{"id":27261,"date":"2020-04-11T16:14:12","date_gmt":"2020-04-11T14:14:12","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=27261"},"modified":"2020-04-11T16:14:13","modified_gmt":"2020-04-11T14:14:13","slug":"la-foire-cest-forcement-de-liege","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-foire-cest-forcement-de-liege\/","title":{"rendered":"La foire, c&rsquo;est forc\u00e9ment de Li\u00e8ge&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;\u00e9tait chaque ann\u00e9e aux environs de la Toussaint dans le mois de novembre ou un peu avant\u00a0: la foire. On se le disait entre nous, c&rsquo;est la foire, je vais aller \u00e0 la foire, la foire de Li\u00e8ge, avec tous ces man\u00e8ges et toutes ces baraques pour manger de tout, des hamburgers d\u00e9j\u00e0 mais aussi des croustillons et des lacquemants qu\u2019on ne trouverait que l\u00e0 \u00e0 la foire \u00e0 ce moment pr\u00e9cis de l\u2019ann\u00e9e sur cette all\u00e9e sans fin o\u00f9 marcher avec de part et d\u2019autre d\u2019elle centrale des man\u00e8ges et des baraques \u00e0 bonnes choses \u00e0 manger ou seulement \u00e0 regarder comme les pommes d\u2019amour qui sont meilleures \u00e0 la vue qu\u2019\u00e0 l\u00e9cher ou croquer. C\u2019est le mois des manteaux de fourrure pour aller sur les tombes qui comme au signal sortent de leur cachette pour ce grand jour de promenade ritualis\u00e9e et la main d\u2019enfant subrepticement s\u2019\u00e9gare pour caresser cette douceur r\u00e9serv\u00e9e aux grandes personnes. La foire il faut la prendre \u00e0 son d\u00e9but et suivre un sens bien d\u00e9fini. Ce jour-l\u00e0 il ne pleut pas. La main sagement dans celle de Bonne-Maman qui n\u2019aime pas les manteaux de fourrure qui sont trop lourds et pas pratiques quand il pleut, qui accepte d\u2019acheter des billets de tombola, petits papiers pli\u00e9s en quatre \u00e0 choisir dans une corbeille tendue aux petits doigts et compter jusque cinq ou dix elle sait d\u00e9j\u00e0, h\u00e9siter au moment de saisir le dernier de la s\u00e9rie autoris\u00e9e pour les sous que Bonne-Maman a donn\u00e9 au monsieur, assises les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres un peu comme sur les gradins du stade de foot mais en plus raides, les grosses peluches, c&rsquo;est nounours ou bien ces animaux de Walt Disney, qui paraissaient \u00e9normes, si grosses qu&rsquo;on pourrait \u00e0 peine les porter si jamais on avait le bonheur de les gagner et qui vous regardaient avec un air adopte moi adopte moi et l&rsquo;envie si forte qui fait remuer tr\u00e9pigner les jambes d\u2019enfant et l\u2019espoir aussi qui court de bas en haut qu\u2019il faut se retenir de crier, il y avait aussi les poup\u00e9es, grandes les poup\u00e9es, avec des robes magnifiques aux couleurs violentes avec des rang\u00e9es de volants, si larges et longues qu&rsquo;on ne voyait pas les pieds en dessous on ne voyait pas les jambes des poup\u00e9es en position assise jambes \u00e9cart\u00e9es parce que c&rsquo;\u00e9tait comme \u00e7a les poup\u00e9es d&rsquo;autrefois quand on les asseyait elles \u00e9cartaient les jambes et bizarrerie de cette position mais avec la robe longue \u00e7a ne se voyait pas et leurs cheveux pas possible de les coiffer des cheveux fix\u00e9s coll\u00e9s en chignon impeccable et on ne pourrait rien faire avec, disait sa m\u00e8re \u00e0 qui elle en avait parl\u00e9, la robe est cousue tu ne pourras pas l\u2019habiller tu ne pourras pas la coiffer et en plus elles sont affreuses, c\u2019est ce qu\u2019en disait sa m\u00e8re, des poup\u00e9es pour les petites Italiennes mettre sur le lit bien refait pour garnir la chambre, des poup\u00e9es auxquelles il ne faut pas toucher, affreuses, le mot comme un \u00e9pouvantail au fort potentiel pour en d\u00e9go\u00fbter l\u2019enfant, mais \u00e0 la foire elle \u00e9tait avec Bonne-Maman et \u00e7a changeait tout, tellement envie d&rsquo;elle, la trouver si belle par-del\u00e0 le mot affreuse, choisir tout bas celle avec la robe rose et les cheveux blonds ou celles avec cheveux noir jais et robe violette de satin brillant, h\u00e9siter tout le temps que durait le d\u00e9pliage des billets entre les grosses mains du monsieur, un billet de tombola puis un autre et jamais le bon num\u00e9ro, et c&rsquo;\u00e9tait toujours perdu et regarder dans la corbeille du monsieur parmi tous ceux qui restaient, qu\u2019elle n\u2019avait pas choisi, forc\u00e9ment parmi eux, le num\u00e9ro gagnant lui qui lui permettrait de remporter la poup\u00e9e ou le gros ours en peluche s&rsquo;il te pla\u00eet encore cinq rien que 5 s&rsquo;il te pla\u00eet Bonne-Maman cette fois-ci je suis s\u00fbr que je vais gagner et la grand-m\u00e8re d\u2019expliquer que non pas forc\u00e9ment et aussi le remord face \u00e0 sa responsabilit\u00e9 d\u2019avoir fait croire \u00e0 l\u2019enfant en tout cela en Dieu ou \u00e0 St Nicolas et finalement l\u2019enfant et son sentiment d\u2019y croire si fort c\u2019est un peu de sa faute, et qui finalement acceptait de racheter cinq \u00a0billets de loterie de tombola et bien s\u00fbr jamais le billet gagnant et reprendre le parcours et regret de tant de joie au d\u00e9part et remorquer maintenant d\u00e9ception de l\u2019enfant au bout de sa main dans le long de son bras, elle sent bien comme \u00e7a tire de ce poids qui ne vient pas seulement de l\u2019enfant, se dire que \u00e7a va passer et tressaillir \u00e0 chaque fois qu\u2019elles croisent tout au long du parcours ces p\u00e8res de famille d\u2019enfants plus chanceux qui portent comme troph\u00e9e la peluche ou la poup\u00e9e tant convoit\u00e9e et l\u2019enfant de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 sans comprendre pourquoi d\u00e9sir si fort et qui ne suffit pas pour infl\u00e9chir la chance. Elles marchent insensibles au froid mordant de novembre \u00e0 cause des rires et aussi de se retrouver et de toute une apr\u00e8s-midi sans les parents et ensemble et tout \u00e0 coup il est l\u00e0 \u00e0 droite et si celui-l\u00e0 on n\u2019y va pas, on entrera dans le suivant, elle ne veut pas y aller mais sa cousine insiste elle veut faire le train fant\u00f4me l&rsquo;autre ne veut pas a peur du noir a peur des sorci\u00e8res m\u00eame si ce sont des sorci\u00e8res en plastique peur des araign\u00e9es peur qu&rsquo;on lui fasse peur peur avant la peur peur d\u00e8s que assise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa cousine dans le train fant\u00f4me et plong\u00e9e dans le noir apr\u00e8s les portes battantes toujours elle finit par accepter pour lui faire plaisir et toujours garder les yeux ferm\u00e9s jusqu&rsquo;au retour \u00e0 la lumi\u00e8re est-ce moins peur de choisir son noir derri\u00e8re ses paupi\u00e8res closes est-ce moins peur d&rsquo;imaginer sorci\u00e8re en plastique araign\u00e9e en plastique quelque chose dans ses cheveux a boug\u00e9 moins peur de savoir qu&rsquo;on ne lui fera pas peur parce que ses yeux sont ferm\u00e9s. Il pleut et c\u2019est marcher \u00e0 droite dans de l\u2019all\u00e9e centrale derri\u00e8re ceux de devant et de part et d&rsquo;autre de leurs deux corps serr\u00e9s \u00a0sous le parapluie l\u2019alignement des man\u00e8ges, le parapluie bleu leur fait protection avec de gros chats avec un gros chat rouge qui court apr\u00e8s un autre gros chat rouge qui court apr\u00e8s un autre gros chat rouge et \u00e7a fait tout le tour de la toile du parapluie avec un manche en bois solide rassurant et sous ce parapluie on peut se serrer et adapter le rythme du pas de l\u2019un \u00e0 celui de l\u2019autre, accorder leurs souffles et leurs \u00e9mois et c\u2019est pr\u00e9texte, trop jeunes si les parents les voyaient et c\u2019est d\u00e9lice et tant pis pour les bottes neuves qu\u2019on a voulu mettre pour \u00eatre belle pour lui son amoureux et qui seront salies dans cette esp\u00e8ce de gadoue, l&rsquo;asphalte recouverte des feuilles pourrissantes tomb\u00e9es des arbres centenaires et tristes qui encadrent les man\u00e8ges et les contiennent dans cette all\u00e9e infiniment longue sans d\u00e9bordement possible sur les deux boulevards de part et d\u2019autre \u00a0et c&rsquo;est ne pas sentir le froid parce que serr\u00e9s l&rsquo;un contre l&rsquo;autre et c&rsquo;est vouloir que \u00e7a dure toujours. Que \u00e7a dure toujours avec lui, avec lui c&rsquo;est la baraque de tir \u00e0 la carabine et parce qu&rsquo;il vise bien toujours quelque chose \u00e0 lui offrir apr\u00e8s, fleur peluche petite chose insignifiante mais offert et re\u00e7u et beau \u00e0 cause de \u00e7a et c\u2019est joie dans le dedans du corps de ce qu&rsquo;on lui a offert de ce qu&rsquo;on a gagn\u00e9 pour elle en mettant bien l&rsquo;\u0153il dans le viseur l\u00e0 o\u00f9 il faut en prenant son temps et en ne tremblant pas en appuyant le coude et PAF le morceau de craie qui gicle, ou deux, et bient\u00f4t tout le b\u00e2ton de craie envol\u00e9, lib\u00e9r\u00e9 le fil de fer qui reste seul \u00e0 soutenir fleur ou plume, mais parfois moins de chance et devoir repayer encore un peu parce que la fleur, pour l\u2019avoir, juste il faut encore tirer un ou 2 coups et il ne manquait que quelques plombs, toujours il en faut un peu plus que ce qu&rsquo;on avait pr\u00e9vu. En groupe, les parents ont autoris\u00e9 et ce sont les premi\u00e8res sorties qu\u2019ils acceptent, sans eux avec, les parents, en groupe dans la chenille on se r\u00e9partit, mais c&rsquo;est bonheur si par hasard assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui \u00e9craser son corps contre le sien \u00e0 cause de la force centrifuge et lever les mains parfois comme tous les autres. Pour faire la foire \u00e0 deux, ils ont pris le bus seul chacun de leur c\u00f4t\u00e9 pour \u00eatre \u00e0 deux sans les autres et c\u2019est premi\u00e8re fois, les auto tamponneuses jamais elle ne conduit pr\u00e9f\u00e8re s\u2019asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 peur des chocs s&rsquo;y attendre voir arriver le choc le redouter et puis bang le choc dans le corps rigidifier ses muscles pour moins le ressentir durcir le corps dans son contract\u00e9 pour moins ressentir l\u2019impact c\u2019est ce qu\u2019elle fait et c&rsquo;est \u00e9trange avec lui qui les \u00e9vite qui conduit prudemment qui conduit bien quand d&rsquo;autres cherchent expr\u00e8s la collision qui ont volont\u00e9 de foncer dans les autres voitures \u00e0 r\u00e9p\u00e9titions ne faire que cela chercher l\u2019affrontement et en elle \u00a0incompr\u00e9hension de leurs corps qui se dressent sur les 2 pieds pour donner plus de force aux collisions qu&rsquo;ils vont provoquer ou moins les ressentir, elle ne sait pas, elle ne comprend pas. Avec lui un autre plus tard c&rsquo;est lui au volant et elle jamais conduire c&rsquo;est pareil et ce n\u2019est pas pareil c&rsquo;est moins bien toujours ce sera moins bien. Ramener au pays quitt\u00e9 les enfants qu\u2019elle a eus et avec eux faire la foire de Li\u00e8ge, c\u2019est le peu qu\u2019ils conna\u00eetront du pays dont longtemps ils portent la nationalit\u00e9 sans que \u00e7a \u00e9voque autre chose que Knokke le Zout, la foire et le dr\u00f4le d\u2019accent de la dame \u00e0 boulangerie. Et amener ses enfants sur cette all\u00e9e centrale qui partage boulevard d\u2019Avroy \u00e9quitablement, quatre voies dans un sens d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et \u00a0quatre voies dans le sens retour avec leurs\u00a0 petites mains dans les siennes suivre leurs regards \u00e9merveill\u00e9s nez en l\u2019air pour suivre les arabesques des man\u00e8ges volants ou les lumi\u00e8res f\u00e9eriques des baraques qui se suivent unanimement roses dans l\u2019odeur dou\u00e7\u00e2tre de la barbe \u00e0 papa qui ne tient jamais ses promesses et s\u2019effondre instantan\u00e9ment \u00e0 chaque bouch\u00e9e entre langue \u00a0et palais la t\u00eate dans les \u00e9toiles oublieuse pour l\u2019heure du noir boueux \u00e0 leurs pieds gel\u00e9s tandis que tombe la bruine et remercier le ciel pour le temps cl\u00e9ment d\u2019avoir \u00e9vit\u00e9 la drache. Envie de faire passer cette magie, ce que c&rsquo;\u00e9tait la foire de Li\u00e8ge et les lumi\u00e8res des man\u00e8ges dans la nuit froide dans la nuit d&rsquo;hiver qui tombe \u00e0 cinq heures \u00e0 cette p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, des fins d\u2019apr\u00e8s-midi o\u00f9 on voudrait juste rester calfeutr\u00e9 aupr\u00e8s du feu mais on est pass\u00e9 avec le bus et on a vu les lumi\u00e8res entendu la musique et c&rsquo;est la foire et tourner la t\u00eate torsion de la nuque relay\u00e9e par le corps perch\u00e9 depuis le si\u00e8ge derri\u00e8re le conducteur tout le temps que l\u2019on peut happer du regard et des oreilles tout ce qui se voit ou s\u2019entend d\u2019elle, la foire, et tout le temps que durera la foire et que le bus passera devant ce quelque chose de joyeux qui s\u2019inscrira \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur une fa\u00e7on de lutter contre l&rsquo;hiver en attendant la Saint-Nicolas et puis la No\u00ebl parce que pour lutter contre \u00e7a il y a chaque ann\u00e9e la promesse de la foire de Li\u00e8ge comment fait-on pour faire partager un souvenir d&rsquo;enfance et pourtant \u00e7a marche eux aussi plus tard la foire pas besoin de dire de Li\u00e8ge c&rsquo;est \u00e9vident il y a la foire demandent on retournera sur la foire dis maman on pourra aller sur la foire sa m\u00e8re au t\u00e9l\u00e9phone le lui dit chaque ann\u00e9e comme on dit c\u2019est l\u2019anniversaire de Paul ou Pierre elle dit il y a la foire chaque ann\u00e9e depuis qu\u2019elle est partie vivre loin. La foire, ce n&rsquo;est pas la f\u00eate, la f\u00eate, on lui explique, c\u2019est la f\u00eate foraine avec seulement quelques man\u00e8ges sur la place du village mais en ville, celle de Li\u00e8ge, la f\u00eate foraine c&rsquo;est la foire. Elle marche devant. A 85 ans elle marche devant eux, malgr\u00e9 la b\u00e9quille dont elle se sert comme d\u2019une canne, droite comme elle malgr\u00e9 le corps g\u00e9missant. En trench beige, par-dessus plusieurs pulls, elle a abandonn\u00e9 les manteaux de fourrure depuis longtemps. Derri\u00e8re ils suivent. \u00a0Ils marchent sur ses pas, serr\u00e9s l&rsquo;un contre l&rsquo;autre, main dans la main. \u00a0Ils n&rsquo;ont pas de chance il pleut \u00a0mais ils n&rsquo;ont pas de parapluie de toute fa\u00e7on lui les parapluies il n&rsquo;aime pas \u00e7a elle devant a r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la casquette de son mari parce que rien ne se jette qui puisse encore servir ou pour revendiquer ouvertement la place du chef comme elle a pris possession du grand fauteuil bien en face de la t\u00e9l\u00e9vision avec le radiateur \u00e0 gauche sur lequel elle peut poser le journal ou tout ce qu\u2019elle veut maintenant qu\u2019il n\u2019est plus l\u00e0 pour l\u2019inciter \u00e0 ranger elle marche devant sans parapluie qui serait bien trop lourd pour ce que peuvent encore soulever ses bras tandis qu\u2019avant du temps de son corps alerte elle \u00e9tait trop press\u00e9e pour s\u2019encombrer d\u2019un parapluie elle ne craint pas la pluie jamais elle ne craint je pensais son corps toujours plus fort que tout plus fort que la mort elle le croit elle marche devant elle dicte la cadence malgr\u00e9 son corps limit\u00e9 dans ses mouvements elle avance et le couple derri\u00e8re \u00e0 la tra\u00eene jusqu\u2019\u00e0 la baraque \u00e0 croustillons c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle pr\u00e9f\u00e8re les croustillons alors ils en ach\u00e8tent avec le paquet de croustillons en main ce n\u2019est pas pratique de continuer \u00e0 avancer et la b\u00e9quille g\u00eane il faut les manger chauds le sucre tombe \u00e0 terre il vaut mieux trouver un endroit pour s&rsquo;asseoir \u00e0 l&rsquo;abri de bus par exemple ce sera plus pratique alors ils s&rsquo;asseyent l\u00e0 align\u00e9s \u00e0 3 le dos appuy\u00e9 \u00e0 la vitre et ils mangent des croustillons le sucre qui tombe sur son trench il faudra le lui \u00e9pousseter elle a toujours mang\u00e9 en faisant des t\u00e2ches \u00e7a ne date pas d\u2019hier ils sont contents de pouvoir asseoir leur corps un moment pour qu\u2019il r\u00e9cup\u00e8re il a mal au dos elle a un d\u00e9but de mal de t\u00eate contents de lui faire plaisir mais \u00e9puis\u00e9s de la suivre il est temps de le dire que c\u2019est l\u2019heure de rentrer qu\u2019on a assez march\u00e9 pour aujourd\u2019hui elle devra bien les suivre \u00e0 contrec\u0153ur malgr\u00e9 les croustillons qui lui \u00ab\u00a0ont bien go\u00fbt\u00e9\u00a0\u00bb elle les suivra \u00e0 contrec\u0153ur. Dicter la cadence elle est n\u00e9e pour \u00e7a, elle n\u2019entend pas y renoncer. On reprendra la marche dans l\u2019autre sens et on avancera \u00e0 droite sur l\u2019all\u00e9e centrale avant de quitter la foire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;\u00e9tait chaque ann\u00e9e aux environs de la Toussaint dans le mois de novembre ou un peu avant\u00a0: la foire. 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