{"id":220840,"date":"2026-09-10T06:45:00","date_gmt":"2026-09-10T04:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=220840"},"modified":"2026-09-10T09:26:58","modified_gmt":"2026-09-10T07:26:58","slug":"chroniques-09-10-histoires-comme-ca-vient-en-chemin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-09-10-histoires-comme-ca-vient-en-chemin\/","title":{"rendered":"#chroniques # 09-10 | Histoires (comme \u00e7a vient&#8230; en chemin)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>1 | LA ROBE BLANCHE<\/strong><br><strong>Theatre <\/strong><br>Elle se contorsionne pour entrer dans la robe qu\u2019on lui pr\u00eate pour le spectacle de fin d\u2019ann\u00e9e. Une robe blanche \u00e0 volants et galons noirs; des manches ballons; un corset arm\u00e9 de fanons de baleines, comme une cage sur une cage. Il lui semble qu&rsquo;elle est une chamelle qui veut passer par le chas d&rsquo;une aiguille. Elle demande \u00e0 Dieu s\u2019il est possible d\u2019avoir un autre corps; elle le lui demande en secret. Dieu se moque des robes et des corps. Elle voudrait tant pouvoir fermer la robe. On tire sur les lacets, le bustier lui cisaille les \u00e9paules et la taille. Le grand soir elle joue de face pour ne pas d\u00e9voiler dans son dos les boudins de chair meurtries par le la\u00e7age forc\u00e9. Avec ses anglaises et son maquillage on dirait une poup\u00e9e de foire. Mais elle joue. Comme si sa vie en d\u00e9pendait. Et les visages sourient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>Conciliabule d\u2019habilleuses<\/strong> <strong>\u00e0 propos d\u2019une robe de soie blanche <\/strong><br>Chaque soir, apr\u00e8s la repr\u00e9sentation, il faut faire dispara\u00eetre les taches de sang sur la robe. C\u2019est \u00e0 la gorge qu\u2019il la frappe. Le couteau \u00e9mouss\u00e9 est un vrai couteau \u00e0 vraie lame. Dans son poing il dissimule la poire avec le sang qui s&rsquo;\u00e9coulera de la gorge sur le bustier blanc. (On ne joue pas avec du sang, m\u00eame du faux sang). Elles maudissent le metteur en sc\u00e8ne. Elles maudissent le costumier qui a choisi blanc plut\u00f4t que rouge ou noir. Elles maudissent la production qui a refus\u00e9 trois robes identiques \u00e0 mettre en jeu en alternance. Surtout, elles maudissent Carmen \u00e0 genoux qui se livre sans r\u00e9sistance au coup de gr\u00e2ce. Tu l\u2019aurais fait mourir comment toi? Je l\u2019aurais \u00e9trangl\u00e9e avant qu\u2019elle chante.<br><br><strong>Noce<\/strong><br>Tu regardes et tu ne dis rien. Dans l&rsquo;armoire sous la housse de cellophane la robe blanche est comme un ange, pendue. Une robe \u00e0 plusieurs \u00e9tages. Comme le g\u00e2teau qui finira sur la table en morceaux. Apr\u00e8s demain elle portera la robe. Apr\u00e8s demain. Oui. Tout est pr\u00e9vu. Comme le drap \u00e0 la fen\u00eatre avec le sang.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>Colometa la petite vendeuse de bonbons de Barcelone <\/strong><br>J\u2019ai pens\u00e9 \u00e0 un voile et \u00e0 une couronne d&rsquo;oranger; je trouve la robe avec le voile. Il semble qu\u2019elle me fait signe sous le grand parasol du march\u00e9, cette robe de mari\u00e9e de bazar \u00e0 pampilles. Tu prends le tout, elle me dit, et je te fais un prix. La robe rejoint les quelques accessoires de sc\u00e8ne. La petite estrade. La chaise de paille. La colombe empaill\u00e9e et la balance d&rsquo;\u00e9picerie avec les grains de ma\u00efs. Ce n&rsquo;est pas un costume; une d\u00e9pouille peut-\u00eatre. Accroch\u00e9e au mur noir et nu de la sc\u00e8ne, spectrale, elle est un \u00e9cho \u00e0 la vie et la douleur d\u2019une femme.<br><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\" style=\"font-size:15px\"><strong>Fa\u00e7on tragique de tuer une femme <\/strong>repens\u00e9 \u00e0 ce livre de  Nicole Loraux qui interroge la mort des femmes dans la trag\u00e9die antique. <br>Quelles morts pour Carmen? Ici, \u00e0 genoux elle offre sa gorge \u00e0 la lame \u00e0 main d'homme qui la saigne : les cartes n'ont elles pas pr\u00e9dit la mort? L\u00e0, battue \u00e0 mort elle s'\u00e9croule sous les coups du poing nu: \" laisse moi passer\". Dans une mise en sc\u00e8ne r\u00e9cente poignard\u00e9e dans le dos, titubante, elle gravit une petite colline tourn\u00e9e vers le levant: Debout. Jusqu'au noir: Debout.\"Jamais Carmen ne c\u00e9dera, libre elle est n\u00e9e et libre elle mourra\" <br>Natalia \"Colometa\", petite colombe,  est le personnage central d'un roman de Merce Rodoreda. Elle pense que le soir de la nuit de noce le mari vous fend en deux avec un couteau. Petite m\u00e8re courage elle traverse la guerre d'Espagne et tente de soustraire ses enfants \u00e0 la famine ...<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>2 | MORT DE LA BALEINE<\/strong><br><strong>Phobies<\/strong><br>Je suis avec cet ami, celui qui a con\u00e7u une robe enti\u00e8rement blanche pour la derni\u00e8re heure de Carmen. Affal\u00e9s dans la loge, et quelques fonds de bouteilles, nous \u00e9voquons nos peurs, racontons ces phobies qui peuvent: soudain te paralyser. Sa plus grande hantise est d\u2019entendre chanter une baleine. Il est assez peu probable que cela lui arrive. Dans les retours de sc\u00e8ne on entend le grand air de Tosca.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Rire ou se tortiller comme une baleine. <br>Je parle avec K de la derni\u00e8re proposition de l'atelier d'\u00e9t\u00e9; j'\u00e9voque la baleine. K me demande si j'ai lu le texte de Paul Gadenne : La baleine <\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><br><strong>C\u00e9tac\u00e9 dit la baleine <\/strong><br>Longtemps je m&rsquo;endormirai avec l&rsquo;image; j&rsquo;ai ce livre illustr\u00e9 qui me raconte l&rsquo;histoire: Jonas, jet\u00e9 \u00e0 la mer ; Jonas dans le ventre de la baleine, Robinson de chambre qui s&rsquo;arrange une vie avec les restes d&rsquo;un naufrage : un lit, un tapis \u00e0 motif. Un coffre lui sert de table; une caisse, de chaise; il lit \u00e0 la lueur d&rsquo;une bougie. Que lit Jonas \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart du monde dans sa prison de chair ? Il y aura Pinocchio. Puis la lecture de Moby-Dick dans la traduction de Giono : \u00ab\u00a0Je m&rsquo;appelle Ismael mettons&#8230;\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Call me Ishmael \u00ab\u00a0qui sera traduit plus tard par : \u00ab\u00a0Appelez moi Ishmael\u00a0\u00bb ( comment se d\u00e9faire de la premi\u00e8re traduction; \u00ab\u00a0mettons\u00a0\u00bb ce mot choisi par Giono qui pose l&rsquo;ind\u00e9cidable \u00e0 l&rsquo;origine; elle r\u00e9sonnera toujours pour moi )<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Dans Pour saluer Melville un court roman, Giono rend hommage \u00e0 Hermann Melville. Melville y rencontre  une jeune irlandaise qui fait de la contrebande pour sauver les siens : Adelina White.<br><\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>Promenade au phare<\/strong> <br>Le 26 juillet c&rsquo;est rituel on monte en haut du phare. On regarde l&rsquo;oc\u00e9an s&rsquo;\u00e9taler \u00e0 nos pieds : le premier qui voit une baleine a gagn\u00e9 ! L\u00e0-haut on dirait que le phare se balance. Je m&rsquo;approche et me penche, un peu trop au go\u00fbt de ma m\u00e8re qui m&rsquo;attrape par le pull. Le vent souffle et siffle \u00e0 nos oreilles, \u00e7a tournoie. En bas les algues sont des ombres mouvantes. On s&rsquo;amuse des gens plus petits que des crabes qui sont, eux, devenus invisibles. Le 26 juillet, c&rsquo;est rituel, on redescant les 257 marches avec l&rsquo;espoir de voir une baleine l&rsquo;ann\u00e9e prochaine. La baleine comme une promesse. On va manger une gaufre. Longtemps que les baleines ne meurent plus par ici. On dit qu&rsquo;elles s&rsquo;\u00e9chouaient l\u00e0. On le dit. D&rsquo;o\u00f9 le nom du village et du phare. <br>(Une baleine ou Babar dans le bestiaire de l&rsquo;enfance la place des tr\u00e8s gros animaux )<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">en 1920-2017- 2026 une baleine s'\u00e9choue  sur une plage de l'ile. \"C\u2019est une d\u00e9couverte in\u00e9dite \u00e0 Rivedoux-Plage (Charente-Maritime). Samedi 30 mai, une baleine a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte au pied de la cale de la Chaloupe, sur la promenade surplombant l\u2019estran, o\u00f9 les promeneurs aiment habituellement observer le panorama.\"sud ouest mai 2026. Dans la promenade au phare je ne crois pas que V Woolf \u00e9voque une baleine; j\u2019oublie et je brode <br><br> <\/pre>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><br><strong>3 | PABLO NERUDA <\/strong><br><strong>Angela Davis me regarde.<\/strong><br><em>Mon amour, si je meurs et si tu ne meurs pas,<br>mon amour, si tu meurs et si je ne meurs pas,<br>n&rsquo;accordons pas \u00e0 la douleur plus grand domaine :<br>nulle \u00e9tendue ne passe celle de nos vies.<br>Poussi\u00e8re sur le bl\u00e9, et sable sur les sables<br>l&rsquo;eau errante et le temps, et le vent vagabond<br>nous emportaient tous deux comme graine embarqu\u00e9e.<br>Nous pouvions dans ce temps ne pas nous rencontrer.<br>Et dans cette prairie o\u00f9 nous nous rencontr\u00e2mes,<br>mon petit infini, nous voici \u00e0 nouveau<\/em>&#8230;<br>C&rsquo;est un rassemblement pour le Chili \u00e0 Ivry. C&rsquo;est en 1976. Quelqu&rsquo;un vient de dire le po\u00e8me de Pablo Neruda et je vois Angela Davis monter \u00e0 La Tribune. Sa coiffure est un feu noir. Ses yeux brillent. Elle va prendre la parole. Je crois qu&rsquo;elle me regarde. Moi. Personne. Moi noy\u00e9e dans cette foule qui l&rsquo;\u00e9coute . J&rsquo;en suis certaine: elle me regarde. Je crois que c&rsquo;est vers moi qu&rsquo;elle crie. Le chili est bless\u00e9 \u00e0 mort et je pense au regard d&rsquo;Angela. Sa beaut\u00e9 et sa force me foudroient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size wp-block-paragraph\"><strong>4 |<\/strong> <strong>La voyante<\/strong><br><strong>superstition <\/strong><br>Il me raconte qu\u2019il consulte parfois une voyante; lui, qui aime tant les choses carr\u00e9es, rationnelles et le mot \u00ab verbatim\u00bb ; il me trouve impr\u00e9cise, \u2014je crois me souvenir qu\u2019une fois il a dit improbable\u2014 r\u00eaveuse, flottante. Je ne lui pose pas la question qui me br\u00fble les l\u00e8vres et que t\u2019a dit la&#8230; \u00bb. Il dit, la voyance, comme la croyance, est, dans le champ du moindre mal, ce que l&rsquo;hom\u00e9opathie est \u00e0 l&rsquo;allopathie : Dans tous les cas on est peu de chose autant s&rsquo;offrir de temps en temps un bon divertissement. <br><br><strong>Cl\u00e9o<\/strong> <strong>et Carmen <\/strong><br><em>En vain pour \u00e9viter les r\u00e9ponses am\u00e8res,<\/em><br><em>En vain tu m\u00ealeras <\/em><br><em>Cela ne sert \u00e0 rien, les cartes sont sinc\u00e8res<\/em><br><em>Et ne mentiront pas !<\/em><br><em>Dans le livre d&rsquo;en haut si ta page est heureuse<\/em><br><em>M\u00eale et coupe sans peur<\/em><br><em>La carte sous tes doigts se tournera joyeuse<\/em><br><em>T&rsquo;annon\u00e7ant le bonheur<\/em><br><em>Mais si tu dois mourir, si le mot redoutable <\/em><br><em>Est \u00e9crit par le sort<\/em><br><em>Recommence vingt fois, la carte impitoyable<\/em><br><em>R\u00e9p\u00e9tera : la mort !<\/em><br>Dans Cl\u00e9o de 5 \u00e0 7, les mains de la cartomancienne et sa voix : Coupez, mademoiselle. Coupez . Les couleurs des cartes en gros plan qui s&rsquo;abattent. La maladie. La mort. L\u2019air des cartes dans Carmen. Fa mineur. Penser au pire. Expliquer hier ou gu\u00e9rir demain. Dans l&rsquo;atelier entre les chevalets et la nature morte qui se d\u00e9lite, \u00e0 cot\u00e9 de cette toile qui n&rsquo;en finit pas de finir, elle s&rsquo;approche. Il fait beau, ce doit \u00eatre juin. La lumi\u00e8re est oblique. J&rsquo;ai vingt ans. Elle ouvre ma paume et dit : toi, un jour, tu \u00e9criras. Une voyante ne pr\u00e9dit-elle que le pire?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><strong>5 |<\/strong> <strong>La le\u00e7on de piano<\/strong><br><strong>Tiraspol <\/strong><br>On raconte, ce qui est vrai, qu\u2019elle vient \u00e9tudier le piano avec un \u00e9l\u00e8ve de Chopin, elle arrive de Tiraspol, elle parle cinq langues: jouer du piano et parler cinq langues dans une famille ais\u00e9e est la moindre des choses. Jouer du piano et garder sa langue dans sa poche \u2014la sienne acide br\u00fble souvent\u2014, quand les temps se g\u00e2tent et qu&rsquo;on doit s&rsquo;exiler est une chose pr\u00e9cieuse : elle donnera des le\u00e7ons de piano, changera le Z de son patronyme en S, brodera des fleurs sur les trous de sa robe, \u00e9pousera un homme de \u00ab\u00a0bonne religion\u00a0\u00bb mais ne poussera jamais elle m\u00eame le landau de sa fille: Il y a des limites tout de m\u00eame. Sa fille sera harpiste. Quant \u00e0 sa petite fille elle se rebelle, les le\u00e7ons de Piano l\u2019ennuient, elle sait ses notes sur le bout des doigts mais colle ses bonbons m\u00e2chouill\u00e9s sur les touches; elle pr\u00e9f\u00e8re faire la roue et r\u00e9citer des vers : elle sera actrice. Un jour la petite fille de la petite fille, qui r\u00eave du prince Mychkine, apprend par amour les premi\u00e8res mesures d&rsquo;une sonate de Bach, elle reprend inlassablement les m\u00eames notes et sombre dans la folie <br><br><strong>Matisse<\/strong><br>La le\u00e7on de piano de 1916, ce tableau de Matisse je crois qu&rsquo;il se trouve \u00e0 New York, et que je l&rsquo;ai vu l\u00e0-bas il y a longtemps dans ses vraies dimensions et dans ses vraies couleurs. Le visage du gar\u00e7on avec cet oeil droit barr\u00e9 par un triangle noir comme une partie aveugle \u2013 creuser cette partie aveugle\u2013; le gris, le vert d&rsquo;eau, le rose, les pans abstraits de la toile et la femme en \u00e9bauche perch\u00e9e sur le tabouret : m\u00e8re ou professeure fant\u00f4me, en suspend. Les arabesques du balcon et celles du Pleyel en \u00e9cho; une m\u00e9lodie muette&#8230; le triangle du m\u00e9tronome qui r\u00e9sonne avec celui du visage masque de l&rsquo;enfant&#8230; <br>Dans la Jeune fille au piano ( 1869) de Paul C\u00e9zanne la jeune fille vue de profil porte une robe blanche. Sur un canap\u00e9 rouge une femme coud; les motifs du papier peint courent sur le mur tandis que les doigts sym\u00e9triquement repartis effleurent les touches noires <br><br><strong>6 |<\/strong> <strong>Le cri<\/strong><br><strong>Oslo<\/strong><br>Le tableau est \u00e0 Oslo o\u00f9 tu r\u00eaves d\u2019aller mais ton passeport n\u2019est plus \u00e0 jour. Tu ne partiras pas. Le jour o\u00f9 tu r\u00e9cup\u00e8res ton passeport, juste apr\u00e8s l\u2019avoir rang\u00e9 dans ton sac, ton t\u00e9l\u00e9phone sonne. Personne n\u2019a entendu son cri. <br>( <em>qui si je criais m&rsquo;entendrait dans les ordres des anges )<\/em><br><br><strong>Cri<\/strong><br>Tu criais quelques fois<br>Pourquoi criais tu<br>Crois-tu que crier est une force<br>As-tu cri\u00e9 ce jour-l\u00e0<br>As-tu une seule fois cri\u00e9 de joie<br><br><strong>R\u00eave<\/strong><br>Au cri muet du r\u00eave : Potemkine.<br><br><strong>Distorsion <\/strong><br>Quel lien entre le cri du pape Innocent X de Bacon et la pyramide de fraises de Chardin<br><br><strong>Colometa (bis<\/strong>)<br>Le jour de la repr\u00e9sentation elle oublie de crier. L&rsquo;\u00e9cart\u00e8lement du visage au cri muet \u2014comme en r\u00eave\u2014ne lui vient pas . Au th\u00e9\u00e2tre chaque soir il y a quelque chose qui arrive et n&rsquo;arrive pas.<br><br><strong>7| Un r\u00eave<\/strong><br><em>J&rsquo;ai fait un r\u00eave<br>Ne le raconte pas <\/em><br><br><strong>Esp\u00e8ces de r\u00eaves<\/strong><br>R\u00eave r\u00e9current qui varie avec le temps. R\u00eave noir ou blanc. R\u00eave avec tache de couleur. R\u00eave comme pas r\u00eav\u00e9. R\u00eave sans asp\u00e9rit\u00e9 apparente. R\u00eave trop poli pour \u00eatre fiable. R\u00eave qui se d\u00e9robe mais qui te tient sous sa coupe longtemps. R\u00eave d\u2019entre sommeil et veille. R\u00eave \u00e0 oublier tout de suite. R\u00eave \u00e0 auto effacement. R\u00eave qui se m\u00e2che et se rem\u00e2che. R\u00eave qui r\u00e9siste aux ann\u00e9es dit r\u00eave r\u00eav\u00e9 pour la vie. (L\u2019hiver nous irons dans un petit wagon rose avec des coussins bleus). R\u00eave \u00e0 te r\u00e9veiller pour ne plus te rendormir. R\u00eave qui t\u2019expulse. R\u00eave \u00e0 crier sans voix. R\u00eave qui ne s\u2019\u00e9nonce qu\u2019\u00e0 reculons. (\u00ab Il faudrait \u00eatre un \u00e2ne pour essayer d\u2019interpr\u00e9ter ce r\u00eave\u2026 Il me semble que j\u2019\u00e9tais \u2013 mais nul ne pourrait dire ce que j\u2019\u00e9tais\u2026 Il me semble que j\u2019\u00e9tais, il me semble que j\u2019avais\u2026 mais il faudrait \u00eatre un fou bien bigarr\u00e9 pour se proposer de dire ce que je pensais avoir\u2026\u00bb Le songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 ). R\u00eave avec toi ou moi comme pas toi ou pas moi. R\u00eave \u00e0 escalier qui ne m\u00e8ne nulle part et sol qui se d\u00e9robe. R\u00eave qui te tient par la peur. R\u00eave qui se diffuse lentement. R\u00eave \u00e0 figure tut\u00e9laire \u00e0 peine d\u00e9guis\u00e9e pour se faire reconnaitre. R\u00eave irracontable pour cause d\u2019oubli mais qui te creuse un trou. R\u00eave contre la montre avec d\u00e9r\u00e8glement des heures. R\u00eave \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable. R\u00eave jouir. R\u00eave de haute imagination avec chefs-d\u2019\u0153uvre volatile. R\u00eave min\u00e9ral ou liquide. R\u00eave de corps qui se voit mourir. R\u00eave \u00e0 courir chez le dentiste au r\u00e9veil. R\u00eave \u00e0 association d\u2019id\u00e9e pour rentrer dans ses frais. R\u00eave pr\u00e9monitoire apr\u00e8s coup.<br><br><strong>Cheval<\/strong><br>Elle eut des nuits calmes, dormit comme dorment les enfants \u00e9puis\u00e9s par leurs jeux, elle n\u2019\u00e9tait apr\u00e8s tout qu\u2019une enfant de sept ans. Elle dormit. Elle r\u00eava. Rencontra un cheval. Lui parla. Elle fit ce r\u00eave r\u00e9current du galop du cheval et d\u2019un champ, d\u2019une barri\u00e8re, d\u2019un arbre avec des fleurs ; elle courait apr\u00e8s le cheval avec d\u2019autres enfants, imitant son galop. Elle riait. Un arbre perdait ses fleurs. L\u2019air embaumait la terre, la sueur et ce parfum de fleur, ce parfum de fleurs des jours longs de juste d&rsquo;avant la nuit, avec un peu de rose au ciel. Elle courait. La course la souleva, c\u2019\u00e9tait comme \u00eatre d\u00e9lest\u00e9 de la pesanteur ; c\u2019\u00e9tait comme voler : elle vola.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>ceci est la couleur de tes r\u00eaves <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:16px\"><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Facilit\u00e9 soudaine L&rsquo;impulsion Solitude et fausse solitude Fragment La peur de se tromper Th\u00e9osophie Ecrire Dix ans Dictionnaire Voyage en train Sans titre Psaume de David Fragments Comment \u00e9viter un homme nu Les ponts de Londres Le verbe et le temps Les apparences sont trompeuses Le livre de mon voisin La chose Le coup de t\u00e9l\u00e9phone Persona Saudade  La faim<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | LA ROBE BLANCHETheatre Elle se contorsionne pour entrer dans la robe qu\u2019on lui pr\u00eate pour le spectacle de fin d\u2019ann\u00e9e. Une robe blanche \u00e0 volants et galons noirs; des manches ballons; un corset arm\u00e9 de fanons de baleines, comme une cage sur une cage. Il lui semble qu&rsquo;elle est une chamelle qui veut passer par le chas d&rsquo;une <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-09-10-histoires-comme-ca-vient-en-chemin\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques # 09-10 | Histoires (comme \u00e7a vient&#8230; en chemin)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,1],"tags":[2986,1918,1925,574,8201,277,2697,5623],"class_list":["post-220840","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-atelier","tag-armoire","tag-blanche","tag-carte","tag-main","tag-mettons","tag-mort","tag-robe","tag-ventre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=220840"}],"version-history":[{"count":228,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220840\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":221182,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/220840\/revisions\/221182"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=220840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=220840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=220840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}