{"id":217642,"date":"2026-08-01T10:50:00","date_gmt":"2026-08-01T08:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=217642"},"modified":"2026-08-01T10:59:54","modified_gmt":"2026-08-01T08:59:54","slug":"chroniques-04-legere-fatigue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-04-legere-fatigue\/","title":{"rendered":"#chroniques #04 | l\u00e9g\u00e8re fatigue"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques_legere-fatigue-2.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques_l\u00e9g\u00e8re fatigue 2.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b8adc2f4-9662-43c2-9f9c-696b1f6651eb\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques_legere-fatigue-2.pdf\">chroniques_l\u00e9g\u00e8re fatigue 2<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques_legere-fatigue-2.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b8adc2f4-9662-43c2-9f9c-696b1f6651eb\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">1 |&nbsp;DU MONDE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em><strong>Pas question de,<br>Pas question que,<br>Non, pas question.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px\"><em><strong>Levez-vous, enfants r\u00eaveurs, levez-vous&nbsp;!<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\" style=\"font-size:24px\"><em><strong>CHRYSALIDES DU TROISI\u00c8ME SOMMEIL, REGROUPEZ-VOUS ! <\/strong>*<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em><strong>*<\/strong> <\/em>Antoine Volodine<em>, Le port int\u00e9rieur, <\/em>1996 (Les \u00c9ditions de Minuit)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">les valises roulant le long du quai \/ dans le wagon, imbroglio de si\u00e8ges r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 plusieurs personnes \/ quatre personnes \u00e2g\u00e9es v\u00e9rifient leur billet et discutent un bon moment \/ un jeune gar\u00e7on commence \u00e0 pleurer parce que son p\u00e8re est plac\u00e9 loin de lui \/ changer de place \/\u00a0un homme avec des cannes, attrist\u00e9 de ne pas pouvoir s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa fille (se rappeler les plis autour de sa bouche) \/ train fant\u00f4me dans les nuages qui tombent jusqu\u2019\u00e0 nous \/ changer une nouvelle fois de place \/ tout le paysage brouill\u00e9 sous la pluie et la brume (comment \u00e9crire cette immensit\u00e9\u00a0?) \/ alternance de longs tunnels et de fjords (se souvenir de leur couleur particuli\u00e8re \u00e0 la fois noire, bleue et grise) \/ le jeune gar\u00e7on lit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son p\u00e8re qui tousse tr\u00e8s fort \/ souvenir du vieux train entre HK et Guangzhou, aux si\u00e8ges recouverts de housses, avec des manettes m\u00e9talliques aux accoudoirs pour se tourner ou s\u2019incliner \/ pourtant il n\u2019est pas pr\u00e9vu que <em>Tu<\/em> voyages en train pour le moment \/ toute cette eau\u00a0: brouillard, nuages, pluie, cascades, rivi\u00e8res, fjords \/ denses for\u00eats de sapins \/ hautes collines et montagnes \/ \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son p\u00e8re, le gar\u00e7on tousse aussi et joue maintenant \u00e0 un jeu vid\u00e9o \/ les nuages s\u2019\u00e9chappent au-dessus des montagnes \/ un jour blanc comme l\u2019hiver \/ une rivi\u00e8re torrentielle, ses remous d\u2019\u00e9cume, sa limpidit\u00e9 \/ un soleil impr\u00e9visible \u00e9claire les feuillages, les eaux multiples miroitent \/ l\u2019arr\u00eat est plus long que pr\u00e9vu \/ personne ne monte \/ pas envie de changer une nouvelle fois de place \/ des enfants crient \/ un pan de montagne rocailleuse \u00e9merge des sapins \/ je me rappelle combien enfant j\u2019aimais tester ma voix dans les aigus \/ le p\u00e8re aux cannes et sa fille mangent des sandwichs \/ sous le casque, Beethoven \/ rare paysage de montagnes de pierres avec de petites retenues d\u2019eau, des chalets sombres aux toits v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s \/ une jeune fille blonde, cheveux relev\u00e9s, la main appuy\u00e9s sur sa joue (envie de peindre l\u2019appui de ses doigts sur sa joue) \/ un b\u00e2timent de gare en bois jaune safran avec des fen\u00eatres rouges \/ la profusion des hauts arbres, bouleaux, sapins \/ gare de campagne \/ une femme h\u00e2l\u00e9e, cheveux blancs en queue de cheval, pull vert clair, sac \u00e0 dos, avance sur le quai (noter sa d\u00e9termination) \/ des hauts sapins et des sapins jeunes, du vert fonc\u00e9 et du vert tendre \/ l\u2019eau du grand lac scintille sous le soleil \/ des cabanes de bois rouge pr\u00e9cipit\u00e9es entre les arbres (se projeter d\u2019autres vies dans des endroits entraper\u00e7us) \/ le reflet d\u2019un bras sur la vitre \/ des troncs blancs tachet\u00e9s de sombre entrepos\u00e9s en tas \/ d\u2019\u00e9pais nuages fonc\u00e9s s\u2019\u00e9tendent au-dessus d\u2019un nouveau lac bord\u00e9 de nouvelles montagnes \/ des camions jaunes surmont\u00e9s de machines-outils stationn\u00e9s sur des rails \/ des centaines de kilom\u00e8tres de for\u00eats et de lacs \/ l\u2019\u00e9corce rousse des futs de pins \u00e9clair\u00e9e par les soleil \/ soudain l\u2019or d\u2019un champ<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">3 | \u00c9CRIRE AVEC CLARICE LISPECTOR<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le t\u00e9l\u00e9phone p\u00e8se lourd dans la distance o\u00f9 la voix s\u2019amenuise, ne trouve pas assez de souffle, ne sait pas, ne sait plus donner le change, donner de l\u2019allant \u00e0 la conversation, l\u2019allant qu\u2019insuffle habituellement la joie de nous retrouver et nous entendre et nous parler chaque semaine, ce moment pr\u00e9cieux \u00e0 pr\u00e8s de mille kilom\u00e8tres l\u2019une de l\u2019autre mais si proches, un instant ensemble. La voix assourdie, comme lasse, \u00e9voque vite son quotidien, ne s\u2019attarde sur rien et s\u2019\u00e9chappe en questionnant, cherche \u00e0 savoir comment se passe ma vie ici, ma vie nouvelle, mes pas h\u00e9sitants dans la capitale, si loin de la c\u00f4te, elle veut se nourrir de mon \u00e9nergie, de mes histoires, et j\u2019essaie d\u2019emplir de vie l\u2019espace sonore qui nous relie, de la faire rire de mes na\u00efvet\u00e9s de provinciale, de nouvelle salari\u00e9e, mais je sens bien que la voix s\u2019essouffle \u00e0 jouer la connivence et l\u2019amusement, qu\u2019elle se force \u00e0 sourire, que la voix douce, la voix si tendre a perdu de sa rondeur, c\u2019est une sorte d\u2019\u00e9puisement que je ne veux pas survoler alors je lui demande comment elle va, je dis que j\u2019entends dans sa voix une sorte de lassitude, tellement inhabituelle \u2013 chez elle qui contre vents et mar\u00e9es, dans les \u00e9preuves des ans, reste toujours debout et dispense sa s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e0 qui l\u2019entoure (cela je le pense mais ne le dis pas).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Ma ch\u00e9rie, ne t\u2019inqui\u00e8te pas\u2026 je suis peut-\u00eatre un peu fatigu\u00e9e aujourd\u2019hui\u2026<\/em><br>Elle s\u2019arr\u00eate et se reprend;<br><em>Ce n\u2019est rien, juste une l\u00e9g\u00e8re fatigue<\/em>.&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">4 | DE SOI-M\u00caME, ET D\u2019\u00c9CRIRE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mon projet K. est en stand-by, \u00e0 peine quelques notes par ci par l\u00e0. Difficile pour moi de concilier voyage, d\u00e9couvertes, atelier et K. Pas r\u00e9ussi ces deux derni\u00e8res semaines \u00e0 \u00e9crire pour mon chantier dans le cadre de l\u2019atelier alors que l\u2019id\u00e9e de l\u2019enrichir gr\u00e2ce aux propositions de l\u2019atelier \u00e9tait l\u2019optique dans laquelle j\u2019ai rejoint cette nouvelle aventure d\u2019\u00e9t\u00e9 du Tiers Livre. J\u2019ai toujours trouv\u00e9 dans l\u2019atelier des consignes th\u00e9matiques et formelles pour stimuler mon chantier. Certaines propositions tombent vraiment \u00e0 point nomm\u00e9 pour d\u00e9ployer ce que je suis en train d\u2019\u00e9crire. D\u2019autres peuvent faire na\u00eetre des narrations, des situations totalement inattendues dans mon projet et c\u2019est souvent quelque chose d\u2019un peu miraculeux (merci Fran\u00e7ois). Mais parfois \u00e7a ne fonctionne pas ou alors je force un peu (trop) pour faire entrer mon chantier dans les pistes qu\u2019ouvrent les propositions. Il m\u2019arrive aussi bien s\u00fbr de quitter temporairement l\u2019univers de K. pour d\u2019autres mondes, plus quotidiens, a\u00e9ration n\u00e9cessaire, souvent tr\u00e8s int\u00e9ressante : je pense aux exercices d\u2019attention \u00e0 l\u2019environnement ext\u00e9rieur, au<em> r\u00e9el<\/em>. Certaines pistes m\u2019am\u00e8nent aussi parfois beaucoup plus loin, peut-\u00eatre trop, dans l\u2019imagination ou le pass\u00e9, avec une implication imaginaire et \u00e9motionnelle parfois \u00e9norme, d\u2019autant plus probl\u00e9matique (pour moi) que je suis lente et manque de souplesse mentale, qu&rsquo;il m&rsquo;est ensuite difficile de r\u00e9int\u00e9grer assez rapidement un autre univers. Peut-\u00eatre que d\u2019autres rencontrent des difficult\u00e9s de cet ordre. Il me faudrait- plus de recul, de perspicacit\u00e9, avant de me lancer instinctivement et parfois trop vite sur certains chemins d&rsquo;\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">5 | TENIR DEBOUT !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">Tenir au souffle et \u00e0 la joie <br>tenir \u00e0 toi \u00e0 toi et \u00e0 toi <br>et \u00e0 toi et \u00e0 toi et \u00e0 toi <br>et \u00e0 toi et \u00e0 toi et \u00e0 toi <br>tenir \u00e0 vous aussi <br>tenir au(x) vivant(s) et tenir aux morts <br>tenir au geste tenir \u00e0 la musique <br>la musique des mots <br>et la musique sans mots <br>tenir aux arbres tenir aux feuilles <br>aux feuillages bruissants des peupliers <br>des bouleaux des robiniers des gingkos <br>des \u00e9rables des ch\u00eanes des tilleuls <br>des figuiers des oliviers <br>tenir au vent dans les feuillages <br>tenir aux feuilles cir\u00e9es des magnolias <br>tenir aux lacs et tenir aux roseaux <br>tenir \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 tenir aux oiseaux <br>tenir au chant \u00e0 l\u2019envol des oiseaux <br>des h\u00e9rons des pies des moineaux <br>des merles des rouges-gorges des sternes <br>des hirondelles des martinets des cormorans <br>tenir aux insectes tenir aux fous-rires <br>tenir par la main tenir par la danse <br>tenir par la voix tenir mon ken <br>relier le centre tenir ensemble <br>tenir \u00e0 l\u2019amour tenir debout <br>tenir encore et encore debout<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Cette semaine <em>\u00c9crire avec Clarice<\/em> soul\u00e8ve souvenirs et \u00e9motions mais l\u2019injonction <em>Pas question<\/em> passe difficilement dans ma gorge et sous mes doigts, \u00e7a se rebelle, (l\u2019ai sans doute trop souvent entendu ce <em>Pas question<\/em> sur un ton d\u2019autorit\u00e9 irritant), \u00e7a se cabre, on fr\u00f4le le refus d\u2019obstacle avant d\u2019appeler les chrysalides de Volodine \u00e0 la rescousse. De son c\u00f4t\u00e9, mon projet K. est en stand-by. Heureusement \u00c9milie et Albane nous invitent \u00e0 <em>Tenir debout<\/em>.<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">Photo mb<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pas question de,<br \/>\nPas question que,<br \/>\nNon, pas question.<br \/>\n <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-04-legere-fatigue\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #04 | l\u00e9g\u00e8re fatigue<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":48,"featured_media":217699,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8160],"tags":[3934,279],"class_list":["post-217642","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-04-semaine-4","tag-notes","tag-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217642","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/48"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=217642"}],"version-history":[{"count":33,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217642\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":217701,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/217642\/revisions\/217701"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/217699"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=217642"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=217642"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=217642"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}