{"id":32749,"date":"2021-06-23T21:33:46","date_gmt":"2021-06-23T19:33:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=32749"},"modified":"2021-07-05T05:48:38","modified_gmt":"2021-07-05T03:48:38","slug":"huit-fois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/huit-fois\/","title":{"rendered":"huit fois"},"content":{"rendered":"\n<p>les h\u00f4tels sont innombrables (ils viennent de rouvrir tsais) (le nombre de nuit pass\u00e9es ici \u2013 attends que je compte \u2013 un peu moins de vingt-cinq mille, et il n\u2019en faudrait que dix \u2013 non mais la consigne, \u00e7a sert \u00e0 laisser son bagage) \u00e0 Naples ils les avaient supprim\u00e9es, les consignes (pour ob\u00e9ir \u00e0 celles de s\u00e9curit\u00e9, probablement)&nbsp;: o\u00f9 dormait-on, \u00e0 Naples, la hauteur sous plafond plus de quatre m\u00e8tres, les d\u00e9cos de stuc, les deux fen\u00eatres qui donnaient sur deux rues perpendiculaires, les mobylettes qui hurlent les gens qui boivent chantent dansent jusque pas d\u2019heure, la petite figurine masqu\u00e9e de noir rouge et blanche bonnet noir gros bide en mille et mille exemplaires et peut-\u00eatre surtout, surtout les babas au rhum<\/p>\n\n\n\n<p>les voitures qui ne cesseront pas de passer m\u00eame \u00e0 trois heures ou quatre, sur les quais qui bordent le fleuve, le mus\u00e9e en face, les lampadaires qui n\u2019\u00e9clairaient pas de jaune (la chambre trente-cinq, lit une place au coin une fen\u00eatre la petite table de nuit donn\u00e9e par l\u2019amie qui vit \u00e0 la vingt-cinq, comme elle ici, \u00e0 l\u2019ann\u00e9e, au plafond comme servant de lustre cette cage \u00e0 oiseaux ouvrag\u00e9e qu\u2019on trouve \u00e0 Sidi-bou-Sa\u00efd &#8211; depuis quand, dis-moi, depuis quand\u00a0? si longtemps, elles avaient ensemble d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 du palace trop on\u00e9reux, d\u00e9but soixante-dix) (le lendemain, sans avoir trop dormi, le concours rue Rollin, ing\u00e9 son \u2013 les taxis les voitures et vers cinq ou six, cynique, dutronc qui chante \u00ab\u00a0les strip-teaseuses sont rhabill\u00e9es\u00a0\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p><a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/avant-sept-heures\/\" data-type=\"URL\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/avant-sept-heures\/\" target=\"_blank\">ce soir-l\u00e0 <\/a>la chambre dans la gare \u2013 aucun souvenir mais dans la gare (mais je me souviens, entre tellement d&rsquo;autres, de celles de Metz et de Gen\u00e8ve), le lit drap sac \u00e0 viande, le pantalon en boule, seul \u2013 dormir sans r\u00eave (combien de chambres semblables, combien de nuits pass\u00e9es-l\u00e0 par des contr\u00f4leurs, des roulants, des gens de passage)<\/p>\n\n\n\n<p>sur un des bancs de la gare de l\u2019est aux abords direct des guichets (\u00e7a n\u2019existe plus, \u00e7a servait \u00e0 poser son bagage en attendant son tour, c\u2019\u00e9tait au si\u00e8cle dernier), arriv\u00e9e \u00e0 2 d\u00e9part \u00e0 6, allong\u00e9 sur le bois fatigu\u00e9 en serrant son sac (le calme immense du hall et de la solitude \u00e0 nouveau) le froid <\/p>\n\n\n\n<p>le lieutenant en gants blancs qui inspecte la poussi\u00e8re de la chambr\u00e9e (on appelait ce genre de grad\u00e9 une crevure) (tu sais quoi, on esp\u00e8re qu\u2019il sera dans de beaux draps, qu\u2019on ne le retrouvera pas en op\u00e9ration \u2013 on revoit la trois cent dix septi\u00e8me section, on peut imaginer les r\u00eaves, on peut imaginer o\u00f9 les gens dorment \u2013 ici Royalieu caserne Compi\u00e8gne, ici en quarante-quatre passait Desnos, en f\u00e9vrier mon grand-p\u00e8re, une \u00e9tape du transfert) (l&rsquo;arm\u00e9e, la grande muette, a de la m\u00e9moire)<\/p>\n\n\n\n<p>l\u2019odeur de la mer, mais sans la chaleur qu\u2019on connaissait, une esp\u00e8ce d\u2019humidit\u00e9 le froid de l\u2019aube la mer au loin (une bizarrerie que cette mer qui s\u2019\u00e9loigne, se retire \u00e0 des kilom\u00e8tres, qu\u2019on n\u2019entend plus, vagues \u00e0 peine visibles \u2013 samedi soir dimanche matin sans tente sans abri, le sable collant, au loin nuages plomb\u00e9s) c&rsquo;est une cabane dont on a forc\u00e9 la porte, l\u00e0 o\u00f9 se changeaient les baigneuses<\/p>\n\n\n\n<p>une chambre une maison rue Jeanne-d\u2019Arc coloc sans doute briques presque noires les premi\u00e8res nuits d\u2019amour \u2013 au c\u0153ur la perte, la faim de destin\u00e9e \u2013 au poignet sa montre fond noir aiguilles d\u2019or automatique ronde bracelet de cuir noir \u2013 dormir \u00e0 peine l\u2019amour aussi \u2013 au r\u00e9veil la montre n\u2019est plus l\u00e0 ou oubli\u00e9e en partant trop vite ou vol\u00e9e ou perdue \u2013 chambre aux volets clos \u2013 l\u2019\u00e9t\u00e9 sans doute, on allait chanter quelque part on \u00e9tait en retard<\/p>\n\n\n\n<p>dans le coffre de la quatre-cent-quatre allong\u00e9 sur les valises, les collines de quelque part vers Forcalquier Dieulefit ce genre de villages inconnus improbables oubli\u00e9s dehors passent les arbres, les virages, ne pas dormir mais r\u00eaver, ne pas r\u00eaver mais voir, les arbres noirs les yeux des animaux sauvages, une esp\u00e8ce de montagne, les virages les lumi\u00e8res des phares au loin devant entre les t\u00eates des enfants \u2013 les vitres entr\u2019ouvertes et l\u2019odeur des pins, on arrivera bient\u00f4t \u2013 fermer les yeux ne pas dormir ne pas dormir<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>les h\u00f4tels sont innombrables (ils viennent de rouvrir tsais) (le nombre de nuit pass\u00e9es ici \u2013 attends que je compte \u2013 un peu moins de vingt-cinq mille, et il n\u2019en faudrait que dix \u2013 non mais la consigne, \u00e7a sert \u00e0 laisser son bagage) \u00e0 Naples ils les avaient supprim\u00e9es, les consignes (pour ob\u00e9ir \u00e0 celles de s\u00e9curit\u00e9, probablement)&nbsp;: o\u00f9 <a class=\"more-link\" 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