{"id":219664,"date":"2026-08-20T09:14:36","date_gmt":"2026-08-20T07:14:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=219664"},"modified":"2026-08-20T09:14:36","modified_gmt":"2026-08-20T07:14:36","slug":"chroniques-06-la-robe-blanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-06-la-robe-blanche\/","title":{"rendered":"#chroniques #06 |\u00a0La robe blanche"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_06-bis.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Chroniques_#06 bis.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-99e64895-5776-4e8f-bd1a-535841ef8808\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_06-bis.pdf\">Chroniques_#06 bis<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_06-bis.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-99e64895-5776-4e8f-bd1a-535841ef8808\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">1 |<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une force comme une vague de fond, une force qui surgit dans le monde, l\u2019\u00e9l\u00e8ve et le sort enfin de la boue<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2 | En mangeant en \u00e9crivant<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mange\u00a0! Il faut tout manger. Tu iras dans le coin si tu ne manges pas tout. Qu\u2019est-ce que tu fais de bon \u00e0 manger\u00a0? (l\u2019enfant s\u2019adressant \u00e0 sa m\u00e8re). Qu\u2019est-ce que je vais manger aujourd\u2019hui\u00a0? Je n\u2019aime pas particuli\u00e8rement manger. Je mange parce qu\u2019il faut. Je mange quand j\u2019ai faim. Il y a belle lurette que je m\u2019embarrasse plus de manger tout. Sauf quand je suis invit\u00e9e. Mais manger c\u2019est convivial. On mange un bout\u00a0? On se voit entre amis et on mange. Que font les gens quand ils sont en vacances\u00a0? Ils mangent avec des amis ou en famille. Et tandis que j\u2019\u00e9cris ce texte je mange. Je parle de manger et je mange. La plupart du temps je mangeais en travaillant (je parle ici du travail r\u00e9mun\u00e9rateur, celui qui nous permet de manger) donc je pourrais \u00a0tout aussi bien manger en \u00e9crivant. Je mange aussi en lisant ou je lis en mangeant. En mangeant en \u00e9crivant\u00a0? Pourquoi pas.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">3 | La robe blanche<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce jour o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de porter une robe blanche d\u00e9nu\u00e9e de toute entrave, pour respirer la vie \u00e0 pleins poumons, l\u2019\u00e9crire en toute libert\u00e9, je n\u2019ai eu d\u2019autre choix que de demander de l\u2019aide. Cette robe que je voulais blanche, j\u2019allais la coudre moi-m\u00eame. Il y avait n\u00e9anmoins un petit grain de sable dans ce beau projet : je ne savais pas coudre. Je n\u2019ai pas l\u2019habitude de demander de l\u2019aide, car je ne veux courir le risque de l\u2019emprise. Mais il a bien fallu que je m\u2019y r\u00e9solve. J\u2019ai fait appel \u00e0 notre couturi\u00e8re, celle qui r\u00e9alisait toutes les robes et tous les costumes de la famille. Cette femme qui \u00e9tait une confidente et une amie m\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 et les convenances ne le permettaient pas. Cette femme qui me connaissait depuis l\u2019enfance,\u00a0 cette femme qui me connaissait mieux que ma m\u00e8re. Pourtant d\u00e9bord\u00e9e de travail, elle ne m\u2019a pas refus\u00e9 son aide.<br>Souvent je pensais \u00e0 elle, je la voyais tout \u00e0 son ouvrage, je voyais les v\u00eatements qui prenaient forme entre ses mains. Elle avait du fil d\u2019or dans les doigts, elle transformait en robes de soir\u00e9e les tissus les plus sombres et les plus ternes, effectuait des r\u00e9parations miracles de derni\u00e8re minute.\u00a0 Je lui ai expliqu\u00e9 que j\u2019avais besoin de son \u00e9clairage pour la conception du mod\u00e8le. Nous nous sommes assises ensemble, nous avons parl\u00e9, longuement. Elle a \u00e9cout\u00e9 avec grande attention mes id\u00e9es en termes d\u2019aisance de mouvements, de commodit\u00e9, de facilit\u00e9 de lavage, saisissant dans la seconde m\u00eame comment les traduire par son trait limpide et pr\u00e9cis. Symboliquement, il m\u2019\u00e9tait indispensable de confectionner la robe moi-m\u00eame, ce qui, par la m\u00eame occasion, lui all\u00e8gerait la besogne. Il suffirait qu\u2019elle me montre comment faire. J\u2019apprenais vite.<br>Ses yeux se sont illumin\u00e9s, un sourire bienveillant et compr\u00e9hensif s\u2019est dessin\u00e9 sur son visage. Un instant d\u00e9concert\u00e9e, elle a rapidement compris cet \u00e9lan vital. Elle a vu ce feu au fond des yeux, un feu qui ne souffrait aucun compromis. Alors moi, la magicienne comme ils m\u2019appelaient, le soir m\u00eame j\u2019ai trouv\u00e9 dans mes restes de tissus, le coton blanc qui la ravirait et d\u00e8s le lendemain nous nous sommes mises au travail. Avant m\u00eame de commencer, j\u2019ai su que je passerais plus de temps \u00e0 lui prodiguer explications et conseils que si je cousais la robe moi-m\u00eame et Dieu sait qu\u2019ils furent n\u00e9cessaires, car elle n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re dou\u00e9e pour les travaux d\u2019aiguille. Mais j\u2019ai aim\u00e9 cette aventure si lumineuse, si profonde, j\u2019ai aim\u00e9 contribuer, certes modestement, \u00e0 cet essentiel qui se profilait dans sa vie.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">4 | Reykjavik, Zagreb, Prague, etc<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors du prologue, j\u2019\u00e9voquais l\u2019atelier \u00ab\u00a0Faire un livre\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9t\u00e9 2021 o\u00f9 il \u00e9tait question de quelqu\u2019un qui arrive quelque part et donc d\u2019une femme qui s\u2019installe dans une chambre d\u2019h\u00f4tel dans sa ville et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans ce quartier o\u00f9 elle est n\u00e9e, a \u00e9tudi\u00e9 et travaill\u00e9 la majeure partie de sa vie professionnelle. Comme elle ne croit pas au hasard, elle a d\u00e9cid\u00e9 de passer quelque temps au plus pr\u00e8s de ces lieux pour tenter de comprendre pourquoi elle n\u2019a cess\u00e9 de graviter dans ce quartier. Devrait-elle dire qu\u2019elle n\u2019a cess\u00e9 de le hanter ? Et qu\u2019elle le hante encore.<br>Lors de ce prologue, Catherine Serre m\u2019avait tr\u00e8s judicieusement demand\u00e9 si je l\u2019avais fait, si j\u2019avais pass\u00e9 ces quelques nuits \u00e0 l\u2019h\u00f4tel. Et non, je ne l\u2019ai pas fait. Et c\u2019est l\u00e0 que se pose pour moi cette question, bateau certes\u00a0: le personnage qui se veut \u00eatre soi d\u00e9passe-t-il son auteur\u00a0? Se d\u00e9solidarise-t-il compl\u00e8tement, chacun sa vie propre\u00a0? L\u2019auteure d\u2019un c\u00f4t\u00e9, le personnage de l\u2019autre, m\u00eame si, en apparence elles ne font qu\u2019une, m\u00eame si la fiction s\u2019immisce entre elles\u00a0?\u00a0 Dans sa vie propre, son personnage, a fait quelque chose qu\u2019elle-m\u00eame n\u2019a pas os\u00e9 faire. Elle n\u2019a pas os\u00e9 se confronter \u00e0 cette solitude que lui renvoie sa ville. L\u2019autre jour, elle passait par le quartier pour rentrer chez elle, apr\u00e8s une visite culturelle en groupe. Les participants, qu\u2019elle connaissait, n\u2019\u00e9taient pas disponibles pour prolonger le moment par un resto. Elle savait qu\u2019elle n\u2019aurait pas envie de cuisiner en rentrant chez elle. Et pourtant, elle ne s\u2019est pas vue attabl\u00e9e, seule, dans un restaurant. \u00c9trangement, lorsqu\u2019elle voyage seule, cela lui est moins difficile. Elle l\u2019avait fait \u00e0 Reykjavik, Zagreb, Prague, Providence, Paris, mais dans sa ville, elle n\u2019y parvient pas. Que dire alors de s\u00e9journer \u00e0 l\u2019h\u00f4tel.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">5 | Le livre d&rsquo;une vie<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre d\u2019une vie<br>Le d\u00e9but du livre d\u2019une vie<br>La premi\u00e8re ligne du d\u00e9but du livre d\u2019une vie<br>Le premier mot de la premi\u00e8re ligne du d\u00e9but du livre d\u2019une vie<br>L\u2019id\u00e9e du premier mot de la premi\u00e8re ligne du d\u00e9but du livre d\u2019une vie<br>La mise en mots de l\u2019id\u00e9e du premier mot de la premi\u00e8re ligne du d\u00e9but du livre d\u2019une vie<br>La planification de la mise en mots de l\u2019id\u00e9e du premier mot de la premi\u00e8re ligne du d\u00e9but du livre<br>Le choix du papier de la planification de la mise en mots de l\u2019id\u00e9e du premier mot du d\u00e9but<br>Le magasin du choix du papier de la planification de la mise en mots de l\u2019id\u00e9e du premier mot<br>Le chemin du magasin du choix du papier de la planification de la mise en mots de l\u2019id\u00e9e<br>La pens\u00e9e du chemin du magasin du choix du papier de la planification de la mise en mots<br>La mise en mots de la pens\u00e9e du chemin du magasin du choix du papier de la planification<br>La formulation de la mise en mots de la pens\u00e9e du chemin du magasin du choix du papier<br>L\u2019\u00e9nonciation de la formulation de la mise en mots de la pens\u00e9e du chemin du magasin bouche de l\u2019\u00e9nonciation de la formulation de la mise en mots de la pens\u00e9e du chemin<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | Une force comme une vague de fond, une force qui surgit dans le monde, l\u2019\u00e9l\u00e8ve et le sort enfin de la boue 2 | En mangeant en \u00e9crivant Mange\u00a0! 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