{"id":37372,"date":"2021-07-10T01:42:09","date_gmt":"2021-07-09T23:42:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=37372"},"modified":"2023-05-21T16:21:39","modified_gmt":"2023-05-21T14:21:39","slug":"l4-comme-un-air-de-feuilles-libres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-comme-un-air-de-feuilles-libres\/","title":{"rendered":"#L4 | comme un air de feuilles libres"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-1024x576.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-37373\" width=\"590\" height=\"331\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-1024x576.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-420x236.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-768x432.jpeg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-1536x864.jpeg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/04_D_ESTAMPES_PAILLARD-2048x1152.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9dep-bordeaux-2016-mars<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est un d\u00e9but de liste, un peu timide, une peu f\u00e9brile, quelques textes qui \u00e9mergent dans ce questionnement et cette approche de soi, des textes choisis dans l\u2019\u00e9motion du souvenir de la rencontre et de l\u2019empreinte qu\u2019ils ont laiss\u00e9e, des textes qui je crois m\u2019ont accompagn\u00e9e dans mon travail sur l\u2019\u00e9criture, dans l\u2019apprentissage de ma propre pratique. Chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, dans leur g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, leur singularit\u00e9 et leur diversit\u00e9 ils m\u2019ont permis petit \u00e0 petit de nourrir mon espace d\u2019\u00e9criture, de tenter de construire mon univers et d\u2019avancer en terrain prot\u00e9g\u00e9 malgr\u00e9 le doute insistant.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>L\u2019\u00c9tranger<\/em>&nbsp;(Albert Camus)&nbsp;: un instant ramass\u00e9 dans un \u00e9blouissement, un flottement, une sensation. Un texte relu r\u00e9guli\u00e8rement comme un besoin visc\u00e9ral de s\u2019y replonger, de revivre \u00e0 l\u2019infini ce moment de gr\u00e2ce o\u00f9 l\u2019\u00e9criture se dissout dans un rayon de soleil. Comment r\u00e9ussir \u00e0 capter le lecteur au point qu\u2019il se souvienne de cette sensation toute sa vie&nbsp;? C\u2019est ce qui m\u2019est arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Loin d\u2019eux<\/em>&nbsp;(Laurent Mauvignier)&nbsp;: comme un plongeon dans un monologue infini, la d\u00e9couverte d\u2019une autre langue, une r\u00e9v\u00e9lation, comme l\u2019envie d\u2019y toucher, de s\u2019y frotter, d\u2019ouvrir des portes et une admiration inconditionnelle depuis ce d\u00e9but jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Une \u00e9criture en construction, en r\u00e9v\u00e9lation. Suis fascin\u00e9e. Beaucoup \u00e0 apprendre de ces textes.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>La Mort du jeune aviateur anglais<\/em>&nbsp;(Marguerite Duras)&nbsp;: comme un \u00e9cho percutant, une gifle cinglante, une parole envoutante, une \u00e9criture du questionnement permanent. Je suis tomb\u00e9e en amour avec ce jeune aviateur d\u00e8s la premi\u00e8re lecture et depuis, je le garde dans mon c\u0153ur et j\u2019y reviens pour ne pas l\u2019oublier, pour m\u2019impr\u00e9gner des mots de celle qui jamais ne l\u2019abandonnera.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>L\u2019\u00c9criture comme un couteau<\/em>&nbsp;(Annie Ernaux)&nbsp;: c\u2019est \u00e7a, comme un couteau. Que de choses \u00e0 aller picorer. Un livre de bord qui me ram\u00e8ne sur le chemin de la pratique de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Ellis island<\/em>&nbsp;(Geoges Perec)&nbsp;: des th\u00e8mes qui me parlent, que je partage et que j\u2019ai envie de creuser, d\u2019aller bousculer, questionner encore et encore l\u2019identit\u00e9, l\u2019exil, l\u2019errance, la m\u00e9moire, la trace, l\u2019espoir\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>En attendant Godot<\/em>&nbsp;(Samuel Beckett)&nbsp;: j\u2019attends toujours et encore\u2026 un texte qui a marqu\u00e9 ma jeunesse par sa modernit\u00e9. Enfin, \u00e7a parlait autrement&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Notre besoin de consolation est impossible \u00e0 rassasier<\/em>&nbsp;(Stig Dagerman)&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 chaque mot d\u00e9voile un esprit qui se meurt. Tout est \u00e0 garder, \u00e0 se souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>\u00c9crire<\/em>&nbsp;(Marguerite Duras)&nbsp;: parce qu\u2019il m\u2019est indispensable et que je m\u2019y replonge r\u00e9guli\u00e8rement. Un livre us\u00e9, malax\u00e9, qui donne envie de se surpasser dans ce qu\u2019on a creus\u00e9 avec sa propre histoire d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>\u0152uvres<\/em>&nbsp;(\u00c9douard Lev\u00e9)&nbsp;: un truc d\u00e9lirant qui jamais ne s\u2019ach\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>L\u2019\u00c9t\u00e9 80<\/em>&nbsp;(Marguerite Duras)&nbsp;: un \u00e9t\u00e9 comme j\u2019aurais aim\u00e9 l\u2019\u00e9crire avec mes mots, mon histoire et l\u2019Histoire. Variations \u00e9clatantes.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>\u00c0 ce stade de la nuit<\/em>&nbsp;(Maylis de Kerangal)&nbsp;: c\u2019est justement l\u00e0 que j\u2019aimerais me trouver dans l\u2019\u00e9criture. Inspirant.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Elle regarde passer les gens<\/em>&nbsp;(Anne-James Chaton)&nbsp;: parce que parfois \u00e7a peut \u00eatre si simple\u2026 et \u00e7a marche&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>La Premi\u00e8re ann\u00e9e<\/em>&nbsp;(Jean-Michel Espitallier)&nbsp;: comme une ode \u00e0 la vie. Des mots partag\u00e9s et au-del\u00e0 du th\u00e8me, une mani\u00e8re juste de les accorder qui me touche.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Bleuets<\/em>&nbsp;(Maggie Nelson)&nbsp;: du d\u00e9tournement d\u2019une couleur et parce qu\u2019il n\u2019existe aucune cat\u00e9gorie pour le qualifier, c\u2019est cette folie qui me grise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>M Train<\/em>&nbsp;(Patti Smith)&nbsp;: s\u2019y couler, s\u2019y glisser, y rester. La po\u00e9sie dans les mots. Un texte que je ressens tr\u00e8s fort et qui m\u2019emporte loin. Trouver les mots, le chemin pour croiser sa route, voil\u00e0 ce qui me porte.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Antigone<\/em>&nbsp;(Jean Anouilh)&nbsp;: parce que c\u2019est elle, parce que ce n\u2019est pas moi, parce que s\u2019en approcher, pas loin, tout pr\u00e8s, en r\u00eaver, aller jusqu\u2019au bout et m\u00eame ailleurs. Fort, tr\u00e8s fort.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>D\u00e9jeuner du matin<\/em>&nbsp;(Jacques Pr\u00e9vert)&nbsp;: des gestes si simples, si incarn\u00e9s et parce qu\u2019\u00e0 la fin, je pleure toujours. Touch\u00e9e&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De \u00ab&nbsp;Sous la cendre&nbsp;\u00bb dans&nbsp;<em>Ni fleurs ni couronnes<\/em>&nbsp;(Maylis de Kerengal)&nbsp;: une premi\u00e8re rencontre avec des mots pos\u00e9s autrement, avec une autre r\u00e9sonnance. Et depuis, je n\u2019ai rien manqu\u00e9, suis toujours aussi fascin\u00e9e par l\u2019exactitude de cette \u00e9criture. Un monde \u00e0 part et j\u2019y travaille, j\u2019essaie.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Journal du dehors<\/em>&nbsp;(Annie Ernaux)&nbsp;: comme une n\u00e9cessit\u00e9 du moment, un appel \u00e0 figer l\u2019instant dans une forme d\u2019ordinaire de la vie. C\u2019est bien aussi le regard de la vie autour.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Dora Bruder<\/em>&nbsp;(Patrick Modiano)&nbsp;: comme j\u2019aime y retourner, reprendre encore et encore ce parcours, chercher Dora quelque part, retrouver sa trace. Toujours l\u2019espoir que la fin sera diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>Journaux<\/em>&nbsp;(Sylvia Plath)&nbsp;: parce que c\u2019est la vie malgr\u00e9 tout dans tout ce qu\u2019elle a \u00e0 offrir ou \u00e0 nous confisquer, parce que c\u2019est l\u2019intimit\u00e9 de soi et parce que j\u2019aurais aim\u00e9 garder mes \u00e9crits depuis mon adolescence.<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>Mermoz<\/em> (Joseph Kessel)&nbsp;: me replonger dans ce qui m\u2019a nourrie dans ma jeunesse, croire en l\u2019amiti\u00e9 profonde et l\u2019exposer, \u00e9voquer avec passion ceux qui nous donnent le go\u00fbt d\u2019avancer.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp;<em>De sang-froid<\/em>&nbsp;(Truman Capote)&nbsp;: le r\u00e9el dans le r\u00e9el. Glacial. Une ouverture vers le reportage. Une exp\u00e9rience. Parce que j\u2019aime \u00e7a aussi, l\u2019\u00e9crit au plus pr\u00e8s de la r\u00e9alit\u00e9, le t\u00e9moignage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est un d\u00e9but de liste, un peu timide, une peu f\u00e9brile, quelques textes qui \u00e9mergent dans ce questionnement et cette approche de soi, des textes choisis dans l\u2019\u00e9motion du souvenir de la rencontre et de l\u2019empreinte qu\u2019ils ont laiss\u00e9e, des textes qui je crois m\u2019ont accompagn\u00e9e dans mon travail sur l\u2019\u00e9criture, dans l\u2019apprentissage de ma propre pratique. 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