{"id":220815,"date":"2026-09-15T07:54:34","date_gmt":"2026-09-15T05:54:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=220815"},"modified":"2026-09-15T07:54:34","modified_gmt":"2026-09-15T05:54:34","slug":"chroniques-08-memento-mori","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-08-memento-mori\/","title":{"rendered":"# chroniques 08 # Memento Mori"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-file\"><a id=\"wp-block-file--media-be8eba21-0311-4f3e-bdc6-e2caf4c95e09\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/MLC-Chroniques-08-3.odt\">MLC Chroniques 08<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/MLC-Chroniques-08-3.odt\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-be8eba21-0311-4f3e-bdc6-e2caf4c95e09\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1 | Le monde<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je suis si fascin\u00e9e par l&rsquo;absence de libert\u00e9 et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9<\/em> <em>de notre si\u00e8cle<\/em> <em>que je ne parle pas de l&rsquo;amour du monde<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle prend notes de ce qu&rsquo;il lui d\u00e9voile pendant cette conversation t\u00e9l\u00e9phonique intense. Sa question inachev\u00e9e : Y a-t-il des preuves en 2026 qu&rsquo;un roman provient du travail d&rsquo;un \u00e9crivain plut\u00f4t que d&rsquo;une machine qui se reproduit elle-m\u00eame, se nourrit \u00e0 partir de ces signes, de ces donn\u00e9es ? Et pourtant, dit-il, pourtant le geste d&rsquo;\u00e9crire ? il s&rsquo;arr\u00eate l\u00e0, comme si la phrase elle-m\u00eame voulait continuer ; \u00e9crire dans son opini\u00e2tre solitude. Il lui dit que la machine ne peut se repr\u00e9senter le manque, n\u0153uds trou\u00e9s du d\u00e9sir dans l&rsquo;\u00eatre ; la machine ne conna\u00eet pas le manque, le d\u00e9sir que ce manque provoque, par structure est travers\u00e9e par ce qu&rsquo;elle ne comprend pas. Elle avance par encodage ? pas seulement, elle encode l&rsquo;\u00e9criture et la codification m\u00eame du sens du geste d&rsquo;\u00e9crire. La machine ne parle pas elle informe, elle ne conna\u00eet ni l&rsquo;oralit\u00e9 ni la litt\u00e9rature, ni le geste, elle apporte des r\u00e9ponses binaires voire ternaires ; il insiste sur ce point comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une chose personnelle, presque intime. Il r\u00e9p\u00e8te que l&rsquo;oralit\u00e9 ne meurt jamais tout \u00e0 fait qu&rsquo;elle se loge ailleurs dans une autre bouche un autre support sans jamais dispara\u00eetre vraiment m\u00eame si l&rsquo;av\u00e8nement de l&rsquo;\u00e9criture a apport\u00e9 une atrophie tout autant qu&rsquo;une lib\u00e9ration. L&rsquo;\u00e9criture a effac\u00e9 tout un art de la m\u00e9moire dont Hom\u00e8re est la trace fossile, elle est \u00e0 la fois un gain immense et une perte. Il explique que la pens\u00e9e orale qui proc\u00e8de par accumulation reste proche du r\u00e9cit par n\u00e9cessit\u00e9 faute d&rsquo;avoir autre chose pour se tenir debout que la forme narrative elle-m\u00eame sans aucun support ext\u00e9rieur o\u00f9 se d\u00e9poser, se relire, se corriger \u00e0 froid ; \u00e0 la diff\u00e9rence d&rsquo;une pens\u00e9e \u00e9crite qui analyse, d\u00e9coupe, produit de l&rsquo;abstraction pure ; il explique que l&rsquo;\u00e9criture rend possible des pens\u00e9es qui n&rsquo;existent pas avant elle, ce ne serait donc pas seulement l&rsquo;homme qui \u00e9crit mais l&rsquo;\u00e9criture elle-m\u00eame qui invente un type d&rsquo;homme capable de penser autrement, d&rsquo;\u00e9crire. Il reprend son souffle avant d&rsquo;ajouter que l&rsquo;oralit\u00e9 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 atrophi\u00e9e par l&rsquo;\u00e9criture, mais qu&rsquo;elle se serait hybrid\u00e9e avec elle. Il se reprend deux fois sur le mot atrophie qu&rsquo;il rejette, ram\u00e8ne comme on ram\u00e8ne un mot oubli\u00e9, il dit, chaque nouveaut\u00e9 technologique entra\u00eene de fortes inqui\u00e9tudes. La machine ing\u00e8re des donn\u00e9es litt\u00e9raires qu&rsquo;elle transforme en signes, rien d&rsquo;autre. Il rit presque en \u00e9voquant l&rsquo;histoire d&rsquo;un grand reporter de guerre \u00e0 qui l&rsquo;on pr\u00e9sente plusieurs clich\u00e9s qui se trompe deux fois tant il lui est difficile de distinguer la fausse photo de la vraie, il en tire, une r\u00e8gle simple : le vrai resterait toujours imparfait, charg\u00e9 d&rsquo;asp\u00e9rit\u00e9s, d&rsquo;un quelque chose d&rsquo;in\u00e9dit, de vivant, c&rsquo;est au photographe \u00e0 l&rsquo;\u00e9crivain au peintre, d&rsquo;ins\u00e9rer dans leur geste cr\u00e9atif des imperfections pour rendre le travail de la machine lisse, trop lisse, sans la moindre coquille, plat, sans la moindre faute pour \u00eatre cr\u00e9dible, o\u00f9 il faudra bient\u00f4t l&#8217;empreinte digitale du photographe, de l&rsquo;\u00e9crivain, du peintre pour attester authenticit\u00e9 du cr\u00e9ateur et de son \u0153uvre. Quelques jours plus tard elle lui tend la feuille pour qu&rsquo;il en fasse lecture, il reste silencieux un long moment. Il lui semble se reconna\u00eetre dans ce qu&rsquo;il lit ; il lui manque pourtant quelque chose non pas les mots qu&rsquo;elle a fid\u00e8lement gard\u00e9s, mais la tension du moment o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 dits, cette preuve vivante qui ne se transporte pas. Il comprend alors qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas transcrit ce qu&rsquo;il a dit c&rsquo;est impossible mais ce qu&rsquo;elle, en l&rsquo;\u00e9coutant, a retenu de lui, ce portrait-l\u00e0 lui appartient un peu moins qu&rsquo;\u00e0 elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3 |&nbsp;\u00e9crire avec Clarice Lispector<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle fait comme si le ruissellement de la pluie ignore la tristesse de son regard elle fait comme si elle pouvait contenir sa tristesse la jouer aux d\u00e9s comme si sa vie enti\u00e8re en d\u00e9pendait elle fait comme si endosser le personnage d&rsquo;Achille lui apportait la post\u00e9rit\u00e9 l\u00e0 dans l&rsquo;instant l&rsquo;imm\u00e9diat l&rsquo;ailleurs elle fait comme si elle rejoignait Antigone seule debout face au monde elle fait comme si elle appr\u00e9hendait une vie sans d\u00e9sirs ni regrets d\u00e9j\u00e0 noy\u00e9e oubli\u00e9e elle fait comme si elle ne couchait pas avec des morts chaque jour dans une clart\u00e9 aveuglante elle fait comme si la Llorona ne l&rsquo;accompagnait pas ne la suivait pas ne l&rsquo;accompagnait pas elle fait comme si son voyage ne finissait jamais mais se d\u00e9litait en fragments construits par son \u00e9criture plurielle elle fait comme si ses mots cr\u00e9aient le lieu m\u00eame du voyage qui ne finit jamais elle fait comme si elle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute d&rsquo;une voix transform\u00e9e en \u0153uvre d&rsquo;art elle fait comme si sa peur la nourrissait l&rsquo;engraissait elle fait comme si parler \u00e9tait se taire comme si se taire \u00e9tait le seuil o\u00f9 hurler sans bruit elle fait comme si elle \u00e9crivait pour respirer elle fait comme si la finitude de l&rsquo;homme avait invent\u00e9 les dieux les biblioth\u00e8ques les patries les amours les livres l&rsquo;\u00e9criture pour d\u00e9jouer l&rsquo;in\u00e9vitable elle fait comme si elle avait mille ans envelopp\u00e9s devant elle comme du linge propre elle fait comme si l&rsquo;abandon \u00e9tait chose naturelle et la naissance un \u00e9chec elle fait comme si le bruit des balles sifflantes dans la boulangerie \u00e9tait sans cons\u00e9quences elle fait comme si la guerre n&rsquo;avait eu aucun impact comme si elle ne la pourchassait pas elle fait comme si son ins\u00e9curit\u00e9 \u00e9tait inscrite dans ses g\u00e8nes comme si la s\u00e9curit\u00e9 l&rsquo;avait d\u00e9daign\u00e9e elle fait comme si le temps \u00e9tait suspendu dans un autre temps celui d&rsquo;un impensable commencement elle fait comme si vieillir appelait un naufrage comme si cette condamnation infinie inexorable insignifiante la rapprochait de la passion fusionnelle elle fait comme si le temps la p\u00e9n\u00e9trait de toutes ces voix disparues de toutes m\u00e9moires enfouies dans une tombe o\u00f9 en cendre dispers\u00e9e elle fait comme si ces voix psalmodiaient elle fait comme si l&rsquo;on jetait de la poussi\u00e8re sur sa t\u00eate elle fait comme si elle se roulait dans la cendre avec un cri amer elle fait comme si cr\u00e9er se nourrissait exclusivement de la vie elle fait comme si l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art transcendait la mort elle fait comme si elle affirmait que la mort n&rsquo;est rien pour elle elle fait comme si vivre repousse la mort la rend inexistante elle fait comme si notre unique face \u00e0 face avec la mort nous assigne \u00e0 ne plus exister elle fait comme si le ruissellement de la pluie efface avec tendresse sa tristesse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">4 |&nbsp;de soi-m\u00eame, et d\u2019\u00e9crire<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>\u00ab quand je ne suis pas en train d&rsquo;\u00e9crire, simplement je ne sais pas comment on \u00e9crit \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;imm\u00e9diate possibilit\u00e9 de me conna\u00eetre hors de l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire s&rsquo;\u00e9vanouit d\u00e8s que mon corps se d\u00e9tache de ma page. \u00c9crire est le mouvement m\u00eame de l&rsquo;exp\u00e9rience au plus proche du commencement, de la gen\u00e8se. L&rsquo;\u00e9criture me rappelle qu&rsquo;elle n&rsquo;est ni moyen ni objet dont je me sers, l&rsquo;\u00e9criture est sujet. Ce sujet dont le noyau \u2014 \u00e0 partir du comment on \u00e9crit \u2014 devient une qu\u00eate identitaire, cette personne que je ne reconnais pas tout \u00e0 fait, vacuit\u00e9 devant la page qui me fait front et redevient une simple feuille parmi d&rsquo;autres.L&rsquo;impossibilit\u00e9 du je-ne-sais-pas-comment est une condition, non un obstacle, formulation presque exacte de ce que M. Blanchot appelle, dans <em>L&rsquo;Espace litt\u00e9raire<\/em>, l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;\u00e9crivain qui ne poss\u00e8de jamais l&rsquo;\u00e9criture, qui n&rsquo;a affaire, \u00e0 chaque fois, qu&rsquo;\u00e0 un recommencement absolu. Les mythes l&rsquo;\u00e9crivent avant moi ; Sisyphe en dessine un parall\u00e8le : chaque remont\u00e9e du rocher est un recommencement total, sans m\u00e9moire acquise, sans progr\u00e8s possible, la pierre retombe toujours au m\u00eame point, effa\u00e7ant l&rsquo;effort pr\u00e9c\u00e9dent, et je descends comme lui rechercher mon rocher chaque matin, sans qu&rsquo;aucune mont\u00e9e ant\u00e9rieure n&rsquo;all\u00e8ge le poids de celle qui commence.Qui suis-je quand je n&rsquo;\u00e9cris pas ? Une identit\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui appara\u00eet dans le pr\u00e9sent de l&rsquo;\u00e9criture, qui, le reste du temps, m&rsquo;abandonne \u00e0 mon propre poids, comme le rocher abandonne Sisyphe au pied de la pente. Le savoir sur l&rsquo;\u00e9criture se transmet ; le savoir de l&rsquo;\u00e9criture, non, il ne se transporte pas hors de l&rsquo;\u00e9criture \u2014 le dehors, espace qui ne se laisse jamais totalement approprier, ni avant ni apr\u00e8s le geste d&rsquo;\u00e9crire. Je ne peux pas l&#8217;emporter avec moi dans l&rsquo;avant, l&rsquo;apr\u00e8s, ou les p\u00e9riodes sans ; je ne peux pas <em>l&#8217;emporter<\/em> <em>dans le d\u00e9s\u0153uvrement, cette absence d&rsquo;\u0153uvre au c\u0153ur de l&rsquo;\u0153uvre qui s&rsquo;\u00e9crit malgr\u00e9 tout, dans un \u00e9tat de dissolution proche du centre de gravit\u00e9<\/em> qui me force \u00e0 me retirer de moi-m\u00eame, dans l&rsquo;imm\u00e9diate impossibilit\u00e9 de me saisir de l&rsquo;acte d&rsquo;\u00e9crire, qui me donne \u00e0 comprendre le langage \u2014 parole errante, pas celle du quotidien, une autre, une absence qui parlerait avant que j&rsquo;\u00e9crive.Cette absence de ce qui pers\u00e9v\u00e8re, qui insiste hors du silence, c&rsquo;est peut-\u00eatre cela, ma pierre : celle que je remonte, celle que je repousse au sommet, phrase apr\u00e8s phrase, sachant qu&rsquo;elle redescendra d\u00e8s que je poserai le stylo, qu&rsquo;il me faudra recommencer, recommencer encore \u00e0 \u00e9crire, sans pouvoir me nommer, \u00e9crire jusqu&rsquo;au jour o\u00f9&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5 | <em>A vous la cantonnade<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Soligny la Trappe<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La boutique vendait du fromage. Une caissi\u00e8re la\u00efque rendait la monnaie. Odeurs de lait caill\u00e9 et de cire. On pourrait croire \u00e0 une fromagerie ordinaire si le silence s\u00e9culaire au-del\u00e0 de la porte vitr\u00e9e ne demandait rien. Les b\u00e2timents s&rsquo;alignaient, XIXe si\u00e8cle restaur\u00e9s sur endurance des fondations du XIIIe. Ils respiraient la continuit\u00e9, le savoir liturgique, une paix unique, secr\u00e8te. Un pigeon traversait l&rsquo;espace entre deux ailes du clo\u00eetre sans bruit. Un moine \u00e9tait \u00e0 peine visible derri\u00e8re la porte vitr\u00e9e, sa robe blanche en transparence ; aucun autre moine ne se montrerait. J&rsquo;imaginais leur vie derri\u00e8re ces murailles protectrices : prier, faire fructifier leur potager, traire, ou peut-\u00eatre, plus bas, du c\u00f4t\u00e9 du cimeti\u00e8re interdit aux visites, creuser patiemment la terre qui les recevra. M\u00e9ditation quotidienne sur la mort. R\u00e8gle ancienne, transmise \u00e0 travers les temps, d\u00e9pouillement de soi, transcendance des heures. Chacun de leurs gestes, chacune de leurs respirations r\u00e9sonnaient hors les murs en une seule et m\u00eame pri\u00e8re silencieuse celle de leur amour christique. Je les enviais, je jalousais l&rsquo;humilit\u00e9 de leur qu\u00eate, de leur d\u00e9votion, de leur foi. Une phrase latine me revint, celle que les Trappistes chantaient, r\u00e9p\u00e9teraient \u00e0 l&rsquo;infini d&rsquo;une voix basse et douce de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Hodie mihi, cras tibi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aujourd&rsquo;hui moi, demain toi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Gare de banlieue, un lundi comme les autres<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Demain matin comme tous les matins je descendrai les m\u00eames marches je composterai le m\u00eame titre de transport je m&rsquo;installerai sur le m\u00eame quai \u00e0 la m\u00eame place regardant fixement le m\u00eame point sur les rails comme si le vide pouvait un jour changer de visage je verrai passer les m\u00eames visages ferm\u00e9s les m\u00eames sacs trop lourds les m\u00eames regards qui jamais ne se croisent je penserai sans doute aux m\u00eames pens\u00e9es que la veille je songerai peut-\u00eatre \u00e0 toutes ces gares travers\u00e9es enfant sans jamais vraiment les voir et le ciel gris au-dessus des rails cette chose famili\u00e8re et sans nom qui p\u00e8se sur les \u00e9paules avant m\u00eame que la journ\u00e9e commence et je serai un peu ce vers de Verlaine qui remonte de nulle part<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Il pleure dans mon c\u0153ur comme il pleut sur la ville.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | Le monde Je suis si fascin\u00e9e par l&rsquo;absence de libert\u00e9 et d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de notre si\u00e8cle que je ne parle pas de l&rsquo;amour du monde 2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el Elle prend notes de ce qu&rsquo;il lui d\u00e9voile pendant cette conversation t\u00e9l\u00e9phonique intense. Sa question inachev\u00e9e : Y a-t-il des preuves en 2026 qu&rsquo;un roman <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-08-memento-mori\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># chroniques 08 # Memento Mori<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":700,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-220815","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220815","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/700"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220815"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220815\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":221555,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220815\/revisions\/221555"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220815"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=220815"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=220815"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}