{"id":26295,"date":"2020-03-14T12:30:51","date_gmt":"2020-03-14T11:30:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=26295"},"modified":"2020-03-14T12:30:53","modified_gmt":"2020-03-14T11:30:53","slug":"la-meme-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-meme-ville\/","title":{"rendered":"La m\u00eame ville"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"288\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/unnamed-4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-26299\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/unnamed-4.jpg 512w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/unnamed-4-420x236.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><figcaption>\u00a9 Cl\u00e9ment Aubry \/ Utopographie<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Si nous habitions dans la m\u00eame ville, dans le m\u00eame pays, nous irions boire un caf\u00e9 vers cinq heures, pas trop bruyant et je vous offrirais <em>Les Petites Terres <\/em>de Mich\u00e8le Desbordes, car celles-l\u00e0 nous les habitons en commun. Je dis vers cinq heures pour dire 17h, mais soudain nous voil\u00e0 au Buffet de la Gare de Rouen avant l\u2019aube, \u00e0 l\u2019heure de ne plus savoir dire l\u2019heure, si on est brusquement r\u00e9veill\u00e9 au mois de novembre ou si on se trouve soudain d\u00e9sommeill\u00e9 comme on met parfois un terme aussi soudain que d\u00e9finitif \u00e0 une vie commune de deux d\u00e9cennies, \u00e0 une th\u00e8se, \u00e0 ses conclusions, \u00e0 une longue addiction. Le sommeil nous quitte parfois, mais d\u2019autrefois c\u2019est nous qui l\u2019abandonnons dans les draps chauds o\u00f9 il a perdu tout int\u00e9r\u00eat. En d\u00e9tachant chaque syllabe de la pr\u00e9c\u00e9dente du mot ASSEZ nous voil\u00e0 debout dans la nuit. Dans trois heures le r\u00e9veil obsol\u00e8te sonnera dans la chambre vide d\u2019un h\u00f4tel, d\u2019un appartement, acc\u00e9dant enfin \u00e0 la vie d\u2019un oiseau, n\u2019ayant que lui-m\u00eame pour objet r\u00e9sonnant comme une cloche de bois dans l\u2019espace de la chambre vid\u00e9e. Mais par quelle \u00e9trange combinaison pourrions-nous nous retrouver \u00e0 cinq heures du matin au Buffet de la Gare de Rouen ? Je n\u2019en vois aucune \u2014 sans partir toutes voiles dehors vers de petites intrigues d\u2019espionnages obscures dont je raffole, affaires secr\u00e8tes d\u2019\u00e9crits subversifs et de pens\u00e9es musel\u00e9es tra\u00e7ant une ligne ind\u00e9tectable dans un quotidien si proche du n\u00f4tre qu\u2019il le touche, h\u00e9las, de plus en plus souvent et que leur collision finale ne semble plus qu\u2019une histoire de jours, \u00e0 la lumi\u00e8re des premi\u00e8res heures du matin. &nbsp;Si le pr\u00e9sent vient se substituer aux fictions inqui\u00e9tantes qui m\u2019accompagnent depuis si longtemps, saurai-je faire en vrai ces gestes&nbsp; qui sauvent, ces gestes que page apr\u00e8s page j\u2019ai d\u00e9taill\u00e9 avec soins jusqu\u2019\u00e0 avoir sem\u00e9 mon dernier lecteur ? Survie, fuite, lutte, soin\u2026 qu\u2019en restera-t-il ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mich\u00e8le Desbordes parle de l\u2019aube de l\u2019instant o\u00f9 vient le livre dans le demi-sommeil mais moi \u00e0 l\u2019aube je lisais Mich\u00e8le Desbordes et ce qui m\u2019est venu c\u2019est cette phrase : si nous habitions dans la m\u00eame ville, nous irions boire un caf\u00e9 vers cinq heures et je vous offrirais\u00a0<em>Les Petites Terres <\/em>de Mich\u00e8le Desbordes. O\u00f9 je vous les passerais pour ne pas vous mettre mal \u00e0 l\u2019aise avec un cadeau. J\u2019ai lu \u00e7a. J\u2019ai pens\u00e9 que vous vous y retrouveriez puisque je m&rsquo;y retrouve et que nous parcourons cette m\u00eame route que nous avons choisie m\u00eame s\u2019il n\u2019y a probablement qu\u2019une seule route pour tout le monde et mille milliards de fa\u00e7ons de marcher.\u00a0<br><em>Cette histoire o\u00f9 il ne serait plus question de r\u00e9el, ni de ce qu&rsquo;on appelle fiction, mais d&rsquo;autre chose d&rsquo;en de\u00e7\u00e0, de bien avant la distinction, de bien avant la partition, le lecteur saurait bien s&rsquo;y retrouver (&#8230;)\u00a0<\/em><br>Lire cela, dans les\u00a0<em> Petites Terres, <\/em>r\u00e9concilie tout.<br>Freud a soutenu que l\u2019orgasme clitoridien \u00e9tait infantile et qu\u2019apr\u00e8s la pubert\u00e9, dans des rapports forc\u00e9ment h\u00e9t\u00e9rosexuels le centre de l\u2019orgasme se transf\u00e9rait au vagin. Le vagin, pr\u00e9tendait-on, \u00e9tait le lieu d\u2019un orgasme parall\u00e8le, plus complet que le clitoridien. Freud n\u2019avait aucune id\u00e9e de comment tout cela \u00e9tait fait. Le m\u00e9decin et le clitoris : une poule qui a trouv\u00e9 un couteau. Et puis un jour, on voit enfin de quoi \u00e7a \u00e0 l\u2019air : un petit bout inventif et joyeux, voil\u00e0 le clitoris pris tr\u00e8s avant dans la chair, enracin\u00e9, vaste\u2026 Cette image-l\u00e0 exactement me vient : tr\u00e8s longtemps travaill\u00e9e par la mauvaise conscience de la fiction, de fictionner, des mondes qu\u2019elle ouvre et qui jusqu\u2019\u00e0 ce moment s\u2019opposaient \u00e0 cette \u00e9criture qui dit je sans \u00eatre moi. Tout \u00e0 coup, cela s\u2019arr\u00eate. La loi se met d\u2019accord avec les m\u0153urs. La science avec le pressenti. Proust n\u2019est pas le narrateur. Aucune fronti\u00e8re n\u2019est \u00e9crite sur la terre.\u00a0<br><br>Un homme se fait guider jusqu\u2019\u00e0 une grotte peinte, fameuse dans cette partie de l\u2019\u00c9gypte. Les bergers s\u2019y abritent, y font du feu. Combien de temps lui a-t-il fallu pour comprendre qu\u2019il \u00e9tait sous le plafond ensabl\u00e9 du temple d\u2019Amon ? Et qu\u2019il y avait une profondeur de 10m sous ses pieds\u2026 ? Quel vertige !\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous vivions dans la m\u00eame ville, j\u2019insisterais pour que vous lisiez ce livre, pour qu\u2019il vous donne envie d\u2019\u00e9crire les voyages en train, de chroniquer ces exp\u00e9riences tardives qui viennent en cort\u00e8ge de la mort, pas seulement le deuil mais son \u00e9picerie : des pompes fun\u00e8bres aux h\u00e9ritages en passant pas les testaments et le vidage des maisons, qui nous met phon\u00e9tiquement aux croisements des routes vide, vengeance et vendange mais qui ouvre \u00e9galement sur l\u2019\u00e9videment, la vidange et la vie des anges aux ailes \u00e9ploy\u00e9es. Nous \u00e9changerions des ruses de combattants, des d\u00e9convenues de touristes, de nouveaux venus, des bizutages, des croyances\u2026\u00a0<br><br>Il y a longtemps dans la canicule d\u2019une grosse maison de ma\u00eetre proven\u00e7ale o\u00f9 l\u2019on m\u2019avait vendu peu de travail de tri pour beaucoup de d\u00eeners entre amis dans l\u2019oliveraie \u2014 finalement des jours de poussi\u00e8res dans un bric-\u00e0-brac qui semblait se renouveler \u00e0 mesure qu\u2019on s\u2019en d\u00e9barrassait, la chaleur aride soulignant les mythologies antiques toutes proches ointes de la m\u00eame huile et de la m\u00eame absurdit\u00e9, dormant parmi les araign\u00e9es avec un comp\u00e8re plus craintif et d\u00e9go\u00fbt\u00e9 que moi encore par ces bestioles hirsutes que nous d\u00e9rangions bien davantage qu\u2019elles n\u2019auraient pu le faire, couverte de piq\u00fbres de moustique mon irr\u00e9m\u00e9diable p\u00e2leur me donnait \u00e0 mon dos, mes bras et mes jambes\u00a0des airs de glace \u00e0 l\u2019italienne vanille-fraise, r\u00e9duite \u00e0 faire la popote sous l\u2019\u00e9gide de la fille de la maison, p\u00e2le \u00c9lectre parfaitement ac\u00e9dique et qui au milieu de ce chaos trouvait un ultime refuge dans la critique acerbe de ma d\u00e9coupe des courgettes ou de leur assaisonnement, pauvre petite fille riche, incapable de s\u2019en tenir \u00e0 la m\u00e9thode propos\u00e9 \u00e9nergiquement par son fr\u00e8re, d\u00e9sormais \u00e9lev\u00e9 au rang de chef de famille : quand tu ne sais pas, tu jettes. Jeter quoi, au juste ? Soit l\u2019objet, soit le doute, ou bien encore les deux ensemble\u2026 la soeur en panique allait-elle jusque l\u00e0 ?\u2026\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Et nous, qu\u2019allons-nous faire alors qu\u2019il y a dans la cave des cartons qui se trimballent sans \u00eatre ouverts depuis le temps des secrets \u2014 carnets, correspondances, tentatives de romans, nouvelles anciennes d\u00e8s leur premi\u00e8re ligne\u2026 \u2014, depuis le temps des \u00e9tudes \u2014 vaisselle d\u00e9pareill\u00e9e \u00e0 ce point moche qu\u2019aucun sentimentalisme ne s\u2019est r\u00e9solu \u00e0 se greffer dessus, mais gard\u00e9e malgr\u00e9 tout, \u201c conserv\u00e9e \u201d\u2026 Depuis qu\u2019Anne Pingeot a expliqu\u00e9 pourquoi elle s\u2019\u00e9tait rendue \u00e0 publier sa correspondance amoureuse avec Mitterrand, cette pens\u00e9e me traverse : et si, sur le g\u00e2teau d\u2019enterrement, il nous fallait en gla\u00e7age h\u00e9riter des lettres d\u2019amour de nos parents, en faire quelque chose\u2026\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous habitions la m\u00eame ville, le m\u00eame pays, nous y serions pareillement usagers, entrav\u00e9s et malheureux. Nous r\u00eaverions d\u2019en partir mais la main de fer urbaine n\u2019autorise que des escapades, la laisse qu\u2019on l\u00e2che sur le cou afin que personne ne s\u2019avise de se pendre avec ni de poser cr\u00fbment la question de la nature &nbsp;\u2014 comme Bailly pose celle de la France, de ce qui fait France dans <em>Le D\u00e9paysement<\/em>, lentement avec m\u00e9thode. Et po\u00e9sie \u2014 de ce qui fait nature, de l\u2019air qui nous mithridatise contraints forc\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019overdose, le crash test grandeur nature d\u2019AZF et Rouen qui vient d\u2019\u00e9coper de son nuage de Tchernobyl au point qu\u2019on est en droit de se demander ce qui tue le plus s\u00fbrement des \u00e9manations toxiques ou du mensonge pareil les concernant, avant, pendant et apr\u00e8s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous habitions la m\u00eame ville, ce ne pourrait \u00eatre qu\u2019une petite ville, de celles qui font dire \u201c c\u2019est o\u00f9 ? \u201djuste apr\u00e8s leur nom, nom qui garde son secret, comme ces villages magiques qui n\u2019apparaissent qu\u2019une seule fois par si\u00e8cle ou qui se d\u00e9robent au regard de l\u2019ennemi, bien loin du Secret de Paris, dont on a vendu le vide et le plein tant et tant de fois qu\u2019il n\u2019a plus que la mat\u00e9rialit\u00e9 de la croyance \u2014 et je me souviens de quelques lieux que j\u2019aimais et qui ressemblent \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 leur caricature, comme Chirac avait fini par se confondre avec sa marionnette, b\u00e9n\u00e9ficiant au passage de sa sympathique maladresse au point qu\u2019\u00e0 heure de la Justice, il ne soit plus rest\u00e9 de lui qu\u2019un enfant oublieux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Nous nous retrouverions dans un caf\u00e9, non pas une fois au hasard des trains, mais \u00e0 date et heure fixe, chaque semaine, donnant mati\u00e8re aux plus folles jaseries dans le r\u00e9pertoire pourtant tr\u00e8s limit\u00e9 des imaginations de comptoir, tr\u00e8s limit\u00e9 en comparaison du n\u00f4tre qui ne travaille plus qu\u2019\u00e0 cette fouille, \u00e0 cette arch\u00e9ologie utopique \u00e0 m\u00eame de faire surgir ici ou l\u00e0 ce dont nous avons besoin. Tout ? Non. Pourquoi ai-je plus de foi dans la capacit\u00e9 de la fiction \u00e0 compenser l\u2019absence de justice et de libert\u00e9 que l\u2019absence de nature ? [\u2026]&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous habitions la m\u00eame ville, \u00a0nous n\u2019aurions pas rendez-vous dans cet endroit qui est une boutique et un caf\u00e9 et une ancienne forge o\u00f9 je m\u2019arr\u00eate \u00e0 chacun de mes voyages vers les Alpes, glanant un moment de paix, d\u2019\u00e9criture serr\u00e9e et des herbes des montagnes environnantes \u2014 des montagnes o\u00f9 j\u2019ai march\u00e9, dormi, \u00e9merg\u00e9 de mers de nuages, ces herbes qui valaient des nuits d\u2019insomnies ext\u00e9nuantes d\u2019\u00e9ternuements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 la belle \u00e9toile de celui qui avait le rhume des foins, cette bizarrerie \u00e0 l\u2019\u00e9poque, comment peut-on \u00eatre enrhum\u00e9 des foins, nous qui en \u00e9tions tout ficel\u00e9s des pieds aux cheveux, n\u00e9s dans l\u2019herbe, de l\u2019herbe, roul\u00e9s dans l\u2019herbe, les nuits \u00e0 la Belle \u00c9toile, Maxime mouchait \u00e0 une cadence d\u2019enfer et sa petite amie soupirait ferme tandis que d\u2019autres s\u2019embrassaient ou fumaient \u00e0 la lune. Les herbes sont bien s\u00e8ches et bien mises dans leur petit paquet en kraft. J\u2019en prends quelques-unes que j\u2019enferme dans un m\u00e9daillon de verre, au cas o\u00f9.\u00a0<br>Si nous habitions la m\u00eame ville, nous irions prendre un caf\u00e9 et vous trouvant un jour trop affaibli, j\u2019aurais plong\u00e9 la r\u00e9colte du m\u00e9daillon dans l\u2019eau bouillante, au lieu du sachet de th\u00e9 fourni sans y penser par le cafetier avec son sucre et son biscuit, comme une panoplie de d\u00eenette, condamnant chaque rendez-vous \u00e0 un petit ridicule mignon. Foin de la d\u00eenette ! Faisant une exp\u00e9rience \u00a0avec une gravit\u00e9 curieuse, nous aurions bu cette infusion de pass\u00e9 et de pr\u00e9sent. De retour chez vous, de vieilles images neuves vous assaillent\u2026\u00a0\u00a0<br>Nous aurions rendez-vous dans un caf\u00e9 sans int\u00e9r\u00eat, \u00e0 part celui d\u2019\u00eatre dans son jus ou alors dans un recoin de cet esp\u00e8ce de couloir qu\u2019\u00e9tait le <em>Big Ben<\/em> \u00e0 Rouen o\u00f9 j\u2019ai bu mon premier th\u00e9, ou presque \u2014 pourquoi si souvent \u00e0 Rouen ? \u2014 et qui est ferm\u00e9 depuis belle lurette.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous habitions la m\u00eame ville je vous lirais des extraits des <em>\u00a0Petites Terres<\/em>\u00a0et cet \u00e9tonnement de retrouver l\u00e0 ces longues phrases qui donnent l\u2019illusion d\u2019une phrase unique o\u00f9 les pass\u00e9s et les pr\u00e9sents de l\u2019indicatifs comme du conditionnel se montrent sous leur vrai jour : entrelac\u00e9s dans une danse qui ne finit qu\u2019avec nous et se prolonge pourtant dans les incessantes conversations int\u00e9rieures et dans les bruissements de ceux et de celles que nous avons approch\u00e9es, lieux et personnes, animaux, arbres, rivi\u00e8res, oc\u00e9ans\u2026 Ainsi ce texte que j\u2019ai \u00e9crit \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 et qui unit comme fibre de chanvre dans un cordage, nos morts et nos vies :\u00a0<br><em>vue imprenable sur tout Paris en plan dans la chambre d\u2019un mourant homme encore jeune qui sait qu\u2019il sait en sapiens sapiens qu\u2019il ne passera pas l\u2019\u00e9t\u00e9 cet \u00e9t\u00e9 ce qui passe c\u2019est le temps \u00e0 la vitesse supersonique des avions de chasse qui passent et repassent \u00e0 l\u2019entra\u00eenement des festivit\u00e9s du 14 Juillet \u00a0Patrouille de France mais trouille personnelle qui prend le ventre \u00e0 deux mains de ceux et celles qui resteront comme les reliefs d\u2019ortolans de la fable des Rats des Villes et des Champs une fois qu\u2019il aura tir\u00e9 sa r\u00e9v\u00e9rence le personnage principal de la vue bleu blanc rouge la trouille de toutes les couleurs d\u00e8s qu\u2019il ou elle s\u2019\u00e9loigne de l\u2019oeil du cyclone de la mort au travail en direct de l\u2019ami de l\u2019aim\u00e9 du bien-aim\u00e9 en direct de son corps jaune et sec comme un citron gard\u00e9 pr\u00e9cieusement en souvenir d\u2019un Bel \u00c9t\u00e9 d\u2019Italie jaune sec doux et odorant cependant du parfum ancien de l\u2019odeur de saintet\u00e9 qui l\u2019emporte sur la chimie la chimio les produits m\u00e9nagers ou la d\u00e9liquescence redout\u00e9e avec horreur mais toujours avec tact avec talc pour \u00e9viter aux verticaux qui demeureront avant qu\u2019il soit long seuls comme des rats des villes ou des champs comme si la connaissance de l\u2019homme qui meurt avec une vue pouvait se mesurer en kilom\u00e8tres pour les provinciaux de longues dates et les parisiens plus r\u00e9cents sang neuf qui l\u2019irriguera bien apr\u00e8s sa mort sang puissant de la ville qui \u00e9loigne les mauvais souvenirs qui l\u2019assaillent et lui mordent le cul comme un troll \u00e0 Gynt quand la morphine d\u00e9\u00e7oit devant la douleur la ville elle tient sa promesse de r\u00e9pulsif \u00a0\u00e0 vieilleries m\u00e9diocres maladie honteuse de la honte secret de Pulcinella trop longtemps non-dits non-tus et jamais tu\u00e9s dans le tiroir \u00e0 secrets o\u00f9 un coquillage ramass\u00e9 dans un avril \u00e0 Pomp\u00e9i renfermait tous les chemins non \u00e7a s\u2019exag\u00e8re en \u00e9l\u00e9gie : \u00e0 peine quelques chemins d\u00e9j\u00e0 tant le terrain avait \u00e9t\u00e9 min\u00e9 \u00e0 la base ce qui n\u2019emp\u00eachait pas les roses de pousser le latin de latiner la musique de chanter mais pesait bien lourd dans le sac il l&rsquo;a pos\u00e9 voil\u00e0 quelques jours quand la bagarre a cess\u00e9 elle assise dans l&#8217;embrasure voudrait des hirondelles qui passent et repassent sous l\u2019\u00e9gide b\u00e9nigne de Saint Antoine l\u2019\u00e9gyptien au lieu de comm\u00e9morations enfl\u00e9es militaires et politiciennes elle une des rates des champs toujours trop t\u00f4t ou trop tard se d\u00e9filant de leur d\u00e9fil\u00e9s en prenant les fen\u00eatres en enfilades \u00a0la grande vitre du caf\u00e9 SINPAS SEL contre laquelle court un long radiateur en fonte effa\u00e7ant le tableau de la Capitale pour \u00e9crire en minuscules bien soign\u00e9es une lettre d\u2019amour si bien d\u00e9guis\u00e9e qu\u2019il n\u2019y avait vu que du feu \u00a0ou plut\u00f4t le contraire une carte postale \u00a0panoramique de tout l\u2019hiver qui tombait dans la rue d\u00e9serte et dont elle comptait l\u2019infinit\u00e9 assise sur le coffrage en bois aubergine qui domestiquait la b\u00eate en fonte en chaleur de chat glougloutant l\u2019autre le ronronnant lui partageant cette place de choix sous le voilage du grand rideau blanc ajour\u00e9 de milliers de petits carr\u00e9s o\u00f9 chaque flocon trouvait son cadre sa fen\u00eatre pour souffler le peu qu\u2019il avait \u00e0 dire : la vie est br\u00e8ve vous me faites fondre nous sommes l\u00e9gions blanc sur blanc les vacances de No\u00ebl ne passeront pas l\u2019hiver et la g\u00eane conjugu\u00e9e de l\u2019exp\u00e9ditrice et du r\u00e9ceptionner du br\u00fblot p\u00e2lichon de maladresses ne fera pas une love story ni un teen spirit mais une fois bue une solide amiti\u00e9 en bois de chauffe sans diminuer jusqu\u2019au jour o\u00f9 \u00e7a sentira le sapin sans for\u00eat le sapin singulier qu\u2019elle choisira \u00e9paul\u00e9e \u00e9paulant d\u2019autres petit rats d\u2019op\u00e9ra m\u00e9dus\u00e9s assomm\u00e9s par la canicule hagards promeneurs et promeneuses d\u2019un triste chien et aussi perdus que lui en d\u00e9pit du collier qui dit qu\u2019ils ne vivent pas l\u00e0 qu\u2019ils ont loin de chez eux dans cette vue imprenable minable dernier verre du condamn\u00e9 clich\u00e9 \u00e0 l\u2019ironie acide Paris est une f\u00eate il n\u2019a pas touch\u00e9 \u00e0 sa compote ? Que peut-on dire on ne sait pas quoi dire on \u00e9change des vues une fen\u00eatre sur le ch\u00e2teau\u00a0dans la chambre d\u2019un mourant homme \u00e2g\u00e9 tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 on aurait dit \u00e7a autrefois et \u00a0qui sait qu\u2019il sait en sapiens sapiens qu\u2019il ne passera pas l\u2019\u00e9t\u00e9 cet \u00e9t\u00e9 ce qui passe c\u2019est le temps \u00e0 la vitesse des paroles qui compte-gouttent en perfusion g\u00e9n\u00e9rale pour le fils visiteur de l\u2019homme alit\u00e9 pour de bon celui qui voudrait dire mais manque d\u2019air de temps de vie le gisant comment faire autrement quand \u00e7a ne veut plus marcher s\u2019il suffisait d\u2019avoir une vue de ch\u00e2teau \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de la Rochefoucauld pour faire des Maximes\u00a0Contentons-nous pour faire bonne mine de ne nous pas dire \u00e0 nous-m\u00eames tout ce que nous en pensons, et esp\u00e9rons plus de notre temp\u00e9rament que de ces faibles raisonnements qui nous font croire que nous pouvons approcher de la mort avec indiff\u00e9rence fen\u00eatre\u00a0verre de loupe impair et manque sur les mauvaises augures oubli cruel de s\u2019entendre demander chaleureusement des nouvelles d\u2019un fant\u00f4me tra\u00e7ant dans la poussi\u00e8re\u00a0invisible du couloir un seuil infranchissable et tout proche \u00a0l&rsquo;ouverture de petites fen\u00eatres de ciels, d\u2019eau et de montagnes \u00a0sur le t\u00e9l\u00e9phone du veilleur de jour comme de nuit du d\u00e9part \u00a0rapporte comme la mar\u00e9e le souvenir d\u2019un enregistrement de la voix du vieux monsieur r\u00e9alis\u00e9 par un troisi\u00e8me du m\u00eame nom le fils du fils \u00a0et inscrit leur patience \u00e0 tous dans la lign\u00e9e des hommes\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Plus que ce texte, le moment de ce texte, de son \u00e9criture et de son consentement : le mien puisqu\u2019il a fallu accepter d\u2019\u00e9crire cela, de le penser d\u2019abord, de penser \u00e7a, de penser \u00e0 \u00e7a, comme \u00e7a, et puis de le coucher sur du papier, comme j\u2019aurais fait la toilette du mort, geste-cl\u00e9 de ma terreur de la fin, voil\u00e0 plusieurs ann\u00e9es que je l\u2019\u00e9voque dans le secret de mon doute comme on t\u00e2te une plaie ou une jalousie pour v\u00e9rifier qu\u2019elle est encore bien douloureuse, pour v\u00e9rifier combien, de m\u00eame je t\u00e2te mes peurs, je leur propose \u00e0 elles aussi un caf\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement dans la ville que nous partageons esp\u00e9rant cesser un jour de sursauter ou de crier d\u2019effroi en les croisant inopin\u00e9ment au coin d\u2019une rue, \u00a0et celle-l\u00e0, celle de la toilette du mort s\u2019est apais\u00e9 depuis que j\u2019ai pu \u00e9crire sans ambages, sans pr\u00e9cautions, ce petit texte de l\u2019\u00e9cho de notre attente et de nos deuils et plus encore quand votre consentement \u00e0 le lire, \u00e0 le savoir lu est arriv\u00e9 \u2014 l\u2019instant de l\u2019Incarnation o\u00f9 se confond en or sur or dans les tableaux de l\u2019Annonciation, la parole de l\u2019acceptation\u00a0 : <em>Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum<\/em>.\u2026 \u2014 \u00a0Je vous lirais une ou deux de ces phrases si longues et nous dirions : n\u2019est-ce pas extraordinaire que nous habitions davantage un instant de litt\u00e9rature que ces villes que nos adresses stipulent ? Quelle formidable escroquerie que l\u2019\u00e9criture ! Nous sommes en cavale depuis notre premier carnet, mais voil\u00e0 qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent cela m\u00eame dont j\u2019avais \u00e9crit<a href=\"http:\/\/www.emmanuellecordoliani.com\/un-bon-ete-tiers-livre-principes-des-corps-songeant\/\"> la fiction du r\u00eavoyage<\/a>, advient.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous habitions la m\u00eame ville, nous irions extr\u00eamement r\u00e9guliers \u00e0 ces rendez-vous pendulaires, si bien que le mouvement de la semaine tiendrait \u00e0 nous en \u00e9loigner puis \u00e0 nous en rapprocher. Le point de l\u2019extr\u00eame \u00e9loignement du centre doit avoir un nom\u2026c\u2019est une dr\u00f4le d\u2019image cependant, fausse : le mouvement du pendule est giratoire\u2026 je dois penser \u00e0 ses billes de m\u00e9tal qui s\u2019aimantent et se repoussent dans une sorte de perpetuum mobile sur les bureaux des ann\u00e9es 80. L\u2019instant o\u00f9 l\u2019\u00e9loignement bascule en retour. \u2014 L\u2019apparition de ces sensations g\u00e9om\u00e9triques du temps et de la pens\u00e9e, de plus en plus pr\u00e9sente depuis mes 38 ans. Inertie g\u00e9om\u00e9trique qui lie chaque \u00e9l\u00e9ment de mon existence \u00e0 un r\u00eave de trap\u00e8ze volant ou de danse \u2014. Fouiller cette sensation, fouiller les sensations par l\u2019\u00e9criture dans le sommeil du narrateur, \u00e0 son insu\u2026 \u00a0Mais aussi parler du moment exact o\u00f9 notre semaine basculerait vers ce retour, comme la sensation d\u2019enfance du d\u00e9but de la fin des vacances aux alentours du 1er ao\u00fbt.\u00a0<br>Et puis, justement, ce jour o\u00f9 l\u2019un de nous ne viendrait pas \u2014 en \u00a0pr\u00e9venant sans pr\u00e9venir \u2014 \u00a0[ NDLR : Sans pr\u00e9venir pourrait \u00eatre une Deuxi\u00e8me Partie ]\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Si nous vivions dans la m\u00eame ville, je ne sais pas si nous nous verrions aujourd\u2019hui. Il fait un temps de porte qui claque, de porte qu\u2019on referme d\u00e9licatement sur le sommeil de l\u2019hiver, tous les \u00e9l\u00e8ves le reniflent le toussent et tout \u00e0 l\u2019heure les profs s\u2019y sont mis aussi alors que nous devrions depuis longtemps \u00eatre immunis\u00e9s, comme les m\u00e9decins pendant les Grandes Pestes \u2014 jamais on ne les voient faiblir, tomber, ils traversent les rues maudites des villes maudites avec leurs grandes t\u00eates d\u2019oiseaux blancs pleines de fumigations et d\u2019impuissances, ils savent que la maladie comme la plainte doit avoir son cours et qu\u2019elle s\u2019en ira sans qu\u2019ils y soient pour grand&rsquo;chose, laissant des b\u00fbchers fumants, une poign\u00e9e d\u2019\u00e2mes et un jeu de cartes redistribu\u00e9es ? ( J\u2019ai l\u2019intuition que les pauvres meurent davantage : moins de joueurs, m\u00eame partie ). Jamais nous ne devrions succomber aux angines, bronchites, grippes et cr\u00e8ves ordinaires qui les terrassent et surtout pas \u00e0 la veille des vacances : si quelqu\u2019un a pu comprendre quelque chose aux vacances c\u2019est bien nous qui n\u2019en finissons pas de rentrer \u00e0 l\u2019\u00e9cole, de rentr\u00e9es des classes. Il fait un temps \u00e0 buissonner, \u00e0 annuler des rendez-vous m\u00eame chers, m\u00eame pr\u00e9cieux, \u00e0 ne pas \u00e9crire, \u00e0 marcher dans les rues de cette ville o\u00f9 nous ne vivons pas, sans but, en nous laissant attraper le col par les innombrables sollicitations de cette \u00eele aux \u00e2nes, que des touristes permanents tout droit sortis de la <em>Vie Parisienne 2.0<\/em> \u00a0s\u2019obstinent \u00e0 appeler l\u2019\u00eele aux plaisirs, \u00e0 mettre bout \u00e0 bout ces instants de rien qui succ\u00e8dent doucement aux soulagements successifs des devoirs rendus, des cours termin\u00e9s, d\u2019un nouveau livret achev\u00e9 [\u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.emmanuellecordoliani.com\/le-journal-dun-mot\/\">TERME \/ Journal d&rsquo;un Mot<\/a> \u201cDernier et troisi\u00e8me volet du triptyque\u201d. La puret\u00e9 du pl\u00e9onasme passager dans la r\u00e9daction d\u2019un dossier de demande de financement renseigne assez sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir une \u00e9paule solide pour enfoncer certaines portes ouvertes. Le livret touche \u00e0 sa fin \u2014 on n\u2019ose jamais dire<em>\u00a0est fini<\/em>,\u00a0<em>est achev\u00e9<\/em>, sans avoir l\u2019impression de tuer quelque chose, alors m\u00eame que le vivant n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e9sent puisqu\u2019il va \u00eatre en mesure de se multiplier dans un lectorat, un auditoire\u2026\u00a0<em>Achever<\/em>\u00a0dit le contraire de la fin de l\u2019\u00e9criture. Cependant quelque chose arrive \u00e0 terme et ses mots, attendus, esp\u00e9r\u00e9s, entrevus pendant quatre ann\u00e9es se pr\u00e9sentent ce jour, comme les Rois Mages. ]\u00a0 et d\u2019une embarrassante collaboration annul\u00e9e. Voil\u00e0 une ann\u00e9e de vrai travail qui s\u2019ouvre, \u00a0comme une porte sur la neige et le d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire, d\u2019\u00e9crire, d\u2019\u00e9crire, sans contrainte , d\u2019\u00e9crire pour soi est si grand qu\u2019il est \u00e9tourdissant d\u2019y sursoir \u2014 de cette ivresse propre au grand amour o\u00f9 \u00a0nul ne fait secret de la r\u00e9ciprocit\u00e9 de l\u2019attraction sans que rien n\u2019en soit retranch\u00e9 au myst\u00e8re qui am\u00e8ne ces deux-l\u00e0 \u00e0 se faire face. Je parle du grand amour mais tout aussi bien je pourrais parler de l\u2019amiti\u00e9 quitte se montre avec une simplicit\u00e9 neuve aux nouvelles rencontres de la maturit\u00e9. Sans chichi et c\u2019est ainsi que je rate aujourd\u2019hui ce rendez-vous que nous aurions si nous vivions dans la m\u00eame ville, au profit d\u2019un peu plus d\u2019errance, tir\u00e9e \u00e0 hue et \u00e0 dia par les vitrines et les all\u00e8chements, sans vraiment c\u00e9der \u00e0 rien : je regarde consciencieusement des habits, un cintre apr\u00e8s l\u2019autre, avec cet oeil de costumi\u00e8re avis\u00e9e que j\u2019ai emprunt\u00e9 \u00e0 une amie, je mange une religieuse au chocolat et des dizaines de chemins se tracent, grand poteau indicateur de l\u2019\u00eele aux \u00e2nes o\u00f9 toutes les routes m\u00e8nent \u00e0 la vacuit\u00e9, devant lequel j\u2019h\u00e9site pourtant puisque seule la forme compte encore sur ce fond uni. Mais j\u2019ai l\u2019esprit ailleurs et je ne saurais dire o\u00f9, simplement je prends acte de ses vacances comme une concierge constate que le paillasson n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 remis en place depuis le dernier m\u00e9nage de la mont\u00e9e. D\u2019ailleurs, je ne m\u2019int\u00e9resse pas au lieu de sa vill\u00e9giature, trop occup\u00e9e \u00e0 ce bain dans le jour d\u2019apr\u00e8s.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>[ Une deuxi\u00e8me partie appara\u00eet, \u00e0 la lecture de <em>Zora, la ville-m\u00e9moire<\/em> des <em>Villes invisibles<\/em> de Calvino : nous habitons la m\u00eame ville et cette ville c\u2019est Zora\u2026 Voire une troisi\u00e8me partie : nous habitons la m\u00eame ville ( Beyrouth, Jonzac, New York\u2026 ), je pense imm\u00e9diatement \u00e0 questionner un \u00e9l\u00e8ve au sujet du Japon et je suis fascin\u00e9e comme un chat par cette enqu\u00eate d\u2019intuition et la permission, le blanc-seing de cette lettre ouverte depuis quelques jours. ]<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si nous habitions dans la m\u00eame ville, dans le m\u00eame pays, nous irions boire un caf\u00e9 vers cinq heures, pas trop bruyant et je vous offrirais Les Petites Terres de Mich\u00e8le Desbordes, car celles-l\u00e0 nous les habitons en commun. Je dis vers cinq heures pour dire 17h, mais soudain nous voil\u00e0 au Buffet de la Gare de Rouen avant l\u2019aube, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-meme-ville\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">La m\u00eame ville<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1776],"tags":[],"class_list":["post-26295","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-personnage-5-rencontre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26295","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26295"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26295\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26295"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26295"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26295"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}