{"id":24297,"date":"2020-02-16T19:13:29","date_gmt":"2020-02-16T18:13:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=24297"},"modified":"2020-04-07T23:12:37","modified_gmt":"2020-04-07T21:12:37","slug":"atelier-nouvelle-proposition1-images-mentales-michaux-kafka","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/atelier-nouvelle-proposition1-images-mentales-michaux-kafka\/","title":{"rendered":"Atelier Une Nouvelle en 4000 mots &#8211; Proposition #1 | Images Mentales"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le contexte, l&rsquo;exercice<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>A l&rsquo;hiver 2019, Fran\u00e7ois Bon a propos\u00e9 un cycle d&rsquo;atelier autour de la nouvelle. Un an plus tard, je d\u00e9cide de reprendre ce cycle \u00e0 mon rythme et \u00e0 ma mani\u00e8re.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La proposition de Fran\u00e7ois Bon : <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"ATELIER NOUVELLE #1 | DES IMAGES MENTALES\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/fCcC1WQRqag\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme l&rsquo;explique Fran\u00e7ois Bon, pour \u00e9crire trois paragraphes d&rsquo;images mentales, nous devions lire\/\u00e9tudier\/gamberger\/nous inspirer d&rsquo;une s\u00e9rie de texte d&rsquo;Henri Michaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;En R\u00eavant \u00e0 partir de peintures imaginaires&nbsp;\u00bb \u00e9crit \u00e0 partir des r\u00eaveries  de l&rsquo;\u00e9crivain  sur les peintures d\u2019un autre belge plus c\u00e9l\u00e9bre encore, Ren\u00e9 Magritte. <\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong>Envie de participer \u00e0 mon texte ? <\/strong><br>Apportez vos annotations et corrections <br>en commentaires ou <a href=\"https:\/\/bimestriel.framapad.org\/p\/9f1u-pa4u4of4qx-ateliernouvellep1?lang=en\">sur ce pad collaboratif.<\/a> <strong>  <\/strong><\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mes propositions<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">I En partant d\u2019une fen\u00eatre, l\u2019air<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon la hauteur et le temps, l\u2019air n\u2019a jamais la m\u00eame odeur. Presque oubli\u00e9 \u00e0 hauteur d\u2019homme, vents violents \u00e0 hauteur de b\u00e2timents, parfum lourd des orages, vapeurs fra\u00eeches exsud\u00e9es du goudron. <br>Dans ces b\u00e2timents l\u2019air a un go\u00fbt de vide, des m\u00e8tres cubes de rien qui s\u2019impose, le renferm\u00e9 asphyxiant, l\u2019asphalte des parkings qui grignotent les pelouses.<br>Laideur d\u00e9taill\u00e9e sur la fa\u00e7ade de l\u2019habitation \u00e0 loyer mod\u00e9r\u00e9. Un coup d\u2019oeil et on oublie ce fragment. Le paysage urbain se g\u00e8le. Rien ne bouge. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Luminescence animal de la nuit dans les b\u00e2timents bo\u00eetes \u00e0 chaussures, b\u00e2timents rang\u00e9s, bien circonscrit dans un quartier, inscrit dans le plan de r\u00e9novation \u00e0 moyen terme. <br>B\u00e2timent classeur de gens, monter \u00e0 l\u2019appartement gauche du quatri\u00e8me \u00e9tage, classification, dividualisation de la personne, taxonomie du vivant, intercalaire social. <br><br>Ascenseur suspendu au vide&nbsp;; reptiles d\u2019oxyg\u00e8ne, de plomb, de rouille et de tungst\u00e8ne escaladant les c\u00e2bles, s\u2019accrochant aux poulies. <br>Mince \u00e9paisseur du bois de la porte d\u2019o\u00f9 transpire les odeurs rances de la cuisine en conserve et de l\u2019humidit\u00e9 suintante de la salle de bains. <br> <br>Finitions b\u00e2cl\u00e9es de l\u2019appartement d\u2019HLM o\u00f9 l\u2019ennui contamine tous les interstices. <br> Avant d\u2019entrer &#8211; le nez fin, habitu\u00e9 \u00e0 de plus haut lieu sera piqu\u00e9 au vif par le vinaigre d\u2019entretien m\u00e9nager, engourdi de goudron, de tabac, de la lourdeur acre du b\u00e9ton &#8211; l\u2019enfant lui trouvera un terrain de jeu, quelque chose d\u2019inconnu na\u00eetra entre le carrelage et le plafond.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les vents d\u2019int\u00e9rieurs \u00e9paississent la poussi\u00e8re, l\u2019aluminium et l\u2019amiante. Air froid qui persifle, rampe sur la roideur des parois, grimpe aux mornes plafonds. Il vit \u00e0 un centim\u00e8tres du sol sur les petits carreaux jaunes, bleus et gris, constitu\u00e9s en parall\u00e8les et perpendiculaires, dress\u00e9s, \u00e9lev\u00e9s en escaliers de pierres grises, de poussi\u00e8res. Dans les premiers centim\u00e8tres au dessus du sol on le trouvera pour survivre. Air en tuyau, air en plaque ou en morceaux, air amass\u00e9, tas d\u2019air \u00e0 nettoyer. Cet air frais qui fait frissonner les vieux, air trop pur qui grise les travailleurs quand ils descendent l\u2019escalier le matin.  <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">II Un vieux souvenir et les illusions plaisantes qu\u2019ils portent<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour bloquer les courant d\u2019airs qui viennent du dessous de la porte, les habitants ont de l\u2019astuce. Ils trouvent en magasin ou sur des catalogue de vente par correspondance des boudins \u00e0 placer au pied de leurs portes. Bien souvent les boudins prennent la forme de chien, \u00e0 moins que ce ne soit les chiens qui s\u2019\u00e9tirent en boudin et se garnissent de mousse et de jute. <br> Ils remplissent une fonction importante, celle de garder au chaud les entr\u00e9es d\u2019appartement. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au premier pas dans l\u2019appartement, il doit faire chaud, on doit tout de suite se sentir chez soi. L\u2019entr\u00e9e doit \u00eatre agr\u00e9able. L\u2019appartement est petit comme tous les petits appartements du monde mais celui-l\u00e0, c\u2019est le sien. On peut le reconna\u00eetre entre mille autres, il y a un gentil chien pour nous accueillir. Un chien rouge de forme oblongue. Un boudin de porte. Un chien boudin. Une couleur vive car le chien ne dit rien, ne demande rien, mais ne veut pas se faire oublier. On aimerait y porter toute son affection, mais il est froid, sale, les fibres de ses tissus sont gorg\u00e9es de poussi\u00e8re. On veut bien le laver de temps en temps. Le secouer par la fen\u00eatre, le laisser quelques heures au soleil. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En refermant la porte d\u2019entr\u00e9e, on le raccompagne du pied. Il doit rester bien coller \u00e0 la fente d\u2019air. Ici, \u00e0 cette place qui est la sienne, il est unique, il est un rep\u00e8re sans pareil, on voudrait faire briller dans ses yeux de plastique un amour familier. On pourrait reconna\u00eetre ce chien de tissu rouge parmi cent chiens de tissu rouge, \u00e0 ces traces blanches sur le ventre creus\u00e9es par les frottements au carrelage froid plusieurs fois par jour&nbsp;depuis des ann\u00e9es; le distinguer des autres \u00e0 ce pli grossier en haut du dos, \u00e0 ce froissement sur le c\u00f4t\u00e9, \u00e0 cette fa\u00e7on que la poussi\u00e8re a de s\u2019entortiller autour de la patte arri\u00e8re gauche. De minces diff\u00e9rences, \u00e0 demi visibles \u00e0 l\u2019oeil averti, des d\u00e9tails infimes qui rendent propre cette chienne de vie, qui d\u00e9signe son caract\u00e8re unique, son inframince de boudin de porte.  <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais peut-\u00eatre ne reconna\u00eet-on le chien que par ce qu\u2019il est l\u00e0, que le chien rouge fait partie des meubles, des murs, du sol, de l\u2019appartement, et que sans le savoir on est pris dans le vertige, dans l\u2019agencement des choses, que l\u2019on est \u00e0 soi m\u00eame comme au chien, dans l\u2019\u00e9troite connaissance de d\u00e9tails intimes, le r\u00e9sultat d\u2019une addition d\u2019objets dispos\u00e9s autour de soi.   <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mise \u00e0 jour du 7 avril, ajout de la contribution de Catherine Serre depuis le pad d&rsquo;\u00e9criture collaboratif :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Catherine Serre : pour cette recherche, qui est ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e mais on s\u2019en fout, je crois que tu pourrais densifier le texte en all\u00e9geant\u00a0 le regard ext\u00e9rieur, un peu pr\u00e9gnant de mon point de vue, ces petites transformations donnent au lecteur un r\u00f4le plus actif, plus de sensations directes- par exemple au d\u00e9but :\u00a0\u00a0<br><br>Bloquer les courant d\u2019airs du dessous de la porte, les habitants ont l\u2019astuce : en magasin ou sur des catalogue de vente par correspondance des boudins \u00e0 placer au pied de leurs portes.\u00a0 Des boudins en forme de chien. A moins que ce ne soit les chiens qui s\u2019\u00e9tirent en boudin et se garnissent de mousse et de jute. <\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">III Un vieux souvenir encore, un soleil int\u00e9rieur<\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cailloux gris font toujours le m\u00eame bruit, ils s\u2019\u00e9coulent dans un grand sablier. Petits cailloux de petits cailloux de petits fragments. Quelqu\u2019un vient d\u2019arriver, le roulis des pas creusent des sillons. Le soir tombant, l\u2019attente prend fin. Les petits cailloux gris s\u2019envolent et s\u2019entrechoquent. Le grand gris d\u00e9sert est troubl\u00e9. Avec ses pieds on s\u2019ancre dans le paysage, on attend un r\u00e9confort, on oublie ce que la saison nous donnera. A l\u2019horizon la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint, au dessus du sol, sur les cailloux, l\u2019air se refroidit. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cailloux d\u2019ici, les cailloux du jardin, se d\u00e9placent au gr\u00e9 des pieds et des pneus, portent un souvenir d\u2019enfance, reviennent dans l\u2019\u00e9cho de l\u2019histoire d\u2019une maison lointaine qui a trop chang\u00e9. Les sillons cheminent et deviennent des veines. On se sent prolong\u00e9 par des \u00e9clats de pierre. On voudrait vieillir dans un arbre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Mise \u00e0 jour du 7 avril, ajout de la contribution de Catherine Serre depuis le pad d&rsquo;\u00e9criture collaboratif :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Catherine Serre : je te propose un autre montage, avec plus de tension au d\u00e9marrage sur le mot \u00ab quelqu\u2019un \u00bb.\u00a0 Et le d\u00e9placement d\u2019une phrase pour une concentration du pronom \u00ab on \u00ab\u00a0 dans le deuxi\u00e8me paragraphe. Sinon \u00e0 propos\u00a0 de \u00ab grand gris d\u00e9sert \u00ab\u00a0 qui donne un effet comptine, sauf \u00e0 le reprendre plusieurs fois je trouve que cela produit trop d\u2019effet, gris ou grand devrait suffire :<br><br><em>Quelqu\u2019un vient d\u2019arriver, le roulis des pas creusent des sillons. Le soir tombant, l\u2019attente prend fin. Les petits cailloux gris s\u2019envolent et s\u2019entrechoquent. Le grand gris d\u00e9sert est troubl\u00e9. Les cailloux gris font toujours le m\u00eame bruit, ils s\u2019\u00e9coulent dans un grand sablier. Petits cailloux de petits cailloux de petits fragments.\u00a0 A l\u2019horizon la lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint, au dessus du sol, sur les cailloux, l\u2019air se refroidit.<\/em><br><em>Les cailloux d\u2019ici, les cailloux du jardin, se d\u00e9placent au gr\u00e9 des pieds et des pneus, portent un souvenir d\u2019enfance, reviennent dans l\u2019\u00e9cho de l\u2019histoire d\u2019une maison lointaine qui a trop chang\u00e9. Les sillons cheminent et deviennent des veines. Avec ses pieds on s\u2019ancre dans le paysage, on attend un r\u00e9confort, on oublie ce que la saison nous donnera.\u00a0 On se sent prolong\u00e9 par des \u00e9clats de pierre. On voudrait vieillir dans un arbre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">En \u00e9crivant Images Mentales  <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Janvier \u2013 F\u00e9vrier 2020<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il m\u2019a fallu plus d\u2019un mois pour compl\u00e9ter au mieux cet exercice. J\u2019ai souhait\u00e9 prendre tout mon temps &#8211; non pour viser une perfection inatteignable ou r\u00e9diger un texte qui me convenait compl\u00e8tement \u2013 j\u2019ai souhait\u00e9 v\u00e9ritablement comprendre la consigne et tenter d\u2019y r\u00e9pondre du mieux que je le pouvais. L\u2019important n\u2019est pas le r\u00e9sultat mais le temps pass\u00e9 \u00e0 chercher, \u00e0 exp\u00e9rimenter. C\u2019est pourquoi j\u2019ai voulu pouss\u00e9 l\u2019exercice dans toutes ces dimensions, en r\u00e9digeant ce \u00ab&nbsp;making of&nbsp;\u00bb, car j\u2019esp\u00e8re que mes textes sans se finir, se prolongeront avec vous. Vous venez de lire des textes en \u00e9prouvette.<br>Le temps m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour comprendre et apprendre. Au lieu de balancer mes textes \u00e0 la va vite, je voulais faire les choses correctement quitte \u00e0 mal les faire, quitte \u00e0 rater \u2013 et ce qui est arriv\u00e9, mais apr\u00e8s tout ne s\u2019agit-il pas de \u00ab&nbsp;rater mieux&nbsp;\u00bb comme disait Loustal. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je suis d\u2019abord parti enthousiaste mais j\u2019ai compris au bout de quinze jours que la t\u00e2che \u00e9tait ardue et l\u2019exigence haute. <br>C\u2019est dans ces derniers jours &#8211; ceux qui pr\u00e9c\u00e8dent la publication &#8211; que je pense avoir effleurer la compr\u00e9hension de ce qu\u2019est une&nbsp;\u00ab&nbsp;image mentale&nbsp;\u00bb. J\u2019ai la f\u00e2cheuse tendance \u00e0 agir par le n\u00e9gatif \u00e0 me concentrer sur ce qu\u2019il ne faut pas faire plut\u00f4t que sur ce qu\u2019il faudrait faire. J\u2019aime beaucoup cette id\u00e9e de retenue, d\u2019ambigu\u00eft\u00e9 si cher \u00e0 Fran\u00e7ois Bon. Cette consigne de d\u00e9part m&rsquo;a plac\u00e9 place dans une position d\u2019inconfort qui a requestionn\u00e9 ma relation avec  l\u2019\u00e9criture et la cr\u00e9ation (litt\u00e9raire aurais-je envie de dire mais je me dois de rester humble). Je crois \u00eatre dans l\u2019obligation de questionner et cr\u00e9er mon langage avant de pr\u00e9tendre \u00e0 raconter une quelconque histoire. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019ai donc d\u2019abord pris la consigne un peu litt\u00e9ralement&nbsp;: images mentales, ce qui a dans ma t\u00eate, tout ce qui est pr\u00e9sent dans un espace-temps donn\u00e9 mais qui ne raconte pas d\u2019histoire, qui rel\u00e8ve de l\u2019invisible, de l\u2019imaginaire, du cerveau, de la pur pens\u00e9e. Un objet quelque peu d\u00e9moniaque, dans les croyances pa\u00efennes du Moyen-\u00c2ge, le d\u00e9mon \u00e9tait un pur esprit.  <br>C\u2019est ce que j\u2019ai tent\u00e9 de faire avec la premi\u00e8re proposition. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la seconde proposition, j\u2019ai tent\u00e9 de m\u2019attacher \u00e0 un d\u00e9tail. Je souhaitais aborder la notion d\u2019inframince, \u00ab&nbsp;de presque visible&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019oeil nu, et de la relation dynamique que peut avoir cet objet avec son environnement imm\u00e9diat, son caract\u00e8re illusoire et d\u00e9risoire. <br> Pour ces deux premi\u00e8res propositions, je ne crois pas avoir r\u00e9pondu correctement \u00e0 la consigne. Je pense \u00eatre pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et avoir (humblement) essay\u00e9, cr\u00e9\u00e9 autre choses. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En effet, il m\u2019a fallu une lecture attentive des textes d\u2019Henri Michaux \u00ab&nbsp;En R\u00eavant \u00e0 partir de peintures imaginaires&nbsp;\u00bb pour comprendre qu\u2019une image mentale est tout sauf une description. Ces textes m\u2019ont paru sombres et obscures, mais la lecture ressemble parfois \u00e0 la peinture, il faut plusieurs couches, des boucles, des r\u00e9p\u00e9titions, pour faire appara\u00eetre le sens. <br> Que l\u2019image mentale peut raconter une histoire, si  elle d\u00e9passe sa propre dimension, si elle offre un horizon d\u2019imaginaire. J\u2019en ai pris conscience \u00e0 la relecture de l\u2019image de \u00ab l\u2019aigle \u00bb. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\"><p> \u00ab\u00a0On a pas vu un aigle se pr\u00e9cipiter dans les flammes. Mais on le voit ici dans le tableau, t\u00e9moin de son d\u00e9lire.\u00a0\u00bb<\/p><cite>Henri MICHAUX<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une autre lecture m\u2019a aid\u00e9. Je lis actuellement \u00ab&nbsp;Le Proc\u00e8s&nbsp;\u00bb de Kafka, justement conseill\u00e9 pour cet exercice par Fran\u00e7ois Bon. Je sens que ce texte part avant tout de la retenue et de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9. L\u2019intrigue se d\u00e9roule dans un monde tr\u00e8s \u00ab&nbsp;mentale&nbsp;\u00bb, un monde non localis\u00e9, non situ\u00e9, un monde o\u00f9 le non-dit laisse une grande place au mental du lecteur.  <br>C\u2019est pourquoi je crois que ma troisi\u00e8me proposition \u2013 la plus courte &#8211; est la plus proche de la consigne, une image mentale qui ne d\u00e9crit rien mais donne \u00e0 imaginer. Parler d&rsquo;un sentiment plut\u00f4t que d&rsquo;un objet. Cette position comporte un risque habituel \u00e0 l&rsquo;\u00e9criture ; celui de faire de la mauvaise po\u00e9sie pour \u00e9mouvoir le lecteur. Mais les consignes de l&rsquo;exercice m&rsquo;ont permis &#8211; je crois, j&rsquo;esp\u00e8re, \u00e0 vous de me dire &#8211; d&rsquo;\u00e9viter cet \u00e9cueil.  <\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">A votre tour, les r\u00e8gles du jeu. <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vos commentaires, annotations et retours sont les bienvenues. Je vous invite \u00e0 jouer avec mon texte, le modifier, le remixer, l\u2019allonger, le compl\u00e9ter, dans l\u2019espace commentaires ou dans <a href=\"https:\/\/bimestriel.framapad.org\/p\/9f1u-pa4u4of4qx-ateliernouvellep1?lang=en\">le pad collaboratif pr\u00e9vu \u00e0 cet effet.<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je vous invite \u00e0 jouer avec mes mots et les votre, avec mon point de vue et le votre, vous pouvez \u00e9galement compl\u00e9ter par vos images mentales. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left wp-block-paragraph\"><a href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by\/4.0\/\">Les textes publi\u00e9s ici sont sous licence CC-BY 4.0. <\/a><br>Cr\u00e9dits image : <a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/26646199@N05\/14922452216\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Day 188\u00a0\u00bb<\/a><em>&nbsp;by&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.flickr.com\/photos\/26646199@N05\" target=\"_blank\">Wouter de Bruijn<\/a>&nbsp;is licensed under&nbsp;<\/em><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/creativecommons.org\/licenses\/by-nc-sa\/2.0\/?ref=ccsearch&amp;atype=rich\" target=\"_blank\">CC BY-NC-SA 2.0<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Aur\u00e9lien Marty<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le contexte, l&rsquo;exercice A l&rsquo;hiver 2019, Fran\u00e7ois Bon a propos\u00e9 un cycle d&rsquo;atelier autour de la nouvelle. Un an plus tard, je d\u00e9cide de reprendre ce cycle \u00e0 mon rythme et \u00e0 ma mani\u00e8re. La proposition de Fran\u00e7ois Bon : Comme l&rsquo;explique Fran\u00e7ois Bon, pour \u00e9crire trois paragraphes d&rsquo;images mentales, nous devions lire\/\u00e9tudier\/gamberger\/nous inspirer d&rsquo;une s\u00e9rie de texte d&rsquo;Henri Michaux&nbsp;: <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/atelier-nouvelle-proposition1-images-mentales-michaux-kafka\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Atelier Une Nouvelle en 4000 mots &#8211; Proposition #1 | Images Mentales<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":98,"featured_media":24520,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1795,1796],"tags":[528,130,1809,1288,1810,1811,1808],"class_list":["post-24297","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-atelier-nouvelle","category-pan-1-images-mentales","tag-creation","tag-ecriture-creative","tag-franz-kafka","tag-henri-michaux","tag-images-mentales","tag-nouvelle","tag-rene-magritte"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24297","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/98"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24297"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24297\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24520"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24297"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24297"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24297"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}