{"id":38069,"date":"2021-07-19T19:10:55","date_gmt":"2021-07-19T17:10:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=38069"},"modified":"2021-07-20T14:51:22","modified_gmt":"2021-07-20T12:51:22","slug":"p5-debandade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p5-debandade\/","title":{"rendered":"#P5 | D\u00e9bandade"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Rebrancher la machine. Retrouver le sens de l&rsquo;absurde et faire avec. Pas pleurer, surtout.<\/strong><\/em><br><br>\u00ab&nbsp;C&rsquo;est ta parole contre la sienne&nbsp;\u00bb Il n&rsquo;arr\u00eate pas de dire ces mots assassins. Et comment lui dire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, petite, d\u00e9j\u00e0 on ne me croyait pas&nbsp;? J&rsquo;ai un blanc. Impossible de me rappeler la chronologie des \u00e9v\u00e9nements. Je suis \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat. Je ne sais plus de quoi je devrais rendre compte. Aucune m\u00e9moire. Musel\u00e9e devant cette parole aboyante. J&rsquo;ai comme un \u00e9panchement de mou dans la t\u00eate. Il gagne du terrain, m&rsquo;engourdit. Je suis comme un animal traqu\u00e9, un cerf ayant perdu ses bois. Comme atteinte d&rsquo;une l\u00e9thargie. Perdu le chemin de la pens\u00e9e. Les mots patinent sur ma langue. Je regarde son cr\u00e2ne chauve puis m&rsquo;attarde sur sa nuque. Je me dis qu&rsquo;il veut me tuer. Je regarde le mur derri\u00e8re lui. Je prends possession du mur. Il est jaune poussin, c&rsquo;est une couleur qui n&rsquo;est pas appropri\u00e9e au bureau, voil\u00e0 ce que je me dis. Je fixe ce mur qui me rattache \u00e0 un semblant d&rsquo;existence. Ce mur que j&rsquo;examine minutieusement m&rsquo;amn\u00e9sie de sa nuque. Je reste muette.<br><\/p>\n\n\n\n<p><br><em><strong>Bouche haletante crachotant ce staccato venu impromptu. Et maintenant ininterrompu. Les m\u00eames mots encore et encore comme m\u00eame bande son dans corps roide. <\/strong><\/em><br><br>Il dit et se sont des absurdit\u00e9s, des mensonges. Debout, j&rsquo;\u00e9coute et je suis bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 ne pas r\u00e9pondre, ne pas entamer une discussion de plus et qui serait comme les autres, st\u00e9rile. Mais je ressens comme un sentiment d&rsquo;impuissance \u00e0 me contenir et la raison voudrait que je tourne les talons maintenant. Quitter la pi\u00e8ce sans plus attendre. Au plus vite avant que d&rsquo;\u00eatre entra\u00een\u00e9e sur une pente glissante, avant qu&rsquo;il ne soit trop tard. Je me le dis et me le r\u00e9p\u00e8te. Et dans cet instant, cet instant de lucidit\u00e9 voil\u00e0 que mon corps, lui veut autre chose. Il se raidit. Mes poings serr\u00e9s au fond de mes poches  s&rsquo;enfoncent encore. Jusqu&rsquo;\u00e0 d\u00e9chirer le tissu. Je suis aussi tendue qu&rsquo;un poil de crin sur son archet mais pour le moment, je tiens. Je crois. Il y a comme une dissonance entre ce que je me dis -toute mon attention est convoqu\u00e9e pour ne pas craquer- et ce qui se passe. Ma bouche absorbe la derni\u00e8re salive, mes l\u00e8vres sont pinc\u00e9es et quelque chose en moi se gonfle, respire fort et vite. Je sens la br\u00e8che s&rsquo;ouvrir. Il faut arr\u00eater cette perfusion destructrice de lui \u00e0 moi me dis-je encore. Et puis \u00e7a part. Incontr\u00f4lable, le flot de paroles&#8230;<br><br><br><br><br><br><br><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rebrancher la machine. Retrouver le sens de l&rsquo;absurde et faire avec. Pas pleurer, surtout. \u00ab&nbsp;C&rsquo;est ta parole contre la sienne&nbsp;\u00bb Il n&rsquo;arr\u00eate pas de dire ces mots assassins. Et comment lui dire qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, petite, d\u00e9j\u00e0 on ne me croyait pas&nbsp;? J&rsquo;ai un blanc. Impossible de me rappeler la chronologie des \u00e9v\u00e9nements. 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