{"id":220672,"date":"2026-09-02T11:31:17","date_gmt":"2026-09-02T09:31:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=220672"},"modified":"2026-09-02T11:31:18","modified_gmt":"2026-09-02T09:31:18","slug":"chroniques-08-les-mots-pour-dire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-08-les-mots-pour-dire\/","title":{"rendered":"# chroniques #08| les mots pour dire"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/chroniques_modele6.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 chroniques_modele(6).\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-70e2a883-9bdd-4856-99ff-b6d5c816ffff\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/chroniques_modele6.pdf\">chroniques_modele(6)<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/chroniques_modele6.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-70e2a883-9bdd-4856-99ff-b6d5c816ffff\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"800\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/P1220067.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-220673\" style=\"aspect-ratio:0.7499999806032347;width:250px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/P1220067.jpg 600w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/P1220067-315x420.jpg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">1\/ Pens\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis si solitaire que m\u00eame mon ombre me semble importune.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">2\/ Soliloque<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Oui c\u2019est vrai je r\u00e9duis mon monde \u00e0 ce qui est l\u2019essentiel. Je reste enferm\u00e9e dans mon bureau. Je sais je ne r\u00e9ponds m\u00eame pas toujours au t\u00e9l\u00e9phone. Et alors j\u2019ai le droit non. J\u2019ai assez donn\u00e9 tout le reste de ma vie pour les autres. L\u00e0 tu vois je n\u2019ai besoin que de mon ordi, mes livres et d\u2019aller marcher de temps en temps. Il y a bien longtemps que je sais que je ne sers \u00e0 rien, disons&#8230; \u00e0 pas grand-chose. Tu as dis le mot incertain tout \u00e0 l\u2019heure, je crois, et bien je peux dire que je suis incertain de moi-m\u00eame. Alors les autres me fatiguent. Je n\u2019ai plus l\u2019\u00e9nergie de me forcer \u00e0 parler avec eux, \u00e0 rire de leurs blagues, m\u00eame \u00e0 leur sourire. Je veux qu\u2019on me laisse tout seul, c\u2019est tout&nbsp;! Allez, on se verra plus tard dans quelques semaines ou quelques mois&#8230;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">3\/ Comme si<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On fait comme si on vivait dans une bulle de cristal o\u00f9 les ast\u00e9roides malins ne peuvent p\u00e9n\u00e9trer, on fait comme si on regardait les d\u00e9rives de l\u2019ext\u00e9rieur bien \u00e0 l\u2019abri, on fait comme si tous les autres \u00e9taient responsables du mal-\u00eatre qui flotte autour de nous, on fait comme si on savait toute la v\u00e9rit\u00e9 et que nous seuls \u00e9tions les sages de ce monde, on fait comme si on avait toutes les r\u00e9ponses entre les mains, on fait comme si on y croyait vraiment que l\u2019on est le ma\u00eetre du monde, on fait comme si l\u2019on pouvait toujours se mesurer aux forces de la nature et les ma\u00eetriser, on fait comme si rien n\u2019\u00e9tait perdu et que tout \u00e9tait comme avant, on fait comme si on n\u2019entendait rien bien \u00e0 l\u2019abri dans sa bulle, on fait comme si tout allait bien dans le monde, tout \u00e9tait paisible, on fait comme si on \u00e9tait aveugle et sourd pour ne pas savoir les tours et les d\u00e9tours du monde, on fait comme si on \u00e9tait quelqu\u2019un d\u2019autre pour \u00e9touffer les sanglots qui montent.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">4\/ Texte en cours&nbsp;:<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Extrait du chapitre 5 autour de la m\u00e9tamorphose)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Il faudrait faire la liste de ces coins-chrysalides o\u00f9 la force et la densit\u00e9 des silences permettent ces mutations de soi. Il est des espaces dont on esp\u00e8re qu\u2019ils nous aident \u00e0 nous lib\u00e9rer de nos entraves, des lieux&nbsp;de suspension, des oasis o\u00f9 se hausser \u00e0 l\u2019\u00e9tage sup\u00e9rieur de la personne que l\u2019on est en devenir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>R\u00e9sider en un lieu o\u00f9 cela soit non seulement possible, mais imp\u00e9rieux. R\u00e9sider, le mot vient du latin <\/em>residere\u00a0<em>compos\u00e9 du pr\u00e9fixe<\/em> re<em>\u2011 et de<\/em> sedere<em>, \u00ab\u00a0\u00eatre assis, si\u00e9ger\u00a0; demeurer\u00a0\u00bb.\u00a0R\u00e9sider dans un lieu inciterait \u00e0 une mani\u00e8re de ralentir, de se poser, de prendre le temps d\u2019une vie plus apais\u00e9e. Selon l\u2019espace, le lieu o\u00f9 l\u2019on se trouve, o\u00f9 l\u2019on r\u00e9side on ne vit pas de la m\u00eame fa\u00e7on. R\u00e9guli\u00e8rement je r\u00eave de me retrouver seule dans un lieu que je dis porteur pour prendre ce temps de retour sur soi, de mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart du monde, d\u2019une plong\u00e9e s\u00e8che dans le labyrinthe qui me constitue. Trouver un lieu pour savoir o\u00f9 est sa place. Se sentir basculer dans cet espace lacunaire o\u00f9 demeurer un temps.\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Si l\u2019on posait la question autour de soi, chacun aurait un lieu en t\u00eate o\u00f9 pouvoir se retirer du monde et laisser travailler en lui ces vagues d\u2019ombres, les regarder se froisser et se d\u00e9froisser dans chaque repli de soi, comme une liturgie d\u2019images pour tenter d\u2019y d\u00e9chiffrer les messages \u00e0 lui seul adress\u00e9s. Un lieu o\u00f9 pratiquer les ombres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">5\/ On n\u2019a pas les mots<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un roitelet \u00e0 triple bandeau est venu toquer \u00e0 la vitre. <em>Regulus ignicapilla<\/em> de son nom savant. Si petit, si l\u00e9ger. Il me gratifie de son chant, d&rsquo;une suite rapide de notes aig\u00fces. Il reste un long moment \u00e0 tourbillonner entre arbres, buisson de roses et margelle de la fen\u00eatre. \u00c0 nasiller, \u00e0 babiller, \u00e0 chevroter, \u00e0 jaboter, \u00e0 bafouiller, \u00e0 chuchoter, \u00e0 balbutier, \u00e0 parler. L&rsquo;oiseau insiste et persiste derri\u00e8re la fen\u00eatre. En moi cela cogne comme son bec sur la vitre. Il y a quelque chose qui voudrait se dire mais qui n&rsquo;y parvient pas. Je ne connais pas la langue des oiseaux ni celle des morts. Dans le hors-champ, car il y a toujours un hors-champ \u00e0 une photo, c&rsquo;est une matin\u00e9e d&rsquo;octobre, et la veille le d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;un ami proche. Et on pense \u00e0 ce vers de Rimbaud <em>c&rsquo;est elle, la petite morte, derri\u00e8re les rosiers,<\/em> sans doute parce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas les mots pour dire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1\/ Pens\u00e9e Je suis si solitaire que m\u00eame mon ombre me semble importune. 2\/ Soliloque Oui c\u2019est vrai je r\u00e9duis mon monde \u00e0 ce qui est l\u2019essentiel. Je reste enferm\u00e9e dans mon bureau. Je sais je ne r\u00e9ponds m\u00eame pas toujours au t\u00e9l\u00e9phone. Et alors j\u2019ai le droit non. J\u2019ai assez donn\u00e9 tout le reste de ma vie pour les <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-08-les-mots-pour-dire\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># chroniques #08| les mots pour dire<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":75,"featured_media":220673,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8191,1],"tags":[],"class_list":["post-220672","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-08-semaine-8","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220672","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/75"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220672"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220672\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":220676,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220672\/revisions\/220676"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/220673"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220672"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=220672"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=220672"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}