{"id":40585,"date":"2021-07-23T13:08:11","date_gmt":"2021-07-23T11:08:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=40585"},"modified":"2021-08-02T11:28:04","modified_gmt":"2021-08-02T09:28:04","slug":"p5-fluctuat-et-mergitur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p5-fluctuat-et-mergitur\/","title":{"rendered":"# P5 Fluctuat et mergitur"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/reticulum.hypotheses.org\/files\/2020\/05\/D%C3%A9tail-du-tryptique-%C2%AB-Le-Jugement-dernier-%C2%BB-de-J%C3%A9r%C3%B4me-Bosch-Mus%C3%A9e-Groeninge-Bruges.-PXhere-CC-BY-SA.jpg\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Hieronymus Bosch Butt Music\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/__UsB-q4jqo\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Un d\u00e9chirement. Le cri retenu. Puis l&rsquo;\u00e9coulement soudain s&rsquo;\u00e9croulant sous les tripes quand s&rsquo;est \u00e9cart\u00e9e, vive \u00e9corch\u00e9e, ce qui s&rsquo;accrochait \u00e0 l&rsquo;existence comme la v\u00e9ritable et non seconde de ses peaux. Lorsque les possibilit\u00e9s, les attentes, et toutes les potentialit\u00e9s s&rsquo;\u00e9teignent car plus rien n&rsquo;existe d\u00e9sormais que l&rsquo;absolue certitude de ne plus surmonter l&rsquo;ombre de soi-m\u00eame \u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui hier encore \u2026 Ici les temporalit\u00e9s comme les conjugaisons se m\u00e9langent et participent de la frayeur.  Ce qui demain d\u00e9j\u00e0 croissait, dans les soubassements dont les fibres cimentaient l&rsquo;allant des projets f\u00e9brilement constitu\u00e9s dans l&rsquo;urgence des jours pass\u00e9s, la note et la musique de l&rsquo;ivresse de vivre, l&rsquo;abandon, la perte de la rengaine, l&rsquo;aspiration dans le plus obscur des pi\u00e8ges obscurs, les noieront au plus profond des abysses, o\u00f9 les t\u00e9n\u00e8bres les d\u00e9voreront en partage avec l&rsquo;oubli. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne commence pas tout de suite par les boyaux. Les yeux se souviennent les premiers de la couleur \u00e9vanescente du bonheur. Mais l&rsquo;outre d&rsquo;\u00c9ole dissipe ses effluves plus vite que ton nez n&rsquo;escompte en retenir le souvenir, Ulysse. Tu ne retrouveras pas Ithaque. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0 o\u00f9 la mer s&rsquo;enfuit, ton \u00e2me la suit. Il a cru \u00e0 la vie. Que le silence. Non, le bourdonnement de l&rsquo;absence \u2026 <\/p>\n\n\n\n<p>Sous l&rsquo;estomac le creuset creux (infiniment) accueille le plomb fondu des tripes en souffrance. Leurs anneaux constrictors sont mille serpents qui scellent le n\u0153ud du d\u00e9sespoir. Et cela palpite dans les tempes. L&rsquo;ultime secousse d&rsquo;une obsession cardiaque \u00e0 refuser l&rsquo;incompr\u00e9hensible peine \u00e0 la course. Le d\u00e9phasage de qui se retient aux secondes ant\u00e9rieurs et la torture lancinante d&rsquo;un mal de mer int\u00e9rieur. Barque qui tangue que l&rsquo;eau inonde, immonde. Elle chavirera, tu le sais. Crampes, naus\u00e9e, \u00e9vanouissements, hurlements, rien n&rsquo;y fait \u2026  <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;esprit aussi se d\u00e9m\u00e8ne pour \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;irr\u00e9m\u00e9diable dont le sourd tournoiement s&rsquo;abat sur la raison que cette chape enserre.<\/p>\n\n\n\n<p>La folie ou la mort ?&nbsp;Non, le pire est lucide. La mort est un secours qui ne le connait pas. Mais la peur force \u00e0 la lucidit\u00e9 qu&rsquo;un acharnement surhumain devait lib\u00e9rer. Les fous sont les plus forts, lui il sera faible. Vaincu, il glisse et succombe aux eaux f\u00e9tide du marasme. Il a confi\u00e9 aux d\u00e9combres les pr\u00e9misses de ce qu&rsquo;il aurait d\u00fb \u00eatre \u2026 \u00e0 jamais.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Codicille : Dur Artaud, qui connaissait sans doute davantage son sujet. Moi j&rsquo;\u00e9cris ici la plong\u00e9e physique aux portes d&rsquo;une d\u00e9pression fictive, que la solidit\u00e9 d&rsquo;un esprit croit contraindre. Inversion du probl\u00e8me habituel, la folie est per\u00e7ue comme le \u00ab rem\u00e8de \u00bb des esprits forts. La musique comme l&rsquo;image sont issus des enfers de J\u00e9rome Bosche. Il m&rsquo;a sembl\u00e9 que l&rsquo;introduction et le final de la version de spakling propos\u00e9e ici accompagnaient mieux que ma prose les ambiances de l&rsquo;expression du malaise totalisant que je cherchais \u00e0 d\u00e9peindre (qui me fait penser, sur un autre registre \u00e0 celle de Sartre, sans pr\u00e9m\u00e9ditation de ma part). L&rsquo;\u00e9tonnante l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 m\u00e9lodique qu&rsquo;elle encadre par ailleurs, beaut\u00e9 de contradiction avec l&rsquo;enfer est un myst\u00e8re fascinant qui m\u00e9rite bien d&rsquo;autres \u00ab d\u00e9plis \u00bb. J&rsquo;en ai modestement int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 mon texte la forme d&rsquo;une dimension nostalgique, avare pourtant de son expression. (https:\/\/www.diapasonmag.fr\/histoire\/le-cul-d-enfer-signe-jerome-bosch-sonne-enfin-32738?fbclid=IwAR09ICNAYTmoiuWv0mtihg95L0Fi8o_d_EOeF_PWvxpql8r3dDLp1P4kTpg.) <\/p>\n\n\n\n<p>Aucune apologie. Bien s\u00fbr. \u00ab La folie, la mort est un secours \u00bb :&nbsp;non, absolument pas. Phrases de styliste. L&rsquo;exercice le plus dur des durs, serait d&rsquo;expliquer pourquoi la vie reprend. Parce qu&rsquo;elle reprend,  (la plus importante des choses \u00e0 dire, ici entre parenth\u00e8ses drame de la communication) et que l\u00e0 r\u00e9side vraiment l&rsquo;inexplicable. Non pas dans le \u00ab marasme \u00bb ci-dessus d\u00e9crit mais dans sa densit\u00e9 pleine et enti\u00e8re, lorsque reprennent les m\u00e9lodies bris\u00e9es. Comme si de rien n&rsquo;\u00e9tait ?&nbsp;Plus fort ? Non, non. Je ne peux pas le savoir mais faut-il abandonner l&rsquo;exploit \u00e0 la litt\u00e9rature sp\u00e9cialis\u00e9e, psychologique ou philosophique et leurs vulgarisations \u00ab personnelles \u00bb ? \u2026 \u00c0 venir ? C&rsquo;est peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il est si difficile de ne pas \u00ab gnangnantiser \u00bb que toute litt\u00e9rature h\u00e9site autant sur le versant positif de l&rsquo;existence. Pourtant l&rsquo;amour, comme la mort, abonde dans toutes les chansons alors qu&rsquo;il me semble bien moins fort que la simple jouissance d&rsquo;exister, dont il est impossible de dissiper les variations. <\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu&rsquo;o\u00f9 fouiller pour retrouver ces exp\u00e9riences rares (mais l&rsquo;on me rassurera peut-\u00eatre) ? Dante, Gide, Whitman ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La Naus\u00e9e de Sartre \u00e9tait le d\u00e9calage irr\u00e9fragable que l&rsquo;on ne peut masquer parfaitement sans se duper \u00e0 nous-m\u00eame. Une volont\u00e9 d&rsquo;\u00eatre inconditionnelle pour une conscience qui n&rsquo;existe que par conditionnements fatalement in\u00e9vitablement insuffisants. Si la folie d&rsquo;Hamlet refuse de trancher entre l&rsquo;\u00eatre et le non-\u00eatre, celle de Sartre est de croire au bonheur et son impossibilit\u00e9 (l&rsquo;\u00eatre fait de non-\u00eatre), qu&rsquo;il faut chercher tant que la vie dure, parce que le monde et le bonheur des autres en d\u00e9pend, aussi fous soient-il. (Voir aussi certaines pages de l&rsquo;\u00catre et le N\u00e9ant auto-explicatives plus claires que le roman). Sa \u00ab folie \u00bb \u00e9tait donc litt\u00e9rature et possibilit\u00e9 de vivre. Dans son r\u00e9cit, c&rsquo;est une musique de Jazz qui incarne le retour de soi-m\u00eame au monde par la cr\u00e9ation artistique. <em>Some of this days, you&rsquo;ll miss me honey \u2026 <\/em>D\u00e9licieusement fragile et sautillant \u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Sophie Tucker - Some of These Days (1926)\" width=\"800\" height=\"600\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ijmpTlN3HRI\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un d\u00e9chirement. Le cri retenu. 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Lorsque les possibilit\u00e9s, les attentes, et toutes les potentialit\u00e9s s&rsquo;\u00e9teignent car plus rien n&rsquo;existe d\u00e9sormais que l&rsquo;absolue certitude de ne plus surmonter l&rsquo;ombre de soi-m\u00eame \u2026 Ce qui hier <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/p5-fluctuat-et-mergitur\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># P5 Fluctuat et mergitur<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":380,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2070,1,2463],"tags":[],"class_list":["post-40585","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pete-2021-progression","category-atelier","category-progression-5-artaud"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40585","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/380"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40585"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40585\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40585"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40585"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40585"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}