{"id":37337,"date":"2021-06-25T12:11:03","date_gmt":"2021-06-25T10:11:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=37337"},"modified":"2021-08-10T19:47:58","modified_gmt":"2021-08-10T17:47:58","slug":"l4-mes-preferes-et-jen-oublie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-mes-preferes-et-jen-oublie\/","title":{"rendered":"#L4 | Mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s et j&rsquo;en oublie"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"850\" height=\"638\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/marlen-sauvage-oloe-ete-e1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-37407\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/marlen-sauvage-oloe-ete-e1.jpg 850w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/marlen-sauvage-oloe-ete-e1-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/marlen-sauvage-oloe-ete-e1-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px\" \/><figcaption>\u00a9Marlen Sauvage, un de mes \u00ab\u00a0olo\u00e9\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9t\u00e9\u2026<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>De Aragon : un rythme, une musique, un chant, ce qui r\u00e9sonnait pour une adolescente d\u2019un id\u00e9al exacerb\u00e9 par les mots\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De Marguerite Duras : le regard d\u00e9cal\u00e9, quelque chose de hors-norme chez cette \u00e9crivaine dans ce qu\u2019elle saisit des personnages, des situations, avec une certaine mise \u00e0 distance des sentiments, une fa\u00e7on de raconter, et puis la force du langage pour faire surgir des \u00e9motions chez la jeune lectrice que j\u2019\u00e9tais alors. Je la relis toujours avec bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p>De Dostoievski : la force de conviction des personnages avec leur\u0219 tourments et leurs passions, leurs conflits intimes, spirituels, leurs failles port\u00e9es avec panache\u2026\u00a0une lecture de mes dix-huit\/vingt ans qui m\u2019a longtemps troubl\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De William Faulkner : une \u00e9criture sombre (enfin, si je peux dire), difficile, les premiers temps (j\u2019ai d\u00e9marr\u00e9 avec <em>Absalon, Absalon<\/em>\u2026\u00a0et apr\u00e8s l\u2019avoir l\u00e2ch\u00e9 au bout de trente pages, l\u2019ai repris et lu d\u2019une traite, et tous les autres ont suivi\u2026), mais j\u2019ai aim\u00e9 cette peinture des d\u00e9mons enfouis en chacun, la noirceur, la cruaut\u00e9 qui s\u2019\u00e9crivent \u00e0 travers des situations insupportables et si r\u00e9alistes, avec ce rapport au temps qui brouille la compr\u00e9hension de l\u2019histoire (une histoire du coup que l\u2019on relit pour la comprendre !), une confusion qui s\u2019\u00e9claircit par la voix des personnages\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De Kawabata : la po\u00e9sie du quotidien, d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie du th\u00e9, des rituels dont on comprend l&rsquo;importance presque magique, la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 qui se d\u00e9gage de cette lecture\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De Isabelle Eberhardt : ses carnets de voyage, pour l\u2019humanit\u00e9 de sa prose tant dans la d\u00e9couverte des hommes, d\u2019autres cultures, que des paysages, mais aussi la hardiesse de la femme, son jusqu\u2019au-boutisme\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De John Fante : la spontan\u00e9it\u00e9 de l\u2019\u00e9criture (enfin\u2026), ce qu\u2019un ami vous raconterait le soir un verre de whisky \u00e0 la main, d\u2019une histoire qui peut \u00eatre la sienne, sans bons sentiments, mais avec tendresse.<\/p>\n\n\n\n<p>De Robert Walser : l\u2019impact de la nature sur l\u2019homme, ses pens\u00e9es, la d\u00e9licatesse des descriptions, le regard aigu, la simplicit\u00e9 de ses mots\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De Qohelet\u2026 ou <em>L\u2019Eccl\u00e9siaste<\/em>, une r\u00e9flexion sur la vie, sur le c\u00f4t\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re de l\u2019existence et de ses plaisirs (mais de ses souffrances aussi !), et finalement la conviction (pour moi) de sa beaut\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 sa fragilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De Stig Dagerman : la terrible beaut\u00e9 d\u2019un texte court <em>Notre besoin de consolation est impossible \u00e0 rassasier<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>De Henry Bauchau : les grands mythes revisit\u00e9s par cet immense romancier\u2026 <em>Antigone<\/em>, <em>\u0152dipe sur la route<\/em>, des r\u00e9cits initiatiques o\u00f9 s\u2019\u00e9labore une part de soi, tant du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019auteur (peut-\u00eatre) que du lecteur surtout (en tout cas pour moi, oui !), j\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 ces livres\u2026, imagin\u00e9 la fougue inspiratrice d\u2019\u00e9criture avec <em>Le r\u00e9giment noir<\/em>, un roman foisonnant, une ode \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la libert\u00e9, o\u00f9 l\u2019utilisation glissante des pronoms renvoie \u00e0 la \u00ab&nbsp;signification&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9criture, des mots m\u00eames, avec des personnages toujours ancr\u00e9s dans le r\u00e9el qui disent quelque chose de la \u00ab&nbsp;n\u00e9cessit\u00e9&nbsp;\u00bb de l\u2019autobiographie dans le roman (j\u2019ai compris \u00e0 travers les romans de Bauchau cette affirmation de Barthes \u00ab&nbsp;on \u00e9crit \u00e0 partir de soi&nbsp;\u00bb), ainsi que cela transpara\u00eet aussi dans <em>L\u2019enfant bleu<\/em>, par exemple. Enfin, les journaux d\u2019\u00e9criture sont passionnants !&nbsp; Bref, une inconditionnelle de Bauchau.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais aussi Henry Miller, Claude Simon, James Baldwin, Pierre Jean Jouve (lu seulement <em>Paulina, 1880<\/em>, mais quel roman !), Charles Juliet, Sylvia Plath, Marguerite Yourcenar, Virginia Woolf, Jean Tardieu\u2026&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Aragon : un rythme, une musique, un chant, ce qui r\u00e9sonnait pour une adolescente d\u2019un id\u00e9al exacerb\u00e9 par les mots\u2026 De Marguerite Duras : le regard d\u00e9cal\u00e9, quelque chose de hors-norme chez cette \u00e9crivaine dans ce qu\u2019elle saisit des personnages, des situations, avec une certaine mise \u00e0 distance des sentiments, une fa\u00e7on de raconter, et puis la force du <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-mes-preferes-et-jen-oublie\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L4 | Mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s et j&rsquo;en oublie<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":165,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2069,2371],"tags":[2384,2392,2391,2385,2386,2389,2387,2388,2390],"class_list":["post-37337","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-2021-faire-un-livre","category-livre-4-sentimentheque","tag-aragon","tag-bauchau","tag-dagerman","tag-dostoievski","tag-duras","tag-eberhardt","tag-faulkner","tag-kawabata","tag-walser"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37337","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=37337"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/37337\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=37337"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=37337"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=37337"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}