{"id":222970,"date":"2026-10-03T18:22:19","date_gmt":"2026-10-03T16:22:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=222970"},"modified":"2026-10-03T18:56:26","modified_gmt":"2026-10-03T16:56:26","slug":"03-arts-de-la-fiction-h1n-handy-recorder-provisoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/03-arts-de-la-fiction-h1n-handy-recorder-provisoire\/","title":{"rendered":"# 03 arts de la fiction # H1n HANDY RECORDER (provisoire)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>PITCH (en cours)<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>LA NARRATRICE cartographie des fulgurances p\u00e9destres et deux jours durant, les enregistre en vue de les mettre en \u00e9criture.<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les hasards des soubresauts et impromptus de la ville recueillis sur<\/em> <em>son appareil H1n HANDY RECORDER, la mettent dans les pas hors-piste de trois personnages&nbsp;<\/em><em>:<\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>ROSE d\u00e9tachant sa bicyclette en traversant la rue, laquelle se situe en face de la fen\u00eatre de l\u2019immeuble de<\/em> <em>L\u2019HOMME QUI\u2026 et de<\/em> <em>JO CLOCK, qui balaye le trottoir.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>LA NARRATRICE en qu\u00eate de son JE d\u2019\u00e9criture \u2026<\/em> <em>autrement dit <strong>ce qui serait pour elle un essentiel<\/strong> \u2013 invente chemin faisant, un protocole de mise en mouvement d\u2019un NOUS.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Le tout d\u00e9bouche sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour le NOUS de se relier \u00e0 des JE, peut-\u00eatre ainsi, de mieux r\u00e9sister aux drames du monde.<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"306\" height=\"156\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-222973\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>SEQUENCE 1 \u2013 Sc\u00e8nes 1-2-3<\/em><\/strong> <br><strong><em>Plans d\u2019ensemble et plans moyens<\/em><\/strong> <br><em>(\u00e0 pr\u00e9ciser, nuancer et complexifier)<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br><em>On entend les pas et la voix de la narratrice mais on ne la voit pas<\/em> <em>&nbsp;<\/em> &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong>SCENE 1 \/ EXT JOUR 1<\/strong> <strong>&nbsp;<\/strong> <br>8H- 23 juillet 2026 <br>Le trottoir au bas de l\u2019immeuble <strong>&nbsp;<\/strong> <br><br><strong>2 personnages<\/strong> <br>VOIX de LA NARRATRICE <br><em>JO CLOCK<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <strong>&nbsp;<\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td><em>00&nbsp;:15 :57 sur ton H1n Handy Recorder, plages 21 \u00e0 24.<\/em> <br>Tu t\u2019accroches \u00e0 ta voix, tu te dis ce qu\u2019elle voit, ce qu\u2019elle entend et per\u00e7oit. &nbsp;<br><br>Par tous les temps, chaque matin sauf les WE, JO CLOCK accorde les frottements r\u00eaches en crin de son balai, aux pulsations des carillons de l\u2019\u00e9glise du quartier&nbsp;; seconde apr\u00e8s seconde, elle d\u00e9cide \u2013 ou pas \u2013 d\u2019actionner son bras&nbsp;&#8211; gestes symphoniques incognito, tout en balayant la crasse de la ville et en malaxant la poussi\u00e8re du temps. Elle exp\u00e9rimente ainsi des valeurs d\u2019intensit\u00e9, d\u2019acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s, de ralentis, et leurs variations &#8211; musique virtuose en plis minimalistes. <em>&nbsp;<\/em> <br><br>Pour JO CLOCK, l\u2019horizon&nbsp;du monde&nbsp;? <br>Ces cloches, et depuis la rentr\u00e9e des classes \u2013 la Marseillaise \u2013 entonn\u00e9e tous les vendredis \u00e0 la r\u00e9cr\u00e9ation de dix heures ; mais aussi, l\u2019air et les points \u00e9clat\u00e9s de l\u2019infini de l\u2019\u0153il \u2013 la dilution de soi dans un r\u00eave de paysage, o\u00f9 d\u00e9tritus et nature cohabiteraient, en place d\u2019une architecture \u00e0 la fixit\u00e9 rouill\u00e9e. &nbsp; <br><br>Pour JO CLOCK l\u2019horizon de sa rue ?<br>Incidemment, un d\u00e9tail \u00e0 ses pieds au milieu de son petit tas de d\u00e9tritus. Sans jamais oublier de lever les yeux, de guetter les presque riens qui pourraient surgir, se dilater, s\u2019\u00e9vanouir peut-\u00eatre, aussi vite r\u00e9appara\u00eetre pourquoi pas. &nbsp;&nbsp;<br><br>JO CLOCK balayure apr\u00e8s balayure se r\u00e9p\u00e8te&nbsp;: &nbsp;<em>je me fous du n\u00e9ant, Je guette le pr\u00e9sent.<\/em> &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 2 &#8211; EXT JOUR 1<\/em><\/strong> <br><em>Ce m\u00eame matin \u00e0 10h<\/em> <br><em>La rue en bas de l\u2019immeuble et celles autour dans le quartier<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <br><br><strong>2 personnages<\/strong> <br>VOIX de LA NARRATRICE <br><em>ROSE<\/em> <em>&nbsp;<\/em><\/td><td>ROSE a d\u00e9tach\u00e9 son v\u00e9lo, et roule maintenant au-dessus de la selle pour franchir sans brusquerie les trous du bitume. Par endroits elle se rassoit pour s\u2019enivrer des d\u00e9clivit\u00e9s. Pour autant, geste de filer sans se sentir exister. <br><br>\u2013 ce jour, la lumi\u00e8re est l\u2019objet m\u00eame, n\u2019est pas cette qualit\u00e9 abstraite qui rend les choses visibles, c\u2019est un lieu lumineux peupl\u00e9 de surfaces sans mati\u00e8re, sans fond, dans lequel elle est immerg\u00e9e&nbsp;; <br>\u2013 ce jour, l\u2019espace n\u2019est pas cette qualit\u00e9 concr\u00e8te, qui donne une fonction \u00e0 l\u2019objet, mais le reflet mouvant qui r\u00e9pond \u00e0 une logique de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, qui fait seulement entendre, voir et percevoir&nbsp;; <br>\u2013 ce jour,&nbsp;son corps, les voix, les yeux, effleurent l\u2019irrepr\u00e9sentabilit\u00e9&nbsp;d\u2019un drame humain universel, dans un espace poreux entre vivants et morts. <br><br>ROSE se dit \u00e0 elle-m\u00eame&nbsp;: <em>en entrant dans le tableau de nulle part, on ne voit pas arriver la mort. On n\u2019entend plus ses roulements de tambour. Je pr\u00e9f\u00e8re.<\/em> <br><br>Incidemment, en d\u00e9ambulant, ROSE aper\u00e7oit les passages \u00e9clairs d\u2019autres cyclistes &#8211; surveillances en coin. En ces instants, elle est dans le vertige, au bord du gouffre &#8211; sa chute \u00e0 chaque instant possible. &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 3 \u2013 INT-JOUR 1<\/em><\/strong> <br><em>Ce m\u00eame matin \u00e0 10H30<\/em> <br><em>La chambre dans l\u2019immeuble \u2013 le lit \u2013 la fen\u00eatre avec volets encore ferm\u00e9s<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <br><br><strong>2 personnages<\/strong> <br>VOIX de LA NARRATRICE <br><em>L\u2019HOMME QUI\u2026<\/em> <strong>&nbsp;<\/strong><\/td><td>Couch\u00e9e sur le ventre, la t\u00eate r\u00e9fugi\u00e9e sous son oreiller &#8211; coudes en V, mouvements g\u00e9ographiques des bras de l\u2019HOMME QUI\u2026. Son pied droit pend hors de la couette, pr\u00e9f\u00e8re le frais. &nbsp; <br><br>R\u00e9guli\u00e8rement, il se retourne sur le dos, garde alors sa demi-jambe gauche pli\u00e9e, son pied accol\u00e9 au genou droit. Avec un l\u00e9ger appui des orteils s\u2019empare de la douce mollesse des chairs.<br><br>Au loin L\u2019HOMME QUI\u2026 entend retentir la sonnerie de l\u2019\u00e9cole. Les enfants ont donc fini de chanter la Marseillaise et rentrent en classe. Souvent c\u2019est le signal, l\u2019incitation \u00e0 s\u2019extraire de son lit. &nbsp; <br><br>L\u2019HOMME QUI\u2026 se rassure : <em>tu sais pouvoir compter sur ta l\u00e2chet\u00e9, te concentrer sur tes seules tasses de caf\u00e9 et te d\u00e9tourner de toute responsabilit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 ta journ\u00e9e, ou au monde d\u2019ici et d\u2019aujourd\u2019hui.<\/em> &nbsp; <br><br>Gestes invisibles de temp\u00eates sous son cr\u00e2ne. &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>SEQUENCE 1 (suite)<\/em><\/strong> <br><strong><em>Travelling \u2013 Plans en plong\u00e9e parfois &nbsp;<\/em><\/strong> <br><em>(\u00e0 pr\u00e9ciser, nuancer et complexifier)<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br><em>On entend encore les pas et la voix de la narratrice, mais on ne la voit toujours pas<\/em> &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong>SCENE 4 \u2013 EXT JOUR<\/strong> <strong>1<\/strong> <br>D\u00e9but et fin d\u2019apr\u00e8s-midi. <br>Dans le quartier <strong>&nbsp;<\/strong> <br><br><strong>1 personnage&nbsp;<\/strong> <br><em>Voix de LA NARRATRICE<\/em> &nbsp; &nbsp; &nbsp;<\/td><td><em>20&nbsp;:17 :43 sur ton H1n Handy Recorder, plages 25 \u00e0 27.<\/em> <br>Tu t\u2019accroches \u00e0 ta voix, tu te dis ce qu\u2019elle voit, ce qu\u2019elle entend et per\u00e7oit. &nbsp; <br><br>Gestes, sauts, cris sous capuches d\u2019une bande de blousons devant une \u00e9cole ; deux pantalons gris, le faux naturel d\u2019une bouche qui aspire la fum\u00e9e d\u2019une cigarette&nbsp;; mains f\u00e9minines de 45 ans, pleines d\u2019\u00e9gard, \u00e0 l\u2019arr\u00eat d\u00e9nouent un scoubidou ; un foulard sur la t\u00eate attend devant un immeuble \u2013 une main appuie sur les boutons d\u2019un digicode ; avec la sueur coll\u00e9e derri\u00e8re ses lunettes sombres, elle perd la vue. Cous de pigeons roucoulant sur le trottoir ; sens interdit ; dort-il cet homme sur ce banc, ou, se laisse-t-il bercer yeux ferm\u00e9s par les volutes binaurales se superposant \u00e0 l\u2019acoustique ouat\u00e9e de la rue ? Jet de bouteilles en verre dans un container ; la trentaine masculine, un casque sur la t\u00eate ; arrach\u00e9s, lac\u00e9r\u00e9s, recouverts &#8211; stickers, pochoirs, autocollants, appos\u00e9s en mosa\u00efques sur des goutti\u00e8res&nbsp;; rubalise devant un immeuble en travaux, crissement m\u00e9tallique de scie sauteuse au 2eme \u00e9tage \u2013 roulement de tubes ferreux qui suit \u2013 doux en contraste ; large manteau triangulaire attend que son chien tr\u00e8s poilu, fourrure beige clair, ait fait ses besoins ; voiture immatricul\u00e9e EG 559 CR \u2013 69, sort d\u2019un parking ; macadam, ramdam d\u2019une valise \u00e0 roulettes.<\/td><\/tr><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>SEQUENCE 2 \u2013 SCENES 5, 6, 7<\/em><\/strong> <br><strong><em>Plans en contre plong\u00e9e \u2013 se rapprocher <\/em>ave<em>c des gros plans<\/em><\/strong>  &#8211; <strong>acc\u00e9l\u00e9rations<\/strong><br>&nbsp; <br>Comme des fl\u00e8ches de Z\u00e9non \u2013 quelque chose qui n\u2019en finit jamais &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong>SCENE 5 \u2013 EXT SOIR 1<\/strong> <br>19H &#8211; Soir qui tombe <br>Une rue du quartier &nbsp; <br><br><strong>1 personnage<\/strong> <br><em>VOIX de LA NARRATRICE<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td>T\u00e9lescopage soudain &nbsp; <br><br>Un tronc et \u00e0 sa cime, un projecteur sur une plateforme v\u00e9g\u00e9talis\u00e9e. En bas, des poubelles, l\u2019une recouverte de cageots plastiques, l\u2019autre de bouteilles en verre 25 cl de Coca-cola.&nbsp;Rose d\u00e9cadenasse son v\u00e9lo. <br><br>Tu ne vois plus qu\u2019un \u0153il \u2013 un \u0153il unique, rond, au milieu de son front, un front large \u2013 et dans le fond de cet \u0153il, la foudre, des \u00e9clairs, la temp\u00eate \u2013 un \u0153il de cyclope, se d\u00e9battant dans l\u2019espace irrepr\u00e9sentable du Tartare \u2013 un \u0153il m\u00e9t\u00e9orite \u2013 plongeant du ciel \u2013 \u00e0 la renverse, \u00e9ternellement \u2013 en direction, de son lit \u2013 en son \u00e9paisseur m\u00eame \u2013 le lit dans la chambre. Duret\u00e9 du matelas, \u00e7a grouille du dedans. Duret\u00e9 du bois de lit et du sommier. Ton corps pesant bien qu\u2019absent, plaqu\u00e9, coll\u00e9. Pas de jambe. Impossible de se hisser ne serait-ce que de quelques grammes. Dans le blanc de tes draps \u2013 la figure fant\u00f4me d\u2019une bouche grima\u00e7ante \u2013 tu es, et n\u2019es plus que ce vague rictus qui a peur. Le son gonfle, va et vient. Tu voudrais ne plus entendre les pulsations m\u00e9triques de ton c\u0153ur. Mais, \u00e7a ne s\u2019arr\u00eate pas. &nbsp; <br><br>De plus en plus pr\u00e8s l\u2019orage <br>De plus en plus pr\u00e8s l\u2019horizon. &nbsp; <br><br>Ta voix r\u00e9duite \u00e0 un cri de douleur. Un son indiscernable impossible \u00e0 articuler tant l\u2019espace te manque sous ce plafond g\u00e9ant au soleil couchant.<\/td><\/tr><tr><td><strong>SCENE 6 \u2013 INT NUIT 1<\/strong> <br>Le lit <strong>&nbsp;<\/strong> <br><br><strong>1 PERSONNAGE<\/strong> <br><em>VOIX de LA NARRATRICE<\/em> <strong>&nbsp;<\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td>Il les guette, les \u00e9crase, les aligne proprement pr\u00e8s de lui. Une collection de cadavres de moustiques &#8211; impulsion de domestication, mise au pas de l\u2019animal ail\u00e9e. Leur zonzonnement rompt le silence de sa chambre et de ses soir\u00e9es solitaires. Ne deviennent que de petits points noirs enferm\u00e9s \u2013 puis plus rien, secs &#8211; des natures mortes &#8211; ne m\u00e9ritent pas mieux. &nbsp;<br><br>La t\u00eate sous son oreiller, il entend des r\u00e2les d\u2019assassin\u00e9s. A tu\u00e9 l\u2019enfant, le chien aussi, pour obtenir un bout de pain &#8211; pour lui d\u2019abord, pour son enfant ensuite.<br><br>L\u2019HOMME QUI\u2026 son silence -\u2026 les moustiques. Sa fascination pour l\u2019inerte. &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>INSERT &#8211; FLASH BACK&nbsp;<\/em><\/strong><br>Images \u00e0 trouver \u2013 laisser de l\u2019espace au spectateur\/lecteur &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong>SCENE 7 \u2013 INT NUIT<\/strong> <br>20 ans plus t\u00f4t <br>Une chambre inconnue &nbsp; <br><br><strong><em>2 personnages<\/em><\/strong> <br>ALTERNANCE entre la voix de LA NARRATRICE (qui lit Rose) et la voix de ROSE (qui lit L\u2019homme qui\u2026) <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <em>&nbsp;<\/em> <strong>&nbsp;<\/strong> <strong>&nbsp;<\/strong><\/td><td>Il y avait un trou de serrure \u2013 et derri\u00e8re, le suintement d\u2019une odeur de latrine poisseuse. <br><em>Mon amour\u2026 ?<\/em> <br><br>Il y avait les pierres manquantes du chemin sur lesquelles l\u2019\u00e9t\u00e9, elle butait en roulant sur son v\u00e9lo.<br><em>Tes yeux clos -un-deux-trois soleil contre les troncs d\u2019arbres. On joue&nbsp;?<\/em> <br><br>Il y avait les heures noires sans issue, la folie criminelle, l\u2019irr\u00e9parable.<br><em>Ton grain de peau humide\u2026<\/em> <br><br>Il y avait ses poumons \u00e9corch\u00e9s dans la poussi\u00e8re du vent d\u2019automne.<br><em>Ta neige br\u00fblante au printemps&#8230;<\/em> <br><br>Il y avait au lointain un soup\u00e7on de lumi\u00e8re.<br><em>Ton parfum \u00e0 la ros\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9\u2026<\/em> <br><br>Il y avait sa m\u00e2choire serr\u00e9e, entre ses herbes naissantes.<br><em>Mon ange\u2026<\/em> <br><br>Il y avait l\u2019h\u00e9b\u00e9tude d\u2019une d\u00e9tenue p\u00e9trifi\u00e9e apr\u00e8s l\u2019orage.<br><em>Tu trembles&nbsp;?<\/em> \u2026 <br><br>VOIX de LA NARRATRICE : dans ses journaux d\u2019enfance et d\u2019adolescence, il y a sa collection de dessins bless\u00e9s. Elle les collait. Un dessin, pour chaque fois. <br><br>Supposons que tout cela soit vrai. Maintenant, seulement, peut-\u00eatre, elle se souvient. &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>SEQUENCE 3 (Sc\u00e8nes 8, 9, 10)<\/em><\/strong> <br><strong><em>PLANS EN PLONGEE ET CONTRE PLONGEE \u2013 GROS PLANS<\/em><\/strong> <em>&nbsp;<\/em> <br><br><em>Vers la fen\u00eatre puis vers le trottoir, et vice versa<\/em> <br><em>Durant les dialogues \u2013 plans rapproch\u00e9s et plans en r\u00e9action<\/em> &nbsp;<br><\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 8 \u2013 EXT JOUR 2<\/em><\/strong> <br><em>8H le 25 juillet<\/em> <br><em>Fen\u00eatre du 5eme \u00e9tage de l\u2019immeuble<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <br><br><strong><em>3 personnages<\/em><\/strong> <br><em>VOIX de LA NARRATRICE<\/em> <br><em>L\u2019HOMME QUI\u2026<\/em> <br><em>JO CLOCK (silhouette)<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td><em>Plage<\/em> <em>1&nbsp;:05 :62\u2013 sur ton H1n Handy Recorder<\/em> <br>Tu t\u2019accroches \u00e0 ta voix, tu te dis ce qu\u2019elle voit, ce qu\u2019elle entend et per\u00e7oit <br><br>Les rayons naissant du soleil, se faufilent d\u00e9j\u00e0 par les lattes de ses volets encore ferm\u00e9s. Leurs contours bris\u00e9s fr\u00f4lent un instant les murs de sa tapisserie. &nbsp; <br><br>Nuit d\u2019insomnie. &nbsp; <br><br>En pyjama, pench\u00e9 \u00e0 sa fen\u00eatre, il ouvre les plis du matin irradiant. De derri\u00e8re ses lunettes toujours sales, entre ses cils froiss\u00e9s, il voit &#8211; hypnotique et stroboscopique &#8211; sous l\u2019avanc\u00e9e de toit du caf\u00e9 d\u2019en face, un corps vieilli, debout sur le trottoir. Une balayeuse de rue bat la mesure avec le carillon de huit heures.<br><br>L\u2019HOMME QUI\u2026 se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 lui-m\u00eame &#8211; <em>comprendre pourquoi je vis, et ne pas tout de suite mourir. Pas tout de suite.<\/em> &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 9 \u2013 EXT JOUR 2<\/em><\/strong> <br><em>10H20<\/em> <br><em>La rue<\/em> &nbsp; <br><br><strong><em>4 personnages<\/em><\/strong> <br><em>VOIX de LA NARRATRICE<\/em> <br><em>ROSE<\/em> <br><em>JO CLOCK<\/em> <br>&nbsp;<\/td><td>Passe une rutilante Volkswagen Airline immatricul\u00e9e EN874HF 93. &nbsp; <br><br>\u2026 papiers froiss\u00e9s, feuilles d\u2019\u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9composition, pochette vide d\u2019un paquet de mouchoirs, entrem\u00ealement de gants en cellulose, barquette plastique de g\u00e2teaux secs, un masque, le tout sous la ros\u00e9e. &nbsp; <br><br>JO CLOCK&nbsp;observe cette jeune femme qui r\u00e9guli\u00e8rement traverse la rue puis s\u2019\u00e9lance sur son v\u00e9lo. Belle allure, plantureuse&nbsp;: un m\u00e8tre soixante pas plus, habill\u00e9e marronn\u00e9 ce matin. Une chevelure blonde cendr\u00e9e, boucl\u00e9e, fournie. &nbsp; &nbsp; <br><br>JO CLOCK au creux de son apn\u00e9e, entre les salves de l\u2019airain, les frottements des branches de son balai et le chant de la Marseillaise du vendredi, r\u00e9siste. <br><br>JO CLOCK sourit \u00e0 ROSE qui s&rsquo;approche. <em>Elle&nbsp;<\/em>se dit \u00e0 elle-m\u00eame <em>: Par cette fa\u00e7on de se tenir, ne pas c\u00e9der aux circonstances, mais s\u2019\u00e9lever.<\/em> <em>Vivre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du temps musical, et, dans l\u2019espace du temps de soi, de soi aux autres, en d\u00e9mesure. <\/em>D<em>u pr\u00e9sent, la force, m\u00eame et surtout quand le monde s\u2019\u00e9croule.<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br>Soudain une enfant hurle depuis les hauteurs de l\u2019immeuble. ROSE l\u00e8ve la t\u00eate, aper\u00e7oit un homme, se dit&nbsp;: <em>un hibou m\u2019observe \u00e0 sa fen\u00eatre.<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br>ROSE l\u00e2che aussit\u00f4t son v\u00e9lo d\u00e9cadenass\u00e9 sur le trottoir, et part en courant. Fuir au plus vite &#8211; corps sismographe, porteur de stigmates.<\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 10 \u2013 EXT JOUR \u2013 2<\/em><\/strong> <br><em>D\u00e9but d\u2019apr\u00e8s midi<\/em> <br><em>Des rues<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <br><br><strong><em>4 personnages<\/em><\/strong> <br><em>ROSE<\/em> <br><em>JO CLOCK<\/em> <br><em>VOIX de LA NARRATRICE<\/em> <br><em>QUELQU\u2019UN DANS LA RUE<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td>Rose marche.<br><br>Elle passe sur des l\u00e8ve-tampons \u2013 ils assurent une v\u00e9rification journali\u00e8re de regards de chauss\u00e9es lui a-t-on dit. Elle entend la dilatation sous terraine de murmures mena\u00e7ants. Un peu plus loin, elle s&rsquo;accroupit. Dans les interstices oubli\u00e9es des pav\u00e9s, surgissent des cheveux d\u2019herbe verte.  &nbsp; <br><br>ROSE&nbsp;: <em>je me dis&nbsp;: du v\u00e9g\u00e9tal combatif, d\u00e9sirant\u2026<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br>Puis elle passe non loin de l\u00e0 devant une petite annonce accroch\u00e9e \u00e0 un arbre \u2013 de l\u2019encre d\u00e9lav\u00e9e sur la dentelle papier en corolle \u2014 \u00ab&nbsp;Donne cours de piano \u2013 06 12 12 33\u2026&nbsp;\u00bb. <br><br>ROSE s\u2019accroche \u00e0 ces \u00e9chapp\u00e9es du vivant \u2013 contractions de plaisir \u00e9ph\u00e9m\u00e8re.<em>Tenter encore&nbsp;? Une chose \u00e0 deviner&nbsp;? Possible \u00e0 chaque instant de bifurquer&nbsp;?<\/em> &nbsp; <br><br>ROSE revient vers la balayeuse de rue. Elle \u00e9vite le tas rassembl\u00e9 \u00e0 ses pieds. La dame a veill\u00e9 sur son v\u00e9lo.&nbsp;ROSE lui sourit &#8211; souhaite la remercier, lui demande comment elle s\u2019appelle. La balayeuse lui sourit en retour et lui demande la m\u00eame chose. <br>&#8211; JO CLOCK <br>&#8211; ROSE <br>Elles s\u2019\u00e9tonnent toutes deux de leurs tremblements. &nbsp; <br><br>QUELQU\u2019UN DANS LA RUE traverse et dit haut et fort : m<em>ais pourquoi tout le monde me regarde ?<\/em> Grands gestes, et voix plus intense encore en s\u2019\u00e9loignant. &nbsp; <br><br>ROSE&nbsp;aupr\u00e8s de JO CLOCK ne bouge pas, mais pense&nbsp;: &nbsp;<em>sous ma peau, la violence sans interrupteur toujours se cogne \u00e0 l\u2019errance de mes larmes. Mes f\u00ealures ne tariront donc jamais&nbsp;?<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <br><br>ROSE enfourche son v\u00e9lo, non sans observer la fen\u00eatre de l\u2019immeuble. Le hibou n\u2019est pas l\u00e0. &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td colspan=\"2\"><strong><em>SCENE FINALE&nbsp;<\/em><\/strong> <br><strong><em>PLAN A HAUTEUR DE REGARD<\/em><\/strong> <em>&nbsp;<\/em> <br><br><em>On n\u2019entend plus la narratrice mais on la voit<\/em> .<br><em>Elle relit ses notes sur un carnet.<\/em> <em>&nbsp;<\/em><br><em>Ses mains transcrivent en \u00e9coutant son enregistreur.<\/em> <br><em>Elle tape sur son ordinateur.<\/em> &nbsp;<\/td><\/tr><tr><td><strong><em>SCENE 11 \u2013 INT NUIT<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><br><em>Temps <\/em>non pr\u00e9cis\u00e9<br><em>Un bureau<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <br><br><strong><em>LA NARRATRICE<\/em><\/strong> <br><em>Casque sur les oreilles<\/em> <br><em>L\u2019appareil Handy recorder<\/em> <br><em>Un carnet<\/em> <br><em>Un ordi<\/em> <em>&nbsp;<\/em> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong> <strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><\/td><td><strong>Question<\/strong>\u00a0: <br>que cherches-tu avec ce r\u00e9cit m\u00e9tis ? Pourquoi vouloir ainsi te cogner \u00e0 l\u2019effroi, aux entraves cach\u00e9es, aux boucliers de chacun.e\u00a0? <em>\u00a0<\/em> <br><br><strong>Notes en passant en librairie hier<\/strong>\u00a0:<br>T3M d\u2019H\u00e9lo\u00efse Br\u00e9zillon, aux \u00e9ditions du Commun. [\u2026] <em>Et \u00e7a te comporte, \u00e7a te comporte sans que tu ne le saches, tu roules les jours \u00e0 l\u2019aveugle, tu as un monde en toi, un petit monde dont tu n\u2019as jamais fait la carte et tu roules dedans, hors-piste\u2026<\/em> \u00a0 <br><br><strong>R\u00e9ponse\u00a0provisoire n\u00b01 \u00e0 cette question<\/strong> :<br>en m\u2019accrochant \u00e0 cette ode urbaine, \u00e0 ses houles anonymes de mots tout trou\u00e9s &#8211; \u00e9grenage incantatoire \u2013 je r\u00e9siste. Cartographier et \u00e9crire le monde \u00e0 partir de mes fulgurances p\u00e9destres &#8211; un protocole de mise en mouvement d\u2019un NOUS, pour aller vers mon hors-piste\u2026 \u00a0 <br><br><strong>Suite de la r\u00e9ponse n\u00b01<\/strong>\u00a0:<br>j\u2019y pense. De l\u00e0, faire aussi le chemin inverse &#8211; relier ces JE \u00e0 un NOUS. \u00a0 \u00a0 <br><br><strong>NOIR <\/strong>\u00a0 \u00a0<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PITCH (en cours) LA NARRATRICE cartographie des fulgurances p\u00e9destres et deux jours durant, les enregistre en vue de les mettre en \u00e9criture. Les hasards des soubresauts et impromptus de la ville recueillis sur son appareil H1n HANDY RECORDER, la mettent dans les pas hors-piste de trois personnages&nbsp;: ROSE d\u00e9tachant sa bicyclette en traversant la rue, laquelle se situe en face <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/03-arts-de-la-fiction-h1n-handy-recorder-provisoire\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># 03 arts de la fiction # H1n HANDY RECORDER (provisoire)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":697,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8202,8221,1],"tags":[],"class_list":["post-222970","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-saison-2026-2027-arts-de-la-fiction-le-cycle-hebdo","category-arts-de-la-fiction-03-koltes-film-imaginaire","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/222970","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=222970"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/222970\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":222990,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/222970\/revisions\/222990"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=222970"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=222970"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=222970"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}