{"id":218927,"date":"2026-08-14T18:44:31","date_gmt":"2026-08-14T16:44:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=218927"},"modified":"2026-08-14T18:44:31","modified_gmt":"2026-08-14T16:44:31","slug":"chroniques-06-le-contrepoids-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-06-le-contrepoids-du-monde\/","title":{"rendered":"# Chroniques #06 | Le contrepoids du monde."},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Force assise sur une chaise,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Equilibre fragile, <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Contrepoids du monde,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">Si elle s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, le monde bascule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><strong>Mots emprunt\u00e9s\/inspir\u00e9s de Karin Serres dans<em> Je suis le contrepoids du monde.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je pr\u00e9f\u00e8rerai \u00eatre en capacit\u00e9 de me nourrir de toute autre chose que de nourriture.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Il s&rsquo;agissait de demander de l&rsquo;aide. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Il n&rsquo;y avait pas de volont\u00e9 pr\u00e9cise d&rsquo;avoir recours \u00e0 autrui car autrui n&rsquo;\u00e9tait autre que la vie elle-m\u00eame. Il s&rsquo;agissait de fa\u00e7on consciente et inconsciente de supplier quelqu&rsquo;un ou quelque chose pour \u00eatre entendu. Il s&rsquo;agissait de demander de l&rsquo;aide pour vivre : aux arbres de la for\u00eat, \u00e0 un nuage dans le ciel, \u00e0 une statue qui s&rsquo;animerait ou encore \u00e0 une force inconnue. Il s&rsquo;agissait de silencieusement prier pour que quelqu&rsquo;un ou quelque chose advienne et que je puisse enfin apprendre \u00e0 ne plus \u00e9touffer mais \u00e0 respirer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Pas un arbre ne m&rsquo;a r\u00e9pondu, pas un nuage ne m&rsquo;a port\u00e9, pas une statue ne s&rsquo;est anim\u00e9e mais une main s&rsquo;est tendue et m&rsquo;a fermement agripp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\">Moi la main, je t&rsquo;ai trouv\u00e9e et je ne t&rsquo;ai pas l\u00e2ch\u00e9e et&#8230;<br><br>&#8230;et tu es devenu le contrepoids de mon monde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le ciel, le soleil br\u00fble au-dessus de nos t\u00eates et de nos corps tremp\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et moi, assise sur un banc, je t&rsquo;attends.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un groupe de jeunes filles, cheveux longs, jupes et shorts moulants, fragrances de parfums et de sueurs fra\u00eeches dispers\u00e9es au vent, marchent en ondulant sur le son d&rsquo;une radio \u00e0 ciel ouvert manquant de peu de bousculer un homme grand, chemise blanche entrouverte sur un torse bronz\u00e9 qui fait mine de n&rsquo;\u00eatre pas regard\u00e9. Une petite vieille \u00e0 la robe-fleur courte et courb\u00e9e sur le sol et sur ses pieds, suit, accroch\u00e9e \u00e0 sa laisse, de ses yeux et de ses mains, son petit caniche noir au noeud rose papillon, tandis que deux adolescents en maillots fluor\u00e9s et aux serviettes mouill\u00e9es, se rem\u00e9morent joyeusement leur derni\u00e8re soir\u00e9e. Bruyantes et excit\u00e9es, deux blondes am\u00e9ricaines lunettes noires et robes moulantes croisent un couple de cinquantenaire, un tantinet guind\u00e9. Aucun ne c\u00e8de d&rsquo;un pouce le chemin. Tous se toisent en faisant claquer leurs sandales \u00e0 talons sur les planches de bois lorsque quatre \u00e0 cinq enfants, courant et hurlant de joie, seaux et pelles bariol\u00e9s, brandis de tous leurs doigts, se glissent devant, derri\u00e8re et au milieu du quatuor interloqu\u00e9. Tous d\u00e9cident d&rsquo;en rire et de se s\u00e9parer dans un anglais poliment baragouin\u00e9. Une famille aux chairs flasques d\u00e9goulinantes dans des bikinis et des cale\u00e7ons trop serr\u00e9s, avance, p\u00e9niblement. Les serviettes s&rsquo;agglutinent, les parasols s&rsquo;ouvrent, les v\u00eatements se d\u00e9font, la cr\u00e8me s&rsquo;\u00e9tale et la mer vient l\u00e9cher les orteils perdus dans le fin sable dor\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le ciel, le soleil br\u00fble au-dessus de nos t\u00eates et de nos corps tremp\u00e9s.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et moi, assise sur le banc, je ne t&rsquo;attends plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-4fc3f8e1 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne.<br>Je te donne le petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne la maison du petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne la cl\u00e9 de la maison du petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne le trou de la cl\u00e9 de la maison du petit bonhomme.<br>Je te donne la serrure du trou de la cl\u00e9 de la maison du petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne le pantalon de la serrure du trou de la cl\u00e9 de la maison du petit bonhomme.<br>Je te donne la poche du pantalon du trou de la cl\u00e9 de la serrure de la maison du petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne le bleu de la poche du pantalon du trou de la cl\u00e9 de la serrure de la maison du petit bonhomme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je te donne le petit bonhomme.<br>Je te donne le petit bonhomme.<br>Je te donne.<br>Je te donne.<br>Je te donne.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Le-petit-bonhomme.mp3\"><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Force assise sur une chaise, Equilibre fragile, Contrepoids du monde, Si elle s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, le monde bascule. 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