{"id":25639,"date":"2020-02-24T08:55:04","date_gmt":"2020-02-24T07:55:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=25639"},"modified":"2020-02-25T07:57:30","modified_gmt":"2020-02-25T06:57:30","slug":"foule-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/foule-2\/","title":{"rendered":"Munich"},"content":{"rendered":"\n<p>Et la foule alors, l\u2019id\u00e9e de foule dans ce qu\u2019elle charrie. Foule qui emplit les gares ou les a\u00e9roports, foule du flot humain qui s\u2019engouffre le matin dans les tunnels de lumi\u00e8re jaune qui relient la Gare Centrale \u00e0 la ville. Un flot large qu\u2019il lui arrivait de remonter \u00e0 contre-courant. Comme dans ce r\u00eave qu\u2019elle r\u00e9it\u00e8re deux fois avec insistance, au cours de la m\u00eame nuit. Elle remonte le flot d\u2019un fleuve \u00e9troit ou d\u2019une piscine, ellle nage \u00e0 contre-courant. Elle  y va courageusement, elle m\u00e9nage son \u00e9nergie. Elle ne passe pas en force, elle remonte simplement le courant comme le&nbsp; saumon un jour remonte le  fleuve pour retrouver les eaux douces qui l&rsquo;ont vu na\u00eetre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou alors ce serait la foule \u00e9parse dans la gare de Munich, Hauptbahnhof, o\u00f9 elle passait ses dimanches apr\u00e8s-midi d\u00e9soeuvr\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt. Une foule fluide, \u00e9parpill\u00e9e en grappes, des groupes, des individus, le visage lev\u00e9 vers le grand panneau des arriv\u00e9es et des d\u00e9parts, attentifs au cliquetis m\u00e9tallique des plaquettes noires qui d\u00e9filent \u00e0 toute allure avec les chiffres et les lettres quand tout cela n\u2019\u00e9tait pas num\u00e9rique. Ou le regard port\u00e9 au loin de ceux qui rejoignent&nbsp; en toute h\u00e2te les quais. Ce mouvement subi, toujours inattendu, ce d\u00e9placement dans toutes les gares lorsqu\u2019on annonce que le train \u00e0 destination d\u2019une grande ville est \u00e0 quai. Le flux, le flot des passagers \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e, et comment alors elle suit le courant et se laisse porter, emporter par la foule et le roulement all\u00e8gre des valises sur le rev\u00eatement de b\u00e9ton. L\u2019odeur de la foule de la gare de Munich les dimanche apr\u00e8s-midi d\u2019automne dans les ann\u00e9es quatre-vingt. Odeurs de la foule ou de la gare. Effluves du m\u00e9tro, cette odeur si particuli\u00e8re de poussi\u00e8re s\u00e8che qui&nbsp;vous saisit de l&rsquo;int\u00e9rieur de la terre par laquelle vous savez que vous \u00eates dans telle ou telle ville.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ou encore l\u2019immense foule d\u2019Oktober Fest qui se tenait en septembre. Le champ de foire se situait au-del\u00e0 de la gare, une vaste plaine \u00e0 ciel ouvert, vide et morne le reste de l\u2019ann\u00e9e. Et cette foule d\u2019hommes avec leurs \u00e9tranges culottes de cuir brun retenues par des bretelles garnies de petits edelweiss brod\u00e9s, un chapeau en feutre vert sur la t\u00eate, et les femmes habill\u00e9es de la robe traditionnelle bavaroise, rose ou bleue, \u00e0 lignes ou \u00e0 petits carreaux vichy, avec dessous une blouse blanche bord\u00e9e de dentelle qui soul\u00e8vait g\u00e9n\u00e9reusement les seins. Le bruit monstrueux de ces foules attabl\u00e9es et assoiff\u00e9es qui brandissaient, on se demande par quelle force du bras, d\u2019immenses et lourdes pintes de bi\u00e8re. Un litre de bi\u00e8re tenu \u00e0 bout de bras et les voix qui hurlent. Clameur sourde de la foule, la m\u00eame qui vous saisit lorsque vous traversez  l&rsquo;Englischer Garten qui suit le cours de la ville et de la rivi\u00e8re Isar sur pr\u00e8s de quinze kilom\u00e8tres et qu\u2019au d\u00e9tour d\u2019un chemin de terre, derri\u00e8re un bouquet d\u2019arbres, vous approchez d&rsquo;un Biergarten.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand elle quittait Marienplatz avec ses faux airs de gothique reconstruit, quand elle avait travers\u00e9 l&rsquo;Odeonsplatz et que tournant le dos au joli jardin g\u00e9om\u00e9trique du Hofgarten, elle observait la Ludwigstrasse et les arcades de la Feldhernhalle au fond de la place, elle ne pouvait se d\u00e9partir de l&rsquo;id\u00e9e que ces lieux aujourd\u2019hui vastes et \u00e9l\u00e9gants, avaient abrit\u00e9 les plus prestigieux d\u00e9fil\u00e9s des arm\u00e9es nazies. L\u2019architecture de la place et de l\u2019avenue, la disposition de ces lieux vides aujourd\u2019hui avaient \u00e9t\u00e9 con\u00e7us pour permettre le d\u00e9fil\u00e9 de cette foule organis\u00e9e et de ces marches in\u00e9luctables et mena\u00e7antes.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"482\" height=\"289\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-25746\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3.png 482w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-3-420x252.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"482\" height=\"341\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-25747\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-4.png 482w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/02\/image-4-420x297.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 482px) 100vw, 482px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et la foule alors, l\u2019id\u00e9e de foule dans ce qu\u2019elle charrie. 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