{"id":37130,"date":"2021-07-09T13:21:42","date_gmt":"2021-07-09T11:21:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=37130"},"modified":"2021-07-16T18:07:08","modified_gmt":"2021-07-16T16:07:08","slug":"jaime-quon-me-raconte-des-histoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/jaime-quon-me-raconte-des-histoires\/","title":{"rendered":"#L4 | J&rsquo;aime qu&rsquo;on me raconte des histoires"},"content":{"rendered":"\n<p>J&rsquo;aime tellement qu&rsquo;on me raconte des histoires, qu&rsquo;on me parle vrai sur le monde et les gens que je ne reste qu&rsquo;inconsciemment attentive \u00e0 la forme et \u00e0 la langue. Duras est un bon exemple de mon dilemme. Duras des histoires et Duras de la forme, du coup j&rsquo;aime les deux et surtout ses films (et\/ou ses acteurs et actrices) mais me serai-je int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l&rsquo;un sans l&rsquo;autre ? Chacun son histoire avec les livres : oserai-je avouer que j&rsquo;ai achet\u00e9 <em>La vie, mode d&#8217;emploi<\/em> au moment de sa parution apr\u00e8s avoir lu et aim\u00e9 <em>Les choses<\/em>, mais que je ne l&rsquo;ai jamais lu et pourtant Perec reste l\u00e0, important, inspirant ? Pire, quand la forme \u00e9loigne du fond, C\u00e9line parfois<\/p>\n\n\n\n<p>Il me semble aussi que j&rsquo;\u00e9tais plus exigeante autrefois dans mes choix de lectures que je ne le suis aujourd&rsquo;hui. Profusion, envie de lire ce dont on parle, absence de critiques auxquels on peut se fier, pas d&rsquo;auteur que j&rsquo;ai envie de suivre&#8230; Un peu perdue d\u00e9sormais, une des raisons de ma fid\u00e9lit\u00e9 au TiersLivre.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 ce qui me vient de mes \u00e9motions de lectrice :<\/p>\n\n\n\n<p><em>Nuno de Nazar\u00e9<\/em> de &#8230;. et <em>Le vieil homme et la mer<\/em> d&rsquo;Hemingway, lus par mon p\u00e8re quand j&rsquo;\u00e9tais enfant<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><em>L\u2019odyss\u00e9e<\/em> d\u2019 Hom\u00e8re&nbsp;: Des souvenirs de lecture en cours de grec, amoureuse d\u2019Ulysse, jalouse de Nausicaa, du soleil, de la mer. Un r\u00e9servoir d\u2019histoires \u00e0 raconter d\u00e9bordantes de sensualit\u00e9 comme l\u2019a fait Madeline Miller dans <em>Le chant d\u2019Achille<\/em>.<\/li><li><em>Noces <\/em>de Camus &nbsp;: le soleil, une prof de fran\u00e7ais d\u00e9rangeante qui rentrait d\u2019Alg\u00e9rie et faisait vibrer le texte de toute son histoire avec l\u2019Alg\u00e9rie perdue<\/li><li><em>Pour qui sonne le glas<\/em> d&rsquo;Hemingway, premi\u00e8res \u00e9motions \u00e9rotiques<\/li><li><em>Nord<\/em> de C\u00e9line&nbsp;: Un coll\u00e8gue de bureau qui ne lisait que C\u00e9line, pouvait en parler des heures et me l\u2019a fait lire. S\u00e9duite par le d\u00e9bit, la col\u00e8re, l\u2019arrogance, le myst\u00e8re de sa vie.<\/li><li><em>Bel ami<\/em> de Maupassant&nbsp; : Les colonies, les chemins de fer, la politique&nbsp;. Une vision du monde parfaitement d\u00e9sabus\u00e9e, distanci\u00e9e. la parfaite alternance d\u2019imparfait et de pass\u00e9 simple. Il m\u2019a intoxiqu\u00e9e avec sa belle \u00e9criture et ses nouvelles.<\/li><li><em>Lewis et Ir\u00e8ne et New York<\/em> de Paul Morand, le premier choc avec une autre mani\u00e8re d\u2019\u00e9crire&nbsp;: phrases nominales, commencer par un dialogue<\/li><li><em>\u00e0 la d\u00e9couverte de la France, \u00e0 la rencontre des autres<\/em> de Simenon&nbsp;: l\u2019\u00e9criture \u00e7a s\u2019apprend patiemment et quand on est dou\u00e9 on comprend, des milliers d\u2019observations fines, pr\u00e9cises, techniques qui font voir, sentir, entendre dans une langue vive, directe.<\/li><li>Colette et Cendrars&nbsp;: lus il y a longtemps, souvenirs de forte impression, mais incapable de pr\u00e9ciser. Vies aventureuses et libres<\/li><li><em>Histoire de ma vie<\/em> et tout de George Sand&nbsp;: l\u2019utilisation de tout ce qui t\u2019arrive, de partout o\u00f9 tu voyages, de toutes les histoires qu\u2019on te raconte. Tout lui fait histoire \u00e0 raconter.<\/li><li><em>Le temps retrouv\u00e9 <\/em>de Proust&nbsp;: la sensibilit\u00e9 \u00e0 la nature (qui parle et conna\u00eet l\u2019explosion des aub\u00e9pines au printemps?) . Dire les enjeux souterrains qui modifient les soci\u00e9t\u00e9s sans les aborder de front (la guerre)<\/li><li>tout Balzac &nbsp;: ce que doit Balzac \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans laquelle il a v\u00e9cu est ind\u00e9niable et forme une remarquable mati\u00e8re romanesque qu\u2019il fait vivre \u00e0 travers ses personnages (souvenirs de l\u2019ancien r\u00e9gime, souvenirs de la r\u00e9volution, Napol\u00e9on, restauration), sa sensibilit\u00e9 aux histoires d\u2019argent et aux probl\u00e9matiques f\u00e9minines. Comme Piketty, Titiou Lecoq, et de nombreux cin\u00e9astes je le trouve ind\u00e9pass\u00e9, m\u00eame si la forme est parfois surann\u00e9e et longuette.<\/li><li><em>La promenade au phare <\/em>et <em>Mrs Dalloway et le journal <\/em>de Virginia Wolf&nbsp;: faire attention autant au dedans qu\u2019au dehors. Observer sans cesse<\/li><li><em>faire un feu<\/em> de Jack London&nbsp;: &nbsp;: aventure et finesse de la description, j\u2019aimerais tant un jour lire ses nouvelles de Hawa\u00ef<\/li><li><em>Le ciel de Bay city, \u00e7a va aller<\/em> de Catherine Mavrikakis&nbsp; \u00eatre prof d\u2019universit\u00e9 et avoir v\u00e9cu dans la marge et en parler, le Qu\u00e9bec qui n\u2019a pas honte de sa litt\u00e9rature<\/li><li><em>D\u00e9troit, dit-elle<\/em> de Marianne Rubinstein&nbsp;: la r\u00e9sonance entre histoire personnelle et marche du monde<\/li><li><em>Les grands cerfs<\/em> de Claudie Huntzinger&nbsp;: une fa\u00e7on de vivre et une passion pour la nature<\/li><li><em>Pour que tu ne te perdes pas<\/em> <em>dans le quartier d<\/em>e Modiano&nbsp;: longtemps ignor\u00e9 avant de plonger avec d\u00e9lice dans le flou, le gris, la qu\u00eate et l\u2019enqu\u00eate.<\/li><li><em>L\u2019abattoir de verre <\/em>de Coetzee et Mc Ewan&nbsp;(L<em>\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant<\/em>): faire percevoir l\u2019extr\u00eame violence sans gesticulations verbales<\/li><li>de Colin Niel (<em>Seules les b\u00eates<\/em>) et DOA(<em>Puktu<\/em>) et Caryl Ferey <em>(Norislk<\/em>)&nbsp;: le lointain \u00e7a me porte, mais il peut-\u00eatre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de chez soi<\/li><li><em>Quelque chose \u00e0 te dire <\/em>d\u2019Hanif Kureishi et de V.S. Naipaul&nbsp;(<em>A la courbe du fleuve<\/em>): l\u2019exil, le choc des cultures, le choc des histoires de vie<\/li><li><em>Judas<\/em> d\u2019Amos Oz&nbsp;: les espoirs d\u00e9\u00e7us, le choc politique, les ermites, les isol\u00e9s volontaires<\/li><li>Il faudrait dire aussi tout le mal que nous font les mauvais livres&nbsp;: personnages arch\u00e9typaux et caricaturaux, intrigues convenues et\/ou volontairement choquantes, brutales, irr\u00e9alistes, forme lin\u00e9aire ou artificiellement bouscul\u00e9e. Voir mes critiques sur Babelio si vous voulez en savoir plus.<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.babelio.com\/mabibliotheque.php\" target=\"_blank\">https:\/\/www.babelio.com\/mabibliotheque.php<\/a><\/li><\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J&rsquo;aime tellement qu&rsquo;on me raconte des histoires, qu&rsquo;on me parle vrai sur le monde et les gens que je ne reste qu&rsquo;inconsciemment attentive \u00e0 la forme et \u00e0 la langue. Duras est un bon exemple de mon dilemme. Duras des histoires et Duras de la forme, du coup j&rsquo;aime les deux et surtout ses films (et\/ou ses acteurs et actrices) <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/jaime-quon-me-raconte-des-histoires\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L4 | J&rsquo;aime qu&rsquo;on me raconte des histoires<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2371],"tags":[],"class_list":["post-37130","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-livre-4-sentimentheque"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37130"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37130\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}