{"id":222477,"date":"2026-09-26T14:41:35","date_gmt":"2026-09-26T12:41:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=222477"},"modified":"2026-09-26T14:41:36","modified_gmt":"2026-09-26T12:41:36","slug":"arts-de-la-fiction-01-descente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/arts-de-la-fiction-01-descente\/","title":{"rendered":"#arts de la fiction #01 | Descente"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis dans une grotte\u00a0; il fait nuit. La couverture bouge. Les enfants respirent, soul\u00e8vent le tissu, qui retombe aussit\u00f4t. Je marche vers la sortie. La couverture ne bouge plus. J\u2019acc\u00e9l\u00e8re le pas, pose ma main sur la paroi de molasse. C\u2019est froid. \u00c7a devient gluant, poisseux. Je suis arr\u00eat\u00e9 sous la chemin\u00e9e. J\u2019y regarde la lune. Un bouchon sur une bouteille. J\u2019ai soif. Je marche vers la sortie. Le vent dehors fait bouger les branches. La couverture bouge mais \u00e0 peine. Elle est pleine de trous. Une petite fille s\u2019est lev\u00e9e. Elle me touche la jambe. Je sursaute. Elle porte une robe noire. Non, me dit-elle, je ne m\u2019appelle pas Rose. Elle me prend la main\u00a0: viens. Nous sortons. Je m\u2019appelle Florida. C\u2019est un dr\u00f4le de nom, dit quelqu\u2019un. Qui\u00a0? Je suis maintenant descendu en zigzaguant entre les arbres. Je trempe mes pieds dans la rivi\u00e8re. C\u2019est froid\u00a0; \u00e7a fait du bien \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026. Je suis maintenant descendu en zigzaguant entre les arbres. Des h\u00eatres. Des \u00e9pic\u00e9as. Cela n\u2019en finit pas de descendre. La terre monte autour de moi. J\u2019entre dans un chemin creux. J\u2019avance vers le bas. Je m\u2019enfonce. J\u2019ai de l\u2019eau jusqu\u2019au genoux mais je continue \u00e0 avancer. Je nage avec peine entre les troncs submerg\u00e9s, les oiseaux morts et les poissons. Au bout, il y a un mur. Je le t\u00e2te\u00a0: aucune porte. Il faut que je remonte \u00e0 la surface pour respirer. Je pousse un cri quand je trouve l\u2019air libre. Le soleil cogne ma t\u00eate nue \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 Au bout, il y a un mur. Il doit faire vingt m\u00e8tres de haut et il est impossible de conna\u00eetre sa largeur, qui semble infinie. Je marche le long du mur, mais la pente est trop escarp\u00e9e pour que j\u2019avance assez vite. Je m\u2019appuie. Soudain, tout s\u2019\u00e9croule. Je suis enseveli sous les gravats mais il y a de place. Je marche dans une sorte de tunnel. Une voix m\u2019appelle. Je cours vers elle. Que dit-elle\u00a0? Je m\u2019arr\u00eate un instant pour l\u2019\u00e9couter mais le seul son qui reste est le tic-tac r\u00e9gulier d\u2019une montre. Je jette un \u0153il \u00e0 mon poignet. Il est nu. Je retourne en arri\u00e8re. Il y a deux portes\u00a0: laquelle choisir\u00a0? Je frappe \u00e0 la premi\u00e8re porte. \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que c\u2019est\u00a0?\u00a0\u00bb Une voix de vieille femme. Je frappe \u00e0 la seconde porte. Rien \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026. Je jette un \u0153il \u00e0 mon poignet. Il est en sang. Pourtant je ne sens rien. Je d\u00e9chire une manche de ma chemise pour en faire un garrot mais ce n\u2019est pas n\u00e9cessaire. Le sang a cess\u00e9 de couler. Je m\u2019assieds sur le sol froid. De la molasse. Il faudrait faire du feu mais je n\u2019ai pas d\u2019allumettes. J\u2019ai faim. Je fouille dans mon sac \u00e0 dos. Il ne me reste qu\u2019une barre chocolat\u00e9e. J\u2019ouvre l\u2019emballage. C\u2019est vide. O\u00f9 sont-ils tous pass\u00e9s\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis dans une grotte\u00a0; il fait nuit. La couverture bouge. Les enfants respirent, soul\u00e8vent le tissu, qui retombe aussit\u00f4t. Je marche vers la sortie. La couverture ne bouge plus. J\u2019acc\u00e9l\u00e8re le pas, pose ma main sur la paroi de molasse. C\u2019est froid. \u00c7a devient gluant, poisseux. Je suis arr\u00eat\u00e9 sous la chemin\u00e9e. J\u2019y regarde la lune. 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