{"id":33896,"date":"2021-06-28T13:07:54","date_gmt":"2021-06-28T11:07:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=33896"},"modified":"2021-06-28T14:24:12","modified_gmt":"2021-06-28T12:24:12","slug":"le-pli-des-draps-sur-mon-visage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-pli-des-draps-sur-mon-visage\/","title":{"rendered":"Le pli des draps sur mon visage"},"content":{"rendered":"\n<p>J&rsquo;ai accept\u00e9 de m&rsquo;allonger sur cette literie d\u00e9fonc\u00e9e et peut-\u00eatre m\u00eame colonis\u00e9e de la pension du Havre, petite nuit, oui \u00e0 peine plus rassur\u00e9e que si je dormais dehors, les voix de la rue ou d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00a0? vite l&rsquo;aube, pr\u00eate \u00e0 tout que j&rsquo;\u00e9tais pour rester \u00e0 la mer une journ\u00e9e suppl\u00e9mentaire.<br><br>Le froid mortif\u00e8re de la souillure de mon lit nuit apr\u00e8s nuit qui ne me r\u00e9veille que si je bouge. Je ne me r\u00e9veillerai pas, Blobfish des profondeurs, je suis rentr\u00e9e en moi pour que la peur ne me prenne pas.<br><br>Sensation de sarcophage que ce creux des oncles et tantes du c\u00f4t\u00e9 maternel duquel je ne pouvais pas m&rsquo;extirper, petite, une fois couverte de l&rsquo;\u00e9dredon, trois fois plus grand que moi. Garantie pour mamie que je ne me l\u00e8verai que si elle venait.<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00abcouplet\/confort\u00bb du lit de camp et sac de couchage sentant juste ce qu&rsquo;il faut le renferm\u00e9, pour donner \u00e0 tous ces campings diff\u00e9rents chaque ann\u00e9e, la m\u00eame allure r\u00e9pertori\u00e9e de camp d&rsquo;entrainement militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir-l\u00e0, \u00e9puis\u00e9s d&rsquo;avoir jouer \u00e0 tout, fatigu\u00e9s d&rsquo;attendre la fin de ce repas toujours interminable chez le parrain de ma m\u00e8re, nous avons convenu sans un mot, de dormir. Emmanuel, le fils de la maison et moi, recroquevill\u00e9e petite dans ces bras d&rsquo;ado, encastr\u00e9e, comme sur lui, dans son lit d\u00e9j\u00e0 trop petit ; une fois puis \u00e0 chaque fois, longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p>Assimilation \u00e0 la culture de mon mari, quand tous d\u00e9cident de la fin du jour, nous d\u00e9ployons couvertures matelas fait main et coussins dans une organisation de puzzle ou de T\u00e9tris d&rsquo;humains de cette pi\u00e8ce \u00e0 vivre et \u00e0 dormir bien.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;art du poids mort dans le lit des parents consistant \u00e0 faire semblant de dormir juste avant le g\u00e9n\u00e9rique de fin ; illusion d&rsquo;abandon malgr\u00e9 le contact r\u00eache des bouloches des draps synth\u00e9tiques, pour que papa me porte encore une fois dans mon lit froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce complexe de classe qui m&#8217;emp\u00eache encore maintenant, selon les endroits, d&rsquo;ouvrir le lit en grand, et je me sens coinc\u00e9e dans un lit porte feuille, qui ne l&rsquo;est pas, et je me vois, me glisser dans les draps, semblant que je n&rsquo;y suis pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le clic-clac de ma Tata de Paris, son vieux complice d&rsquo;aventures, pass\u00e9 du studio \u00e0 l&rsquo;appart, dans lequel je ne pouvais pas trouver le repos, tellement raccord avec cette ville impraticable et malmenante qui m&#8217;emp\u00eachait de dormir et me fatiguait encore plus que le clic-clac de ma Tata de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait avec le ter, quitter la maison, une joie que ce cheminement, le temps du d\u00e9placement vol\u00e9 \u00e0 ceux qui tiennent le quotidien, je rompais ce train-train, je partais. Accueillie par ce fauteuil qui \u00e9tait mien, bulle d&rsquo;abandon regard au loin, je me d\u00e9tendais me laissais faire et m&rsquo;endormais berc\u00e9e par le ronronement du ver de terre en fer, tapis volant roulant, m&rsquo;offrant sas pour me prendre en main. <\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;ai accept\u00e9 de m&rsquo;allonger sur cette literie d\u00e9fonc\u00e9e et peut-\u00eatre m\u00eame colonis\u00e9e de la pension du Havre, petite nuit, oui \u00e0 peine plus rassur\u00e9e que si je dormais dehors, les voix de la rue ou d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9\u00a0? vite l&rsquo;aube, pr\u00eate \u00e0 tout que j&rsquo;\u00e9tais pour rester \u00e0 la mer une journ\u00e9e suppl\u00e9mentaire. 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