{"id":218710,"date":"2026-08-11T22:25:51","date_gmt":"2026-08-11T20:25:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=218710"},"modified":"2026-08-12T08:42:09","modified_gmt":"2026-08-12T06:42:09","slug":"ete-2026-05-mouvements-dhumeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/ete-2026-05-mouvements-dhumeur\/","title":{"rendered":"#chroniques #05 | mouvements d&rsquo;humeur"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelle fiert\u00e9&nbsp;? d\u2019avoir tenu le coup&nbsp;? d\u2019avoir r\u00e9ussi ce qu\u2019on attend de vous&nbsp;? d\u2019avoir surnag\u00e9, gard\u00e9 la t\u00eate hors de l\u2019eau quand il fallait ? d\u2019avoir trac\u00e9, gard\u00e9 le cap, avec endurance, avec bon sens, avec bonne volont\u00e9 et puis, pouvoir dire, j\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 des liens<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je n\u2019ai pas de collection. Ni album de timbres, ni de cartes postales. Ni reproductions de grenouilles, de chats ou de hiboux, tr\u00e8s pittoresques, mais encombrants. Ni magnets sur le frigo. Je n\u2019ai pas de plan ni d\u2019intentions. Les choses m\u2019arrivent, se pr\u00e9sentent, p\u00eale-m\u00eale, et je les adopte au fur et \u00e0 mesure. A mon corps d\u00e9fendant. Parce que je ne sais pas jeter. Je ne sais pas jeter&nbsp;! Je sais trier, je connais la loi des priorit\u00e9s, mais jeter me fait mal. M\u2019enl\u00e8ve un atome de moi. J\u2019ai cr\u00e9\u00e9 des liens avec les choses, des attaches, des souvenirs. Je ne sais pas g\u00e9rer des vide-greniers, je ne vends pas sur internet, j\u2019ai du mal \u00e0 laisser partir des choses et des gens. Je collectionne des liens, qui s\u2019accrochent \u00e0 moi un peu comme les fleurs de bardane s\u2019accrochent aux v\u00eatements. C\u2019est joli, mais tenace. Comme mes tiroirs remplis \u00e0 ras. De v\u00eatements, de linge, de vaisselle. H\u00e9rit\u00e9s, offerts, ramass\u00e9s, r\u00e9par\u00e9s, gard\u00e9s pour la famille. M\u00eame les peluches des petits ne veulent pas s\u2019en aller. Cri de c\u0153ur de ma grande petite-fille&nbsp;: \u00ab&nbsp;mais Mamie, tu m\u2019enl\u00e8ves toute mon enfance&nbsp;!&nbsp;\u00bb Alors je garde aussi pour les autres, des livres, des disques, des puzzles, des bo\u00eetes \u00e0 musique\u2026&nbsp; Et je range. Sur des \u00e9tag\u00e8res pour les souvenirs \u00e0 ch\u00e9rir, le petit pingouin qui vient de S\u00e8te, le cheval qui vient de Murano, le hibou-appeau qui vient des Vosges\u2026Dans les cartons \u00e0 dessins pour les peintures et esquisses \u00e0 garder\u2026 &nbsp;&nbsp;Et dans de jolies bo\u00eetes rondes, des cartons de chaussures, des paniers en osier ou en ch\u00e2taignier, avec ou sans anses, tout ce qui a pu s\u2019accumuler et qui restera encore un peu avec moi. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 R\u00e9flexions<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&nbsp;Je crois que je n\u2019ai jamais r\u00eav\u00e9 d\u2019une robe. Ma m\u00e8re cousait, cr\u00e9ait des robes, les d\u00e9corait de broderies et de dentelles, des robes qui demandaient des petites filles sages, qui prom\u00e8neraient tranquillement dans la rue, qui se poseraient doucement sur une chaise et non sur le sol. Cauchemar que la robe d\u00e9chir\u00e9e lors d\u2019une balade en for\u00eat. Ou celle qui se tachait de mains sales et de chocolat. Et moi qui r\u00eavait shorts et pantalons comme les gar\u00e7ons. Pour courir. Grimper aux arbres. Sauter par-dessus les murs. Mais les pantalons, ce n\u2019\u00e9tait pas pour les filles. Interdit \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Dans la rue. J\u2019ai d\u00fb attendre l\u2019apparition du blue jean pour pouvoir enfin enfiler le pantalon de mes r\u00eaves.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai connu le thermom\u00e8tre \u00e0 mercure, moins pr\u00e9cis que ceux d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019on appose juste deux secondes sur le front pour constater la temp\u00e9rature. J\u2019ai connu les petites boules de vif-argent qui roulaient et semblaient avoir une vie \u00e0 elles. Mais d\u00e9fense d\u2019y toucher. C\u2019\u00e9tait du poison et il fallait le manier avec pr\u00e9caution. L\u2019\u00e9liminer avec circonspection. Et les accidents \u00e9taient rares, heureusement. Par contre, pour la St Sylvestre, nous avions le droit de faire fondre de l\u2019\u00e9tain dans une cuill\u00e8re et de verser le liquide gris m\u00e9tal dans une coupe remplie d\u2019eau froide. L\u2019\u00e9tain se noyait en gr\u00e9sillant et en s\u2019\u00e9claboussant et se recr\u00e9ait miraculeusement en figurines de formes \u00e9tranges qui se solidifiaient en refroidissant. Et chacun pouvait emporter sa petite cr\u00e9ature dans la nouvelle ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 Le trop plein<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les semaines passent, et je cours apr\u00e8s le temps. C\u2019est vacances et farniente, et la chaleur qui plombe. Les visites arrivent, c\u2019est l\u2019\u00e9t\u00e9, la famille, les amis. Bonheur de rassembler tout le monde, d\u2019\u00e9changer, de rire ensemble autour de la grande tabl\u00e9e surcharg\u00e9e de victuailles, chacun porte son \u00e9cot, occupe la cuisine, les couteaux dansent, les cuill\u00e8res tournent dans les casseroles, le four ajoute \u00e0 la canicule, les glaces rafraichissent en dessert. Une famille gourmande qui assure le repas et l\u2019animation. Je n\u2019ai qu\u2019\u00e0 profiter. C\u2019est magnifique et fatigant. \u00c7a mange du temps. Ce temps que je ne trouve pas pour d\u2019autres activit\u00e9s pr\u00e9vues. Pr\u00e9parer l\u2019exposition de notre atelier peinture, quelques tableaux \u00e0 choisir, encadrer et accrocher pour participer au mouvement, trouver quelques heures pour marcher \u00e0 mon rythme dans la nature, \u00e9crire l\u2019esprit tranquille dans mon coin. Je suis en retard pour tout, pour suivre les propositions, pour lire les textes publi\u00e9s, pour y faire des tas de commentaires pleins d\u2019admiration en survolant toutes ces trouvailles qui me touchent, pour chercher mes r\u00e9ponses, imaginer, noter, \u00e9crire, et aussi finalement pour me mettre au courant des techniques n\u00e9cessaires pour les nouveaux pdf pas encore assimil\u00e9s, et pour chercher \u00e0 agr\u00e9menter le tout de quelques photos expressives. La t\u00eate tourne, les id\u00e9es s\u2019entrechoquent, s\u2019emm\u00ealent. Mais Le calme est revenu depuis peu, l\u2019orage a \u00e9clat\u00e9, la pluie tombe drue. Fra\u00eecheur bienvenue pour quelque temps. Et je retrouverai peut-\u00eatre mon temps et mon espace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 \u00catre \u00e0 l\u2019aise<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment vais-je m\u2019habiller&nbsp;? Qu\u2019est-ce que je vais mettre&nbsp;? Il m\u2019arrive de me poser ces questions devant un miroir, pour sortir, pour recevoir. Pour le monde. Mais pas devant l\u2019ordinateur, ni en marchant et \u00e9crivant dans ma t\u00eate. Qu\u2019importe. Un v\u00eatement l\u00e9ger quand il fait chaud, douillet quand il fait froid. Un foulard, s\u2019il y a courant d\u2019air. \u00catre \u00e0 l\u2019aise. Pieds nus ou en grosses chaussettes. Rien qui me serre. Rien qui coince. Ne pas penser \u00e0 l\u2019entourage. R\u00e9gler la lumi\u00e8re, lampe, fen\u00eatre, rideau. Le coussin sur le si\u00e8ge. La hauteur du fauteuil. Faire jouer les doigts pour les d\u00e9lier. Le clavier attend.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Quelle fiert\u00e9&nbsp;? d\u2019avoir tenu le coup&nbsp;? d\u2019avoir r\u00e9ussi ce qu\u2019on attend de vous&nbsp;? d\u2019avoir surnag\u00e9, gard\u00e9 la t\u00eate hors de l\u2019eau quand il fallait ? d\u2019avoir trac\u00e9, gard\u00e9 le cap, avec endurance, avec bon sens, avec bonne volont\u00e9 et puis, pouvoir dire, j\u2019ai fait du mieux que j\u2019ai pu&nbsp;? 2 des liens Je n\u2019ai pas de collection. 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