{"id":37805,"date":"2021-07-12T16:29:00","date_gmt":"2021-07-12T14:29:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=37805"},"modified":"2021-07-16T03:54:31","modified_gmt":"2021-07-16T01:54:31","slug":"l4-ouvrir-les-portes-de-mon-imaginaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-ouvrir-les-portes-de-mon-imaginaire\/","title":{"rendered":"#L4 | Ouvrir les portes"},"content":{"rendered":"\n<p>De tous les bouquins de Paul Auster, j\u2019ai gard\u00e9 le souvenir de cette voix qui me parle au plus profond de moi. J\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 Paul Auster mais je suis incapable de m\u2019\u00e9tendre sur ses livres. Il m\u2019a parl\u00e9 au creux de l\u2019oreille jusqu\u2019\u00e0 ce que j\u2019arr\u00eate par indigestion. Il a fallu que je demande \u00e0 ce Monsieur de sortir de ma t\u00eate, \u00e7a en devenait g\u00eanant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>La vie mode d\u2019emploi<\/em> (et autres) de Georges Perec, j\u2019en ai gard\u00e9 l\u2019incroyable richesse narrative. Le livre en impose mais en un seul bouquin, j\u2019ai lu des centaines de romans. Pas tr\u00e8s original, surtout dans notre contexte puisque nous avons ouvert cet atelier au c\u00f4t\u00e9 de cet auteur, mais ses \u00e9crits n\u2019en restent pas moins vertigineux.<\/p>\n\n\n\n<p>Du <em>Garage herm\u00e9tique<\/em> et de tout ce qui est sign\u00e9 Moebius, je cultive le souvenir d\u2019un univers onirique sans limite. Avec Miyazaki, pour ce qui est du du film d\u2019animation, sans aucun doute. Je crois que le r\u00eave \u00e9veill\u00e9, celui que je fais de fa\u00e7on consciente, leur appartient. Ou, si ce n\u2019est pas le cas, ils s\u2019y trouvent en belle place.<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>La vall\u00e9e<\/em> (et autres albums) de Claude Ponti, je me souviens de l\u2019ouverture d\u2019une porte dans mon imaginaire. Lorsque je lisais ses livres \u00e0 mes enfants, je voyais leurs yeux s\u2019agrandir et nous avions t\u00f4t fait de partir en cavalcades dans les d\u00e9tails de ses histoires. Par contre, revers de la m\u00e9daille, je n\u2019ai pas le souvenir d\u2019avoir jamais r\u00e9ussi \u00e0 les endormir avec cet incendiaire de l\u2019imaginaire.<\/p>\n\n\n\n<p>De<em> La ville des prodiges<\/em> d\u2019Eduardo Mendoza, je garde l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une lecture achev\u00e9e. Tout est savamment dos\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019humour bien s\u00fbr m\u00eame si j\u2019aurais pu aussi citer Le myst\u00e8re de la crypte ensorcel\u00e9. J\u2019ai lu ces ouvrages il y a plus de trente ans et l\u2019alchimie, \u00e0 mon sens, demeure un mod\u00e8le. L\u2019est-elle encore aujourd\u2019hui ?<\/p>\n\n\n\n<p>Des travaux de l\u2019Oulipo, je garde pr\u00e9cieusement quelques recettes pour dompter mon imaginaire. O\u00f9 j\u2019ai d\u00e9couvert que la contrainte \u00e9tait plus un moyen pour acc\u00e9der \u00e0 certains tr\u00e9sors de l\u2019imagination que castratrice. De Queneau \u00e0 Le Tellier, leurs explorations m\u2019ont incontestablement enrichi. Me rendrai-je un jour aux jeudis de l\u2019Oulipo \u00e0 la BnF ?<\/p>\n\n\n\n<p>Des \u00e9crits de Jacques Pr\u00e9vert, j\u2019ai gard\u00e9 le go\u00fbt d\u2019une po\u00e9sie aux mots simples qui s\u2019insinue partout, dans les moindres recoin de l\u2019existence et de l\u2019imaginaire. Partout, depuis les bancs de l\u2019\u00e9cole primaire jusqu\u2019au picorage on the web, \u00ab&nbsp;<em>les enfants qui s&rsquo;aiment s&#8217;embrassent debout contre les portes de la nuit<\/em>\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>L\u2019\u00e9tranger<\/em> d\u2019Albert Camus, je garde la puissance de l\u2019absurde. \u00ab <em>Aujourd&rsquo;hui, maman est morte. Ou peut-\u00eatre hier, je ne sais pas.<\/em> \u00bb L\u2019incipit est statufi\u00e9 voire sacralis\u00e9, c\u2019est vrai, mais qu&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 ce livre s&rsquo;il avait d\u00e9but\u00e9 autrement ?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019<em>Alice au Pays des Merveilles<\/em> de Lewis Caroll, je garde l\u2019envie d\u2019explorer tous le chemins (en plus de regretter de ne pas \u00eatre suffisamment dou\u00e9 pour le lire en anglais). \u00ab&nbsp;<em>Voudriez-vous, je vous prie, me dire quel chemin je dois prendre maintenant? demanda Alice. Cela d\u00e9pend beaucoup de l&rsquo;endroit o\u00f9 vous voulez aller, dit le Chat. Cela m&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gal\u2026, dit Alice. Alors peu importe le chemin que vous prenez, dit le Chat. \u2026 pourvu que j&rsquo;arrive quelque part, ajouta Alice en guise d\u2019explication.<\/em>&nbsp;\u00bb N\u2019est-ce pas l\u00e0 la plus belle des invitations ?<\/p>\n\n\n\n<p>Du <em>Seigneur des anneaux<\/em> de John Ronald Reuel Tolkien, je garde la sensation d\u2019avoir entraper\u00e7u les fronti\u00e8res d\u2019un univers infini. Mais l\u00e0, je suis oblig\u00e9 de rester \u00e0 ma place de lecteur. Je ne puis envisager la position de l\u2019\u00e9crivain, ou alors par fragments. Cette richesse me para\u00eet vertigineuse\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>Notes on Camp<\/em> de Susan Sontag, je garde la d\u00e9couverte qu\u2019il existe un espace o\u00f9 l\u2019on peut intellectualiser jusqu\u2019\u00e0 l\u2019esth\u00e9tique. Cet espace d\u00e9passe la litt\u00e9rature et m\u00eame la culture en g\u00e9n\u00e9ral. Un filtre qui nous permet de percevoir les ramifications d\u2019une sensibilit\u00e9 dans les moindres recoins de notre vie et de notre imagination. De la mienne, en tous les cas.<\/p>\n\n\n\n<p>Du <em>Bateau ivre<\/em> d\u2019Arthur Rimbaud, je go\u00fbte chaque syllabe. Je me le lis souvent \u00e0 haute voix et si je n\u2019avais pas une m\u00e9moire de poisson rouge, je l\u2019aurais appris par coeur et je prom\u00e8nerais partout cette centaine de vers au gr\u00e9 de mes divagations. Et de mes humeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>De <em>La quatri\u00e8me dimension<\/em> de Rudy Rucker, lecture d\u2019ado, je loue l\u2019ouverture de mon imaginaire. Ce bouquin (plut\u00f4t de vulgarisation) m\u2019a fait d\u00e9couvrir l\u2019in\u00e9puisable univers de la science-fiction. Avec l\u2019acception la plus \u00e9tendue du mot science. Si j\u2019\u00e9tais en quelconque relation avec les forces divines, je b\u00e9nirais cet homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Du <em>Trait\u00e9 du zen et de l\u2019entretien des motocyclettes<\/em> de Robert M. Pirsig, je garde une certaine d\u00e9finition de ce que le mot \u00ab&nbsp;culte&nbsp;\u00bb \u00e9veille en moi. Probablement pour l\u2019aspect initiatique du propos. A dire vrai, je dois poss\u00e9der d\u2019autres livres dans ma biblioth\u00e8que pour remplir cette fonction mais c\u2019est celui-l\u00e0 qui m\u2019est venu en premier. Il doit bien y avoir une raison.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, du <em>Guide du voyageur galactique<\/em> de Douglas Adams, je garde la folie, m\u00e9lange riche en couleurs de la science-fiction et de l\u2019humour british. Je me prom\u00e8ne souvent sur cette branche et j\u2019avoue que je garde en m\u00e9moire le g\u00e9n\u00e9rique du film<em> H2G2 the hitchhiker\u2019s guide to the galaxy<\/em>. \u00ab&nbsp;<em>So long and thanks for all the fish<\/em>&nbsp;\u00bb, pour les initi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Note : Je suis bien conscient que cette \u00ab&nbsp;sentimenth\u00e8que&nbsp;\u00bb rel\u00e8ve plus du trousseau de cl\u00e9s qui ont ouvert mon imaginaire que d\u2019un inventaire des sentiments que j\u2019ai d\u00e9couvert dans mes lectures, \u00e0 la fa\u00e7on tr\u00e8s \u00e9rudite de Patrick Chamoiseau. Je dois vous avouer que pour venir \u00e0 bout de cet exercice, je me suis tritur\u00e9 les m\u00e9ninges et que ces quelques lignes sont le r\u00e9sultat le plus honn\u00eate que j\u2019ai pu distiller. Pour ma d\u00e9fense, il faut dire que ma culture litt\u00e9raire manque de densit\u00e9. Je lis certaines de vos listes qui m\u2019\u00e9patent mais je n\u2019en nourris aucune introspection d\u00e9sagr\u00e9able. A dire vrai, ce qui m\u2019a amen\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture, c\u2019est plus l\u2019imagination que j\u2019ai arros\u00e9e \u00e0 l\u2019eau de plusieurs sources, autres que les monuments litt\u00e9raires que j\u2019ai lus et les sentiments que j\u2019y ai puis\u00e9s. Mais je l\u2019avoue, les r\u00e9servoirs de mon \u00e9nergie durable vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9criture manquent de contenance et de r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De tous les bouquins de Paul Auster, j\u2019ai gard\u00e9 le souvenir de cette voix qui me parle au plus profond de moi. J\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 Paul Auster mais je suis incapable de m\u2019\u00e9tendre sur ses livres. Il m\u2019a parl\u00e9 au creux de l\u2019oreille jusqu\u2019\u00e0 ce que j\u2019arr\u00eate par indigestion. 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