{"id":37258,"date":"2021-07-09T18:40:26","date_gmt":"2021-07-09T16:40:26","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=37258"},"modified":"2021-07-09T22:00:52","modified_gmt":"2021-07-09T20:00:52","slug":"les-livres-ont-une-odeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/les-livres-ont-une-odeur\/","title":{"rendered":"# L4 | Les livres ont une odeur"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-37265\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Photo-26-03-2020-19-43-53-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Daudet<\/em>:<\/strong> l\u2019appel \u00e0 la musique de la langue parl\u00e9e, chuchot\u00e9e sous les draps ou sur mon petit mange disque. Quarante cinq tours grav\u00e9s de la voix de Fernandel et la Provence et le soleil et les cigales dans l\u2019accent qui roule comme les pierres sous les sabots de la petite ch\u00e8vre, et les <em>Reviens<\/em>! <em>Reviens<\/em>! Du d\u00e9sespoir couru d\u2019avance de la corne de Mr Seguin. V\u00e9ritable hymne \u00e0 la libert\u00e9, la libert\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la mort&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><em><strong>De Kessel:<\/strong><\/em> prend moi par la main et partons en voyage. Le soleil br\u00fblant les paysages arides de l\u2019Afrique sont ici m\u00eame entre les quatre murs de ma chambre. Et l\u2019ombre du cr\u00e9puscule dessine comme une crini\u00e8re au chat couch\u00e9 en rond au pied de mon lit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Zola:<\/em><\/strong> comme un passage oblig\u00e9 de l\u2019explication de texte \u00e0 mon livre de chevet. Edition comment\u00e9  et annot\u00e9 du coll\u00e8ge. Et puis Gervaise et puis l\u2019amour des mots, n\u2019\u00e9conomisons pas les mots! Oui mais le mot juste, l\u2019adjectif parfait, cisel\u00e9 avec la pr\u00e9cision d\u2019un orf\u00e8vre. Et la phrase, se rythme, et prend vie, au gr\u00e9 de la ponctuation. Juste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Flaubert:<\/em><\/strong> voyons les choses en grand! Haut les c\u0153urs, les flammes de la passion et le romantisme qui sied si bien \u00e0 un c\u0153ur adolescent. Et l\u2019\u00e9lan langoureux, et la beaut\u00e9 parfaite. Se laisser flotter sur les phrases et garder en m\u00e9moire le souvenir d\u2019une travers\u00e9e, un seul soupir, de la couverture \u00e0 la derni\u00e8re page.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Baudelaire:<\/em><\/strong> r\u00e9volution, choc, apoplexie, syncope. On a rien connu tant qu\u2019on a pas go\u00fbt\u00e9 aux parfums subtils des fleurs du mal! Le spleen comme art de vivre. R\u00e9veille toi, les yeux hagards. Ne pas chercher \u00e0 analyser, surtout pas! Mais ressentir&#8230;T\u00e2tonner en contreplong\u00e9e et en apn\u00e9e, \u00e0 l\u2019aveugle,  au travers des effluves de fum\u00e9es d\u2019opium.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>D&rsquo;Orwell:<\/em><\/strong> Comme un arri\u00e8re go\u00fbt de sang. Tiens 1984, mon ann\u00e9e de naissance! Un air de d\u00e9j\u00e0 vu, de jamais vu, je ferme les yeux pour ne pas lire. Mais comment ne pas lire ? La dystopie pouss\u00e9e jusqu\u2019au malaise. L\u2019inconcevable pourtant couch\u00e9 la sur les lignes qui se distordent sous la torture. Un long cri silencieux qui vous laisse vide. Coquille de noix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Camus:<\/em><\/strong> la force de l\u2019incipit. Le mot juste, rien que le mot juste. Pas plus. Comme un t\u00e9l\u00e9gramme que l\u2019on re\u00e7oit. Mais quel mot! Pas de fioriture. Rien d\u2019inutile. Dissection sans fard de l\u2019ordinaire. Brut.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Sarraute: <\/em><\/strong>L\u00e9ger comme l\u2019art de la conversation. Et puis la douceur, l\u2019innocence le temps qui passe aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019impitoyable de la violence et du non dit tout entier r\u00e9sum\u00e9 dans la paume de l\u2019enfance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Toole:<\/em><\/strong> tout ce qui peut se passer sous une casquette verte. Et la certitude que (un jour) les imb\u00e9ciles dirige(ro)nt le monde.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap wp-block-paragraph\"><strong><em>De Pr\u00e9vert:<\/em><\/strong> (re) d\u00e9couvert sur le tard. Pas trop mon truc. Po\u00e8te de cour \u00e9l\u00e9mentaire&#8230;. Quelle erreur! Quelle m\u00e9prise! D\u00e9p\u00eache toi de photographier ces architectures sublimes et fragiles, cette dentelle d\u00e9licate qu&rsquo;il a su cr\u00e9er avec les mots. D\u00e9p\u00eache toi! Plus tard il sera trop tard!&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Daudet: l\u2019appel \u00e0 la musique de la langue parl\u00e9e, chuchot\u00e9e sous les draps ou sur mon petit mange disque. Quarante cinq tours grav\u00e9s de la voix de Fernandel et la Provence et le soleil et les cigales dans l\u2019accent qui roule comme les pierres sous les sabots de la petite ch\u00e8vre, et les Reviens! Reviens! 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