{"id":23187,"date":"2020-01-25T18:19:32","date_gmt":"2020-01-25T17:19:32","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=23187"},"modified":"2020-01-26T14:12:47","modified_gmt":"2020-01-26T13:12:47","slug":"propos-sur-les-chiens-les-enfants-et-les-etres-suspendus-dans-les-gares","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/propos-sur-les-chiens-les-enfants-et-les-etres-suspendus-dans-les-gares\/","title":{"rendered":"propos sur les chiens, les enfants et les \u00eatres suspendus dans les gares"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"350\" height=\"386\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/Enfant-Fille-qui-pleure.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-23195\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:12px\"><strong>c&rsquo;est encore un propos de konstantin peterzhak. c&rsquo;est encore un extrait des CONSID\u00c9RATIONS SUR LE NEZ DES CHIENS ET LE NEZ DES RATS. volume 24 des propos tenus quotidiennement par konstantin peterzhak. c&rsquo;est encore un propos rapport\u00e9 par georgy flyorov. cette fois-ci c&rsquo;est un propos tenu sur un escalier roulant<\/strong> <strong>tandis que flyorov se confond en excuse. \u00e7a se passe \u00e0 dubna. \u00e0 la gare de dubna. aux heures de pointe. il y a \u00e0 dubna. \u00e0 la gare. aux heures de pointe. sur l&rsquo;escalier roulant. georgy flyorov regrettant d&rsquo;avoir fait attendre peterzhak. la circulation \u00e0 cette heure \u00e9tant difficile. etc. dirait flyorov. pas de souci flyorov pas de souci dit peterzhak. puis il ajoute :  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des fois : c&rsquo;est plus fort que moi : je me vois en toute chose Georgy Flyorov. En tout \u00eatre et toute chose. C&rsquo;est chercher \u00e0 s&rsquo;\u00f4ter quelque chose de l&rsquo;\u0153il. C&rsquo;est s&rsquo;accroupir. Fouiller dans un sac plastique sans regarder derri\u00e8re soi. Je brille alors de mille feux. Je me d\u00e9double. Je me multiplie. Je suis l&rsquo;enfant blond tiraillant une poup\u00e9e nue par un bras. Je suis son fr\u00e8re blond tiraillant la m\u00eame poup\u00e9e par son autre bras. Je suis leur m\u00e8re les laissant vagir derri\u00e8re moi comme si je ne les connaissais pas. Je sonde mes yeux dans un miroir rond. J&rsquo;arrondis les angles \u00e0 la meule \u00e9lectrique. Je fais des \u00e9tincelles. Je suis \u00e9tincellant. Je brille alors de mille feux. Je me mets la t\u00eate dans le four. Je r\u00e9cure des taches noires. Je d\u00e9gage une odeur forte. Je me prends les pieds dans une laisse. Je jappe comme un chien fou. Je perds mes lunettes. Je les cherche dans mes poches. J&rsquo;\u00e9vite de laisser mes bagages seuls. Je leur montre les horaires et leurs papiers jaunes. Je leur montre o\u00f9 prendre le caf\u00e9. Je fais la file. Je g\u00e8le. Je meurs de froid. Je m&rsquo;\u00e9tends sur une couverture en laine. Parfois je d\u00e9file en bougeant des fesses. Parfois je vagis dans une poussette. Parfois j&rsquo;agite un bras. Je ne parviens pas toujours \u00e0 attirer l&rsquo;attention. Je plisse souvent des yeux. Je ne vois rien de loin. Je vois tr\u00e8s peu de pr\u00e8s. Je me tiens \u00e0 distance. Des fois je pense qu&rsquo;il faut se m\u00e9fier des choses. Des fois je pense : les choses sont des \u00eatres qui s&rsquo;ignorent. Il m&rsquo;arrive de croire que je suis quelqu&rsquo;un. Il m&rsquo;arrive de croire que je compte. Hier j&rsquo;ai compt\u00e9 mes doigts. J&rsquo;ai compt\u00e9 mes dents. Aujourd&rsquo;hui ce sera mes orteils. Des fois je dis : j&rsquo;ai du poil de ch\u00e8vre dans mes oreilles. Je consid\u00e8re les chiens. Leurs nez. Leurs crocs. J&rsquo;en prends la mesure. Je note scrupuleusement le r\u00e9sultat dans un carnet. Je jauge. Je juge. Je ne c\u00f4toie pas n&rsquo;importe qui. Je ne c\u00f4toie pas n&rsquo;importe quoi. J&rsquo;envisage des possibles. J&rsquo;envisage des avenirs. Mes fesses sont immenses. Elles pourraient couvrir le monde. D\u00e8s que je prendrais place elles couvriraient le monde. Des fois je ne vois plus qu&rsquo;elles. Des fois je ne suis plus qu&rsquo;elles. Je d\u00e9borde des pantalons. Je porte une veste \u00e0 carreaux rouges. Je porte une veste \u00e0 carreaux noirs. Je rehausse des tubulures d&rsquo;acier inoxydables. Je rehausse les choses. Les \u00eatres et les choses. Des fois je fais prendre de la hauteur. Des fois je rampe ras-du-sol. Je suis seul parmi la foule. Nul ne sait ce qui se passe en moi. Nul ne sait que j&#8217;embrasse sur la bouche. Je rattrape un morceau de beurre avant qu&rsquo;il ne touche terre. Je laisse les choses en suspension. Je laisse les \u00eatres en suspension. Je suis suspendu \u00e0 leurs l\u00e8vres. J&rsquo;ai des r\u00e9flexes. Je sais o\u00f9 regarder. Des fois je porte des choses \u00e0 leur incandescence. Des fois je porte des \u00eatres \u00e0 leur incandescence. D&rsquo;autres fois le feu des choses passe en moi. Le feu des \u00eatres passe en moi. Je suis \u00e0 la crois\u00e9e des lignes. Comment veux-tu que je m&rsquo;ennuie ? Comment veux-tu que je d\u00e9sesp\u00e8re ? Je suis comme tout le monde. J&rsquo;aspire \u00e0 aspirer. J&rsquo;aspire. Je me d\u00e9barrasse d&rsquo;une scorie. Je me d\u00e9barrasse d&rsquo;une poussi\u00e8re. Mes talons heurtent le sol. Je vibre un peu. J&rsquo;\u00e9mets un bruit \u00e9lectrique. Je couvre les annonces des trains. Nul ne me comprend. Je ne comprends personne. J&rsquo;ai une canne. Je pense avoir les pieds sur terre. Je pense \u00eatre le seul \u00e0 les avoir sur terre. Je transpire malgr\u00e9 le froid. J&rsquo;ai peut-\u00eatre de la fi\u00e8vre. Je parle pour les d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Pas en leur nom. J&rsquo;\u00e9coute ce qui s&rsquo;adresse \u00e0 moi. Ce sont des \u00eatres. Ce sont des choses. Elles ouvrent la bouche. Je les entends. Ils ouvrent la bouche. Je les entends. Nous ne sommes peut-\u00eatre pas plus de trois vivants dans la gare. Je ne suis pas s\u00fbr d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;un des trois. Je n&rsquo;en suis s\u00fbrement pas. J&rsquo;irradie. Partout o\u00f9 je vais j&rsquo;irradie. Je peux m&rsquo;abstenir. Je ne m&rsquo;abstiens pas. Je laisse faire. Des fois je me dis : \u00ab\u00a0Nous sommes des \u00eatres miniatures. Nous sommes de petite taille. Nos anc\u00eatres fossiles mesuraient dix-huit m\u00e8tres. Nos anc\u00eatres savaient claquer des dents.\u00a0\u00bb Des fois : \u00e7a m&rsquo;arrive : j&rsquo;appartiens \u00e0 la puissance des astres. On \u00e9crit alors dans mon c\u0153ur. J&rsquo;aime croire que ceci est profond Georgy Flyorov. J&rsquo;aime croire que ceci est profond. C&rsquo;est une douleur inad\u00e9quate \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule gauche. C&rsquo;est inqui\u00e9tant. Pr\u00e9occupant. \u00c7a ne vaut rien. Pas tripette. Tu saisis ? Georgy Flyorov ? Tu saisis ? Tu saisis ?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:12px\"><strong>puis il se tait.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:12px\"><strong>puis ils sortent de la gare. rejoignent olga bouchoueva. la voiture et olga bouchoueva.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:12px\"><strong>puis ils se rendent \u00e0 moscou. en voiture. avec olga bouchoueva.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>c&rsquo;est encore un propos de konstantin peterzhak. c&rsquo;est encore un extrait des CONSID\u00c9RATIONS SUR LE NEZ DES CHIENS ET LE NEZ DES RATS. volume 24 des propos tenus quotidiennement par konstantin peterzhak. c&rsquo;est encore un propos rapport\u00e9 par georgy flyorov. cette fois-ci c&rsquo;est un propos tenu sur un escalier roulant tandis que flyorov se confond en excuse. \u00e7a se passe \u00e0 dubna. \u00e0 la gare de dubna. aux heures de pointe. il y a \u00e0 dubna. \u00e0 la gare. aux heures de pointe. sur l&rsquo;escalier roulant. georgy flyorov regrettant d&rsquo;avoir fait attendre peterzhak. la circulation \u00e0 cette heure \u00e9tant difficile. etc. dirait flyorov. pas de souci flyorov pas de souci dit peterzhak. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/propos-sur-les-chiens-les-enfants-et-les-etres-suspendus-dans-les-gares\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">propos sur les chiens, les enfants et les \u00eatres suspendus dans les gares<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1671],"tags":[],"class_list":["post-23187","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-personnages-3-foule"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23187","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23187"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23187\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23187"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23187"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23187"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}