{"id":25556,"date":"2020-02-22T22:33:33","date_gmt":"2020-02-22T21:33:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=25556"},"modified":"2022-10-01T20:18:41","modified_gmt":"2022-10-01T18:18:41","slug":"je-ne-tai-jamais-vue-dormir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/je-ne-tai-jamais-vue-dormir\/","title":{"rendered":"Je ne t\u2019ai jamais vue dormir"},"content":{"rendered":"\n<p>Il y aura donc une derni\u00e8re fois et on ne le saura qu&rsquo;apr\u00e8s. Il y aura une derni\u00e8re fois et plus rien ne viendra contraindre le roman de la m\u00e9moire ; le sable ne sera plus que souvenir, l&rsquo;oubli r\u00e9gnera au hasard. Je te verrai \u00e0 nouveau en moi. Je te regarderai si proche, j&rsquo;en viendrais \u00e0 penser qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien eu ou presque, les larmes rares seront pour l&rsquo;oblation. Je t&rsquo;aurais vu pour de bon. Je t&rsquo;aurai vu pour la derni\u00e8re fois. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Tes l\u00e8vres tout de suite, les yeux ferm\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9coup\u00e9e sur le mur, ton regard fluctue, tu ne sais que faire. <\/p>\n\n\n\n<p>Tu disparais quand tu baisses la t\u00eate sur moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Aveugles ensemble au froid enlac\u00e9s et regards port\u00e9s dans deux directions oppos\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n<p>Mes mains parcourant front, menton, cou, l\u00e8vres, retardant le baiser.<\/p>\n\n\n\n<p>Te regardant, je ne vois plus rien. <\/p>\n\n\n\n<p>Palpant tes joues, ta fi\u00e8vre.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien d&rsquo;autre que les mains, l\u00e0 tu es. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Et maintenant dans la nuit ni dans la chambre sans image, nuit en moi, allong\u00e9 sur le lit, les yeux ouverts, je ne vois pas le plafond que je pourrais toucher d&rsquo;une main ouverte \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 d&rsquo;un bras tendu, les yeux restent, je convoque les images de toi.<\/p>\n\n\n\n<p>La main devant toi, pos\u00e9 sur ta peau et le regard comme de biais, les cheveux ramass\u00e9s, gonfl\u00e9s de sel.<\/p>\n\n\n\n<p>Une seule ligne, celle du contour, tu n\u2019es que profil, les yeux vers le coin de l&rsquo;image.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu fais la folle, l\u00e8vres \u00e9carquill\u00e9es, yeux fixes, cheveux en cascade. Je suis aveugle \u00e0 la beaut\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des milliers de jours entre cet instant de toi et moi, et autant entre toi et elle, je ne saurais que lui dire, elle m&rsquo;ignorerait, je ne la verrais pas. <\/p>\n\n\n\n<p>Seulement un fragment d&rsquo;\u0153il, et le reste de ton visage est blanc, lisse absent au sourire fig\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du puits de l\u2019objectif. <\/p>\n\n\n\n<p>Ta main pos\u00e9e sur les yeux, appuy\u00e9e vers le front et hors de vue ton sourire qui n&rsquo;est pas beau mais de bonheur. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans le boug\u00e9. Les boucles entrem\u00eal\u00e9es des cheveux forment jungle couvrant le front, le haut du nez, les l\u00e8vres serr\u00e9es, seules pour la hauteur, le d\u00e9pit, le retrait, et le grain de la peau o\u00f9 l&rsquo;ocre sombre et le blanc cass\u00e9 inventent le violet.<\/p>\n\n\n\n<p>Tes cheveux sont lisses, aplatis, tes yeux immobiles vers l\u2019\u0153il ou son absence, ta peau d\u2019ivoire \u00e0 la lumi\u00e8re en chute, au milieu des sculptures tu en deviens une.<\/p>\n\n\n\n<p>Tes mains sur les tempes tirent ta peau en arri\u00e8re, tes yeux se font amandes, tu deviens masque, si les coudes l\u00e2chent, ta t\u00eate tombe sur la table. Ton visage s&rsquo;\u00e9crase.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu serais \u00e0 la neige, les yeux clos, la t\u00eate l\u00e9g\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e vers le ciel pour accueillir les flocons. Tes cheveux seraient libres. Tu n\u2019aurais plus de masque. Ce serait un pass\u00e9 lointain mais sauv\u00e9 de la jeunesse. <\/p>\n\n\n\n<p>Un cou qui commencerait tr\u00e8s bas et qui par\u00e9 d&rsquo;une m\u00e8che, vis d\u2019un escalier noir, rejoindrait les l\u00e8vres, l&rsquo;oreille et se perdrait dans la chevelure ramass\u00e9e, enlac\u00e9e avec elle-m\u00eame. Tes l\u00e8vres taisent. Chacun des yeux est cach\u00e9 presque et ton regard est oppos\u00e9 \u00e0 un objet vaste et lointain. Il y a beaucoup de temps, celui de la fiert\u00e9 et de la sauvagerie des deux lointains en toi m\u00eal\u00e9es que tu portes en \u00e9quilibre. <\/p>\n\n\n\n<p>Beaucoup de lumi\u00e8re est pass\u00e9e et a tout affaibli. Elle t&rsquo;a \u00e9loign\u00e9. Ce sont les plis sombres de la manche, si nombreux et serr\u00e9s qu&rsquo;on dirait des diverticules et au toucher du velours. Ta gorge est d\u00e9couverte, plate comme une longue langue gliss\u00e9e. A l&rsquo;int\u00e9rieur de toi, tu es immobile. Tu t\u2019es retir\u00e9e, reste la beaut\u00e9 et qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;effondrera d&rsquo;abord ?<\/p>\n\n\n\n<p>Axe oblique coupant le visage, \u00e0 peine de l\u00e8vres. Un seul \u0153il mais d\u00e9j\u00e0 la d\u00e9clivit\u00e9 ou niche l&rsquo;autre. C&rsquo;est une porte blanche qui te dissimule et ton regard ne va pas vers celui qui regarde amis vers l\u2019en-dessous. Que regardes-tu de celui qui te regarde ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ta peau lisse et sans ombre comme si tu n\u2019\u00e9tais que ce regard tomb\u00e9 et fascin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A la place de la pupille, le moyeu d\u2019une cassette et le ruban enroul\u00e9 comme iris, il n\u2019en faut pas plus pour que tu sois autre, le sourire d\u00e9fait, le tendu du cou raidi devenu banderille, la chambre paysage, l\u2019autre \u0153il perdu d\u2019\u00eatre seul \u2013 et quel amour es-tu ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Vous l&rsquo;avez vue ?<br> &#8211; Bien s\u00fbr. Des milliers de voix \u00e9parpill\u00e9es sur plusieurs ann\u00e9es. <br> &#8211; Ce jour-l\u00e0, vous l&rsquo;avez vue ? <br> &#8211; Oui, je me souviens de l&rsquo;ombre autour d&rsquo;elle.<br> &#8211; \u00c9tait-elle comme les autres jours ?<br> &#8211; Elle portait des chaussures nouvelles. Enfin, des chaussures que je ne lui avais jamais vues jamais, cela d\u00e9tonait et puis cela m&rsquo;a marqu\u00e9, moi aussi, qui suis si peu excentrique ou au moins dans mes apparences ext\u00e9rieures. J\u2019avais il y a longtemps achet\u00e9 des chaussures jaunes au bord de l&rsquo;oc\u00e9an. <br> &#8211; Votre vie ne nous int\u00e9resse pas. Le po\u00e8te, le vieil oc\u00e9an non plus.<br> &#8211; Des chaussures cela dit beaucoup, si j&rsquo;arrive \u00e0 travers les mots, je pourrais vous dire vous en dire beaucoup sur les pieds et sur un pas. <br> &#8211; L\u2019avez-vous regard\u00e9e ? Ses joues, son menton, ses rides, ses dents ?<br> &#8211; Il y avait comme un trouble sur sa peau, pas la rougeur du froid, ni celle des r\u00e8gles, ni le bouillonnement de la col\u00e8re tenue en bride, ni la vague de sang du plaisir au bord de p\u00e9cipiter. <br> &#8211; \u00c0 quel moment vous \u00eates-vous approch\u00e9 d&rsquo;elle ?<br> &#8211; J&rsquo;\u00e9tais attir\u00e9 par elle. Comme toujours, je n&rsquo;ai pas boug\u00e9, en approchant, je l&rsquo;aurais perdue de vue, noy\u00e9 dans des d\u00e9tails, stupidement fascin\u00e9 par la cicatrice d&rsquo;un bouton, d&rsquo;une ride \u00e0 la racine du nez. <br> &#8211; Vous aviez peur d\u2019elle ?<br> &#8211; Je vis dans la peur.<br> &#8211; Votre plus grande peur, je suppose.<br> &#8211; J&rsquo;imagine de la perdre en me perdant en elle. <br> &#8211; Avait-elle peur de vous ? <br> &#8211; S&rsquo;il y avait de la peur en elle, elle \u00e9tait vaste et sans objet, rayonnant du parking o\u00f9 nous tenions aux alentours d\u2019une heure vers le pass\u00e9 et l\u2019avenir.<br> &#8211; Vous a-t-elle parl\u00e9 ?<br> &#8211; Oui et je lui ai r\u00e9pondu.<br> &#8211; Des mots d&rsquo;amour ? Des disputes d\u2019amoureux ?<br> &#8211; Des mots pauvres, par grappes dans le silence. Le devoir, les d\u00e9placements. L&rsquo;infime. Rien que des contraintes. Parler pour parler.<br> &#8211; Pourquoi parler alors ?<br> &#8211; Pour la contenance. Vous \u00eates en face l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Il va se passer du temps avant que les obligations vous permettent de marcher \u00e0 nouveau et de vous \u00e9loigner, vous ne pouvez pas approcher votre main d\u2019elle. Vous dites le fond de l&rsquo;air est frais. C&rsquo;est votre p\u00e8re qui parle \u00e0 travers-vous en ce moment et vous avez chaud.<br> &#8211; Vous si brillants l&rsquo;un et l&rsquo;autre. <br> &#8211; \u00c0 quoi bon tous les livres si ce ne sont que des mots. C\u2019\u00e9tait pour le ton de sa voix. La surprendre d\u00e9nud\u00e9e, elle qui portait un manteau noir droit. <br> &#8211; L&rsquo;avez-vous vue nue ?<br> &#8211; Oui. Dans ma chambre seulement. Et j\u2019en ch\u00e9ris le nombre de fois. <br> &#8211; Et \u00e0 cet instant ? <br> &#8211; Elle \u00e9tait nue pour moi alors.<br> &#8211; L\u2019avez-vous regard\u00e9 dans les yeux ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qui n\u2019est pas visage en toi ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce qu&rsquo;il peut y avoir un visage sans regard?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que le visage pourrait \u00eatre hors du temps?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce les spectres ont un visage? <\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce qu&rsquo;on peut avoir un seul visage?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce qu&rsquo;un masque peut ne pas porter un visage?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce un visage que l&rsquo;on rencontre dans le miroir?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que les morts ont encore un visage?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce qu&rsquo;on peut aimer sans visage?<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce que deux visages peuvent se toucher?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>amande<br>\noutre <br>\npoire <br>\novale <br>\nmasque <br>\nplat <br>\nsac <br>\ncadre <br>\ngouffre <br>\nfalaise <br>\nchute <br>\ncoussin <br>\nentaille <br>\nmiroir <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez ses morts en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez l\u2019\u00e9crasement de l\u2019enfant en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez les vers en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez le bourreau sourire en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez votre vide en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez les animaux poss\u00e9d\u00e9s en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez le silence demain en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez l\u2019absence de votre regard en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez le mur pour lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez son autre sexe en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez la suie de tous en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez une heure en lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Regardez un visage et voyez vos morts en lui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>vous ne me demandez rien attendez simplement qu&rsquo;un autre vienne s&rsquo;asseoir vous attendrez je cherche une question je suis dans l&rsquo;attente de la question vous \u00e9vitant toute question je voudrais d\u00e9vider toutes les questions jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y en ait plus m\u00eame puisqu\u2019il faut que je parle je ne fais que cela chaque jeudi \u00e0 dix-sept heures quinze ce serait peut-\u00eatre mieux de monter un escalier et pour le m\u00eame prix de se taire maintenant assis derri\u00e8re moi je ne peux regarder que les murs le plafond le dos des livres vous n\u2019avez pas de visage n\u2019\u00eates qu\u2019un homme une fatigue presque froiss\u00e9e qui ouvre la porte d\u2019une main salue d&rsquo;une main cette chose ballon je peux regarder le plafond comme dans les jours de d\u00e9sespoir chercher les failles qui annonceraient des souvenirs de petits tremblements de terre d\u2019autres failles des failles oui ce qu&rsquo;il y a de failles je voudrais simplement je voulais \u00eatre simplement elle d&rsquo;abord son visage ce qui est l\u00e0-bas la balle vous parlant c\u2019est l\u00e0 que je la vois mieux elle est devant moi maintenant quelque part entre mes yeux et les \u00e9tag\u00e8res aux livres align\u00e9s ou bien en arri\u00e8re de je peux presque la sentir le souvenir de sa peau de la distance avec elle si loin quand nos bras effleur\u00e9s mais \u00e0 peine devant moi dans la rue ou au-dessus du lit elle est devant ce n&rsquo;est pas son visage mais un souvenir ce n&rsquo;est pas un souvenir une hallucination quelque chose parle quelque chose comme le r\u00e9el je la vois ici m\u00eame en parlant m\u00eame dans le silence l\u2019exigence de d\u00e9crire son visage appel imp\u00e9rieux de la m\u00e9moire ou exigence muette de votre part de votre absence d\u2019apparence ou de quelque chose encore plus loin derri\u00e8re rien n\u2019importe des basculements la faille d&rsquo;\u00eatre o\u00f9 je tombe enfin je la voyais souvent ce doit \u00eatre un bon d\u00e9but pour un r\u00e9cit si les choses pouvaient \u00eatre mises dans un r\u00e9cit ce ne sont que des images jet\u00e9es comme cartes table elle ne m\u2019a jamais pos\u00e9e de questions je vous rends cela oui je la vois maintenant le souvenir et le r\u00e9el tout le r\u00e9el approch\u00e9 fait fr\u00e9mir <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;y avait plus rien \u00e0 faire. L&rsquo;encens s&rsquo;\u00e9tait consum\u00e9, je regardais les murs. En t&rsquo;attendant, les murs de chaque jour, les craquelures de la peinture, la trace du plateau de la table, les taches, les griffures, les frottis, murs nus, sales de vingt ans, nus de montrer l&rsquo;histoire inscrite. Tu es arriv\u00e9e et je te regardais avec peine, tu \u00e9tais en plus dans l&rsquo;espace si souvent solitaire et embarrass\u00e9e. Nous jetions des mots au hasard. Tout de suite, nous nous sommes embrass\u00e9s. Je me suis perdu dans tes cheveux. Toucher, l\u00e9cher, devenue paysage sans horizon, je ne te voyais plus et apr\u00e8s sur le lit, ne sachant plus que faire apr\u00e8s les caresses, face-\u00e0-face, touchant presque le plafond, je te regardais, je te traversais du regard, je te regardais jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus voir, jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus te voir. Tu m\u2019as demand\u00e9 pourquoi ce regard fixe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019un visage ne soit jamais le m\u00eame deux fois le m\u00eame, la lumi\u00e8re non plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019un visage soit au silence.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019un visage ne soit de toi dans le r\u00eave que par ton nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019un visage soit d\u2019abord oubli\u00e9, perdu, effac\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019un visage soit une de tes possibilit\u00e9s d\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait cette image dans laquelle tu te laissais fasciner \u00e0 la lisi\u00e8re de l&rsquo;enfance, peinte et reproduite des milliers de fois, mais pour toi unique. Un portique, une femme appuy\u00e9e sur une colonne. Except\u00e9es quelques lignes droites, tout \u00e9tait vaporeux diffus. Les couleurs, dans un spectre, se perdaient l&rsquo;une dans l&rsquo;autre. Rien du visage, mais sans la douleur de l&rsquo;absence, il \u00e9tait l\u00e0, je le savais aimer sans vouloir le conna\u00eetre. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y aura donc une derni\u00e8re fois et on ne le saura qu&rsquo;apr\u00e8s. Il y aura une derni\u00e8re fois et plus rien ne viendra contraindre le roman de la m\u00e9moire ; le sable ne sera plus que souvenir, l&rsquo;oubli r\u00e9gnera au hasard. Je te verrai \u00e0 nouveau en moi. Je te regarderai si proche, j&rsquo;en viendrais \u00e0 penser qu&rsquo;il n&rsquo;y <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/je-ne-tai-jamais-vue-dormir\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Je ne t\u2019ai jamais vue dormir<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":61,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1591],"tags":[],"class_list":["post-25556","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-personnages-1-visages"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25556","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/61"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=25556"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/25556\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=25556"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=25556"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=25556"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}