{"id":23351,"date":"2020-01-28T17:07:38","date_gmt":"2020-01-28T16:07:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=23351"},"modified":"2020-02-12T17:58:54","modified_gmt":"2020-02-12T16:58:54","slug":"repas-de-noel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/repas-de-noel\/","title":{"rendered":"Repas de No\u00ebl"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Toujours la m\u00eame difficult\u00e9 \u00e0 faire vivre mes personnages, \u00e0 les montrer, \u00e0 les singulariser. Je vais faire des fiches pour fixer les d\u00e9tails que je s\u00e8me au long des fragments. Des doutes sur la pertinence de l&rsquo;atelier pour cette recherche. je joue le jeu quand m\u00eame.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p> Guy  pr\u00e9sente sa femme Anne qui vient passer le r\u00e9veillon avec nous. Grande, plus grande que lui, dans une robe rouge qui ne passe pas inaper\u00e7ue. Martha se f\u00e9licite d\u2019avoir enfil\u00e9 au dernier moment son plus joli pull, habill\u00e9 (avec des brillants et de la dentelle) et tellement chaud, au cas o\u00f9 le g\u00eete n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 assez chauff\u00e9. Anne dirige une structure qui s\u2019occupe de l\u2019aide \u00e0 domicile des personnes \u00e2g\u00e9es. Toute la famille est dans l\u2019aide sociale, remarque Martha. Pas du tout r\u00e9pond Guy aucun de nos quatre enfants n\u2019a suivi ce chemin\u00a0: un artiste potier, une infirmi\u00e8re, une secr\u00e9taire et un musicien. S\u00e9bastien la conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 et l\u2019embrasse.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLes jeunes ont rang\u00e9 et d\u00e9cor\u00e9 la cuisine-salle commune et pouss\u00e9\nle chauffage \u00e0 fond avec des radiateurs \u00e9lectriques qui compl\u00e8tent\nla cuisini\u00e8re \u00e0 bois. Le sapin brille et ils en sont tr\u00e8s fiers.\nIl y a une nappe en papier dor\u00e9 sur la grande table\u2009; des chips en\nabondance et du coca en grandes bouteilles familiales. Et m\u00eame en\nsourdine, un petit papa No\u00ebl qui sort des enceintes. Quand tout le\nmonde est l\u00e0, Guy lance les festivit\u00e9s par un petit discours et des\nverres de Kir pour les adultes. Les jeunes ont mis leurs plus beaux\nv\u00eatements&nbsp;: polos et jogging neufs et sigl\u00e9s. Luna et No\u00e9lie\nsont en robe tr\u00e8s courtes, noire et droite pour Luna, a\u00e9rienne et\nfleurie pour No\u00e9lie. Les tatouages de Luna couvrent tous ses bras et\nremontent dans son cou. \u00e7a lui va bien. Elle est la seule \u00e0 porter\nde jolies chaussures \u00e9l\u00e9gantes, des escarpins \u00e0 petits talons\nfins.  \n<\/p>\n\n\n\n<p>\nLes chips et le coca ont un grand succ\u00e8s. Il r\u00e8gne pourtant une\natmosph\u00e8re de s\u00e9rieux emprunt\u00e9. S\u00e9bastien est \u00e0 l\u2019aise autant\nMartha se tient sur la r\u00e9serve et se sent maladroite et d\u00e9plac\u00e9e.\nIl y a quelque chose de faux dans ce rituel social. Elle n\u2019a rien \u00e0\ndire \u00e0 ces jeunes. A Guy et Anne non plus. C\u2019est la premi\u00e8re fois\ndepuis longtemps qu\u2019elle se retrouve au milieu de tant de monde.\nGuy et Anne ne l\u2019aident pas. Si seulement, elle \u00e9tait rest\u00e9e sous\nsa couette avec le policier qu\u2019elle venait de commencer. Il lui\naurait fait la nuit avec ses 600 pages\u2009! Un pincement au c\u0153ur\npeut-\u00eatre en voyant les lumi\u00e8res \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Anne s\u2019est assise\ndans le fauteuil avachi. Il y a un gar\u00e7on malingre et souffreteux\nqui s\u2019est pelotonn\u00e9 \u00e0 ses pieds et ne parle pas. Elle le laisse\nfaire m\u00eame lorsqu\u2019il pose sa t\u00eate sur ses genoux. Guy va d\u2019un\ngroupe \u00e0 l\u2019autre tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise et S\u00e9bastion est en grande\nconversation avec Lenny et No\u00e9lie toujours proches l\u2019un de\nl\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p> Deux jeunes viennent vers Martha, moi c\u2019est Ryan, lui c\u2019est Ugo. Mon Dieu qu\u2019ils sont grands Adidas et Nike en caract\u00e8res \u00e9normes sur le tee-shirt.<br> \u2013&nbsp;on vous fait peur, Madame\u2009? Vous, c\u2019est Martha, on peut dire Martha\u2009? C\u2019est la f\u00eate ce soir. Vous allez voir on a pr\u00e9par\u00e9 des choses d\u00e9licieuses. On est content que vous soyez venue parce que ce n\u2019est pas bien que des gens restent seuls \u00e0 No\u00ebl et S\u00e9bastien nous a dit que vous \u00e9tiez toute seule, que m\u00eame votre mari ne serait pas l\u00e0 \u00e0 cause de la neige.<br> \u2013&nbsp;\u00e7a me fait plaisir aussi. Vous avez bien travaill\u00e9. Vous \u00eates bien ici\u2009?<br> \u2013&nbsp;C\u2019est la brousse, mais \u00e7a nous change. Notre cure de remise en forme&nbsp;: grand air et balades, pas trop notre truc, mais Guy dit que c\u2019est important pour pr\u00e9parer le voyage. Guy nous a dit qu\u2019il vous ferait animer l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture si vous \u00e9tiez d\u2019accord. Vous \u00eates d\u2019accord\u2009?<br> Ils racontent. Guy est un \u00e9duc un peu sp\u00e9cial qui essaie d\u2019organiser avec eux un voyage dans le Sud marocain. Il a des id\u00e9es sur le voyage et ses b\u00e9n\u00e9fices, l\u2019\u00e9criture aussi. C\u2019est pas facile avec l\u2019administration d\u2019obtenir l\u2019autorisation, alors il faut qu\u2019on l\u2019aide et nous de prendre l\u2019avion \u00e7a nous pla\u00eet bien. Guy ne lui a parl\u00e9 de rien, S\u00e9bastien non plus. Vous mettre devant le fait accompli, \u00e7a doit \u00eatre aussi la strat\u00e9gie de Guy avec l\u2019administration.  <\/p>\n\n\n\n<p>\nPauvre Martha\u2009! D\u00e9pass\u00e9e. Il faut qu\u2019elle se reprenne,\ns\u2019int\u00e9resse. Pas facile.<\/p>\n\n\n\n<p> La f\u00eate continue. On va passer \u00e0 table. Ils l\u2019ont mise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de S\u00e9bastien. Tant mieux. Des menus calligraphi\u00e9s devant les verres annoncent la salade lyonnaise suivie de la dinde aux marrons et de la buche. C\u2019est bon, Guy pr\u00e9cise que les jeunes ont tout cuisin\u00e9 eux-m\u00eames. William se plaint \u00e0 Anne qu\u2019on n\u2019ait pas respect\u00e9 son v\u0153u de faire un repas vegan. Il mange quand m\u00eame de bon app\u00e9tit. Martha essaie d\u2019en savoir plus sur les projets de Guy, mais il est tout \u00e0 la f\u00eate et \u00e0 g\u00e9rer des questions pratiques&nbsp;: Peut-on mettre du rap maintenant\u2009? quand pourra-t-on reprendre les portables pour voir ce que font les copains pour No\u00ebl\u2009? Est-ce qu\u2019on peut sortir maintenant pour fumer\u2009?<br> \u2013&nbsp;ils ont le droit de fumer demande Martha<br> \u2013&nbsp;exceptionnellement comme la bi\u00e8re. Difficile de tout leur interdire quand ils en ach\u00e8tent comme ils veulent dans le moindre bureau de tabac. J\u2019ai entendu que Ryan et Ugo t\u2019ont parl\u00e9 de l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture, tu serais d\u2019accord\u2009?<br> Guy explique qu\u2019il tente des choses, qu\u2019il essaie de leur donner des outils pour reprendre leur vie en main. L\u2019\u00e9criture, \u00e7a marche pas mal avec le rap, \u00e7a les d\u00e9sinhibe de savoir que d\u2019autres pas plus vernis qu\u2019eux l\u2019ont fait, \u00e7a leur parle.<br> Tenter des choses, on tente tous des choses. Martha aussi avec son projet de solitude qui est en train de partir en sucettes.<br> \u2013&nbsp;Oui, je veux bien essayer. C\u2019est S\u00e9bastien qui t\u2019a parl\u00e9 de ma passion de l\u2019\u00e9criture\u2009?<br> \u2013&nbsp;Un peu. J\u2019essaie toujours, au moins pour moi. \u00c7a marche ou pas selon les caract\u00e8res et les histoires. Il y en a qui sont tellement fracass\u00e9s ou tellement emmur\u00e9s que \u00e7a ne donne rien. \u00c7a les changera d\u2019\u00eatre avec toi. Tu verras, tu feras ce que tu pourras.<\/p>\n\n\n\n<p>\nLes gamins dansent. Anne vient vers Martha. William a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p> \u2013&nbsp;Si j\u2019ai bien compris, Guy t\u2019a enr\u00f4l\u00e9e. Il est fort, il ferait n\u2019importe quoi pour ces gamins. Il \u00e9choue, il recommence. Il trouve une autre id\u00e9e. L\u00e0 c\u2019est ce voyage, il ne sait m\u00eame pas s\u2019il obtiendra l\u2019autorisation, mais il peaufine son dossier.<br> Martha est pensive. Qu\u2019est-ce qu\u2019elle conna\u00eet de l\u2019aide sociale \u00e0 l\u2019enfance\u2009? Pas grand-chose. Des signalements elle en a fait un ou deux dans toute sa carri\u00e8re\u2009; toujours d\u00e9licat. Combien de fois lui a-t-on menti\u2009? combien de fois n\u2019a-t-elle plus revu les enfants. Des coups, des marques, des enfants qui passaient, grandissaient, qu\u2019elle ne reconnaissait plus. Aurait-elle pu faire mieux, plus\u2009?<br> Il est tard, elle a envie de rentrer. Il faudrait parler avec Anne, mais elle est fatigu\u00e9e. Il y a trop de bruit et ce soir de No\u00ebl n\u2019est pas l\u2019heure des bilans. S\u00e9bastien l\u2019a vue et lui propose de la raccompagner.<\/p>\n\n\n\n<p>En\nrentrant, Martha \u00e9tait m\u00e9contente d\u2019elle-m\u00eame. Elle avait d\u00fb\npara\u00eetre bien d\u00e9sagr\u00e9able et peu attentive aux autres. C\u2019est\ntout juste si elle avait parl\u00e9 aux jeunes. Ryan et Ugo, Adidas et\nNike, qu\u2019elle avait rep\u00e9r\u00e9s d\u00e8s le premier jour, mais sur\nlesquels elle s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9e. Pas les plus apathiques, au\ncontraire des gar\u00e7ons vifs et accueillants qui avaient fait l\u2019effort\nd\u2019aller vers elle. Les boucles brunes de Ryan et ses yeux vifs, le\nblond filasse de ceux de Ugo, il fallait qu\u2019elle le note pour ne\npas oublier de les reconna\u00eetre la prochaine fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Guy\n\u00e9tait toujours en grande conversation avec un des jeunes et elle ne\nl\u2019avait pas interrompu\u2009; toujours soucieux du bon d\u00e9roulement de\nla soir\u00e9e. Pas plus avec Anne sur laquelle elle s\u2019\u00e9tait pos\u00e9\nbeaucoup de questions, Anne qui acceptait cette relation quasi\nmaternelle avec William qui l\u2019avait suivie toute la soir\u00e9e. Elle\naurait aim\u00e9 parler avec Luna, mais ne l\u2019avait pas fait\u2009; elles\ns\u2019\u00e9taient pourtant regard\u00e9es plusieurs fois. Luna hautaine et\nr\u00eaveuse lui avait-il sembl\u00e9, en retrait. Aucun progr\u00e8s dans la\nconnaissance de ce groupe qu\u2019elle avait pourtant accept\u00e9\nd\u2019accompagner pour leur atelier d\u2019\u00e9criture. Elle s\u2019\u00e9tait\nr\u00e9fugi\u00e9e aupr\u00e8s de S\u00e9bastien qu\u2019elle connaissait d\u00e9j\u00e0 et\naupr\u00e8s de qui elle avait pu rester silencieuse et se le reprochait\nmaintenant. Elle avait mieux observ\u00e9 Lenny et No\u00e9lie, tout en\npr\u00e9venance et en attention l\u2019un avec l\u2019autre. Ils avaient\nremarqu\u00e9 qu\u2019elle les reconnaissait et lui avaient souri \u00e0\nplusieurs reprises. Mais les autres\u2009? Des gar\u00e7ons qui mangeaient,\nbuvaient, n\u2019avaient plus faim, n\u2019aimaient pas les marrons ou les\nadoraient, rangeaient ou s\u2019effor\u00e7aient d\u2019esquiver la corv\u00e9e,\nremettaient les tables en place ou laissaient faire les autres,\nvoulaient fumer, avaient dans\u00e9 ou pas, s\u2019\u00e9taient occup\u00e9s de la\nmusique ou pas. Un groupe indistinct du fait de son inattention, de\nsa fatigue, son incapacit\u00e9 \u00e0 aller vers les autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Petit\n\u00e0 petit, des id\u00e9es encore plus sombres la traversaient, de gens\nqu\u2019elle avait n\u00e9glig\u00e9s par le pass\u00e9\u2009; beaucoup \u00e9taient morts\nmaintenant. Cette vieille amie qui ne donnait plus de nouvelles,\nn\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 sur les r\u00e9seaux sociaux et qu\u2019elle n\u2019avait\njamais cherch\u00e9 \u00e0 revoir. Une amiti\u00e9 de 40 ans pourtant qui s\u2019\u00e9tait\ndissoute dans le silence et l\u2019indiff\u00e9rence r\u00e9ciproque. Combien de\nsoir\u00e9es pass\u00e9es ensemble, de verres de champagne, de cigarettes, de\nplateaux d\u2019huitres et puis le silence. Apr\u00e8s la mort de sa m\u00e8re,\ncette amie avait achet\u00e9 un appartement spacieux et moderne avec\nl\u2019h\u00e9ritage. Martha ne l\u2019avait jamais vu. Elle ne gardait que le\nsouvenir de ce deux-pi\u00e8ces \u00e9troit et v\u00e9tuste du XXe arrondissement\nde Paris o\u00f9 elle avait dormi tant de fois, sans salle de bains.\nComment pouvait-on ainsi d\u00e9laisser, abandonner les autres avec le\ntemps\u2009? Aurait-elle d\u00fb reprendre contact\u2009? Pourquoi avait-elle\nattendu\u2009? Elle en ressentait une honte torturante, le sentiment\nd\u2019une faute grave.<\/p>\n\n\n\n<p>Il\ny en avait bien d\u2019autres abandons, n\u00e9gligences quelle se\nreprochait, mais il ne fallait pas y penser au risque de g\u00e2cher sa\nnuit. Cette femme qu\u2019elle avait renvoy\u00e9e \u00e0 son m\u00e9decin traitant,\nalors qu\u2019elle aurait d\u00fb l\u2019adresser aux urgences. Elle voyait\nencore sa grimace de douleur, et le temps qu\u2019elle avait pass\u00e9\ndebout devant le cabinet en attendant le taxi. Comment peut-on faire\nde telles choses\u2009? Manquer \u00e0 ce point de mis\u00e9ricorde et de\npr\u00e9sence d\u2019esprit\u2009! Parfois c\u2019\u00e9tait la col\u00e8re qui\nl\u2019envahissait en pensant \u00e0 ce si gentil locataire qu\u2019elle\nn\u2019avait pas eu le courage de refuser malgr\u00e9 ses faibles revenus\n(il voulait se loger pr\u00e8s du lyc\u00e9e pour que ces enfants aient une\nbonne \u00e9ducation\u2009!). Des loyers impay\u00e9s, un appartement saccag\u00e9,\ndes voisins m\u00e9contents, les huissiers, le syndic. Une idiote qui\ns\u2019\u00e9tait fait avoir\u2009! Elle avait \u00e9t\u00e9 une idiote\u2009! De la\ncol\u00e8re et de la honte de s\u2019\u00eatre laiss\u00e9e berner\u2009! \n<\/p>\n\n\n\n<p>Si\nelle laissait son esprit s\u2019en emparer, elle n\u2019arriverait pas \u00e0\ndormir. L\u2019avanc\u00e9e de l\u2019\u00e2ge produisait en elle cette \u00e9trange\nnouveaut\u00e9, cette\ngrande difficult\u00e9 \u00e0 combattre les id\u00e9es noires. Cela tournait en\nboucle,\nenflait, se boursouflait,\nse creusait, s\u2019approfondissait, la clouait de remords et\nd\u2019angoisses\nou la rendait furieuse\net honteuse.\nAutrefois, une id\u00e9e chassait l\u2019autre\u2009;\nplus jamais maintenant. Autrefois elle s\u2019accordait des\ncirconstances att\u00e9nuantes, contrebalan\u00e7ait ses torts par ceux des\nautres, argumentait avec elle-m\u00eame dans le pire des cas, puis\npassait \u00e0 autre chose. Maintenant la barri\u00e8re mentale d\u2019un esprit\nsain \u00e9tait devenue poreuse, elle se retrouvait d\u00e9sarm\u00e9e et\nassi\u00e9g\u00e9e par les remuements les plus catastrophistes. \u00c9tait-ce ce\nqu\u2019il y avait d\u2019irr\u00e9m\u00e9diable d\u00e9sormais \u00e0 se reprocher des\nfautes vis-\u00e0-vis de morts\u2009? Ou \u00e9tait-ce son esprit devenu plus\nfaible, moins robuste\u2009? \u00c9tait-ce un effet de son isolement\nvolontaire cet emballement mental qu\u2019elle vivait de plus en plus\nsouvent\u2009? En aurait-elle parl\u00e9 si elle avait eu un interlocuteur\u2009?\nNon, elle l\u2019aurait tu tant il provoquait en elle une sensation de\nfragilit\u00e9. Son esprit devenait fragile et sans d\u00e9fense, elle\nn\u2019avait plus prise sur ses emballements\u2009; cela\navait quelque chose de terrifiant.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Toujours la m\u00eame difficult\u00e9 \u00e0 faire vivre mes personnages, \u00e0 les montrer, \u00e0 les singulariser. Je vais faire des fiches pour fixer les d\u00e9tails que je s\u00e8me au long des fragments. Des doutes sur la pertinence de l&rsquo;atelier pour cette recherche. je joue le jeu quand m\u00eame. Guy pr\u00e9sente sa femme Anne qui vient passer le r\u00e9veillon avec nous. Grande, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/repas-de-noel\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Repas de No\u00ebl<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1723],"tags":[],"class_list":["post-23351","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-personnages-4-croquis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23351","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=23351"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/23351\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=23351"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=23351"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=23351"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}