{"id":219247,"date":"2026-08-24T16:01:10","date_gmt":"2026-08-24T14:01:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=219247"},"modified":"2026-08-24T18:40:38","modified_gmt":"2026-08-24T16:40:38","slug":"chroniques-7-equanimite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-7-equanimite\/","title":{"rendered":"#chroniques #07 | \u00e9quanimit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Oui au prochain pas, pied nu. Anachor\u00e8te se d\u00e9robant, stylite descendant, immersion et bourdonnement : oui, oui, oui. Acquiescer \u00e0 l&rsquo;apparition des tentations palustres. Sans crier gare, le fond atteint le bout des pieds atteint notre imaginaire. Les yeux s&rsquo;effarent dans la surface malachite et cherchent refuge dans l&rsquo;immense voile c\u00e9leste. Oui aux surgissements illusoires suivis d&rsquo;un long relent f\u00e9tide et humiliant. Oui \u00e0 la fatigue qu&rsquo;induit la nervosit\u00e9 et la peur&#8230; Oui \u00e0 la dislocation, \u00e0 la pointe du devoir imp\u00e9rieux et nu. Oui, prostr\u00e9, tout ou\u00efe, attentif \u00e0 la vie du mar\u00e9cage. Oui, le pied bute et est coup\u00e9 sur un v\u00e9ritable obstacle, enfin! Le saignement dure. L&rsquo;\u00e9coulement r\u00e9chauffe l&rsquo;eau et la peau. Oui \u00e0 l&rsquo;\u00e9quanimit\u00e9 quant aux cons\u00e9quences. Oui &#8211; v\u00e9ritablement! au reflet sanguin &#8211; coalescence de l&rsquo;Image et de la Chose. Et oui m\u00eame \u00e0 la fascination renouvel\u00e9e par l&rsquo;intuition de ce que serait le Monde. Oui, s&rsquo;attendre au d\u00e9tour du Monde.<\/li>\n\n\n\n<li>Supposons que la feuille de d\u00e9compte des heures est disparue de ma bannette, ce qui est vrai. Supposons que les feuilles n&rsquo;aient pas d&rsquo;autres utilit\u00e9 que pour communiquer ses heures \u00e0 la secr\u00e9taire, ce qui est vrai. Supposons que la feuille retrouv\u00e9e dans un classeur chez moi, ce qui est vrai. Supposons la g\u00e8ne occasionn\u00e9e par cet \u00e9v\u00e8nement, ce qui est vrai. <\/li>\n\n\n\n<li>\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Trois cahiers noirs<\/em>, mes journaux d\u00e9crivant douze mois dans le Nord-Ouest de la France travaillant dans le secteur du pipeline.<\/li>\n\n\n\n<li>L&rsquo;ann\u00e9e sur la <em>D775<\/em>. 33km entre Derval et Redon. Parenth\u00e8se contemplative, \u00e9coute et conduite \u00e9clairant les arbres de cette ligne bris\u00e9e au 12\u00e8me kilom\u00e8tre \u00e0 Gu\u00e9m\u00e9n\u00e9-Penfao.<\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>Caf\u00e9 Tempo<\/em> \u00e0 Gu\u00e9m\u00e9n\u00e9-Penfao, lieu de pause o\u00f9 je lis les introductions et quelques pages des derniers livres re\u00e7us dans la boite aux lettres ou ceux achet\u00e9s sur Redon &#8211; selon la m\u00e9t\u00e9o, alternativement terrass\u00e9 par la m\u00e9lancolie ou le sublime de ma solitude.<\/li>\n\n\n\n<li>Un <em>express<\/em> et un <em>Perrier tranche<\/em>. Sauf les deux verres de cidre bus cette ann\u00e9e. Un lors d&rsquo;une conversation sur les rivalit\u00e9s entre les villages de p\u00eacheurs de crustac\u00e9s et coquillages et ceux de p\u00eacheurs de poissons. Le dernier \u00e0 la fin de mon contrat \u00e9tonna la tenanci\u00e8re. C&rsquo;est fascinant comme la peur d&rsquo;\u00eatre pleinement soi peut abstenir un \u00eatre.<\/li>\n\n\n\n<li>Thierry Logie, le propri\u00e9taire d&rsquo;<em>Aquaperle<\/em>, fut mon premier interlocuteur sur Redon. Son regard espi\u00e8gle sous ses lunettes bleue cercl\u00e9es de noir. Le type d&rsquo;encre de Chine, le type de plume, le type de papier&#8230; Il me prodigua une attention et aborda le sujet avec une simplicit\u00e9 qui me poussa \u00e0 croire au travail. Douze mois apr\u00e8s mon d\u00e9part d&rsquo;Ille-et-Vilaine, il ferma d\u00e9finitivement son magasin. <\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>Cin\u00e9ma Manivelle<\/em>, machine \u00e0 r\u00eaves, \u00e9chappatoire temporaire pour retrouver nos chim\u00e8res communes, une mise en rythme aux formes du cin\u00e9ma actuel, assise hebdomadaire.<\/li>\n\n\n\n<li>La librairie <em>Le Libre et la Tortue<\/em>, son propri\u00e9taire et ma confidence : j&rsquo;\u00e9cris. <\/li>\n\n\n\n<li>La libraire <em>Libelune<\/em>, o\u00f9 je n&rsquo;avoua rien de mon \u00e9criture. <\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>Nautic Caf\u00e9<\/em>, devant lequel je me garais, sa terrasse o\u00f9 je lus avec tr\u00e9pidation l&rsquo;Intuition de l&rsquo;Instant de Bachelard, ses marginaux dont j&rsquo;entendais avec tristesse l&rsquo;\u00e9cho de mon d\u00e9sir de lib\u00e9ration de jeunesse.<\/li>\n\n\n\n<li>Le <em>Shannon Caf\u00e9<\/em>, sa terrasse surplombant le <em>Nautic Caf\u00e9<\/em> o\u00f9 je lus le texte de George Simmel sur l&rsquo;amour, le mariage et la prostitu\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>L&rsquo;<em>\u00e9cluse de la Digue de Saint-Nicolas-de-Redon<\/em>, lieu de d\u00e9part du chemin que je marchais si souvent. Un jour de saudade, j&rsquo;y enregistra un message pour M***** o\u00f9 constellait d\u00e9j\u00e0 cette liste. <\/li>\n<\/ol>\n<\/li>\n\n\n\n<li>Supposons que je sois actuellement disponible \u00e0 une certaine intensit\u00e9 du d\u00e9sir de l&rsquo;autre, ce qui n&rsquo;est pas vrai. Supposons que je sache encore ce qu&rsquo;est un d\u00e9sir, ce qui n&rsquo;est pas vrai. Supposons que je sache vraiment ce qu&rsquo;il en est de moi, ce qui n&rsquo;est pas vrai. Supposons que la frustration de mon d\u00e9sir forme deux mains jointes \u00e0 jamais, ce qui n&rsquo;\u00e9tait pas vrai. <\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":688,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8123,8184,1],"tags":[],"class_list":["post-219247","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-chroniques-sommaire-des-propositions","category-ete-2026-07-semaine-7","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219247","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/688"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=219247"}],"version-history":[{"count":30,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219247\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":220057,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219247\/revisions\/220057"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=219247"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=219247"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=219247"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}