{"id":219775,"date":"2026-08-21T18:30:50","date_gmt":"2026-08-21T16:30:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=219775"},"modified":"2026-08-21T18:30:51","modified_gmt":"2026-08-21T16:30:51","slug":"chroniques-5-ballad-of-a-thin-man","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-5-ballad-of-a-thin-man\/","title":{"rendered":"#chroniques #5 | Ballad of a Thin Man"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_05_DEP-1.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Chroniques_#05_DEP.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-c2550cd6-b177-40d6-b3d2-3e8f1e47984f\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_05_DEP-1.pdf\">Chroniques_#05_DEP<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Chroniques_05_DEP-1.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-c2550cd6-b177-40d6-b3d2-3e8f1e47984f\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 | du monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fiert\u00e9 bafou\u00e9e, pi\u00e9tin\u00e9e, effac\u00e9e, an\u00e9antie par les mensonges, la possession, les massacres, une fiert\u00e9 en col\u00e8re, une fiert\u00e9 revendicatrice, une fiert\u00e9 sage<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el _ Archives<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tulsa, OK | Bob Dylan Center le 30 juillet 2022 <br>C\u2019est au 116 E Reconciliation Wy que le 10 mai 2022 a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9 par Patti Smith le Bob Dylan Center. Je l\u2019ai su par hasard, au d\u00e9tour d\u2019un post sur IG. C\u2019\u00e9tait de bon augure, Tulsa \u00e9tait inscrite dans ma pr\u00e9paration du road trip Route 66. Je me suis renseign\u00e9e et j\u2019ai imm\u00e9diatement not\u00e9 cette information dans mon carnet. Le 30 juillet suivant, \u00e0 midi, nous d\u00e9couvrons le b\u00e2timent en briquette rouge, incroyable lieu d\u2019archives, qui c\u00f4toie quelques m\u00e8tres plus loin, au 102, le b\u00e2timent d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019idole du jeune Dylan. Une co\u00efncidence\u00a0? Une volont\u00e9\u00a0? Peu importe. Nous n\u2019aurons pas le temps de d\u00e9couvrir le Woody Guthrie Center, mais resterons 4 heures dans le Bob Dylan Center tellement riche et passionnant. Ici, toutes sortes d\u2019archives s\u2019entassent, s\u2019accumulent, se croisent, s\u2019\u00e9talent. Et comme le mentionne ces quelques mots issus de\u00a0<em>Ballad of a Thin Man<\/em>\u00a0inscrits sur la vitrine \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du Center,\u00a0<em>Something is happening here<\/em>. Et c\u2019est vrai, durant ces 4 heures, il va se passer quelque chose d\u2019unique, car jamais un b\u00e2timent d\u2019archives ne m\u2019aura autant fascin\u00e9. La mati\u00e8re est l\u00e0, bien pr\u00e9sente et jubilatoire. D\u00e8s la premi\u00e8re salle, un film de plusieurs minutes tourne en boucle. Quelle merveilleuse entr\u00e9e en mati\u00e8re. Les images, la musique, le son de la voix de Dylan. Les extraits de concerts et d\u2019interviews se font \u00e9cho et s\u2019est envoutant. Je reste pratiquement une demi-heure dans cette antichambre, assise sur un pouf, \u00e0 me m\u2019impr\u00e9gner du moment. J\u2019ai envie de tout d\u00e9vorer, tout noter, tout enregistrer, pour garder le souvenir intact de chaque instant, chaque d\u00e9couverte, tous ces d\u00e9tails contribuent \u00e0 l\u2019essence m\u00eame de l\u2019histoire et nous laisse ce sentiment d\u2019\u00eatre combl\u00e9. Ce jour-l\u00e0, au milieu des installations consacr\u00e9es \u00e0 ses chansons de l\u00e9gende, on \u00e9pluche la chronologie de la carri\u00e8re musicale de Dylan, on effleure la partie priv\u00e9e, ses tourn\u00e9es, ses amis, on reconnait des pochettes de disques, on prend note de ses lectures favorites. Ici s\u2019entassent des carnets, des manuscrits et tapuscrits d\u2019\u00e9criture de chansons, des photos, des affiches, des guitares. Pour son premier concert solo \u00e0 New York, le samedi 4 novembre 1961, au\u00a0Carnegie Chapter Hall sur la 57th, la place assise coutait $2.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 | \u00e9crire avec clarice lispector<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Jamais deux sans trois, mais jamais trois sans le reste. Il convient d\u2019une premi\u00e8re fois et c\u2019\u00e9tait en 1981, la deuxi\u00e8me a pris toute une ann\u00e9e et s\u2019est termin\u00e9e au d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 84 et apr\u00e8s, les autres fois se sont encha\u00een\u00e9es de mani\u00e8re irr\u00e9guli\u00e8re. Je ne les ai jamais compt\u00e9es, trop peu \u00e0 mon go\u00fbt, mais suffisamment pour cr\u00e9er une histoire, creuser un monde, tisser un lien ind\u00e9fectible entre un pays fantasm\u00e9, idol\u00e2tr\u00e9, lointain, les \u00c9tats unis, et moi. Depuis cet \u00e9t\u00e9 81 qui fut bien r\u00e9el, mais aussi les ann\u00e9es ant\u00e9rieures, cette terre n\u2019a cess\u00e9 de m\u2019appeler encore et encore, sans me laisse de moindre r\u00e9pit. Mon regard est toujours tourn\u00e9 vers l\u2019Ouest, mon esprit se disperse au-dessus des 50 \u00e9tats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s, et les deux li\u00e9s repr\u00e9sentent une grande partie de mon existence, comme s\u2019ils s\u2019\u00e9taient li\u00e9s pour m\u2019accompagner dans cette qu\u00eate de l\u2019ailleurs. Aujourd\u2019hui, ce proverbe est si lointain qu\u2019il ne fait plus sens, mais dans une p\u00e9riode de ma vie, il a born\u00e9 quelques-uns de mes objectifs, pas \u00e0 pas a contribu\u00e9 \u00e0 concr\u00e9tiser mes choix, impulsant cette force en avant du d\u00e9sir fou de retourner l\u00e0-bas \u00e0 chaque retour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 | de soi-m\u00eame et d\u2019\u00e9criture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps d\u2019\u00e9criture reste fragile. Il suffit de changer de rythme, de subir des impr\u00e9vus ext\u00e9rieurs et c\u2019est toute une organisation qui s\u2019\u00e9croule. J\u2019avais projet\u00e9 un \u00e9t\u00e9 serein qui m\u2019aurait permis de mettre en place une pratique d\u2019\u00e9criture plus r\u00e9guli\u00e8re, de pr\u00e9parer des projets, d\u2019organiser mon travail. Et puis, les canicules se sont succ\u00e9d\u00e9, implacables, insupportables, pour le corps et l\u2019esprit, affaiblissant le quotidien, le rendant invivable, et fig\u00e9 dans un souffle de vent qui jamais n\u2019est venu. Et puis, les incendies en Gironde, aux portes de la ville et ailleurs, apportant son lot d\u2019angoisse, d\u2019incertitude, des d\u00e9vastations. Les paysages ext\u00e9rieurs, noircis, br\u00fbl\u00e9s, d\u00e9vast\u00e9s, affectant aussi notre paysage int\u00e9rieur, ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un avenir fragilis\u00e9, en souffrance d\u2019attention, de respect. Il \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019attendre un sursis pour s\u2019autoriser \u00e0 s\u2019\u00e9vader un peu, s\u2019\u00e9loigner vers un soup\u00e7on de fra\u00eecheur, un autre paysage, et tenter d\u2019\u00e9crire quelques mots&nbsp;<em>autres<\/em>&nbsp;sur le blog de voyage, des mots arrach\u00e9s \u00e0 la volont\u00e9 de survivre, de poursuivre. Le suivi de l\u2019atelier d\u2019\u00e9t\u00e9 en a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9, ralenti. Il faut maintenant en reprendre le chemin pour le terminer tant bien que mal. C\u2019\u00e9tait un des objectifs de l\u2019\u00e9t\u00e9 26.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 | \u00e0 vous la cantonade&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re eux, le paysage \u00e9tait flou, comme absent. Ils \u00e9taient debout, se faisant face, les yeux dans les yeux. Sa main \u00e0 elle pos\u00e9e d\u00e9licatement sur son buste \u00e0 lui, l\u2019articulation de son poignet pratiquement en angle droit, mais suffisamment souple pour interpr\u00e9ter ce geste comme un lien \u00e0 la fois distant et amical. Il portait un ensemble pantalon-chemise en \u00e9pais tissu blanc, elle \u00e9tait habill\u00e9e d\u2019une robe noire sobre d\u00e9coup\u00e9e dans un joli tissu d\u00e9licat, style kimono. Les bordures de l\u2019encolure crois\u00e9e faisaient appara\u00eetre un liser\u00e9 blanc. Sur la partie droite, une broderie en argent. Autour de la taille, une large ceinture noire et sur la partie visible la lettre X brod\u00e9e en fil d\u2019argent avec de chaque c\u00f4t\u00e9, une d\u00e9coration qui faisait penser \u00e0 un clou. Sur sa t\u00eate \u00e9tait pos\u00e9 un chapeau en feutre noir au large bord. Elle avait 90 ans, il en avait 32. Il \u00e9tait sculpteur sur c\u00e9ramique et son assistant, elle \u00e9tait une peintre moderniste am\u00e9ricaine renomm\u00e9e. Sur le support explicatif plac\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la photo prise en 1977 au&nbsp;Ghost Ranch ou \u00e0 Abiqui\u00fa, NM, par Malcom Varon, on pouvait lire deux noms, Georgia O\u2019Keeffe et Juan Hamilton.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | du monde Une fiert\u00e9 bafou\u00e9e, pi\u00e9tin\u00e9e, effac\u00e9e, an\u00e9antie par les mensonges, la possession, les massacres, une fiert\u00e9 en col\u00e8re, une fiert\u00e9 revendicatrice, une fiert\u00e9 sage 2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el _ Archives Tulsa, OK | Bob Dylan Center le 30 juillet 2022 C\u2019est au 116 E Reconciliation Wy que le 10 mai 2022 a <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-5-ballad-of-a-thin-man\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #5 | Ballad of a Thin Man<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":70,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8166],"tags":[],"class_list":["post-219775","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-05-semaine-5"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219775","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/70"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=219775"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219775\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":219778,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/219775\/revisions\/219778"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=219775"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=219775"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=219775"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}