{"id":221349,"date":"2026-09-12T17:04:24","date_gmt":"2026-09-12T15:04:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=221349"},"modified":"2026-09-12T17:05:40","modified_gmt":"2026-09-12T15:05:40","slug":"chroniques-8-lappel-de-la-terre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-8-lappel-de-la-terre\/","title":{"rendered":"#chroniques #8 | l&rsquo;appel de la terre"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Chroniques_08_DEP.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 Chroniques_#08_DEP.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-678b06e8-2573-4b31-aff4-78b31f3e1a60\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Chroniques_08_DEP.pdf\">Chroniques_#08_DEP<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Chroniques_08_DEP.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-678b06e8-2573-4b31-aff4-78b31f3e1a60\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 | du monde<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis si r\u00e9volt\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi que m\u00eame le monde ne pense pas que je puisse l\u2019\u00e9gratigner<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle a dit qu\u2019elle voulait partir loin, mais elle n\u2019a pas souhait\u00e9 rentrer dans les d\u00e9tails, elle a dit que je savais tr\u00e8s bien ce qu\u2019elle \u00e9voquait. Elle s\u2019est un peu impatient\u00e9e et en regardant sa montre elle a manifest\u00e9 un geste vers la sortie. Elle a dit que les circonstances ne s\u2019y pr\u00eataient pas et qu\u2019en ce moment elle ne pouvait pas envisager un voyage qui serait un gouffre pour ses \u00e9conomies. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019elle devrait y r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement, qu\u2019elle ne pourrait pas attendre trop longtemps sans planifier un plan d\u2019\u00e9vasion. Avant de me quitter, elle a regard\u00e9 loin devant elle, a soupir\u00e9 puis m\u2019a observ\u00e9e longuement non sans ajouter que je lui manquerais tr\u00e8s certainement. Ensuite, elle m\u2019a demand\u00e9 de prendre soin de moi puis elle s\u2019est fondue dans la foule de promeneurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 | \u00e9crire avec clarice lispector <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle fait comme si elle \u00e9tait partie durant tout cet \u00e9t\u00e9, elle fait comme si ce voyage avait bien \u00e9t\u00e9 programm\u00e9 de longue date, mais elle pr\u00e9f\u00e8re faire comme si c\u2019\u00e9tait du&nbsp;<em>last minute<\/em>, elle fait comme si son sac \u00e9tait pr\u00eat et qu\u2019elle n\u2019avait qu\u2019\u00e0 appeler un taxi pour la d\u00e9poser \u00e0 l\u2019a\u00e9roport, elle fait comme si son billet d\u2019avion \u00e9tait bien pr\u00e9sent en d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9 dans son portable, elle fait comme si elle attendait d\u2019embarquer et appelle ses proches, ses amis pour leur dire \u00e0 tr\u00e8s vite, elle fait comme si elle n\u2019avait plus beaucoup de temps et fait comme si l\u2019h\u00f4tesse d\u2019accueil appelait les derniers passagers, elle marche et fait comme si elle rentrait dans le finger puis faisait la queue pour passer la porte de l\u2019avion, trouver son si\u00e8ge dont le num\u00e9ro \u00e9tait inscrit sur la carte d\u2019embarquement, elle fait comme si elle prenait place, remercie l\u2019h\u00f4tesse pour l\u2019avoir aid\u00e9 \u00e0 placer son sac dans le compartiment \u00e0 bagages, elle fait comme si elle s\u2019installait \u00e0 son si\u00e8ge apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 les passagers qui \u00e9taient install\u00e9s avant elle se soient lev\u00e9s pour qu\u2019elle s\u2019assoit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du hublot, elle fait comme si elle souriait, elle fait comme si elle posait son masque sur ses yeux pour profiter du temps de vol pour se reposer, elle fait comme si elle n\u2019\u00e9tait pas dans cet avion, elle fait comme si rien autour d\u2019elle n\u2019\u00e9tait fiction, elle fait comme si elle n\u2019y portait pas d\u2019attention et s\u2019envole malgr\u00e9 tout pour un autre ailleurs imaginaire cette fois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 | de soi-m\u00eame et d\u2019\u00e9criture<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le temps qui s\u2019inscrit dans une absence de production \u00e9crite ressemble \u00e0 un gouffre dans lequel je perds mes rep\u00e8res. C\u2019est un temps ind\u00e9finissable qui me ronge, cr\u00e9e de la frustration et installe le doute. C\u2019est aussi un espace indispensable pour repenser son geste, pr\u00e9parer la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire, prendre de la distance. J\u2019essaie de trouver un \u00e9quilibre, cependant, je dois m\u2019avouer que ces derni\u00e8res ann\u00e9es j\u2019ai surtout couru apr\u00e8s ce ph\u00e9nom\u00e8ne et ne me sens pas sereine vis-\u00e0-vis de la mani\u00e8re dont je dois me recentrer. Il semblerait que ce soit le chemin emprunt\u00e9 par la plupart, le doute fait partie de la cr\u00e9ation. En fait, il s\u2019agit de ne pas paniquer et d\u2019envisager cet entre-deux comme constructif et n\u00e9cessaire. L\u2019\u00e9criture vient en \u00e9crivant et ne pas perdre ce fil me semble indispensable. Alors, ce qui se passe en moi dans ce je ne sais pas comment c\u2019est d\u2019\u00e9crire rel\u00e8ve de la magie int\u00e9rieure, d\u2019une puissance interne qui murmure que c\u2019est possible. Ce qui se passe c\u2019est un souffle d\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 | \u00e0 vous la cantonade&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En traversant la r\u00e9serve Navajo, la plus grande de tout le pays, les paysages d\u00e9filent \u00e0 perte de vue. Ils sont de ceux qui font r\u00eaver, qui font qu\u2019on existe ailleurs, que les fronti\u00e8res imaginaires reculent. Un ressenti familier de d\u00e9j\u00e0 vu s\u2019installe, mais je n\u2019imaginais pas que je rentrerais en conflit avec moi-m\u00eame. Je suis troubl\u00e9e. Ce jour-l\u00e0, le sol ne me parle pas, tout semble \u00e0 distance. Le peuple reste invisible, prot\u00e9geant son intimit\u00e9 au bout de chemins de terre impraticables, sauf en 4X4. Je traverse ces terres ancestrales en fant\u00f4me, moi-m\u00eame hant\u00e9e par la symbolique de ce monde mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart de tous et me sens projet\u00e9e ailleurs, persona non grata. Il va falloir m\u00e9riter la suite. Mais pour le moment, la fatigue se fait sentir et j\u2019aimerais me laisser bercer par la lecture de&nbsp;<em>Neither Wolf nor Dog&nbsp;<\/em>de Kent Nerburn, relire le passage qui \u00e9voque la terre et comprendre&nbsp;:&nbsp;<em>Your people did not know about the land being sacred. We did not know about the land being property. We could not talk to each other because we did not understand each other. But pretty soon your people were not like a stream or ever a great river anymore. They were like a great ocean. This ocean washed us back upon each other. It washed us off our land<\/em>. \u00c9tait-ce ce n\u0153ud de honte que je ressentais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi ce jour-l\u00e0&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | du monde Je suis si r\u00e9volt\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi que m\u00eame le monde ne pense pas que je puisse l\u2019\u00e9gratigner 2 | le r\u00e9el, le r\u00e9el, encore le r\u00e9el&nbsp; Elle a dit qu\u2019elle voulait partir loin, mais elle n\u2019a pas souhait\u00e9 rentrer dans les d\u00e9tails, elle a dit que je savais tr\u00e8s bien ce qu\u2019elle \u00e9voquait. Elle <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-8-lappel-de-la-terre\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #8 | l&rsquo;appel de la terre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":70,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8191],"tags":[],"class_list":["post-221349","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-08-semaine-8"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221349","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/70"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=221349"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221349\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":221352,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/221349\/revisions\/221352"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=221349"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=221349"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=221349"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}