{"id":39696,"date":"2021-07-18T20:19:09","date_gmt":"2021-07-18T18:19:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=39696"},"modified":"2021-08-12T18:02:10","modified_gmt":"2021-08-12T16:02:10","slug":"l4-sentimentheque-5","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-sentimentheque-5\/","title":{"rendered":"#L4 \/ Sentimenth\u00e8que"},"content":{"rendered":"\n<ul class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li>De&nbsp;<em>Mrs Dalloway<\/em>. Trois double-v. The Whirlpool of Woolf\u2019s Writing.&nbsp;Ou, en fran\u00e7ais, trois v. Le vortex des voix de Virginia. Une \u00e9criture creusant jusqu\u2019au vertige les v\u00e9rit\u00e9s de l\u2019\u00eatre, et o\u00f9 se noient les personnages. (Virginia Woolf et la traduction de Marie-Claire Pasquier)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\" type=\"1\"><li>De&nbsp;<em>Ph\u00e8dre.&nbsp;<\/em>La beaut\u00e9 du fran\u00e7ais est comme une \u00e9vidence, la noirceur effac\u00e9e par tant de transparence. Le lieu, plus que Tr\u00e9z\u00e8ne ou M\u00e9diterran\u00e9e, c\u2019est la langue absolue, une passion qui na\u00eet. (Jean Racine)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Des&nbsp;<em>Carnets de Malte Laurids Brigge<\/em>. Tenir sa langue. Pr\u00eater attention sans rel\u00e2che \u00e0 la complexit\u00e9 du monde, et t\u00e2cher de l\u2019exprimer. Travailler la forme jusqu\u2019au bout de la phrase pour que les mots de la beaut\u00e9 ou de la folie soient beaut\u00e9 ou folie, ou ombre, ou lumi\u00e8re (Rainer Maria Rilke, traduit par Claude David)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>De&nbsp;<em>Yellowflowers in the Antipodean Room<\/em>.&nbsp;D\u00e9poser sa peine dans les mains du lecteur, pas seulement lui confier, et l\u2019entra\u00eener tr\u00e8s loin, au fond de l\u2019autre et de lui-m\u00eame, ou d\u2019un autre lui-m\u00eame que les mots font (re)na\u00eetre dans des images ardentes diffract\u00e9es par les larmes. (Janet Frame)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Des&nbsp;<em>Fleurs du Mal<\/em>. Le mot se fait chair, sur la strophe velout\u00e9e les sons regorgent de parfums capiteux, l\u2019\u00e9criture et le rythme passent par le corps, jusqu\u2019\u00e0 la pourriture. (Charles Baudelaire)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Des&nbsp;<em>Citt\u00e0 invisibili<\/em>. L\u2019ordre dans lequel se succ\u00e8dent les villes visit\u00e9es par Marco Polo au cours de ses ambassades n\u2019est pas fix\u00e9 une fois pour toutes dans la m\u00e9moire de la lectrice, mais ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que leur construction soigneusement ordonn\u00e9e sur l\u2019atlas du Grand Kahn donne plus de sens \u00e0 la pierre comme au pont, \u00e0 chaque nouvelle lecture. (Italo Calvino)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>De\u00a0<em>Cit\u00e9 dolente<\/em>, trilogie. Je voudrais trouver la porte, le trou de serrure, la cloison coulissante, la fen\u00eatre qui donne tour \u00e0 tour acc\u00e8s \u00e0 la mat\u00e9rialit\u00e9 du pr\u00e9sent et \u00e0 la rem\u00e9moration des strates entrem\u00eal\u00e9es du temps. Or laquelle est la plus douloureuse\u00a0? Laquelle est la plus r\u00e9elle\u00a0? (Daniela Hodrov\u00e1, traduite par Catherine Servant)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>D\u2019Alvaro Mutis (traduit par Annie Morvan et Fran\u00e7ois Maspero), <em>La Neige de l&rsquo;amiral<\/em> et toutes les autres tribulations de Maqroll le Gabier. Pour garder \u00e0 niveau la ligne de flottaison, les r\u00e9cits n\u2019ont besoin ni d\u2019un d\u00e9but butoir, ni d\u2019une fin marqu\u00e9e, mais d\u2019\u00eatre travers\u00e9s par un humour baroque et par des personnages dont la vie se d\u00e9roule largement au large du r\u00e9cit.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Du&nbsp;<em>Docteur Jivago<\/em>. La fiction \u00e0 toute allure dans des paysages grandioses n\u2019interdit ni la th\u00e9orie, ni l\u2019histoire. (Boris Pasternak, traduit par on ne sait qui)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>De&nbsp;<em>White<\/em>. Un rythme. Sec et hach\u00e9 aux cinquanti\u00e8mes rugissants, \u00e0 vous donner le mal de mer. \u00c0 la vitesse du vent, et des fant\u00f4mes tournoyant sur la neige gel\u00e9e, siffle, griffe. Une \u00e9criture aux antipodes de la mienne. C\u2019est pour \u00e7a. (Marie Darrieussecq)<\/li><\/ul>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>D\u2019<em>Anachronismes<\/em>. Des noms communs, des noms propres, des verbes, des articles, des conjonctions, des listes, des histoires, pas d\u2019histoire, l\u2019hiver, sont des mots, sont des phrases, forment des sensations par accumulation, par juxtaposition, provoquent l\u2019\u00e9tonnement, provoquent mon dernier choc en date, encore en cours, tout neuf. (Christophe Tarkos).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-preformatted\">Il y a de grands absents, certains des livres qui ont le plus compt\u00e9 dans ma vie, quelques uns de mes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. Je les ai \u00e9cart\u00e9s au profit de ceux qui, me semble-t-il, ont jalonn\u00e9 mon parcours d\u2019\u00e9criture. Qui ne m\u2019ont pas forc\u00e9ment chang\u00e9e, moi, mais qui ont fait \u00e9voluer ma perception de la langue ou du r\u00e9cit, qui en ont \u00e9largi les possibilit\u00e9s. Ainsi, le Docteur Jivago plut\u00f4t que le Comte de Monte Cristo, Daniela Hodrov\u00e1 au lieu de Leo Perutz, et ni Cort\u00e1zar, ni le Grand Meaulnes, ni Sagan ou Kessel ou Pr\u00e9vert, ou Tempo di Roma, et pourtant, pourtant...<\/pre>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De&nbsp;Mrs Dalloway. Trois double-v. The Whirlpool of Woolf\u2019s Writing.&nbsp;Ou, en fran\u00e7ais, trois v. Le vortex des voix de Virginia. Une \u00e9criture creusant jusqu\u2019au vertige les v\u00e9rit\u00e9s de l\u2019\u00eatre, et o\u00f9 se noient les personnages. 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