{"id":35890,"date":"2021-07-05T19:48:55","date_gmt":"2021-07-05T17:48:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=35890"},"modified":"2021-07-07T21:35:26","modified_gmt":"2021-07-07T19:35:26","slug":"dans-la-marmite-de-son-ventre-est-un-grand-secret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dans-la-marmite-de-son-ventre-est-un-grand-secret\/","title":{"rendered":"#P3 | Dans la marmite de son ventre est un grand secret"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Assiette : <\/strong><em>Ne pas \u00eatre dans son assiette<\/em>. Ne pas se sentir bien. Mes parents avaient un service d&rsquo;assiettes d\u00e9cor\u00e9es que leur avaient transmis mes grands-parents maternels. Des sc\u00e9nettes repr\u00e9sentaient de mani\u00e8re na\u00efve des enfants jouant au jardin, \u00e0 l&rsquo;heure du go\u00fbter, avec les fruits, les l\u00e9gumes, accompagn\u00e9es de petites l\u00e9gendes humoristiques. Il y en avait qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e9rait \u00e0 d&rsquo;autres. Mais parfois, le hasard de notre place \u00e0 table, faisait qu&rsquo;on n&rsquo;obtenait pas toujours celle qu&rsquo;on souhaitait ou qui correspondait \u00e0 notre humeur du jour. On tentait l&rsquo;\u00e9change avec notre voisin, mais celui-ci nous n&rsquo;\u00e9tait pas toujours accommodant. On devait donc garder l&rsquo;assiette et le pr\u00e9sage annonc\u00e9. Le sort en \u00e9tait jet\u00e9. \u00ab Pour quelqu\u2019un qui ne connaissait pas d\u2019Artagnan, il paraissait dans son assiette ordinaire ; pour ses amis, c\u2019est-\u00e0-dire pour Athos et Aramis, sa gaiet\u00e9 \u00e9tait de la fi\u00e8vre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bouch\u00e9e :<\/strong> B comme bouche. Bouche b\u00e9e. Bouche ouverte. <em>N&rsquo;en faire qu&rsquo;une bouch\u00e9e<\/em>. dominer facilement, en venir ais\u00e9ment \u00e0 bout. Dans l\u2019\u00e9criture m\u00eame de celui qui mange, avale, d\u00e9guste, d\u00e9vore, engloutit un plat, un met, on retrouve aussi l\u2019organe de la parole, et le truchement du d\u00e9sir. <em>Mettre les bouch\u00e9es doubles<\/em>. Tous les lieux, toutes les mani\u00e8res de manger, sur le pouce, en marchant, \u00e0 table, chez soi, dans la cuisine ou dans la salle \u00e0 manger, debout sur un coin du bar, devant la t\u00e9l\u00e9vision, au restaurant, au bistrot, en terrasse ou en fond de salle. Acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;accomplissement de quelque chose.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Coq : <\/strong>On plaisantait beaucoup dans ma famille sur cette erreur de langage de ma grand-m\u00e8re maternelle, Juliette, qui pour dire qu&rsquo;elle avait pass\u00e9 un bon moment chez une cousine et qu&rsquo;elle y avait \u00e9t\u00e9 toute \u00e0 son aise, avait dit qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 <em>comme un p\u00e2te en coq<\/em> au lieu de <em>comme un coq en p\u00e2te<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Eau :<\/strong> La nourriture est souvent associ\u00e9e en France \u00e0 la terminologie du jargon sexuel. Dans la chanson de Serge Gainsbourg par exemple, l&rsquo;expression <em>l&rsquo;eau \u00e0 la bouche<\/em> qui donne son titre au morceau, est sans ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 ce sujet : \u00ab Je te veux confiante, je te sens captive. Je te veux docile, je te sens craintive. Je t&rsquo;en prie, ne sois pas farouche. Quand me vient l&rsquo;eau \u00e0 la bouche. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fraise :<\/strong> Si <em>laisser quelqu\u2019un aller dans les framboisiers<\/em>, signifie en Polonais qu\u2019on le laisse aller au devant de difficult\u00e9s en toute connaissance de cause, en Fran\u00e7ais <em>sucrer les fraises<\/em> qui a une toute autre signification, \u00eatre s\u00e9nile, peut cependant se comprendre dans un sens voisin. Avec une fatalit\u00e9 au go\u00fbt amer r\u00e9v\u00e9lateur de notre rapport \u00e0 la vieillesse et la mort.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Graine : <\/strong><em>Casser une petite graine<\/em>. Dans la s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e <em>Kaamelott<\/em>, le Ma\u00eetre d&rsquo;armes reproche au roi Arthur de trop manger. Arthur se moque de lui en lui disant qu&rsquo;il ne mange que des graines, \u00e0 quoi le Ma\u00eetre d&rsquo;armes lui r\u00e9pond sur tous les tons et de plus en plus \u00e9nerv\u00e9 par cette insinuation : Je ne mange pas de graines ! Le personnage de Karadoc est un chevalier obnubil\u00e9 par la nourriture, b\u00eate et incapable du moindre fait d&rsquo;arme. Lorsque le roi lui demande ce qu&rsquo;il pense du Ma\u00eetre d&rsquo;armes qui ne mange que des graines, il r\u00e9pond de mani\u00e8re v\u00e9h\u00e9mente : \u00ab Si la jeunesse se met \u00e0 croire \u00e0 ce genre de conneries, on se dirige tout droit vers une g\u00e9n\u00e9ration de d\u00e9pressifs. Le gras, c&rsquo;est la vie ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Haricot : <\/strong>Il y a des mets disparus qu&rsquo;on ne mangera plus, des fruits dont ce n&rsquo;est plus la saison, des recettes oubli\u00e9es. L&rsquo;image de ces petits g\u00e2teaux qu&rsquo;enfant on mangeait au go\u00fbter, avec des messages \u00e9crits dessus, qui nous ravissaient, me revient en m\u00e9moire : <em>Pense \u00e0 moi. Tu r\u00eaves. Viens dormir. Un \u00e9t\u00e9. \u00c0 toi ma vie. En train. Tais-toi \u00c0 la folie. Toi Papa. Un avion. Un peu. Si tu veux.<\/em> Mais c&rsquo;est si loin tout \u00e7a. Tout est perdu. <em>C&rsquo;est la fin des haricots<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Huile :<\/strong> <em>Jeter de l&rsquo;huile sur le feu<\/em>. Attiser une envie, une dispute, envenimer une situation. Au Vietnam : <em>On donne des coups de couteau dans la planche \u00e0 d\u00e9couper quand on ne peut pas atteindre le poisson<\/em>, ce qui veut signifie qu\u2019on se trompe de cible pour sa col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jambon :<\/strong> J&rsquo;ai entendu un jour une jeune femme dire \u00e0 son compagnon en lui montrant ses cuisses, qu&rsquo;elle avait d&rsquo;affreux jambons. <em>Se faire prendre pour un jambon<\/em>, c&rsquo;est se faire prendre pour un imb\u00e9cile. Mais parfois il arrive que nous soyons nous-m\u00eame l&rsquo;imb\u00e9cile en question.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Louche : <\/strong>Je ne peux pas m&#8217;emp\u00eacher de penser, en entendant l&rsquo;expression, <em>\u00e0 la louche<\/em>, qui veut dire approximativement, en gros, que la donne est fauss\u00e9e, car dans louche j&rsquo;entends bizarre, trouble, suspect.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Manger : <\/strong>Les expressions courantes li\u00e9es \u00e0 la nourriture et au go\u00fbt sont marqu\u00e9es par notre culture et notre histoire. Si au Japon on peut <em>manger la brume<\/em>, ici <em>on mange ses morts<\/em>. <em>On mange son pain blanc<\/em>. <em>Inqui\u00e8te-toi de ce que tu manges et non de qui te mangera<\/em>. Et <em>comme on mange on travaille<\/em>. Dans <em>Madame Bovary<\/em>, Gustave Flaubert \u00e9crit : \u00ab Et tu vis l\u00e0, chez moi, comme un chanoine, comme un coq en p\u00e2te, \u00e0 te goberger ! \u00bb Dans la langue Baining de Nouvelle-Guin\u00e9e, il existe un mot, <em>Awumbuk<\/em>, qui d\u00e9signe le vide palpable laiss\u00e9 par le visiteur lorsqu&rsquo;il vient de partir. Celui-ci laisse une telle empreinte dans l\u2019air ambiant qu\u2019il faut poser par terre un bol plein d\u2019eau pour l\u2019absorber. Le lendemain matin, on jette l\u2019eau le plus loin possible. En fran\u00e7ais l&rsquo;expression <em>manger les pissenlits par la racine <\/em>renverse la situation pour indiquer qu&rsquo;une personne est morte et enterr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Omelette :<\/strong> Enfant, lorsque j&rsquo;alliais au restaurant en famille, ce qui \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque n&rsquo;\u00e9tait pas si fr\u00e9quent, je ne savais jamais quel plat choisir lorsqu&rsquo;on me tendait le menu. Je lisais plusieurs fois la liste des plats et je me perdais dans leurs noms, incapable de savoir si j&rsquo;allais aim\u00e9 \u00e7a. Press\u00e9 par mes parents et le serveur de faire mon choix, je prenais un plat au hasard, attir\u00e9 par son nom \u00e9trange. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s souvent d\u00e9\u00e7u, d\u00e9sappoint\u00e9. Et r\u00e9guli\u00e8rement c&rsquo;est moi qui \u00e9tait servi le dernier. J&rsquo;\u00e9tais \u00e9galement le dernier \u00e0 terminer mon assiette. Il fallait finir bien entendu, pas question d&rsquo;en laisser. <em>On ne fait pas d&rsquo;omelette sans casser des \u0153ufs<\/em>.  On n&rsquo;obtient rien sans courir de risques. En Italie, c\u2019est \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser. <em>Mange ta soupe ou saute par la fen\u00eatre<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pomme :<\/strong> Dans <em>Ma Pomme<\/em>, la c\u00e9l\u00e8bre chanson de Maurice Chevalier, on peut entendre ces mots : <em>Les femm&rsquo;s moi m&rsquo;en faut comme \u00e0 tout l&rsquo;monde \/ Mais j&rsquo;m&#8217;embarrass&rsquo; pas \/ Quand j&rsquo;d\u00e9sire un&rsquo; brune ou une blonde \/ Je choisis dans l&rsquo;tas \/Comm&rsquo; j&rsquo;ai pas d&rsquo;p\u00e8z&rsquo; je m&rsquo;sens \u00e0 l&rsquo;aise \/ Pour leur promettr&rsquo; tout s&rsquo;qui leur pla\u00eet\u2026 \/ Mais quand j&rsquo;en pinc&rsquo; je suis bon prince \/ En partant, j&rsquo;leur laiss&rsquo;\u2026 mon portrait. <\/em>Et le refrain qui arrive entra\u00eenant : <em>Ma pomme, c&rsquo;est moi\u2026 J&rsquo;suis plus heureux qu&rsquo;un roi. Je n&rsquo;me fais jamais d&rsquo;mousse. Sans s&rsquo;cousse, Je m&rsquo;pousse. Les hommes. Je l&rsquo;crois. S&rsquo;font do souci, pourquoi ? Car pour \u00eatre heureux comme\u2026 Ma pomme. Ma pomme.<\/em> <em>Il suffit d&rsquo;\u00eatre en somme, aussi peinard que moi.<\/em> La pomme est consid\u00e9r\u00e9e dans la Bible comme \u00ab fruit d\u00e9fendu \u00bb. Dans ces conditions comme s&rsquo;\u00e9tonner de la grossi\u00e8ret\u00e9 d&rsquo;une expression comme <em>se sucer la pomme<\/em> qui veut dire s&#8217;embrasser goul\u00fbment, ce que les anglo-saxons appellent couramment le <em>French kiss<\/em>. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Raisin : <\/strong>Je ne peux m&#8217;emp\u00eacher d&rsquo;imaginer le go\u00fbt si particulier de ce fruit introuvable, <em>mi figue-mi raisin<\/em>, croisement entre les deux fruits qui garderait de la figue son go\u00fbt tr\u00e8s sucr\u00e9 et prendrait du raisin sa saveur plus subtile. Mais je reste dubitatif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Salade :<\/strong> <em>Raconter des salades<\/em> c&rsquo;est mentir. Cela peut \u00e9galement nous perdre. \u00ab Pour l\u00e0 o\u00f9 ils vont vous envoyer, L\u00e9vy, Isaac, Abraham, Blum Macaroni ou Mohamed, c\u2019est pareil, \u00e9crit Claude Simon, dans <em>L&rsquo;Acacia<\/em> ; on est bons comme la romaine. \u00bb Michel Butor, dans le texte <em>Boomerang<\/em> extrait de son livre <em>G\u00e9nie du lieu<\/em>, d\u00e9crit un endroit \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une recette de cuisine. \u00ab Pour r\u00e9ussir votre (vraie) salade du comt\u00e9, selon les conseils du D\u00e9put\u00e9-maire, grand sp\u00e9cialiste en cuisine locale, vous couperez pour six couverts dix tomates moyennes en quartiers et les salerez l\u00e9g\u00e8rement une premi\u00e8re fois sur la planche, couperez aussi trois \u0153ufs durs en quartiers ou rondelles, d\u00e9taillerez 12 filets d\u2019anchois en trois ou quatre morceaux chacun, mais vous n\u2019oublierez pas les \u00e9glises \u00e0 dentelle de marbre, les eucalyptus et les mimosas venus d\u2019Australie, le fant\u00f4me des carnavals de jadis et des hommes de <em>Terra Amata<\/em> qui chassaient l\u2019\u00e9l\u00e9phant, le rhinoc\u00e9ros et le cerf, sur un fond d\u2019arri\u00e8re-pays \u00e0 grandes solitudes ; et h\u00e2tez-vous d\u2019en profiter, la pollution monte. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tarte : <\/strong>Ces injonctions ancestrales de savoir-vivre pour se tenir <em>comme il faut<\/em> \u00e0 table, ne pas mettre les coudes sur la table, se tenir droit, ne pas renverser son verre, ne pas boire trop vite, ne pas manger froid apr\u00e8s un plat chaud. <em>Ce n&rsquo;est pas de la tarte<\/em>. Ce n&rsquo;est pas facile, ce n&rsquo;est pas une mince affaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Viande : <\/strong><em>Mettre la viande dans le torchon<\/em>. C&rsquo;est une expression que j&rsquo;ai entendue de nombreuses fois dans la bouche de ma belle-m\u00e8re. Se coucher, aller au lit. Je trouvais cela tr\u00e8s vulgaire. On ne disait pas cela dans ma famille. Il y a quelque chose de tr\u00e8s bestial, d&rsquo;animal dans cette formule, comme la plupart des expressions li\u00e9es \u00e0 la nourriture, \u00e0 la gastronomie en France, elles \u00e9voquent toujours la bonne ch\u00e8re. La chair est ch\u00e8re. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yaourt :<\/strong> La premi\u00e8re fois que j&rsquo;ai entendu cette expression, <em>chanter en yaourt<\/em>, c&rsquo;est lorsqu&rsquo;on m&rsquo;a demand\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire les paroles d&rsquo;une chanson pour un groupe de rock. J&rsquo;avoue que je ne la connaissais pas. Chanter en produisant des sons qui font penser \u00e0 une langue r\u00e9elle. <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Zeste :<\/strong> En finnois, le mot <em>Kalsarik\u00e4nnit<\/em> d\u00e9signe le fait de se saouler chez soi en petite tenue, sans intention de faire quoi que ce soit d\u2019autre. Une pointe, une touche. Un zeste de folie, d&rsquo;humour, d&rsquo;originalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il l&rsquo;appareille, la serre et la fatigue \u00e0 foison. Elle s&rsquo;aplatit, s\u2019arase et s&rsquo;assouplit. Il la manie sans m\u00e9nagement ni mesure, lui tient la bride, la brosse. Elle se raidit. Il s&rsquo;y incorpore. Il la bat, la fait bouler dans le creux de sa main. Il aime la culotter et la badigeonner. C&rsquo;est une manie de chercher \u00e0 la sublimer. La darne de ses cuisses rosit, rougit \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre fouett\u00e9e. Elle se laisse chemiser, chiqueter, ciseler, clarifier. Elle s&rsquo;en d\u00e9laye. Elle d\u00e9trempe et mac\u00e8re, son jus sent un l\u00e9ger fumet de sucs caram\u00e9lis\u00e9s. Leurs peaux r\u00e2p\u00e9es se marbrent en se modelant, \u00e7a monte et \u00e7a moule jusqu&rsquo;\u00e0 mousser, et nacrer le panache de leurs peaux de couleur, de saveur et de forme diff\u00e9rentes. Stri\u00e9es. Il la laisse reposer un instant pour qu&rsquo;elle reprenne son souffle. Il la r\u00e9serve avant de revenir vers elle pour mieux la remonter, la rectifier \u00e0 la salamandre. Elle le saisit \u00e0 son tour, le sable du bout des doigts, le pare en papillote, \u00e0 l&rsquo;\u00e9touff\u00e9e. Pil\u00e9, pinc\u00e9, pel\u00e9 \u00e0 vif. Il adore \u00e7a. Quadrill\u00e9 de toutes parts. Qu&rsquo;il se d\u00e9gorge comme on \u00e9limine le sang ou les impuret\u00e9s d&rsquo;une viande. Car elle aussi aime le compoter, le tamponner, le travailler de mani\u00e8re unilat\u00e9rale avant de le chiqueter et de le videler sur les bords pour son plus grand plaisir. Son corps huil\u00e9 pour mieux l&rsquo;hydrater, l&rsquo;imbiber de sa sueur. Corps \u00e0 corps. Abricot. Elle le cardinalise, sa peau devient rouge, il est cern\u00e9. Ses abatis assouplis, rectifi\u00e9s. Il y laisse chemise, sa part tamis\u00e9e puis saupoudr\u00e9e. Leurs corps se c\u00f4toient, se concassent et se d\u00e9brident apr\u00e8s d\u00e9cantation. Ils se blanchissent sous l&rsquo;appareil, enfarin\u00e9s. Ils d\u00e9trempent et se laissent infuser pour se rafraichir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Assiette : Ne pas \u00eatre dans son assiette. Ne pas se sentir bien. Mes parents avaient un service d&rsquo;assiettes d\u00e9cor\u00e9es que leur avaient transmis mes grands-parents maternels. Des sc\u00e9nettes repr\u00e9sentaient de mani\u00e8re na\u00efve des enfants jouant au jardin, \u00e0 l&rsquo;heure du go\u00fbter, avec les fruits, les l\u00e9gumes, accompagn\u00e9es de petites l\u00e9gendes humoristiques. 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