{"id":36118,"date":"2021-07-06T16:06:15","date_gmt":"2021-07-06T14:06:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=36118"},"modified":"2022-05-05T16:41:09","modified_gmt":"2022-05-05T14:41:09","slug":"la-fabrique-emmanuelle-cordoliani-des-penelopes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-fabrique-emmanuelle-cordoliani-des-penelopes\/","title":{"rendered":"#Fabrique | Emmanuelle Cordoliani, des P\u00e9n\u00e9lopes\u2026"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Sorties tout droit de l\u2019anthologie d\u2019<em>une certaine dose de po\u00e9sie<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/penelope_unraveling_her_work_at_night__met_ada6426-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-36182\" width=\"595\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/penelope_unraveling_her_work_at_night__met_ada6426-1-420x295.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/penelope_unraveling_her_work_at_night__met_ada6426-1-768x539.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 595px) 100vw, 595px\" \/><figcaption><em><em>Penelope Unraveling Her Work at Night, 1886<\/em><\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans la lign\u00e9e du soleil,<br>Dans le sillage du vent,<br>L\u00e0 o\u00f9 la terre rejoint le ciel,<br>Il chevauchera les mers d\u2019argent,<br>Il scindera les flots somptueux.<br>Moi je m\u2019assi\u00e9rai dans mon canap\u00e9<br>Quand le voisin sonnera, j\u2019irai lui parler;<br>Infuserai mon th\u00e9, couperai mon coton<br>Et blanchirai mon linge de maison.<br>Et c\u2019est lui qu\u2019ils trouveront courageux.<br><br><strong>Dorothy Parker<\/strong> \/ P\u00e9n\u00e9lope<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne tissais pas, je ne tricotais pas,<br>c&rsquo;est un texte que je commen\u00e7ais, et je l&rsquo;effa\u00e7ais<br>sous le poids des mots<br>parce que l&rsquo;expression parfaite est emp\u00each\u00e9e<br>quand l&rsquo;int\u00e9rieur est oppress\u00e9 de douleur.<br><br>Et tandis que l&rsquo;absence est le th\u00e8me de ma vie<br>\u2014\u00a0l&rsquo;absence de la vie \u2014<br>surgissent sur le papier des pleurs<br>et la souffrance naturelle du corps<br>qui est en manque.<br><br>J&rsquo;efface, je d\u00e9chire, je nie<br>les cris vivants<br>\u00ab\u2009o\u00f9 es-tu, viens, je t\u2019attends<br>ce printemps-l\u00e0 n\u2019est pas comme les autres\u2009\u00bb<br>et je recommence au matin<br>avec des oiseaux neufs et des draps blancs<br>\u00e0 s\u00e9cher au soleil.<br><br>Tu ne seras jamais l\u00e0<br>avec le tuyau \u00e0 arroser les fleurs<br>alors que les vieux plafonds d\u00e9goulinent<br>charg\u00e9s de pluie<br>et que ma personnalit\u00e9 s&rsquo;est dilu\u00e9e<br>dans la tienne<br>tranquillement, comme en automne&#8230;<br><br>Ton coeur d&rsquo;exception<br>\u2014 d&rsquo;exception parce que je l&rsquo;ai choisi \u2014<br>sera toujours ailleurs<br>et moi je continuerai \u00e0 couper avec des mots<br>les fils qui me relient<br>\u00e0 l&rsquo;homme particulier<br>qui me manque<br>jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;Ulysse devienne symbole de Nostalgie<br>et qu&rsquo;il arpente les mers<br>dans l&rsquo;esprit de tout un chacun.<br><br>Je t&rsquo;oublie avec passion<br>chaque jour<br>pour que tu te laves des p\u00e9ch\u00e9s<br>de la douceur et de l&rsquo;odeur<br>et que, tout propre d\u00e9sormais,<br>tu entres dans l&rsquo;immortalit\u00e9.<br><br>C&rsquo;est un travail difficile et ingrat.<br>Mon seul salaire sera de comprendre<br>\u00e0 la fin quelle pr\u00e9sence humaine<br>quelle absence<br>ou bien comment fonctionne le moi<br>dans tout ce d\u00e9sert, dans tout ce temps<br>comment le lendemain ne s&rsquo;arr\u00eate pour rien au monde<br>le corps se r\u00e9pare sans cesse<br>se l\u00e8ve et se couche<br>comme si on le taillait<br>tant\u00f4t malade et tant\u00f4t amoureux<br>en esp\u00e9rant<br>que ce qu&rsquo;il perd en contact<br>il le gagne en substance.<br><br><strong>Katerina Anghelaki-Rooke<\/strong> \/ Les papiers \u00e9pars de P\u00e9n\u00e9lope<br>Traduction :\u00a0 Marie-Laure Coulmin Koutsaftis<\/p>\n\n\n\n<p>Encore et encore,<br>les longues vagues rampent<br>et suivent le sable avec de la mousse;<br>la nuit s&rsquo;assombrit et la mer<br>prend ce ton d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9<br>de noir que les femmes mettent<br>quand tout leur amour est fini.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 plusieurs reprises ,<br>le fil emm\u00eal\u00e9 tombe<br>encore et encore et encore;<br>par-dessus et tout est cousu;<br>maintenant, pendant que je lie l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9,<br>je souhaite qu&rsquo;un ami fougueux<br>balaie imp\u00e9tueusement<br>ces doigts du m\u00e9tier \u00e0 tisser.<\/p>\n\n\n\n<p>Mes pens\u00e9es fatigu\u00e9es<br>trahissent mon \u00e2me, au<br>moment o\u00f9 le travail est termin\u00e9;<br>rapide pendant que la trame est enti\u00e8re,<br>tourne maintenant, mon esprit, rapide,<br>et d\u00e9chire le motif l\u00e0,<br>les fleurs si habilement travaill\u00e9es,<br>les fronti\u00e8res du bleu de<br>la mer , la c\u00f4te bleu de la mer de la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>La toile \u00e9tait trop belle,<br>cette toile d&rsquo;images l\u00e0-bas, des<br>enchantements que je croyais<br>qu&rsquo;il avait, que j&rsquo;avais perdus;<br>tissant son bonheur<br>dans le cadre de couture,<br>tissant son feu et son cadre,<br>je pensais que mon travail \u00e9tait termin\u00e9,<br>je priais pour qu&rsquo;un seul<br>de ceux que j&rsquo;avais rejet\u00e9s<br>puisse se baisser et vaincre cette<br>longue attente par un baiser.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais \u00e0 chaque fois que je vois<br>mon travail si joliment<br>tiss\u00e9 et que je garderais<br>l&rsquo;image et le tout,<br>Ath\u00e9na me rend l&rsquo; \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Inclinant dans mon cerveau,<br>je vois comme des arbres de pluie<br>son char et ses arbres,<br>Je vois les fl\u00e8ches tomber,<br>je vois le seigneur qui bouge<br>comme Hector seigneur de l&rsquo;amour,<br>je le vois jumel\u00e9 avec de<br>beaux rivaux brillants, et je vois<br>ces petits rivaux fuir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>H.D <\/strong>\/ \u00c0\u00a0Ithaque<\/p>\n\n\n\n<p>Traduction : Etienne Dobenesque<\/p>\n\n\n\n<p>Le matin, lorsque je me l\u00e8ve, j\u2019ai la sensation d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 mise sur la terre pour travailler. A quoi ? Je me sers des mots sur la feuille patiente comme le marteau sur le fer et la pioche sur la terre. Je me sers du silence pour filer. Il est probable que durant la nuit, comme P\u00e9n\u00e9lope, je d\u00e9fasse mon ouvrage afin de le recommencer \u00e0 l\u2019aube : \u00ab C\u2019est ainsi que ses jours passaient \u00e0 tisser l\u2019ample voile\/et ses nuits \u00e0 d\u00e9faire cet ouvrage sous les torches \u00bb<sup>1<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Travail de vivre, travail de mourir. L\u2019excuse de ce travail est de le poursuivre aveugl\u00e9ment. Je suis venue au monde pour m\u2019acquitter de cette t\u00e2che : poursuivre un travail, le mien, certes, et celui des autres. C\u2019est elle, toi, nous pench\u00e9s sur une immense toile que les vents de la nuit d\u00e9font. Nous reprenons le tissage \u00e0 l\u2019aube. Nous tirons sur des fils o\u00f9 brillent les reflets de l\u2019Atlantique. Les vents de la mer entrouvrent ses portes et, sans bouger, nous avons l\u2019illusion de retrouver la libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Silvia Baron Supervielle<\/strong> \/ <a href=\"http:\/\/www.zazieweb.fr\/site\/fichelivre.php?num=6206#Message38952\">Le Pays de l\u2019\u00e9criture<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>1<\/sup>Hom\u00e8re <em>Odyss\u00e9e<\/em>, chant II, traduction de Philippe Jaccottet<br><\/p>\n\n\n\n<p>Mon cher Ulysse,<br>il n\u2019est plus possible<br>mon \u00e9poux<br>que le temps passe et vole<br>et que je ne te dise rien<br>de ma vie \u00e0 Ithaque.<br><br>Il y a bien des ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0<br>que tu es parti<br>ton absence fut douloureuse<br>pour ton fils et pour moi.<br><br>Des pr\u00e9tendants<br>ont commenc\u00e9 \u00e0 m\u2019encercler<br>ils \u00e9taient si nombreux<br>et leur cour si pressante<br>qu\u2019un dieu a eu piti\u00e9<br>de ma peine<br>et m\u2019a conseill\u00e9 de tisser<br>une toile fine<br>interminable<br>qui te servirait<br>de suaire.<br><br>Si je parvenais \u00e0 l\u2019achever<br>je devrais sans d\u00e9lai<br>choisir un \u00e9poux.<br><br>L\u2019id\u00e9e m\u2019a captiv\u00e9e<br>au lever du soleil<br>je me mettais \u00e0 tisser<br>et d\u00e9faisais mon ouvrage la nuit.<br><br>J\u2019ai ainsi pass\u00e9 trois ans<br>mais d\u00e9sormais, Ulysse,<br>mon c\u0153ur soupire pour un jeune homme<br>aussi beau que toi dans ta jeunesse<br>aussi habile \u00e0 l\u2019arc<br>et de sa lance.<br><br>Notre maison est en ruines<br>et j\u2019ai besoin d\u2019un homme<br>qui sache la gouverner.<br><br>T\u00e9l\u00e9maque est encore un enfant<br>et ton p\u00e8re est un vieil homme.<br><br>Il est pr\u00e9f\u00e9rable, Ulysse<br>que tu ne reviennes pas<br>de mon amour pour toi<br>ne restent que des cendres<br><br>T\u00e9l\u00e9maque va bien<br>il ne r\u00e9clame m\u00eame pas son p\u00e8re<br>mieux vaut pour toi<br>que nous te consid\u00e9rions mort.<br><br>J\u2019ai su par les voyageurs<br>pour Calypso<br>et pour Circ\u00e9.<br><br>Profite, Ulysse,<br>si tu choisis Calypso,<br>tu retrouveras la jeunesse<br>si Circ\u00e9 est l\u2019\u00e9lue<br>tu seras parmi ses pourceaux<br>le plus auguste.<br><br>J\u2019esp\u00e8re que cette lettre<br>ne t\u2019offensera pas<br>n\u2019invoque pas les dieux<br>ce serait en vain<br>souviens-toi de M\u00e9n\u00e9las<br>et d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<br>\u00e0 cause de cette guerre folle<br>les meilleurs de nos hommes<br>ont perdu la vie<br>et te voil\u00e0 l\u00e0 o\u00f9 tu es.<br><br>Ne reviens pas, Ulysse,<br>je t\u2019en supplie.<br><br>Ta discr\u00e8te P\u00e9n\u00e9lope<br><br><br><strong>Claribel Alegr\u00eda <\/strong>\/ Lettre \u00e0 un exil\u00e9<br>Traduction : Sandra Gondouin<\/p>\n\n\n\n<p>Mi querido Odiseo:<br>ya no es posible m\u00e1s<br>esposo m\u00edo<br>que el tiempo pase y vuele<br>y no te cuente yo<br>de mi vida en \u00cdtaca.<br><br>Hace ya muchos a\u00f1os<br>que te fuiste<br>tu ausencia nos pes\u00f3<br>a tu hijo y a m\u00ed.<br><br>Empezaron a cercarme<br>pretendientes<br>eran tantos<br>tan tenaces sus requiebros<br>que apiad\u00e1ndose un dios<br>de mi congoja<br>me aconsej\u00f3 tejer<br>una tela sutil<br>interminable<br>que te sirviera a ti<br>como sudario.<br><br>Si llegaba a concluirla<br>tendr\u00eda yo sin mora<br>que elegir un esposo.<br><br>Me cautiv\u00f3 la idea<br>al levantarse el sol<br>me pon\u00eda a tejer<br>y destej\u00eda por la noche.<br><br>As\u00ed pas\u00e9 tres a\u00f1os<br>pero ahora, Odiseo,<br>mi coraz\u00f3n suspira por un joven<br>tan bello como t\u00fa cuando eras mozo<br>tan h\u00e1bil con el arco<br>y con la lanza.<br><br>Nuestra casa est\u00e1 en ruinas<br>y necesito un hombre<br>que la sepa regir.<br><br>Tel\u00e9maco es un ni\u00f1o todav\u00eda<br>y tu padre un anciano.<br><br>Preferible, Odiseo,<br>que no vuelvas<br>de mi amor hacia <br>tino queda ni un rescoldo<br><br>Tel\u00e9maco est\u00e1 bien<br>ni siquiera pregunta por su padre<br>es mejor para ti<br>que te demos por muerto.<br><br>S\u00e9 por los forasteros<br>de Calipso<br>y de Circe.<br><br>Aprovecha, Odiseo,<br>si eliges a Calipso,<br>recobrar\u00e1s la juventud<br>si es Circe la elegida<br>ser\u00e1s entre sus cerdos<br>el supremo.<br><br>Espero que esta carta<br>no te ofenda<br>no invoques a los dioses<br>ser\u00e1 en vano<br>recuerda a Menelao<br>con Helena<br>por esa guerra loca<br>han perdido la vida<br>nuestros mejores hombres<br>y est\u00e1s t\u00fa donde est\u00e1s.<br>No vuelvas, Odiseo,<br>te suplico.<br><br>Tu discreta Pen\u00e9lope<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 travers les oliviers vient P\u00e9n\u00e9lope<br>avec ses cheveux attach\u00e9s \u00e0 la va-vite<br>et une robe achet\u00e9e au march\u00e9<br>bleu marine avec des petites fleurs blanches.<br><br>Elle nous explique que ce n\u2019\u00e9tait pas par d\u00e9vouement<br>\u00e0 l\u2019id\u00e9e \u00ab Ulysse \u00bb<br>qu\u2019elle laissait les pr\u00e9tendants pendant des ann\u00e9es<br>attendre sur le parvis<br>des habitudes secr\u00e8tes de son corps.<br><br>L\u00e0-bas dans le palais de l\u2019\u00eele<br>avec les horizons factices<br>d\u2019un amour doucereux<br>et l\u2019oiseau qui par la fen\u00eatre<br>ne con\u00e7oit que \u00e7a, l\u2019infini<br>elle avait dessin\u00e9 elle-m\u00eame avec les couleurs de la nature<br>le portrait de l\u2019amour.<br><br>Assis, une jambe crois\u00e9e sur l\u2019autre<br>tenant sa tasse de caf\u00e9<br>matinal, un peu boudeur, un peu souriant<br>sortant tout chaud des plumes du sommeil.<br><br>Son ombre sur le mur<br>marque d\u2019un meuble qu\u2019on vient juste d\u2019enlever<br>sang d\u2019un meurtre ancien<br>unique repr\u00e9sentation de th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombre<br>sur la toile, derri\u00e8re lui toujours le chagrin<br>comme le petit seau et le gamin sur le sable<br>le ah ! et un cristal qui nous a gliss\u00e9 des mains<br>la mouche verte et l\u2019animal tu\u00e9<br>la terre et la b\u00eache<br>le corps nu et le drap de juillet.<br><br>Et P\u00e9n\u00e9lope qui \u00e9coute maintenant<br>l\u2019impressionnante musique de la peur<br>les percussions de la d\u00e9mission<br>le doux chant d\u2019une journ\u00e9e tranquille<br>sans changements brutaux de temps et de ton<br>les accords compliqu\u00e9s<br>d\u2019une immense reconnaissance<br>pour ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 dit, ne se dit pas<br>secoue la t\u00eate non, non, non, pas d\u2019autre amour<br>plus de paroles et de chuchotements<br>de fr\u00f4lements et de morsures<br>de petits cris dans l\u2019obscurit\u00e9<br>d\u2019odeur de chair qui br\u00fble \u00e0 la lumi\u00e8re.<br>Le chagrin \u00e9tait le pr\u00e9tendant le plus exquis<br>et elle lui a ferm\u00e9 sa porte.<\/p>\n\n\n\n<p>Katerina Anghelaki-Rooke \/ L\u2019autre P\u00e9n\u00e9lope<\/p>\n\n\n\n<p>\u0397 \u0391\u039b\u039b\u0397 \u03a0\u0397\u039d\u0395\u039b\u039f\u03a0\u0397<\/p>\n\n\n\n<p>\u039c\u03ad\u03c3\u2019 \u03b1\u03c0\u2019 \u03c4\u03b9\u03c2 \u03b5\u03bb\u03b9\u03ad\u03c2 \u03ad\u03c1\u03c7\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9 \u03b7 \u03a0\u03b7\u03bd\u03b5\u03bb\u03cc\u03c0\u03b7<br>\u03bc\u03b5 \u03c4\u03b1 \u03bc\u03b1\u03bb\u03bb\u03ac\u03ba\u03b9\u03b1 \u03c4\u03b7\u03c2 \u03cc\u03c0\u03c9\u03c2 \u03cc\u03c0\u03c9\u03c2 \u03bc\u03b1\u03b6\u03b5\u03bc\u03ad\u03bd\u03b1<br>\u03ba\u03b9 \u03ad\u03bd\u03b1 \u03c6\u03bf\u03c5\u03c3\u03c4\u03ac\u03bd\u03b9 \u03b1\u03c0\u2019 \u03c4\u03b7 \u039b\u03b1\u03ca\u03ba\u03ae,<br>\u03bc\u03c0\u03bb\u03b5 \u03bc\u03b1\u03c1\u03ad\u03bd \u03bc\u03b5 \u03ac\u03c3\u03c0\u03c1\u03b1 \u03bb\u03bf\u03c5\u03bb\u03bf\u03c5\u03b4\u03ac\u03ba\u03b9\u03b1.<br>\u039c\u03b1\u03c2 \u03b5\u03be\u03b7\u03b3\u03b5\u03af \u03c0\u03c9\u03c2 \u03b4\u03b5\u03bd \u03ae\u03c4\u03b1\u03bd \u03b1\u03c0\u03cc \u03c0\u03c1\u03bf\u03c3\u03ae\u03bb\u03c9\u03c3\u03b7<br>\u03c3\u03c4\u03b7\u03bd \u03b9\u03b4\u03ad\u03b1 \u00ab\u039f\u03b4\u03c5\u03c3\u03c3\u03ad\u03b1\u03c2\u00bb<br>\u03c0\u03bf\u03c5 \u03ac\u03c6\u03b7\u03bd\u03b5 \u03c4\u03bf\u03c5\u03c2 \u03bc\u03bd\u03b7\u03c3\u03c4\u03ae\u03c1\u03b5\u03c2 \u03c7\u03c1\u03cc\u03bd\u03b9\u03b1<br>\u03bd\u03b1 \u03c0\u03b5\u03c1\u03b9\u03bc\u03ad\u03bd\u03bf\u03c5\u03bd \u03c3\u03c4\u03bf \u03c0\u03c1\u03bf\u03b1\u03cd\u03bb\u03b9\u03bf<br>\u03c4\u03c9\u03bd \u03bc\u03c5\u03c3\u03c4\u03b9\u03ba\u03ce\u03bd \u03c3\u03c5\u03bd\u03b7\u03b8\u03b5\u03b9\u03ce\u03bd \u03c4\u03bf\u03c5 \u03ba\u03bf\u03c1\u03bc\u03b9\u03bf\u03cd \u03c4\u03b7\u03c2.<br>\u0395\u03ba\u03b5\u03af \u03c3\u03c4\u03bf \u03c0\u03b1\u03bb\u03ac\u03c4\u03b9 \u03c4\u03bf\u03c5 \u03bd\u03b7\u03c3\u03b9\u03bf\u03cd<br>\u03bc\u03b5 \u03c4\u03bf\u03c5\u03c2 \u03c6\u03c4\u03b9\u03b1\u03c7\u03c4\u03bf\u03cd\u03c2 \u03bf\u03c1\u03af\u03b6\u03bf\u03bd\u03c4\u03b5\u03c2<br>\u03bc\u03b9\u03b1\u03c2 \u03b3\u03bb\u03c5\u03ba\u03b5\u03c1\u03ae\u03c2 \u03b1\u03b3\u03ac\u03c0\u03b7\u03c2<br>\u03ba\u03b1\u03b9 \u03c4\u03bf \u03c0\u03bf\u03c5\u03bb\u03af \u03b1\u03c0\u2019 \u03c4\u03bf \u03c0\u03b1\u03c1\u03ac\u03b8\u03c5\u03c1\u03bf<br>\u03bd\u03b1 \u03c3\u03c5\u03bb\u03bb\u03b1\u03bc\u03b2\u03ac\u03bd\u03b5\u03b9 \u03bc\u03cc\u03bd\u03bf\u03bd \u03b1\u03c5\u03c4\u03cc, \u03c4\u03bf \u03ac\u03c0\u03b5\u03b9\u03c1\u03bf<br>\u03b5\u03af\u03c7\u03b5 \u03b6\u03c9\u03b3\u03c1\u03b1\u03c6\u03af\u03c3\u03b5\u03b9 \u03b5\u03ba\u03b5\u03af\u03bd\u03b7 \u03bc\u03b5 \u03c4\u03b1 \u03c7\u03c1\u03ce\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1 \u03c4\u03b7\u03c2 \u03c6\u03cd\u03c3\u03b7\u03c2<br>\u03c4\u03b7\u03bd \u03c0\u03c1\u03bf\u03c3\u03c9\u03c0\u03bf\u03b3\u03c1\u03b1\u03c6\u03af\u03b1 \u03c4\u03bf\u03c5 \u03ad\u03c1\u03c9\u03c4\u03b1.<br>\u039a\u03b1\u03b8\u03b9\u03c3\u03c4\u03cc\u03c2, \u03c4\u03bf \u03ad\u03bd\u03b1 \u03c0\u03cc\u03b4\u03b9 \u03c0\u03ac\u03bd\u03c9 \u03c3\u03c4\u2019 \u03ac\u03bb\u03bb\u03bf<br>\u03b2\u03b1\u03c3\u03c4\u03ce\u03bd\u03c4\u03b1\u03c2 \u03bc\u03b9\u03b1 \u03ba\u03bf\u03cd\u03c0\u03b1 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\u03ac\u03bb\u03bb\u03bf \u03bc\u03b9\u03bb\u03b9\u03ad\u03c2 \u03ba\u03b1\u03b9 \u03c8\u03b9\u03b8\u03c5\u03c1\u03af\u03c3\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1<br>\u03b1\u03b3\u03b3\u03af\u03b3\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1 \u03ba\u03b1\u03b9 \u03b4\u03b1\u03b3\u03ba\u03ce\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1<br>\u03c6\u03c9\u03bd\u03bf\u03cd\u03bb\u03b5\u03c2 \u03c3\u03c4\u03b1 \u03c3\u03ba\u03bf\u03c4\u03ac\u03b4\u03b9\u03b1<br>\u03bc\u03c5\u03c1\u03c9\u03b4\u03b9\u03ac \u03b1\u03c0\u03cc \u03c3\u03ac\u03c1\u03ba\u03b1 \u03c0\u03bf\u03c5 \u03ba\u03b1\u03af\u03b3\u03b5\u03c4\u03b1\u03b9 \u03c3\u03c4\u03bf \u03c6\u03c9\u03c2.<br>\u039f \u03c0\u03cc\u03bd\u03bf\u03c2 \u03ae\u03c4\u03b1\u03bd \u03bf \u03bc\u03bd\u03b7\u03c3\u03c4\u03ae\u03c1\u03b1\u03c2 \u03bf \u03c0\u03b9\u03bf \u03b5\u03ba\u03bb\u03b5\u03ba\u03c4\u03cc\u03c2<br>\u03ba\u03b1\u03b9 \u03c4\u03bf\u03c5 \u2019\u03ba\u03bb\u03b5\u03af\u03c3\u03b5 \u03c4\u03b7\u03bd \u03c0\u03cc\u03c1\u03c4\u03b1.<\/p>\n\n\n\n<p>Le couvent du Pantocrator sous les belles feuilles de ses platanes luit comme une femme qui se concentre avant de jouir. Le difficile est d&rsquo;en tenter l&rsquo;escalade et cependant ces chambres serpentant comme des m\u00e9andres, ces toits o\u00f9 ruisselle l&rsquo;huile du soleil, ces toits vernis, ces toits de beurre, ce labyrinthe de figuiers et de flaques de lumi\u00e8re \u00e0 la pointe d&rsquo;un pr\u00e9cipice vertical, c&rsquo;est cela seul qui m&rsquo;attire et c&rsquo;est l\u00e0 que s&rsquo;orientent les voiles de cette tartane sur cette mer plate comme un bruit de ressac.<br><br>\u00c9coute la balancelle du vent sur les fa\u00eetages, du vent lent comme les vagues \u2014 puis c&rsquo;est la pluie douce sur les carreaux treilliss\u00e9s de plomb, la pluie argentine, la pluie domestique entre les claires \u00e9tag\u00e8res \u00e0 vaisselle et la niche famili\u00e8re du chien, c&rsquo;est le couvent sur lequel tournent les heures, la grisaille des heures, la cloche des passe-temps, sur lequel les soleils tournent, et sur lequel la mer festonne ses vagues, la langue tir\u00e9e, avec l&rsquo;application d&rsquo;une brodeuse, d&rsquo;une P\u00e9n\u00e9lope rassise et tranquille, d&rsquo;une empoisonneuse de village entre ses fioles accueillantes et le pain quelle coupe \u00e0 la maisonn\u00e9e \u2014 le pain qui soutient et qui d\u00e9lasse \u2014 le pain qui nourrit.<br><br><strong>Julien Gracq<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00catre habitant des antipodes chilien azt\u00e8que patagon c&rsquo;est s\u00fbrement bien mal commode (la t\u00eate en bas les congestions)<br><br>\u00catre Koriake ou Youkaghir Abenaquis ou Algonquin Osque Khalkas Kirghiz Afghir quel embarras et quel tintouin<br><br>On n&rsquo;a pas le m\u00eame h\u00e9misph\u00e8re Ici cligneluit Cassiop\u00e9e l\u00e0-bas le Centaure \u00e0 l&rsquo;envers l&rsquo;\u00caridan au lieu du B\u00e9lier<br><br>On n&rsquo;a pas les m\u00eames mani\u00e8res que les gens n\u00e9s du bon c\u00f4t\u00e9 Tout ce qu&rsquo;on fait est de travers par rapport \u00e0 l&rsquo;autre moiti\u00e9<br><br>Quel embarras d&rsquo;avoir \u00e0 dire au lieu de Claire comme ici Klkdwghlmth \u00e0 Nadjnimir et Youlaloume \u00e0 Grand-Mossi<br><br>Pour habiter \u00e0 Ytapua (entre Salta et Portal\u00e8gre) il faut dire usted se habla ou bien parler le petit-n\u00e8gre<br><br>C&rsquo;est un tracas de chaque jour<br><br>de se sentir si diff\u00e9rent<br><br>de ce qu&rsquo;on serait alentour<br><br>les stations Fabien et Louis-Blanc<br><br>de boire du Klass ou du m&rsquo;namba au lieu du simple cinzano d&rsquo;\u00eatre habill\u00e9 de haut en bas d&rsquo;un autre corps d&rsquo;une autre peau<br><br>Ah comment dit-on en romanche \/ love you Ich liebe Sie Comment le dire en araucanche \u00catre un autre homme quel souci<br><br>Mais \u00eatre soi en donne aussi<br><br>Il faut chaque fois tout reprendre<br><br>On se croit l\u00e0 On est ici<br><br>On croit qu&rsquo;on sait II faut rapprendre<br><br>La t\u00eate en bas et puis en haut Le c\u0153ur jamais vraiment en place je me prends toujours en d\u00e9faut quand je me croise dans la glace<br><br>J&rsquo;habite aussi mes antipodes je suis un autre et je suis moi je me remaille et me d\u00e9brode P\u00e9n\u00e9lope de mon En-Moi<br><br>Ainsi ces vers C&rsquo;\u00e9tait pour rire passer le temps Je m&rsquo;abusai Le jeu se termine en soupirs Je n&rsquo;avais cru que m&rsquo;amuser<br><br>Le seul amour est ma constance et me fixe dans mon roulis quand je veux prendre mes distances avec ce Claude qui me fuit<br><br>Claude Roy dites-moi qui est-ce Je l&rsquo;ai bien connu autrefois C&rsquo;est un homme d&rsquo;une autre esp\u00e8ce un visiteur que je re\u00e7ois<br><br>Je m&rsquo;\u00e9tonne du nom qu&rsquo;il porte comme du nom d&rsquo;un \u00e9tranger J&rsquo;attends toujours qu&rsquo;il glisse ou sorte de ce corps un peu mensonger<br><br>Toi seule m&rsquo;habitues \u00e0 vivre Que tu sois l\u00e0 m&rsquo;a retenu et sans l&rsquo;amour qui me d\u00e9livre je me perdrais vite de vue<br><br>Vivre est une dr\u00f4le de mode Je m&rsquo;en irais par distraction du c\u00f4t\u00e9 de mes antipodes et la clef sous le paillasson<br><br>Parti pour ne plus revenir<br>et n&rsquo;\u00e9tant plus que pour moi-m\u00eame<br><br>le souvenir d&rsquo;un avenir<br>qui s&rsquo;\u00e9tait cru d&rsquo;esp\u00e8ce humaine.<br><br><strong>Claude Roy<\/strong> \/ Chanson des Antipodes<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sorties tout droit de l\u2019anthologie d\u2019une certaine dose de po\u00e9sie Dans la lign\u00e9e du soleil,Dans le sillage du vent,L\u00e0 o\u00f9 la terre rejoint le ciel,Il chevauchera les mers d\u2019argent,Il scindera les flots somptueux.Moi je m\u2019assi\u00e9rai dans mon canap\u00e9Quand le voisin sonnera, j\u2019irai lui parler;Infuserai mon th\u00e9, couperai mon cotonEt blanchirai mon linge de maison.Et c\u2019est lui qu\u2019ils trouveront courageux. Dorothy <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/la-fabrique-emmanuelle-cordoliani-des-penelopes\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#Fabrique | Emmanuelle Cordoliani, des P\u00e9n\u00e9lopes\u2026<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":43,"featured_media":36130,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2223],"tags":[],"class_list":["post-36118","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-la-fabrique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36118","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/43"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=36118"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/36118\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/36130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=36118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=36118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=36118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}