<\/em>. La lune est pleine. On fait silence totale. Les quadrip\u00e8des nous observent fixement, des innocents pas encore r\u00f4d\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9dation humaine. Ils repartent tout de m\u00eame. Se sont-ils irrit\u00e9s de se sentir observ\u00e9s&nbsp;\u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e ? Dans le presque noir, nous nous en retournons aussi, non sans guetter \u2013 on ne sait jamais, des fois que \u2013 un nouveau miracle animal. Retour par Saint Didier sur Ecouves. Sur les bords de la route des panneaux r\u00e9fl\u00e9chissants se sont allum\u00e9s. Les feuillages dentel\u00e9s des arbres, frissonnent entre des port\u00e9es de ciel oranger, jaune, parme, gris, et, basculent dans la vraie nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lucky d\u00e8s notre retour re\u00e7oit moultes caresses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 |&nbsp;Se rassembler et \u00e9crire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une jeune fille haute d\u2019un m\u00e8tre soixante, gu\u00e8re plus, habill\u00e9e marronn\u00e9 (pantalon, tee-shirt, chaussures campagnardes \u00e0 lacets). Belle allure plantureuse. Sa chevelure blonde cendr\u00e9e, boucl\u00e9e, fournie, entoure \u00e0 ravir un visage encore poupin. Ce 25 juillet 2026, la jeune femme station debout, est adoss\u00e9e contre un si\u00e8ge repli\u00e9 du m\u00e9tro de la ligne 13. Dans ses yeux, tr\u00e8s bleus, r\u00e9hauss\u00e9s par les saillis de ses pommettes, une innocence, une tendresse naturelle, jurant avec les ar\u00f4mes de sueur et de poussi\u00e8re poisseuse du wagon. Une dame d\u2019une premi\u00e8re vieillesse, assise en face d\u2019elle sur un strapontin pr\u00e8s de la porte de sortie, la regarde tout en faisant mine de r\u00e9pondre \u00e0 des messages t\u00e9l\u00e9phoniques. L\u2019\u00e9paule gauche de la jeune fille porte un sac en jute beaucoup trop plein qui \u00e0 chaque freinage intempestif du m\u00e9tro, s\u2019\u00e9crase contre le bout de paroi juste au coin de la porte de sortie. Ses deux bras enlacent un immense bouquet d\u2019hortensias. Les grappes de mini-p\u00e9tales blancs et parmes nappent les entrelacs de ses boucles &#8211; une main artisane aurait pu les avoir tress\u00e9es en ornement pour panier. La belle rapproche avec insistance les anses de son sac qui ne cessent de se dissocier. La dame pas tout \u00e0 fait vieille, est songeuse \u2013 de cette fa\u00e7on, cette v\u00e9nus en m\u00e9tro, pourrait bien chercher \u00e0 \u2018se rassembler\u2019 \u2013 c\u2019est le terme qu\u2019elle trouve en cet instant &#8211; pas mieux. Elle finit par s\u2019en convaincre d\u2019autant qu\u2019elle remarque les tressaillements apeur\u00e9s de la belle \u00e0 chaque d\u00e9placement des corps des passagers dans son proche ou plus lointain p\u00e9rim\u00e8tre.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La presque vieille s\u2019emballe et imagine la vie de la belle. Un souvenir la hante, elle en est s\u00fbre. Dans l\u2019obscurit\u00e9 douce de sa chambre d\u2019enfant, yeux entrouverts dans son lit, un jour, un rai de lumi\u00e8re a d\u00fb se glisser sous la porte. Et encore aujourd\u2019hui, le parfum ferment\u00e9 d\u2019un bouquet d\u2019interdits et quelques mots&nbsp;jamais oubli\u00e9s, refont surface d\u2019un lointain cauchemar.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je viens prendre des nouvelles de ton bras.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(&#8230;)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ben, parce qu\u2019il est cass\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(Silence de ma part) \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je ne te vois pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(Silence de ma part) \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Tu es l\u00e0 ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>(Silence de ma part) \u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a bien des fa\u00e7ons de tomber sur ses disparus ind\u00e9sirables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelques cinq minutes plus tard, \u00e0 la station Malakoff-Etienne Dolet, la belle bondit d\u2019un pas leste sur le quai, et la porte du m\u00e9tro se ferme derri\u00e8re elle. Jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re seconde, d\u00e9j\u00e0 nostalgique, la vieille s\u2019est pench\u00e9e pour la regarder dispara\u00eetre. D\u2019un volte-face la jeune femme lui a jet\u00e9 un \u0153il noir. S\u2019est-elle irrit\u00e9e d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 ainsi poursuivie&nbsp;du regard ? A-t-elle imagin\u00e9 quelque pr\u00e9dation rance pour sa fraicheur juv\u00e9nile ? La vieille un peu honteuse de sa muflerie, se persuade que la belle n\u2019a tourn\u00e9 talon qu\u2019\u00e0 contre c\u0153ur, avant tout furieuse de n\u2019avoir rien compris \u00e0 ces quelques minutes silencieuses. Sans tarder et par peur d\u2019oublier, elle compl\u00e8te avec force d\u00e9tails ses notes prises \u00e0 la d\u00e9rob\u00e9e sur son t\u00e9l\u00e9phone. Elle n\u2019est pas m\u00e9contente de sa r\u00e9colte &#8211; cette rencontre hasardeuse en m\u00e9tro l\u2019emm\u00e8nera assur\u00e9ment vers une mati\u00e8re de roman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 |&nbsp;Portrait projection<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette fois, n\u2019\u00e9crirait ni en amont, ni en aval de ce qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit. Cette fois, elle tenterait de freiner son \u00e9lan, de ne pas se pr\u00e9cipiter, de ne pas vouloir \u2018se rassembler\u2019. Car pourquoi y aurait-il \u00e0 tout prix besoin de faire r\u00e9cit\u00a0? Oui, non\u00a0? Elle ne savait pas. Elle s\u2019interrogeait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle s\u2019exer\u00e7ait avec r\u00e9gularit\u00e9, elle creusait, elle plongeait l\u00e0 o\u00f9 elle n\u2019avait jamais os\u00e9. Elle lisait davantage maintenant. Elle explorait, se confrontait \u00e0 sa peur. A chaque auteur, de page en page, elle voyait \u00e9berlu\u00e9e le champ du possible reculer \u00e0 l\u2019infini. Elle p\u00e9n\u00e9trait l\u2019univers de ces grands \u2013 Zola et Proust cette fois-l\u00e0 &#8211; leurs milliers de pages construites comme des cath\u00e9drales. Elle voulait apprendre d\u2019eux, incorporer leur exigence. A leurs c\u00f4t\u00e9s, elle se sentait toute petite bien s\u00fbr, mais surtout voleuse, enfin pas vraiment, elle s\u2019interdisait de se culpabiliser, y parvenait parfois. C\u2019\u00e9tait ainsi. Ces illustres avaient le talent d\u2019inspirer, d\u2019\u00eatre des mod\u00e8les et sans le vouloir, ses ma\u00efeuticiens. Plus elle les lisait, plus elle s\u2019interrogeait, et, se lan\u00e7ait \u00e0 travailler \u00e0 \u00e9crire toute seule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle savait bien la valeur d\u2019un parcours. Elle savait qu\u2019il exigeait une assiduit\u00e9 en m\u00eame temps qu\u2019un laisser venir. Elle n\u2019excluait pas l\u2019avanc\u00e9e vers un \u00ab&nbsp;objet livre&nbsp;\u00bb, sauf \u00e0 le confondre avec une fin en soi. Parfois un d\u00e9but de r\u00e9cit pointait timidement son nez. Elle s\u2019en \u00e9tonnait, s\u2019effrayait. Se mettre d\u00e9j\u00e0 \u00e0 rassembler ses ch\u00e9tives \u00e9critures&nbsp;? Choisir ce chemin plut\u00f4t qu\u2019un autre&nbsp;? Et, toutes ces tables de libraires qui d\u00e9bordaient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si on lui demandait \u00ab\u00a0ce qu\u2019elle faisait dans la vie\u00a0\u00bb, depuis peu, elle r\u00e9pondait \u00ab\u00a0j\u2019\u00e9cris\u00a0\u00bb, enfin \u00ab\u00a0j\u2019apprends \u00e0 \u00e9crire\u00a0\u00bb. Si on lui demandait ce qu\u2019elle \u00e9crivait, elle r\u00e9pondait comment elle \u00e9crivait, disait qu\u2019elle accordait une grande place \u00e0 son monde du dedans, qu\u2019elle n\u2019oubliait pas pour autant le r\u00e9el du dehors. Si on insistait pour en savoir davantage, elle disait que son quotidien \u00e9tait concentr\u00e9, exigeant, choisi, que son travail d\u2019\u00e9criture \u00e9tait journalier comme la lecture. Elle disait qu\u2019ainsi elle grandissait en curiosit\u00e9, qu\u2019elle ouvrait son regard et son \u00e9coute au-devant, que son c\u0153ur devenait plus perm\u00e9able, qu\u2019elle cherchait, t\u00e2tonnait, questionnait sans fin, car elle ignorait encore ce qu\u2019elle aimait, et ne voulait pas s\u2019aveugler. Qu\u2019en attendant, elle fr\u00f4lait parfois l\u2019absurde, d\u2019autres fois le r\u00e9el, et quand surgissait des images, elle les jouait en musique. Tant de fois, elle se demandait, ce qui pouvait bien la pousser ainsi \u00e0 \u00e9crire. Elle ne comprenait pas, elle n\u2019\u00e9tait vraiment pas s\u00fbre de pouvoir un jour comprendre, le voulait-elle\u00a0seulement ? Elle ne se serait jamais attendue \u2013 \u00e0 \u00e9crire \u00e7a &#8211; qui ne lui ressemblait pas.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"271\" height=\"369\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-217624\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La for\u00eat<\/strong> \u2013 1950 \u2013 Bronze &#8211; 57 X 61 X 47,3 cm <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Fondation Giacometti, Paris<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 | La cueillette avec Emilie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\/\/ TENIR \/\/<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sur un tapis de ronces \/ marcher \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">se frotter aux \u00e9pines \/ les \u00e9craser<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sous ses semelles \/ la for\u00eat \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">p\u00e9n\u00e9trer le roncier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">de l\u2019enfance \/ sa longue suite \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">de l\u2019\u00e2ge adulte \/ \u00e0 la vieillesse et \u00e0 la mort \/ au passage \/ se frotter \u00e0 la valeur de la cr\u00e9ation \/ de la vie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sociale de son \u00e9poque aussi \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">se frotter aux arbustes rev\u00eaches sur talus bord\u00e9s de foss\u00e9s \/ se laisser<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">griffer \/ craindre de<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">tomber \/ s\u2019interroger sur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">les murs de sa vie \/ \u00e7a pourrait finir tragiquement \/ tomber et soi avec \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">s\u2019\u00e9craser \/ \u00e9craser<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ici les orties \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">l\u00e0 \/ glisser<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ses doigts entre les m\u00fbres \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">s\u2019accroupir \/ se piquer \/ r\u00e2ler \/ poursuivre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sa t\u00e2che \/ malgr\u00e9 la cruaut\u00e9 des ronces et<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">des fils barbel\u00e9s enfouis \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ici en saisir vaillamment<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">plusieurs \u00e0 la fois \/ elle a mis<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">des gants \/ ils ne lui servent \u00e0 rien \/ elle s\u2019est couverte de pied en cap \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">l\u00e0-bas \/ elle attrape la star des m\u00fbres \/ plus \u00e9paisse \/ gorg\u00e9e de sucre et de jus \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">se sent en joie \/\/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">et \/ entre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">le d\u00e9but et la fin de<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la cueillette \/ ni avoir vu \/ ni avoir senti \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">avoir m\u00eame oubli\u00e9 le<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">passage<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">du temps \/ le cr\u00e9puscule d\u00e9j\u00e0 \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">si touchant \/<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">cette r\u00e9colte qui a enfl\u00e9 \/ cette force qui<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">s\u2019est impos\u00e9e \/ ces trois pots de m\u00fbres pleins \u00e0 ras bord \/ et soi \/ et, la for\u00eat encore<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\/\/ DEBOUT \/\/<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"448\" height=\"676\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-217626\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-13.png 448w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/image-13-278x420.png 278w\" sizes=\"auto, (max-width: 448px) 100vw, 448px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Michel Ristroph, <strong>Atelier d&rsquo;Alberto Giacometti,<\/strong> 1972,&nbsp;coll.Fondation Giacometti, Paris.<br>\u00a9 Succession Giacometti (Fondation Giacometti, Paris et ADAGP, Paris)<br>\u00a9&nbsp;Michel Ristroph<strong><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 |&nbsp;D\u2019autres mots Que pourrais-je demander de plus grand que le choix des mots&nbsp;? De ce &#8211; \u00e7a va &#8211; pas question. Tomber\u2026 non plus non plus\u2026 laisser tomber. Exigeons que le bruit ne couvre pas le silence. Partons \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. Eclairons la nuit. 2 | 21h44 et quarante secondes Fontenay-les-louvets en Normandie. Claire soir\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9. Lucky jappe pr\u00e9sumant un <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/217621-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#Chronique 04 # Jour et nuit<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":697,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8160,1],"tags":[],"class_list":["post-217621","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-04-semaine-4","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=217621"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217621\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":217638,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217621\/revisions\/217638"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=217621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=217621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=217621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}