{"id":218925,"date":"2026-08-13T19:19:59","date_gmt":"2026-08-13T17:19:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=218925"},"modified":"2026-08-13T19:19:59","modified_gmt":"2026-08-13T17:19:59","slug":"chroniques-06-au-ventre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-06-au-ventre\/","title":{"rendered":"#chroniques #06 | Au ventre"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques-06.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques #06.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-ee79d5fd-2bac-4d78-a44c-5b19ef583c4a\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques-06.pdf\">chroniques #06<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/chroniques-06.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-ee79d5fd-2bac-4d78-a44c-5b19ef583c4a\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em><em>D\u2019o\u00f9 qu\u2019on soit au monde, on tire notre force du vivant, ce lien qui nous unit et nous \u00e9l\u00e8ve.<\/em><\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Manger, manger, ils n\u2019ont que \u00e7a \u00e0 la bouche, en plus de la nourriture qu\u2019ils sont justement en train de manger. Tu n\u2019as pas remarqu\u00e9\u00a0? En mangeant, on parle de ce qu\u2019on a mang\u00e9 la veille, au repas pr\u00e9c\u00e9dent, ou de ce qu\u2019on va manger. On en a encore sous le palais qu\u2019on parle d\u00e9j\u00e0 du prochain repas. En mangeant, on rem\u00e2che tous les plats pass\u00e9s et \u00e0 venir, les plats jamais go\u00fbt\u00e9s mais que l\u2019on fantasme. Manger\u00a0est une obsession. Ce go\u00fbt excessif pour la nourriture me dego\u00fbte. Je ne mange pas n\u2019importe quoi, je me rationne, je p\u00e8se, je portionne et je mange juste ce dont j\u2019ai besoin<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019aide que je demande&nbsp;: \u00e0 mon corps de me soutenir, \u00e0 mes jambes de me porter, \u00e0 mes pieds de courir. Je ne demande jamais de l\u2019aide \u00e0 mes bras, et pourtant, le mouvement de balancier est essentiel. Je ne demande pas non plus d\u2019aide \u00e0 mes oreilles ou \u00e0 mon nez, ils vivent leur vie de fa\u00e7on totalement ind\u00e9pendante, happant l\u2019air qui glisse seul jusqu\u2019aux poumons, sans aucun effort superflu. Chaque organe joue sa partie de fa\u00e7on fluide, interd\u00e9pendante et fonctionnelle mais sans grande intervention de ma part. Chacun joue son jeu, aucune duperie, aucune roublardise, la bouche ne reste pas opuverte \u00e0 gober les mouches elle expire l\u2019air par mes l\u00e8vres \u00e0 la suite de l\u2019aspiration par les narines. A peine une palpitation. <em>R\u00e9gl\u00e9 comme du papier \u00e0 musique<\/em> selon une pression paternelle incompr\u00e9hensible vut que mon p\u00e8re n\u2019est p\u00e2s musicien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cerveau, je demande de l\u2019aide&nbsp;: no stress, angoisse en berne. Je ne peux ordonner mais je supplie de ne pas me laisser submerger, que mon ventre ne se torde pas, que mes mains ne soient pas moites, que la gorge ne me br\u00fble pas. Le cerveau est un magicien retors qui ne laisse pas toujours entrevoir ses trucs de prestidigitateur, comme la disparition brusque du trouble ou sa r\u00e9apparition sous forme de fourmis dans les orteils, de tension dans les muscles ou encore sa m\u00e9tamorphose en rage de vaincre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le doute, j\u2019use de persuasion, j\u2019amadoue, j\u2019impose l\u00e2cher prise j\u2019adoucis mon propre esprit par des \u00e9nonc\u00e9s l\u00e9nifiants, r\u00e9p\u00e9titifs pour calmer les \u00e9motions encombrantes, vide le trop plein, ou \u00e0 l\u2019inverse des mantras combatifs et lib\u00e9ratoires, une fa\u00e7on de cravacher mes propres flancs. Des fois, \u00e7a marche. Mieux que toutes les injonctions de <em>Coach<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dimanche dernier, on est arriv\u00e9 in extremis, je me suis chang\u00e9e sur le parking. Porti\u00e8re ouverte, assise sur la banquette arri\u00e8re de la vieille 205, tout en regardant autour les autres concurrents. Il y a ce rouquin que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 crois\u00e9 qui court en tee-shirt vert pomme et qui porte les m\u00eames sublimes Pegasus de Nike. Il est accompagn\u00e9 de sa m\u00e8re, rousse aussi, qui porte son sac de sport, anses sur l\u2019\u00e9paule noire de sa veste en lainage, longue jupe pliss\u00e9e et des bottines vernies. Elle tient la main \u00e0 un m\u00f4me d\u2019une dizaine d\u2019ann\u00e9e, le petit fr\u00e8re je suppose, chauss\u00e9 lui aussi de runnings. J\u2019imagine qu\u2019il court sur les traces de l\u2019a\u00een\u00e9. Il marche en regardant ses pieds et en les tra\u00eenant, ce qui agace la m\u00e8re. Elle r\u00e2le en lui disant d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. Tous les trois rejoignent le stand de retrait des dossards, o\u00f9 se masse une foule de coureurs. Une forme mouvante de tee-shirts color\u00e9s et de short ou shorty noirs. Un peu plus loin, une foule sombre, leurs familles et leurs amis. Un brouhaha au loin. J\u2019enfile mes chaussettes porte-bonheur, je lace mes New Balance, je me rel\u00e8ve et sautille sur place pour v\u00e9rifier que tout est bien en place. Je claque la porti\u00e8re et je pars devant. Les autres marchent derri\u00e8re moi. Je sens leur regard protecteur tandis que le mien se porte loin vers l\u2019avant. Vers les personnes qui remettent les dossards. Une femme brune avec des lunettes rouges v\u00eatue d\u2019un surv\u00eatement bleu marine et un homme plus jeune, barbe de trois jours, m\u00e2choire carr\u00e9e, un visage d\u2019acteur de cin\u00e9ma, couvert d\u2019un blouson d\u2019aviateur en cuir, genre vintage. J\u2019aime son sourire alors je vais d\u2019instinct vers lui. Il cherche le num\u00e9ro que lui indique une fille, menue, musculature s\u00e8che, trois ou quatre ans de plus que moi, queue de cheval nickel qui se balance \u00e0 chaque mouvement. Je me fais la r\u00e9flexion qu\u2019elle a le cheveu hyper fin. Je me demande comment sa coiffure peut tenir le 1500. Elle fait des grimaces et n\u2019arr\u00eate pas de remuer les poignets en faisant des cercles. Stress\u00e9e. A c\u00f4t\u00e9, un mec d\u2019environ mon \u00e2ge, grand, presque maigre, \u00e9paules osseuses, regard fuyant, sous des sourcils fronc\u00e9s. Il sautille sur place non stop depuis plus d\u2019une minute comme s\u2019il voulait faire passer quelque chose. Se racle la gorge, fait un bruit de langue bizarre, remue les l\u00e8vres sans qu\u2019aucun son n\u2019en sorte. Quand c\u2019est son tour, j\u2019entends une tonalit\u00e9 inattendue\u00a0: une voix de fille.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le jardin de mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La vigne du jardin de mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La feuille de la vigne du jardin de mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fr\u00e9missement de la feuille de la vigne du jardin de mon p\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019onde du fr\u00e9missement de la feuille de la vigne du jardin de mon p\u00e8re<br><br>Le mouvement de l\u2019onde du fr\u00e9missement de la feuille de la vigne du jardin<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du mouvement de l\u2019onde du fr\u00e9missement de la feuille de la vigne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le commencement de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du mouvement de l\u2019onde du fr\u00e9missement de la feuille<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La pens\u00e9e du commencement de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du mouvement de l\u2019onde du fr\u00e9missement<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La conception de la pens\u00e9e du commencement de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du mouvement de l\u2019onde<br><br>Les synapses de la conception de la pens\u00e9e du commencement de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du mouvement<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le flux \u00e9lectrique des synapses de la conception de la pens\u00e9e du commencement de la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | D\u2019o\u00f9 qu\u2019on soit au monde, on tire notre force du vivant, ce lien qui nous unit et nous \u00e9l\u00e8ve. 2 | Manger, manger, ils n\u2019ont que \u00e7a \u00e0 la bouche, en plus de la nourriture qu\u2019ils sont justement en train de manger. Tu n\u2019as pas remarqu\u00e9\u00a0? En mangeant, on parle de ce qu\u2019on a mang\u00e9 la veille, au <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-06-au-ventre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #06 | Au ventre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":546,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8171],"tags":[],"class_list":["post-218925","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-06-semaine-6"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218925","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/546"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=218925"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218925\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":218946,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218925\/revisions\/218946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=218925"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=218925"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=218925"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}