{"id":218073,"date":"2026-08-05T12:01:49","date_gmt":"2026-08-05T10:01:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=218073"},"modified":"2026-08-05T12:01:50","modified_gmt":"2026-08-05T10:01:50","slug":"chroniques05-des-hommes-et-des-choses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques05-des-hommes-et-des-choses\/","title":{"rendered":"#Chroniques#05: Des hommes et des choses"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-218074\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Jardin-dacclimatation-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1\/ <\/strong><strong>Debout<\/strong><strong><br><\/strong>Fiert\u00e9 de l&rsquo;homme en gilet jaune devant une pr\u00e9fecture<br>Son corps debout pour sauver la r\u00e9publique<br>Fiert\u00e9 de l&rsquo;homme portant son enfant sur ses \u00e9paules<br>\u00c9n\u00e9e sauvant son vieux p\u00e8re de l&rsquo;incendie de Troie<br>Christophe transportant d&rsquo;une rive \u00e0 l&rsquo;autre le poids du monde<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2\/ <\/strong><strong>Unique collection<\/strong><strong><br><\/strong>Les accumulations m&rsquo;\u00e9pouvantent, qu&rsquo;elles soient objets d\u00e9coratifs, tableaux sur les murs, collections dans des bo\u00eetes ou pire, dans des vitrines, garages contenant tout sauf une voiture, mezzanines encombr\u00e9es de cartons de revues de cahiers d&rsquo;\u00e9coliers de v\u00eatements de morts ou brassi\u00e8res de b\u00e9b\u00e9s, placards \u00e0 chaussures aplaties, agglutin\u00e9es m\u00eame pas par paires, amoncellements de tatanes, de poussi\u00e8res et par-del\u00e0 de pieds. Mon cerveau est alors prisonnier des toiles que sont les objets, mon regard ne sait o\u00f9 se poser pour se reposer, la colline ou le laurier rose derri\u00e8re la fen\u00eatre ne se remarquent plus, l&rsquo;\u0153il est pris dans les statuettes dont on ne sait que faire car elles vous furent offertes, elles ont de la beaut\u00e9, de la mati\u00e8re, de l&rsquo;Histoire, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;objectives raisons de s&rsquo;en d\u00e9barrasser sauf l&rsquo;amour du vide appelant en miroir un esprit d\u00e9sencombr\u00e9, clair, vif, repos\u00e9, lumineux. Tout travail prolong\u00e9 d&rsquo;\u00e9criture qu&rsquo;on appellerait un chantier ne peut avoir lieu qu&rsquo;apr\u00e8s un travail de table rase, de nettoyage, y compris ranger le bois pour l&rsquo;hiver ou cueillir toutes les pommes restant au pommier<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cependant il y a une collection. On peut m\u00eame dire que dans l&rsquo;avant derni\u00e8re demeure que serait une chambre d&rsquo;Ehpad il y aurait sur la table de nuit une statuette de bronze me rappelant \u00e0 la spiritualit\u00e9 (il sera temps) et cette collection. Une collection tenant dans un seau de treize centim\u00e8tres de largeur sur treize centim\u00e8tres de hauteur, une tr\u00e8s joyeuse collection de crayons gris. Il y a des paillet\u00e9s, des tigr\u00e9s, des pointill\u00e9s, des ray\u00e9s, des carr\u00e9s des ronds des triangulaires, des unis en papier kraft ou couleurs vives, des port\u00e9es des pianos des porte Maillot, des Dali de velours noir, des dor\u00e9s des argent\u00e9s des monuments nationaux des la Rochelle des Venise des Danois des Anglais des ch\u00e2teaux de la Loire des vote CFDT des PACA des \u00e9l\u00e9phants des souris des coccinelles des fleurs des abeilles des \u00e9toiles des bateaux des papillons, et m\u00eame des crayons \u00e0 oreilles qui d\u00e9passent, des oreilles d&rsquo;ours de cerf et de panth\u00e8re,&nbsp; et tous les amis qui veulent me faire plaisir me rapportent un crayon ce qui me met en joie, car le crayon me donne de la couleur et de la forme, des r\u00e9f\u00e9rences, de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance ou de la simplicit\u00e9 brute, non je ne me rappelle pas qui m&rsquo;a offert quoi. Parfois j&rsquo;en choisis un, pour \u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3\/ Expr\u00e8s sous une \u00e9chelle<br>&#8211; <\/strong>Passer expr\u00e8s sous une \u00e9chelle pour se d\u00e9tacher ostentatoirement des superstitions<br>&#8211; Parfois contourner l&rsquo;\u00e9chelle car quand m\u00eame \u00e9chafaudages pots de peintures gamates et gravats<br>&#8211; Remettre le pain \u00e0 l&rsquo;endroit, occasion de penser au p\u00e8re qui disait qu&rsquo;il y avait le diable dans la maison si le pain \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;envers. Comme on avait d\u00e9j\u00e0 fait exorciser l&rsquo;appartement, ce n&rsquo;\u00e9tait pas la peine d&rsquo;en rajouter. <br>Il ne peut venir que du bien du respect de notre pain quotidien<br>&#8211; Tout le monde prend garde \u00e0 ne pas croiser les verres en trinquant ni les bras en se donnant des poign\u00e9es de mains, \u00e9ducation commune, pour une fois<br>&#8211; Se regarder dans les yeux en trinquant, occasion de constater avec une souffrance renouvel\u00e9e \u00e0 chaque ap\u00e9ro que ma m\u00e8re ne me regarde pas ou fait expr\u00e8s d&rsquo;oublier. Elle regarde les autres correctement.<br>&#8211; Ne pas croiser des couteaux, image des \u00e9p\u00e9es dans le tarot de Marseille\u00a0: duel<br>&#8211; Laisser des ciseaux ouverts sur une table pour retrouver un objet perdu\u00a0: conseil de salle des profs<br>&#8211; Marcher dans une merde de chien (c&rsquo;est le mot d&rsquo;usage) porte chance mais tout le monde \u00e9vite.<br>&#8211; Utiliser nos chiffres f\u00e9tiches porte chance\u00a0: nous avons jou\u00e9 \u00e0 quinze coll\u00e8gues (probl\u00e8me du groupe\u00a0: on ne peut pas ne pas jouer et vouloir aussi appartenir au groupe ce qui serait une situation de double contrainte, quant \u00e0 tous les convaincre que vous \u00eates des leurs sans jouer\u2026donc j&rsquo;ai jou\u00e9), \u00e0 l&rsquo;euro million avec chacun nos chiffres f\u00e9tiches, nous avons gagn\u00e9 5,25 euros. C&rsquo;\u00e9tait en 2023 je viens de lire le message<br>&#8211; La question du chat noir qui porte malheur est d\u00e9pass\u00e9e, ici un chat noir passe ses jours \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du lotissement, certains lui font un brin de causette en passant. Le chat r\u00e9pond \u00e0 ceux qui communiquent<br>&#8211; Superstition personnelle\u00a0: ranger le soir tous les couteaux qui trainent, \u00e7a pourrait donner des id\u00e9es \u00e0 un voleur entrant dans la maison. Entre cousines on s&rsquo;est aper\u00e7ues de cette superstition commune bien avant de d\u00e9couvrir que nos p\u00e8res se sont battus au couteau avec leur p\u00e8re\u00a0\u00a0 \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4\/ <\/strong><strong>Entre autres soupapes<\/strong><strong><br><\/strong>Aucune joie \u00e0 d\u00e9monter un objet cass\u00e9 pour voir comment c&rsquo;est fait. En effet un objet cass\u00e9 dont on ouvrirait le ventre va in\u00e9vitablement r\u00e9v\u00e9ler une accumulation de bricoles, des vis, des plaques, des circuits \u00e9lectroniques, avec r\u00e9sistances diodes et transistors, \u00e0 moins que tuyaux, \u00e9crous, colliers, fil de fer, clapet robinet poussoir et autres joyeuset\u00e9s, donc un objet se d\u00e9compose en multiples pi\u00e8ces qui cr\u00e9ent quoi&nbsp;? De l&rsquo;accumulation&nbsp;! Il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;\u00e0 redistribuer les clous plaques et soupapes dans des petites bo\u00eetes \u00e9tiquet\u00e9es, le tout dans un meuble r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 pos\u00e9 au fond du garage, la voiture ne rentrera plus les voitures ayant grossi, on la mettra donc dans le jardin ou sur un parking b\u00e9tonn\u00e9, \u00e0 la place des fleurs, de l&rsquo;herbe, de la terre gravillonn\u00e9e et de l&rsquo;espace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5\/<\/strong> <strong>Goncourt<br><\/strong>Un jour d&rsquo;ao\u00fbt du d\u00e9but des ann\u00e9es deux mille, un homme s&rsquo;annon\u00e7a pour visiter ma maison en vente. Une maison de village \u00e0 deux \u00e9tages, pierre et bois, jardinet habit\u00e9 par un grand acacia, cypr\u00e8s dans la rue contre la bo\u00eete aux lettres et tout en haut une vue. Il s&rsquo;\u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 par ses nom et pr\u00e9nom au t\u00e9l\u00e9phone il n&rsquo;avait pas d&rsquo;horaires il arrivait \u00e0 pied.<br>\u00c0 l&rsquo;heure la plus chaude je vis arriver un homme en costume de lin gris clair, sous lequel une chemise blanche de bonne coupe l\u00e9g\u00e8rement ouverte, cheveux fins l\u00e9g\u00e8rement longs, chaussures de cuir clair. Aucun sac-\u00e0-dos ni m\u00eame une gourde accroch\u00e9e \u00e0 la ceinture, mais un sac de toile en bandouli\u00e8re. Il se re pr\u00e9senta par son nom et pr\u00e9nom, mal articul\u00e9 mais semblant aller de soi.<br>Il visita, il cherchait un endroit tranquille pour travailler, m&rsquo;a-t-il dit qu&rsquo;il \u00e9crivait je ne m&rsquo;en souviens pas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque je n&rsquo;\u00e9tais que lectrice en ce qui concerne la litt\u00e9rature et sinon prof de musique \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation nationale, un m\u00e9tier de tellement mauvaise r\u00e9putation qu&rsquo;il faut \u00e9couter les souvenirs traumatiques des gens avant de devoir, par respect pour soi-m\u00eame et pour \u00e9viter la d\u00e9pression, d\u00e9fendre la culture, l&rsquo;\u00e9veil, la cr\u00e9ation, l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9cole, le bonheur quotidien, l&rsquo;\u00e9panouissement des ados et j&rsquo;en passe. Un psy qui demanderait <em>vos cours de musique c&rsquo;\u00e9tait comment\u00a0? <\/em>d\u00e9clencherait la logorrh\u00e9e de la s\u00e9ance du jour.<br>Cet homme \u00e9tait accompagn\u00e9 de sa fille, une pr\u00e9-adolescente de douze ans qui n&rsquo;enleva pas ses lunettes de star durant la visite et participa activement \u00e0 la conversation\u00a0: <em>la salle de bains est tr\u00e8s petite, il n&rsquo;y a pas de vraie cuisine, la troisi\u00e8me chambre n&rsquo;a pas de dressing.<\/em> J&rsquo;ai pens\u00e9 que cet homme \u00e9tait actuellement c\u00e9libataire. J&rsquo;\u00e9tais d&rsquo;autre part s\u00fbre qu&rsquo;il ne voyageait pas \u00e0 pied, il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;aur\u00e9oles de sueur sous les bras du costume et la minette n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9puis\u00e9e.<br>Je fus malgr\u00e9 tout surprise quand il me demanda de l&#8217;emmener \u00e0 son \u00e9tape suivante, un village du Luberon dans lequel il faut avoir ses entr\u00e9es, le minuscule cimeti\u00e8re y est plein d&rsquo;artistes c\u00e9l\u00e8bres. Au moment de descendre, il me dit <em>Je suis x.X. \u00e9crivain<\/em>, et soudain la moiti\u00e9 de mon cerveau a fonctionn\u00e9\u00a0<em>mais oui j&rsquo;ai votre livre dans ma biblioth\u00e8que !<\/em> tr\u00e8s emp\u00eatr\u00e9e car l&rsquo;autre moiti\u00e9 ne se souvenant plus du titre je ne pouvais en dire plus. <strong><br><\/strong>Je le trouvai dans mes rayonnages\u00a0: tr\u00e8s connu, belle \u00e9criture, prix Goncourt.\u00a0 <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1\/ DeboutFiert\u00e9 de l&rsquo;homme en gilet jaune devant une pr\u00e9fectureSon corps debout pour sauver la r\u00e9publiqueFiert\u00e9 de l&rsquo;homme portant son enfant sur ses \u00e9paules\u00c9n\u00e9e sauvant son vieux p\u00e8re de l&rsquo;incendie de TroieChristophe transportant d&rsquo;une rive \u00e0 l&rsquo;autre le poids du monde 2\/ Unique collectionLes accumulations m&rsquo;\u00e9pouvantent, qu&rsquo;elles soient objets d\u00e9coratifs, tableaux sur les murs, collections dans des bo\u00eetes ou pire, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques05-des-hommes-et-des-choses\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#Chroniques#05: Des hommes et des choses<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8166],"tags":[163,6250],"class_list":["post-218073","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-05-semaine-5","tag-choses","tag-hommes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218073","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=218073"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218073\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":218075,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218073\/revisions\/218075"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=218073"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=218073"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=218073"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}