{"id":224154,"date":"2026-10-27T14:26:49","date_gmt":"2026-10-27T13:26:49","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=224154"},"modified":"2026-10-28T14:14:24","modified_gmt":"2026-10-28T13:14:24","slug":"06-le-62-de-cortazar-ou-le-livre-en-pieces-detachees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/06-le-62-de-cortazar-ou-le-livre-en-pieces-detachees\/","title":{"rendered":"#06 |\u00a0le 62 de Cort\u00e1zar, ou le livre comme pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"arts de la fiction #06 | le 62 de Corta\u0301zar, ou le livre en pie\u0300ces de\u0301tache\u0301es\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/9Xs9v3HWRxc\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\">\u2022 <a href=\"https:\/\/www.patreon.com\/francoisbon\/posts\/cycles-2026-2027-168081065?collection=1298595\">arts de la fiction, le cycle hebdo 2026-2027<\/a> :<br>sommaire g\u00e9n\u00e9ral du cycle, inscription, t\u00e9l\u00e9chargement centralis\u00e9 des fiches d\u2019appui,<br>lettre de coordination d\u00e9di\u00e9e, page unique et fixe,<br>acc\u00e8s &amp; participation libres tou\u00b7te\u00b7s abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s Tiers Livre \u00abateliers\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>#06 | le 62 de Cort\u00e1zar, ou le livre comme pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec son <em>62, maquette \u00e0 monter<\/em> (1968), Julio Cort\u00e1zar se saisit du chapitre 62 de son livre pr\u00e9c\u00e9dent, le l\u00e9gendaire <em>Marelle<\/em> et en fait tout un livre, mais en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es, qu&rsquo;il nous revient de r\u00e9assembler \u2014 quoi en tirer pour notre invention narrative ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Se revendiquer ouvertement d&rsquo;une \u00abtransgression des conventions litt\u00e9raires\u00bb pour d\u00e9busquer de nouveaux r\u00e9cits : Julio Cort\u00e1zar le fait une premi\u00e8re fois dans <em>Marelle<\/em>: un r\u00e9cit lin\u00e9aire en 56 fragments, et puis, du 73\u00e8me au 155\u00e8me, une suite d&rsquo;autres chapitres dont il nous revient, \u00e0 nous lecteurs, d&rsquo;organiser le parcours pour autant de configurations de livres. Dans <em>Marelle<\/em>, l&rsquo;auteur a un double, Morelli, lui aussi \u00e9crivain, pour le repr\u00e9senter dans le livre: autant de mises en ab\u00eeme successives, comme ce jeu de marelle qu&rsquo;un moment on aper\u00e7oit vide, de nuit, dans une cour sous la pluie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis ce chapitre 62: Morelli y r\u00eave d&rsquo;un livre en \u00abpi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es\u00bb, l&rsquo;autonomie de chaque fragment permettant d&rsquo;y tenter un d\u00e9r\u00e8glement complet, pour chaque personnage, des figures habituelles de la psychologie du roman.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Non seulement toute exag\u00e9ration devient possible, mais le dispositif appelle l&rsquo;exc\u00e8s, bouscule toute continuit\u00e9, mais autorise de multiplier les prises d&rsquo;\u00e9criture, sans se soucier d&rsquo;aucune suite ni de coh\u00e9rence d&rsquo;un fragment \u00e0 l&rsquo;autre. Et c&rsquo;est bien ce qui nous int\u00e9resse, nous, pour travailler \u00e0 l&rsquo;expansion narrative, ind\u00e9pendamment de l&rsquo;intuition pr\u00e9alable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et pour commencer, la fa\u00e7on dont le livre se concentre sur l&rsquo;id\u00e9e de \u00abVille\u00bb : chaque personnage est li\u00e9 \u00e0 une ville diff\u00e9rente, il y a Paris, mais aussi Vienne, Londres, Buenos Aires et bien d&rsquo;autres. Comment peuvent-ils se rejoindre dans le m\u00eame livre ? Cort\u00e1zar, d\u00e8s le d\u00e9but du livre, ouvre une perspective d\u00e9routante : enlever sa majuscule \u00e0 cette \u00abVille\u00bb, et que chacun alors, parlant de <em>sa<\/em> ville, parle de son trajet dans une ville multiforme et commune, sans autre d\u00e9termination, qui sera aussi la ville de nous toutes &amp; tous, lecteurs. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c&rsquo;est un texte de 4 pages, lui-m\u00eame subdivis\u00e9 en 4 s\u00e9quences distinctes, qui vient d\u00e9chirer, par une suite de versets po\u00e9tiques, l&rsquo;\u00e9lan du livre en prose : quatre lanceurs successifs : <br>\u2014 <em>j&rsquo;entre de nuit dans ma ville<\/em>&#8230;<br>\u2014 <em>j&rsquo;entre dans ma ville sans savoir comment<\/em>&#8230;<br>\u2014 <em>alors je marcherai \u00e0 travers ma ville<\/em>&#8230;<br>\u2014 <em>ou la variante, regarder ma ville du haut du pont<\/em>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous trouverez l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de ce texte, et ses quatre s\u00e9quences, dans l&rsquo;extrait \u00e0 t\u00e9l\u00e9charger. S&rsquo;y d\u00e9veloppe un labyrinthe de rues, d&rsquo;int\u00e9rieurs, de traverses, puis de souvenirs de jeunesse (Buenos-Aires), en m\u00eame temps que le narrateur principal, se perdant dans Paris (comme par hasard, apr\u00e8s avoir trouv\u00e9 sur un \u00e9ventaire de bouquiniste un livre de Michel Butor qu&rsquo;il n&rsquo;aura jamais le temps de lire) multiplie les rencontres \u00e9tranges, \u00e0 commencer par celles des autres personnages, ceux des autres villes, mais que le coup de baguette magique initi\u00e9 par l&rsquo;auteur met \u00e0 m\u00eame de se croiser et interagir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est ce dispositif, bien plus certainement que le contenu m\u00eame des sc\u00e8nes \u2014 leur \u00e9rotisme r\u00e9current \u2014 qui nous importe ici pour notre d\u00e9marche. Comment s&rsquo;y prend Cort\u00e1zar : dans <em>Marelle<\/em> Morelli (l&rsquo;assonance&#8230;) \u00e9tait un double n\u00e9cessaire de l&rsquo;auteur dans le livre, ici on invente pour chacune et chacun des personnages un <em>par\u00e8dre<\/em>, un double agissant en place du personnage dans le r\u00e9cit fant\u00f4me, illusion, fantastique. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce texte en versets, qui fait de toutes les villes une seule ville, a donc \u2014 en t\u00eate du roman&nbsp;\u2014&nbsp;un r\u00f4le charni\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c&rsquo;est cela que je voulais vous proposer : non pas \u00e9crire ce texte-ville de Cort\u00e1zar comme une prouesse ou un terminus, mais l&rsquo;ouvrir comme une br\u00e8che, en se servant des quatre \u00ablanceurs\u00bb que propose Cort\u00e1zar, pour appeler \u00e0 lui, par aimantation ouverte \u00e0 tous les paradoxes, toutes les images, tous les risques, l&rsquo;ensemble des images de ville que vous portez en vous, l&rsquo;ensemble des villes qui ont fait de vous ce qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui vous \u00eates, et, cette ville invent\u00e9e rempla\u00e7ant toutes les autres, se tenir pr\u00eat \u00e0 y ancrer toutes les possibles fictions, ce sera l&rsquo;exercice suivant. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un travail donc de collecte, de convocation, de rassemblement d&rsquo;une premi\u00e8re base pour l&rsquo;expansion \u00e0 venir, sans s&rsquo;interroger sur elle, et seulement sur ce qui s&rsquo;assemble des images-ville o\u00f9 toute les villes, et angoisses ou inqui\u00e9tudes ou errances ou sc\u00e8nes ou rencontres sont appel\u00e9es comme par une force centrip\u00e8te, tourbillon qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re, en gardant les quatre \u00ablanceurs\u00bb propos\u00e9s par l&rsquo;auteur. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout tient \u00e0 ce possessif : \u00abma\u00bb ville&#8230; parce qu&rsquo;elle n&rsquo;existe pas, elle n&rsquo;est que l&rsquo;id\u00e9e rassembl\u00e9e par cette suite discontinue d&rsquo;images de toutes les villes. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et surtout sans s&rsquo;interroger sur cette deuxi\u00e8me phase d&rsquo;\u00e9criture, qu&rsquo;un tel texte pourtant va rendre possible, mais justement depuis son exc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Difficile ? Je crois bien ! Pourquoi ce \u00ab62, maquette \u00e0 monter\u00bb, avec son r\u00eave de livre en pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es, est bien moins connu que <em>Marelle<\/em>, sinon justement parce que livre pour \u00e9crivains, livre pour gens qui sont d\u00e9j\u00e0 attel\u00e9s \u00e0 la poursuite de leur fiction en cours. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous doutez ? lisez donc d&rsquo;abord ces quatre fabuleuses pages de l&rsquo;extrait ici en t\u00e9l\u00e9chargement&#8230; <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2022 arts de la fiction, le cycle hebdo 2026-2027 :sommaire g\u00e9n\u00e9ral du cycle, inscription, t\u00e9l\u00e9chargement centralis\u00e9 des fiches d\u2019appui,lettre de coordination d\u00e9di\u00e9e, page unique et fixe,acc\u00e8s &amp; participation libres tou\u00b7te\u00b7s abonn\u00e9\u00b7e\u00b7s Tiers Livre \u00abateliers\u00bb. #06 | le 62 de Cort\u00e1zar, ou le livre comme pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es Avec son 62, maquette \u00e0 monter (1968), Julio Cort\u00e1zar se saisit du chapitre 62 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/06-le-62-de-cortazar-ou-le-livre-en-pieces-detachees\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#06 |\u00a0le 62 de Cort\u00e1zar, ou le livre comme pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":224155,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8202,8256,8204],"tags":[],"class_list":["post-224154","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-saison-2026-2027-arts-de-la-fiction-le-cycle-hebdo","category-arts-de-la-fiction-06-cortazar-le-62","category-arts-de-la-fiction-le-sommaire-general-des-propositions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224154","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=224154"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224154\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":224175,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224154\/revisions\/224175"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/224155"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=224154"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=224154"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=224154"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}