{"id":224292,"date":"2026-10-31T12:08:22","date_gmt":"2026-10-31T11:08:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=224292"},"modified":"2026-10-31T12:08:23","modified_gmt":"2026-10-31T11:08:23","slug":"06-arts-de-la-fiction-a-tout-a-lheure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/06-arts-de-la-fiction-a-tout-a-lheure\/","title":{"rendered":"# 06 arts de la fiction | \u00e0 tout \u00e0 l&rsquo;heure"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-black-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-1\"><code>r\u00e9dig\u00e9 ce matin du 31 octobre - jour marquant dans la biographie de l'auteur-r\u00e9dacteur - en vacances en province r\u00e9gion territoire: un village dortoir soleil une image du matin - il est midi<\/code><\/pre>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"771\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-771x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-224293\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-771x1024.jpg 771w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-316x420.jpg 316w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-768x1020.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-1157x1536.jpg 1157w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-1542x2048.jpg 1542w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/IMG_20261031_082329-scaled.jpg 1928w\" sizes=\"auto, (max-width: 771px) 100vw, 771px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019entre de nuit dans ma ville apr\u00e8s l\u2019insurrection, les morts sont partout jonchent les rues d\u00e9fonc\u00e9es, des sauveteurs cherchent \u00e0 aider des survivants, pas la moindre lumi\u00e8re sinon celles des immeubles en feu pas le moindre bruit autres que ces incendies et ces r\u00e2les \u2013 des pierres des corps mutil\u00e9s d\u00e9membr\u00e9s \u00e9nucl\u00e9\u00e9s des mains arrach\u00e9es une esp\u00e8ce d\u2019apocalypse aupr\u00e8s de laquelle l\u2019enfer est un paradis, on nous disait dans nombre de textes inutiles comme ils le sont tous apparemment \u00ab\u00a0tu ne tueras point\u00a0\u00bb &#8211; et pourquoi nous tutoyait-il d\u2019ailleurs \u2013 ces tables de la loi, des \u00e9vangiles, des directions qui n\u2019existent pas \u00e0 emprunter et la nuit, l\u00e0, des fum\u00e9es et des hommes et des femmes \u00e9ventr\u00e9es, des enfants face contre terre assassin\u00e9s et moi l\u00e0, bras ballants inutile comme ces textes et mes \u00e9motions immobiles sans m\u00eame savoir d\u2019o\u00f9 je viens ni m\u00eame pourquoi je suis en vie \u2013 combien de morts, combien de vies \u00f4t\u00e9es et le compte \u2013 et qui le tiendrait\u00a0? \u2013 qui ne les ram\u00e8nera pas, qui ne sert \u00e0 rien, qui n\u2019indique aucune voie, aucun chemin, aucun espoir, il n\u2019y a aucun vainqueur (il n\u2019y a pas de f\u00e9minin \u00e0 vainqueur) aucun ennemi aucun adversaire, personne pour s\u2019enorgueillir d\u2019avoir gagn\u00e9, tout est mort, tout est accompli \u2013 ma ville, mais quelle ville\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">j\u2019entre dans ma ville sans savoir comment faire pour m\u2019en \u00e9chapper, elle est comme une prison, une nasse, les soldats sont en noir fatalement, on ne les voit pas, ils sont l\u00e0 attendent des ordres auxquels ils ob\u00e9iront, ils sont l\u00e0 pour \u00e7a, ob\u00e9ir sans ciller, ils savent quoi faire, les ordres viendront d\u2019en haut, ils savent leur force et leur droit, ils sont l\u00e0, s\u00fbrs d\u2019eux et de leur ob\u00e9issance, derri\u00e8re leurs masques, leurs armes fourbies pr\u00eates \u00e0 tuer abattre nettoyer \u2013 il y aurait chez eux presque comme une certaine joie d\u2019en \u00eatre, je vois \u00e7a, il y a quelque chose chez eux qui aime avoir \u00e0 en d\u00e9coudre parce qu\u2019ils s\u2019y sentent autoris\u00e9s et m\u00eame qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un devoir, d\u2019une chose, oui une chose \u00e0 laquelle il faut r\u00e9pondre \u00ab\u00a0oui\u00a0!\u00a0\u00bb avec aplomb joie reconnaissance d\u00e9sir puis jouissance parce qu\u2019ainsi ils d\u00e9fendent l\u2019honneur, peu importe leurs ennemis qui n\u2019ont pas le droit de vivre l\u00e0, qui n\u2019ont aucun droit, le droit tu sais bien quelque chose qui vient du ciel donn\u00e9 par lui et pour eux, pour nous, pour qu\u2019on s\u2019en serve pour qu\u2019on montre qu\u2019il (on peut y aller d\u2019une majuscule, \u00e7a n\u2019y changera rien) qu\u2019Il existe et qu\u2019il est bon de faire respecter son nom sa force sa loi et sa justice et que ce que nous faisons, nous, dans nos armures, derri\u00e8re nos casques de fer, nos boucliers \u00e9blouissant de clart\u00e9 et de fiert\u00e9, derri\u00e8re nos bombes incendiaires nos grenades assourdissantes et mutilantes nos projectiles de titane, nous man\u0153uvrant aujourd\u2019hui nos drones, nous seuls devant eux, ces gueux quels qu\u2019ils soient qui n\u2019ont rien, peut-\u00eatre un b\u00e2ton, peut \u00eatre un moellon, eux qui n\u2019ont rien et donc qui ne sont rien, eux ne m\u00e9ritent que de mourir<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">alors je marcherai \u00e0 travers ma ville le lendemain, il faudra bien que s\u2019arr\u00eate (\u00ab\u00a0et le combat cessa faute de combattant\u00a0\u00bb disait je ne sais plus qui) parce que je serai toujours vivant \u2013 par quel hasard, quel tour du destin je n\u2019en sais rien, mais j\u2019\u00e9cris \u2013 j\u2019emprunterai ce boulevard l\u00e0, bord\u00e9 d\u2019immeubles de luxe, d\u2019h\u00f4tels particuliers comme on dit (ils n\u2019ont pourtant rien de sp\u00e9cial sinon que d\u2019abriter des propri\u00e9taires et, comme on sait depuis pas mal de temps, ce sont donc par l\u00e0 des voleurs \u2013 ce qui est assez choquant je reconnais) demain il fera jour, sauf quoi ? Rien \u2013 retourner remarcher se rendre encore \u00e0 nouveau avancer continuer demain plein d\u2019espoir, comme s\u2019il suffisait d\u2019\u00eatre entendu pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9 ou l\u2019inverse \u2013 tenir et ne rien l\u00e2cher, sauf l\u2019espoir de vivre plus libre, remonter reb\u00e2tir restaurer revivre une esp\u00e8ce de soleil qui s\u2019oppose \u00e0 la nuit (il y a Bashung qui revient, avec son chapeau sur son cr\u00e2ne lisse, \u00ab\u00a0rien ne justifie\u00a0\u00bb disait-il les chansons, les toiles, les tissus, les \u00e9toffes \u2013 les planches, les sc\u00e8nes, les plans et les montages, les sc\u00e9narios, les acteurs les illusions et le comique, oui le burlesque oui l\u2019humour, l\u2019humour contre la haine, le type qui rencontre un de ses amis\u00a0et qui lui demande \u00ab\u00a0dis-moi en un mot comment \u00e7a va\u00a0?\u00a0\u00bb Et l\u2019autre \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb et l\u2019autre\u00a0\u00e0 nouveau :\u00a0\u00ab\u00a0et en deux\u00a0? \u2013 pas bien\u00a0\u00bb) la lumi\u00e8re et celle de ces deux fr\u00e8res, le train qui entre en gare et le chef de gare qui fait comme s\u2019il ne se passait rien et marche droit vers nous sortant du cadre \u2013 la joie l\u2019amour la danse le rire<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>regarder ma ville du haut d\u2019un pont<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u2019entre de nuit dans ma ville apr\u00e8s l\u2019insurrection, les morts sont partout jonchent les rues d\u00e9fonc\u00e9es, des sauveteurs cherchent \u00e0 aider des survivants, pas la moindre lumi\u00e8re sinon celles des immeubles en feu pas le moindre bruit autres que ces incendies et ces r\u00e2les \u2013 des pierres des corps mutil\u00e9s d\u00e9membr\u00e9s \u00e9nucl\u00e9\u00e9s des mains arrach\u00e9es une esp\u00e8ce d\u2019apocalypse aupr\u00e8s de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/06-arts-de-la-fiction-a-tout-a-lheure\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># 06 arts de la fiction | \u00e0 tout \u00e0 l&rsquo;heure<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8202,8256],"tags":[],"class_list":["post-224292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-saison-2026-2027-arts-de-la-fiction-le-cycle-hebdo","category-arts-de-la-fiction-06-cortazar-le-62"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=224292"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":224294,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/224292\/revisions\/224294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=224292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=224292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=224292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}