{"id":30406,"date":"2021-05-06T21:42:57","date_gmt":"2021-05-06T19:42:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=30406"},"modified":"2025-02-01T09:06:45","modified_gmt":"2025-02-01T08:06:45","slug":"testard_baudelaire_1_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/","title":{"rendered":"#baudelairebicentenaire #01 | ( ( ( ( ("},"content":{"rendered":"\n<p id=\"la_blancheur\">( non que je fusse sur le point \u2014 d&rsquo;autres sur ce, dans la vall\u00e9e m&rsquo;avaient devanc\u00e9 \u2014 de prendre l&rsquo;auto. Cependant j&rsquo;\u00e9tais au bord. Sans \u00eatre \u00e0 son bord, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 sa surface, enti\u00e8rement, capt\u00e9. Il y flottait une insistance\u2026 Ou une intensit\u00e9\u2026 Elle tenait \u00e0 sa couleur. Blafarde avant l&rsquo;aube. P\u00e2le \u00e0 la place de la lune. N&rsquo;\u00e9tait-elle pas \u00e9gale \u00e0 elle-m\u00eame&nbsp;? \u00c0 la blancheur de l&rsquo;auto, \u00e0 sa p\u00e2leur de veilleuse ou de liseuse, \u00e0 sa phosphorescence d&rsquo;amanite, sa luminescence, comment dire&nbsp;: son r\u00e9tro\u00e9clairage&nbsp;? j&rsquo;entrevis pourquoi je n&rsquo;avais pas, dans la maison, fait la lumi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_pluie\">( seulement j&rsquo;\u00e9tais debout et quoi faire en cette derni\u00e8re heure de la nuit d&rsquo;autre qu&rsquo;ouvrir une parenth\u00e8se (&nbsp;)&nbsp;? Que tout grand ouvrir&nbsp;? J&rsquo;ai ouvert&nbsp;: les volets de la rue. J&rsquo;ai laiss\u00e9 ouvertes les fen\u00eatres. J&rsquo;ai travers\u00e9 le s\u00e9jour pieds nus et silencieux ouvert la porte-fen\u00eatre donnant dans le jardin. La pluie dans mon dos faisait chanter la rue. Elle baignait de son haleine le jardin. Je naviguai de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre. Elle n&rsquo;\u00e9tait en rien une pr\u00e9cipitation. Il pleuvait comme on respire. Entre la pluie et la nuit, il r\u00e9gnait une douceur. La perturbation annonc\u00e9e (&nbsp;) \u00e9tait donc venue. Venue dans la nuit ou avec elle. Je ne voulus faire aucune lumi\u00e8re. On \u00e9tait avant le premier oiseau<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_nuit\">( ce n&rsquo;\u00e9tait pas mon heure\u2026 La pluie m&rsquo;avait fait sortir de mon lit. Trop tard pour la veille, trop t\u00f4t pour le jour. Il n&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;heure de rien, ou de rien d&rsquo;autre me concernant, il \u00e9tait&nbsp;grandement, seulement temps. La nuit touchait \u00e0 sa fin comme les premi\u00e8res autos, une \u00e0 la fois, sous la pluie me l&rsquo;indiquaient, se repassant leur scie mouill\u00e9e. Bri\u00e8vement elle cessa, je n&rsquo;entendis alors que l&rsquo;eau couler dans le regard. Les autos stationn\u00e9es ruisselaient. Rien sous elle ne bougeait, l&rsquo;air entier semblait aise, \u00e0 la respirer comme moi. La pluie. La nuit. Elle n&rsquo;en avait plus pour longtemps mais la nuit n&rsquo;est-elle que du temps&nbsp;? Existe-t-elle&nbsp;? A-t-elle \u00e9t\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p id=\"la_route\">( mais o\u00f9&nbsp;? L&rsquo;\u00e9clairage public n&rsquo;avait pas rappel\u00e9 le quartier \u00e0 l&rsquo;ordre. Pas balay\u00e9 la nuit encore, au contraire des phares des autos des premiers travailleurs jet\u00e9s isol\u00e9ment dans leurs habitacles, sur la route que les eaux du ruissellement sous les roues rendaient criante. Car c&rsquo;\u00e9tait la route qui descend du fond de la vall\u00e9e, c&rsquo;\u00e9taient les premi\u00e8res autos du jour qui vient. C&rsquo;\u00e9tait sous nos fen\u00eatres, nos corps, au d\u00e9bouch\u00e9 de notre rue, au panneau stop la route que tout le monde prend \u2014 est-ce que je ne m&rsquo;y attendais pas&nbsp;? Je prenais juste une respiration \u2014 j&rsquo;avais mis le nez dehors, dans l&rsquo;ouverture o\u00f9 maintenant je me tenais, entre les murs du lotissement. Non<\/p>\n\n\n\n<p id=\"l_auto\">( heureux qu&rsquo;elle y f\u00fbt&nbsp;! Je la voyais. Je la vis. Elle \u00e9tait sous mes yeux. Je la voyais de nuit. Dans la nuit je la vis. Elle \u00e9tait l\u00e0, toujours, comme jamais. Je n&rsquo;avais rien \u00e0 y voir. Ni faire. Blanche\u2026 Qu&rsquo;\u00e0 m&rsquo;en laisser p\u00e9n\u00e9trer. Constater \u00e7a : blanche comme\u2026 De toute son inertie <span style=\"text-decoration: underline\"><a href=\"\/ateliers\/testard_baudelaire_1_2\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">elle \u00e9tait l\u00e0<\/a><\/span> (&nbsp;). L\u00e0 gisait, agissait sa force. Elle \u00e9tait la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre blanche au sein de la nuit. Avant tout autour d&rsquo;elle, l&rsquo;aube m\u00eame. L&rsquo;aube pointait l\u00e0, \u00e0 peine lev\u00e9e, l&rsquo;aube en l&rsquo;auto, en germe sous mes yeux et comme sous moi, mes fen\u00eatres o\u00f9 chaque soir je la laissais \u2014 hors de ma vue. J&rsquo;\u00e9tais en dehors de l&rsquo;automobile, c&rsquo;est dire que j&rsquo;\u00e9tais dans son aire d&rsquo;influence\u2026 Elle ne m&rsquo;avait pas jusque l\u00e0 fait cet effet&nbsp;: elle m&rsquo;attendait<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"960\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/210506_Kappa_0022.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-30438\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/210506_Kappa_0022.jpg 720w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/210506_Kappa_0022-315x420.jpg 315w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>C. Leonardi &amp; F. Stagi, Kappa, table basse, 1970<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background has-small-font-size\">(&nbsp;)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background has-small-font-size\" id=\"la_perturbation\">( ) Elle vient avec un corps, s&rsquo;en va avec une tra\u00eene. L&rsquo;avant est calme. Le calme l&rsquo;annonce. Le corps est cause de pr\u00e9cipitations, forme un front, <a href=\"\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/#la_pluie\"><span style=\"text-decoration: underline\">la perturbation<\/span><\/a> a un passage, le vent en rafales l&rsquo;accompagne. La tra\u00eene est \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re, le nom l&rsquo;indique. Dit de tra\u00eene est un ciel d\u2019aspect changeant. Est le ciel qu&rsquo;apr\u00e8s elle elle laisse, il alterne \u00e9claircies et passages nuageux. Elle, n\u2019est que pluie et vent. Elle n&rsquo;est que douceur. Elle est invasive et douce. Elle est une masse d\u2019air. Elle avance en masse. Elle est massivement douce, l&rsquo;est frontalement : une vague. Se dit : une vague de douceur. Atmosph\u00e9rique. S&rsquo;\u00e9tire sur plusieurs milliers de kilom\u00e8tres et s&rsquo;enroule autour d&rsquo;un centre : d\u00e9pressionnaire. Elle na\u00eet en mer. De nombreux records de douceur dans la nuit ont \u00e9t\u00e9 battus. Se laisser gagner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background has-small-font-size\" id=\"la_bouche\">( ) <a href=\"\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/#l_auto\"><span style=\"text-decoration: underline\">Elle \u00e9tait l\u00e0<\/span><\/a>. \u00c0 ma fen\u00eatre. En m\u00eame temps. L&rsquo;auto. La perturbation. La m\u00eame nuit. \u00c0 mes fen\u00eatres. \u00c0 ma bouche.<br>(&nbsp;) Elle \u00e9tait l\u00e0, \u00e0 ma fen\u00eatre, en m\u00eame temps&nbsp;: l&rsquo;auto&nbsp;; la perturbation. La m\u00eame nuit. \u00c0 mes fen\u00eatres&nbsp;: \u00e0 ma bouche.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai travers\u00e9 le s\u00e9jour. Je ne voulus faire aucune lumi\u00e8re. On \u00e9tait avant le premier oiseau. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_baudelaire_1_1\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#baudelairebicentenaire #01 | ( ( ( ( (<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":334,"featured_media":30438,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2017],"class_list":["post-30406","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-atelier","tag-bicentenaire-baudelaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/334"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30406"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30406\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":178978,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30406\/revisions\/178978"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/30438"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}