{"id":220086,"date":"2026-08-25T15:04:57","date_gmt":"2026-08-25T13:04:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=220086"},"modified":"2026-08-25T15:07:17","modified_gmt":"2026-08-25T13:07:17","slug":"220086-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/220086-2\/","title":{"rendered":"#chroniques#07 interrogations"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce matin, j\u2019ai dit oui \u00e0 la rose qui m\u2019a souri sous la pluie<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Supposons que j\u2019ai du mal \u00e0 utiliser ce mot\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Supposons que je l\u2019utilise sans y croire\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Supposons que j\u2019\u00e9crive quand-m\u00eame quelques phrases\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Supposons que je pr\u00e9juge sans savoir, que je soup\u00e7onne sans raison<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Supposons que supposer ne me semble pas donner des r\u00e9sultats fiables<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et supposons donc que ma litanie manque \u00e9trangement de sens<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors je me contente d\u2019arr\u00eater de supposer pour creuser davantage le r\u00e9el\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3 <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des villes \u00e9mergent se bousculent se souviennent rivalisent<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Arriv\u00e9e \u00e0 Paris gare de l\u2019Est, le c\u0153ur plein de r\u00eaves, la t\u00eate remplie de clich\u00e9s les longs couloirs de m\u00e9tro \u00e0 Ch\u00e2telet avec la valise sans roulettes la Seine et ses bateaux-mouches les amoureux qui s\u2019embrassent en public sur les quais l\u2019odeur du caf\u00e9 de l\u2019anis et la couleur verte de la menthe \u00e0 l\u2019eau la baguette et la boite de camembert pour repas les vastes salles du Louvre et Mona Lisa toute petite sur un grand mur blanc les librairies du quartier latin les promenades \u00e0 trois heures du matin dans des rues d\u00e9sertes traversant les ponts de la Seine la d\u00e9couverte de la soupe \u00e0 l\u2019oignon et des escargots aux Halles anciennes les parties de flipper dans le caf\u00e9 italien et Aznavour chantait l\u2019amour qui s\u2019en va\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis Berlin l\u2019hiver -14\u00b0vent glacial rues glissantes march\u00e9s de No\u00ebl sur &nbsp;toutes les places lumi\u00e8res couleurs effluves de chocolat et de beignets bougies color\u00e9s boules dor\u00e9es chants de No\u00ebl vin chaud pour les mains et le c\u0153ur coupoles d\u00f4mes fl\u00e8ches suspendus au-dessus de la m\u00eal\u00e9 voil\u00e9s par la neige fra\u00eeche et le fant\u00f4me de l\u2019\u00e9glise du souvenir d\u00e9truite par une bombe et restaur\u00e9e avec une modernit\u00e9 simple \u00e9mouvante bois et transparence des vitraux recueillement pr\u00e8s de l\u2019agitation des commerces et un mus\u00e9e riche en histoire la porte de Brandebourg mi-cach\u00e9e par un sapin g\u00e9ant le d\u00f4me en verre \u00e9tincelant du Reichstag et le m\u00e9morial de l\u2019Holocauste au sol verglac\u00e9 battu par la temp\u00eate le checkpoint Charlie une langue qui \u00e9tait mienne et dont je ne comprenais pas l\u2019accent pointu et le m\u00e9tro o\u00f9 le contr\u00f4le \u00e9tait aboli o\u00f9 on faisait confiance aux usagers\u2026une semaine dense dans un tourbillon d\u2019\u00e9motions\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis Budapest, capitale marqu\u00e9e par l\u2019histoire de l\u2019empire Autriche-Hongrie puis longtemps coup\u00e9e de l\u2019Ouest par le rideau de fer des barbel\u00e9s et des miradors un vaste no mans land une ville loin derri\u00e8re le confort et la modernit\u00e9 de ses voisins. Des palais somptueux align\u00e9s au bord du Danube partageant la ville, des gens accueillants qui aiment parler de la France, un tourisme balbutiant \u00e0 la premi\u00e8re visite quand les voitures \u00e9taient encore rares. En dix ans, la ville s\u2019est \u00e9panouie, une circulation tr\u00e9pidante, des commerces anim\u00e9s, des broderies fleuries pleines de couleurs, des restaurants authentiques o\u00f9 go\u00fbter le gulyas au paprika rouge et fort, le vin Tokaj, les p\u00e2tisseries aux pommes et au pavot, une parent\u00e9 certaine avec Vienne et sa culture, ses couleurs et sa gastronomie. J\u2019aurais aim\u00e9 me baigner dans les bains thermaux o\u00f9 on peut jouer aux \u00e9checs dans la piscine, il faudra que j\u2019y retourne pour \u00e7a et pour les environs de Budapest qui finissent dans le vaste horizon de la plaine hongroise, la Puszta.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis enfin Vienne. J\u2019\u00e9tais loin, mais je reviens. Je suis assise dans un de ces caf\u00e9s, douillets, \u00e0 l\u2019ambiance feutr\u00e9e surann\u00e9e o\u00f9 le temps n\u2019a plus d\u2019importance, o\u00f9 les heures passent doucement devant un caf\u00e9 noir ou un m\u00e9lange, et un verre d\u2019eau qui accompagne. Parfois une p\u00e2tisserie maison, strudel aux pommes ou g\u00e2teau au chocolat \u00e0 la cr\u00e8me Chantilly. Des odeurs famili\u00e8res qui bercent. Des habitu\u00e9s cach\u00e9s derri\u00e8re des journaux. Des serveurs discrets. Dehors il neige. Je vois les gros flocons tomber et le d\u00f4me vert de l\u2019\u00e9glise St Charles briller au bout de la ruelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mes pas laissent des traces dans la couche poudreuse, j\u2019inspire la fra\u00eecheur, l\u2019air pur et froid, je m\u2019enfonce dans le parc couvert de blancheur, je souris \u00e0 la statue de Johann Strauss au chapeau blanc, tout est blanc, la ville est tranquille, sous une \u00e9paisseur encore immacul\u00e9e. Les voitures ralentissent, le tramway grince et tinte en tournant, les bruits sont \u00e9touff\u00e9s par le temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est la saison des bals. Des grandes robes et des habits noirs dans des palais dor\u00e9s. Des lustres \u00e9tincelants et des danseurs endiabl\u00e9s. Des musiciens qui joueront jusqu\u2019au matin. Puis c\u2019est la fin, on sort, les femmes enl\u00e8vent leurs talons hauts pour mettre des bottes et une nouvelle journ\u00e9e commence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bient\u00f4t le printemps, la ville fleurira, forsythias jaunes soleil, marronniers aux bougies roses sur les avenues et les rosiers qui embaumeront le Volkspark. Les fontaines jailliront, les statues se r\u00e9veilleront, Beethoven, Goethe, Schubert, assis paisiblement dans les coins de rues, et l\u2019imp\u00e9ratrice Sisi qui se refl\u00e9tera dans l\u2019\u00e9tang. La musique emplira les rues, des orchestres, des pianos pos\u00e9s \u00e7a et l\u00e0 sur un trottoir, et un concert improvis\u00e9, Les mus\u00e9es, les palais, les caf\u00e9s et les restaurants et puis les glaciers italiens, tout s\u2019ouvre sur la rue, et la rue revit et accueille Viennois et touristes. Et je fl\u00e2ne, je traverse la ville, je monte sur la butte du Belv\u00e9d\u00e8re ou au dernier \u00e9tage du clocher St Stefan pour admirer la vue sur ces toits, ces fl\u00e8ches, ces d\u00f4mes, sur le Danube qui scintille au loin, sur les collines couvertes de for\u00eats et de vignobles, et je trouve que ma ville est bien belle\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Ce matin, j\u2019ai dit oui \u00e0 la rose qui m\u2019a souri sous la pluie 2 Supposons que j\u2019ai du mal \u00e0 utiliser ce mot\u2026 Supposons que je l\u2019utilise sans y croire\u2026 Supposons que j\u2019\u00e9crive quand-m\u00eame quelques phrases\u2026 Supposons que je pr\u00e9juge sans savoir, que je soup\u00e7onne sans raison Supposons que supposer ne me semble pas donner des r\u00e9sultats fiables <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/220086-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques#07 interrogations<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8184],"tags":[8188],"class_list":["post-220086","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-07-semaine-7","tag-villes-humeur-temps"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220086","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220086"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220086\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":220089,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220086\/revisions\/220089"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220086"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=220086"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=220086"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}