{"id":40718,"date":"2021-07-23T10:57:13","date_gmt":"2021-07-23T08:57:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=40718"},"modified":"2021-07-23T10:59:46","modified_gmt":"2021-07-23T08:59:46","slug":"l5-podolski-remix-matrice-n2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-podolski-remix-matrice-n2\/","title":{"rendered":"#L5 PODOLSKI REMIX (matrice n\u00b02)"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1.TEXTE SOURCE : une impro-remix de trois fragments de Sophie Podolski<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>Codicille 1 : En fin de proposition n\u00b0 4, je constatais : pas de femme dans ma \"matrice\" (je veux dire : aucun texte de femme dans ma \"matrice\") ! Aucun aucun, vraiment ? Et tandis que j'\u00e9tais perplexe et \u00e9pluchais un \u00e0 un les livres de ma bibli perso, \u00e0 la recherche d'au moins un texte de femme, un texte matrice, m'ayant port\u00e9, pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire : P_A_N !, il y a eu mon beau-fr\u00e8re, sortant par hasard de la bibli o\u00f9 il travaille (celle de Bruxelles, la royale) un coffret jaune reprenant, en fac simil\u00e9, quatre opus \u00e9crits \u00e0 la main, contenant des collages et des dessins compil\u00e9s dans les ann\u00e9es 70, et il me dit que peut-\u00eatre cela, ce coffret, je l'aimerais et je l'ouvre et je tombe, P_A_N !, sur Podolski, Sophie Podolski, Le pays o\u00f9 tout est permis de Sophie Podolski et je me dis voil\u00e0, \u00e7a (\u00e7a \u00e7a), \u00e7a, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 un texte matrice, un vrai de vrai, cette libert\u00e9 juste port\u00e9e par l'envie quasi animale d'\u00e9crire, juste \u00e9crire, sans se soucier de \"faire genre\" (po\u00e9sie, journal, th\u00e9\u00e2tre, etc.), cette esp\u00e8ce de vent frais se bornant \u00e0 noter, j'imagine en impro, les choses qui viennent \u00e0 l'esprit sans se pr\u00e9occuper du fait qu'une lectrice (ou qu'un lecteur) suive les m\u00e9andres logiques (ou illogiques) de ta caboche, oui oui et oui, \u00e0 l'\u00e9poque, milieu des ann\u00e9es 80, j'\u00e9tais jeune, tr\u00e8s tr\u00e8s jeune, \u00e7a a \u00e9t\u00e9, oui, quelque chose de l'ordre d'une matrice, comment ai-je pu l'oublier ? Improvisant alors, rien que pour moi, le texte source ci-dessous, compos\u00e9 au fur et \u00e0 mesure \u00e0 partir de trois fragments, trois syntagmes, trois mati\u00e8res minuscules tir\u00e9es de l'immense livre de l'immense Sophie Podolski. Pas d'autre choix (je pense), pour cette proposition n\u00b05, que de faire de ce texte improvis\u00e9 le texte source \u00e0 partir duquel creuser, d\u00e9placer plus avant l'\u00e9criture.<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>&amp; de bonnes mains lui ont d\u00e9lac\u00e9 les bottines &amp; nous \u2013 si bons si justes \u2013 lui avons servi la soupe &amp; il en prit trois assiett\u00e9es &amp; il ne leva pas les yeux &amp; nous ne lui montr\u00e2mes pas les dents &amp; nous lui sour\u00eemes &amp; nous ne lui montr\u00e2mes pas nos dents blanches &amp; parfaites &amp; nous lui parl\u00e2mes de nos dents &amp; nous lui demand\u00e2mes d&rsquo;en mesurer la largeur &amp; nos yeux d\u00e9bord\u00e8rent de bont\u00e9 &amp; de gr\u00e2ce &amp; nous \u00e9tions p\u00e9tris d&rsquo;amour du prochain &amp; il s&rsquo;assit en tailleur dos au mur &amp; il rumina quelque chose &amp; nous n&rsquo;y compr\u00eemes rien &amp; certains d&rsquo;entre nous hoch\u00e8rent la t\u00eate sans rien dire &amp; certaines d&rsquo;entre nous comprirent qu&rsquo;il ne servait plus \u00e0 rien de parler &amp; certaines plong\u00e8rent dans le silence &amp; certains dirent encore quelque chose &amp; d&rsquo;autres pens\u00e8rent qu&rsquo;il \u00e9tait illusoire de parler &amp; d&rsquo;autres les pens\u00e8rent &amp; le dire &amp; je dis quelle contradiction vous dites d\u00e9sormais il est illusoire de parler &amp; ce faisant vous parlez monocorde des heures &amp; des heures que c&rsquo;est dr\u00f4le que c&rsquo;est bouffon &amp; qui r\u00e9pliqua ? &amp; qui prit la peine ? &amp; nous dodelin\u00e2mes de la t\u00eate &amp; aucun d&rsquo;entre nous n&rsquo;enleva sa pelisse &amp; aucune d&rsquo;entre nous ne se mit torse nu &amp; quelques-uns s&rsquo;endormirent \u00e0 proximit\u00e9 du fourneau &amp; toutes nous su\u00e2mes sang &amp; eau &amp; le m\u00e9tal fut port\u00e9 au rouge &amp; nous craign\u00eemes de mourir &amp; certains affirm\u00e8rent que cette nuit ils mourraient &amp; certaines dirent qu&rsquo;elles voyaient l&rsquo;avenir &amp; certaines vir\u00e8rent au rouge puis j&rsquo;\u00e9cartai soigneusement du fourneau les petits enfants &amp; je dis qu&rsquo;il ne faudrait pas ajouter du malheur au malheur &amp; certains pleur\u00e8rent sur leur sort &amp; d&rsquo;autres pleur\u00e8rent sur le sort du monde &amp; cette nuit-l\u00e0 aucun de nous ne se lava la bouche &amp; cette nuit-l\u00e0 beaucoup p\u00e9rirent dans leur t\u00eate &amp; cette nuit-l\u00e0 joie joie &amp; joie pour tous ceux toutes celles qui s&rsquo;affair\u00e8rent autour de l&rsquo;aspirateur &amp; cette nuit-l\u00e0 joie joie &amp; joie pour toutes celles tous ceux qui \u00e9mirent des consid\u00e9rations &amp; tandis que nous parl\u00e2mes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e2mes ou aim\u00e2mes tandis que nous chass\u00e2mes d&rsquo;un souffle l\u00e9ger nos envies de meurtres &amp; de suie il rumina \u00e0 nouveau &amp; deux larmes coul\u00e8rent sur ses joues &amp; aucun d&rsquo;entre nous n&rsquo;y comprit quelque chose mais quelqu&rsquo;un \u00e9mit une hypoth\u00e8se quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que la vie \u00e9tait illusoire &amp; quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre dit non non &amp; non quelqu&rsquo;un dit \u00e7a n&rsquo;est pas \u00e7a pas du tout \u00e7a quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que l&rsquo;amour n&rsquo;existait pas &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il ne venait pas de dire \u00e7a quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire qu&rsquo;il ne croyait pas en la bont\u00e9 humaine &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que toute sa vie il s&rsquo;\u00e9tait comport\u00e9 comme un chien &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait comport\u00e9 apr\u00e8s moi les mouches &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que notre accueil l&rsquo;avait touch\u00e9 au c\u0153ur &amp; nous le pr\u00eemes dans nos bras &amp; nous le rass\u00e9r\u00e9n\u00e2mes &amp; il serra le poing sur le manche de son couteau &amp; il mit le doigt sur la g\u00e2chette &amp; certains dirent voil\u00e0 comment il vivait &amp; certaines se lev\u00e8rent &amp; certains entam\u00e8rent un petit pas de danse &amp; d&rsquo;autres coururent comme un chien autour de la table &amp; d&rsquo;autres saisirent d&rsquo;autres aux joues entre leurs crocs &amp; un peu de sang coula &amp; des fou-rires fus\u00e8rent &amp; nous fumes en joie \u00e0 nouveau en joie &amp; c&rsquo;\u00e9tait la meilleure des nuits possibles &amp; certaines le remerci\u00e8rent &amp; certains l&#8217;embrass\u00e8rent sur la bouche &amp; d&rsquo;autres pens\u00e8rent que nous vivions la meilleure de nos nuits &amp; d&rsquo;autres dirent que vivre toutes les nuits des nuits comme celle-ci \u00e9tait la meilleure des vies possibles &amp; certaines dirent redouter la lev\u00e9e du jour &amp; d&rsquo;autres pens\u00e8rent qu&rsquo;une nuit comme celle-l\u00e0 pouvait durer \u00e9ternellement &amp; il se leva &amp; il s&rsquo;\u00e9pousseta les fesses &amp; certains lui demand\u00e8rent tu fais quoi l\u00e0 &amp; d&rsquo;autres le retinrent par le bras &amp; il chercha la salle de bains &amp; il s&rsquo;y enferma &amp; nos sangs ne firent qu&rsquo;un tour &amp; certaines d\u00e9val\u00e8rent l&rsquo;escalier quatre \u00e0 quatre<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"514\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/prop_5_lise_sarfati.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40727\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/prop_5_lise_sarfati.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/prop_5_lise_sarfati-420x281.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>(c) lise sarfati<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>2.EXPANSION DU TEXTE SOURCE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>Codicille 2 : Puis ai tir\u00e9 des syntagmes de ma r\u00e9ponse \u00e0 la proposition 4, puis en ai tir\u00e9 d'autres de Podolski &amp; de V\u00e9ronique Bergen. Puis ai \u00e9crit improvis\u00e9 ce qui suit, laissant les syntagmes infuser. Diffuser dans le texte source leurs saveurs. Comme le ferait une \u00e9pice. C'est un essai d'\u00e9criture. Une tentative de faire langue. De trouver une fa\u00e7on de raconter pouvant, litt\u00e9ralement, tout rapporter. C'est une langue en devenir. Une fiction en devenir. \u00c7a plante un d\u00e9cor. \u00c7a pourrait \u00eatre un d\u00e9but. On verra. Bonne lecture \u00e0 toutes &amp; \u00e0 tous. Je croise les doigts pour que ce soit un peu lisible. Malgr\u00e9 le gros bloc. La pr\u00e9sentation en gros bloc. Je penserai plus tard \u00e0 la mise en page. On verra. Laisser les choses se faire comme par elles-m\u00eames. N'\u00eatre qu'un outil, qu'un lieu de passage gr\u00e2ce auquel l'histoire se fait. S'oublier un peu. Voil\u00e0 ce qui, pour l'instant, importe, je pense.<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>&amp; de bonnes mains lui d\u00e9lac\u00e8rent les bottines &amp; lui \u00f4t\u00e8rent les chaussettes tremp\u00e9es &amp; nous \u2013 les si bons les si justes \u2013 lui serv\u00eemes trois fois de la soupe &amp; certains y trouv\u00e8rent \u00e0 redire &amp; \u00ab\u00a0gaffe \u00e0 soupe chaude gaffe \u00e0 soupe chaude\u00a0\u00bb dirent celles &amp; ceux lui portant jusqu&rsquo;\u00e0 la bouche la soupe de l\u00e9gumes &amp; certaines se r\u00e9jouirent de l&rsquo;avoir parmi nous &amp; certains entam\u00e8rent un petit pas de danse &amp; il ne leva pas les yeux &amp; nous ne lui montr\u00e2mes ni les dents ni nos \u00e9tats d&rsquo;esprit &amp; certains voulurent l&#8217;embrasser sur la bouche &amp; d&rsquo;autres les repouss\u00e8rent parce qu&rsquo;il fallait raison garder &amp; certaines sortirent de leurs gaines leurs p\u00e9toires rouill\u00e9es charg\u00e9es au gros sel &amp; des coups bas vol\u00e8rent &amp; des mains fouill\u00e8rent des poches &amp; des articles de bouche disparurent &amp; on l&rsquo;accusa de s&rsquo;\u00eatre lev\u00e9 durant l&rsquo;altercation &amp; certains dirent que certains avaient des d\u00e9tours d&rsquo;esprit impossibles &amp; certaines dirent que certaines feraient bien de se taire avant d&rsquo;ouvrir la bouche &amp; nous lui sour\u00eemes de toutes nos dents &amp; nous lui montr\u00e2mes nos dentures parfaites \u2013 blanches &amp; parfaites &#8211; &amp; il fit comme si nous n&rsquo;existions pas demeurant assis en tailleur par terre dos au mur &amp; certains dirent que peut-\u00eatre nous n&rsquo;existions pas &amp; certaines dirent qu&rsquo;\u00e0 force de baigner dans la boue &amp; la bouse nous dev\u00eenmes un jour boue &amp; bouse sans nous en rendre compte &amp; des injures fus\u00e8rent &amp; des invitations \u00e0 se taire &amp; certains dirent que leur sang bouillait qu&rsquo;\u00e0 force d&rsquo;entendre certaines incapables de garder pour elles ces flux intenses de paroles folles leur sang bouillait &amp; ne faisait qu&rsquo;un tour &amp; \u00ab\u00a0gaffe au retour de balancier\u00a0\u00bb dirent-ils \u00ab\u00a0gaffe au retour de boomerang\u00a0\u00bb &amp; d&rsquo;autres ne se continrent plus &amp; d&rsquo;autres compt\u00e8rent leurs doigts &amp; d&rsquo;autres se laiss\u00e8rent \u2013 H_O_P ! \u2013 happ\u00e9s par leur couverture disparaissant pour toujours dans les plis de leur lit &amp; ne rest\u00e8rent pr\u00e8s de lui que celles &amp; ceux dont les yeux d\u00e9bordaient d&rsquo;amour &amp; ne rest\u00e8rent pr\u00e8s de lui que celles &amp; ceux dont les c\u0153urs d\u00e9bordaient de bont\u00e9 &amp; de gr\u00e2ce &amp; nous lui d\u00eemes que malgr\u00e9 nos dents larges &amp; \u00e9paisses nos c\u0153urs &amp; nos \u00e2mes \u00e9taient p\u00e9tries d&rsquo;amour &amp; du prochain &amp; nous lui d\u00eemes encore toute notre reconnaissance &amp; certains s&rsquo;inclin\u00e8rent devant lui &amp; d&rsquo;autres dirent qu&rsquo;il fallait se m\u00e9fier &amp; personne ne sut \u00e0 qui l&rsquo;on venait de s&rsquo;adresser &amp; \u00ab\u00a0bonheur fou d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 travers\u00e9 par tout ce qui me traverse\u00a0\u00bb lui dis-je le saluant trois fois &amp; \u00ab\u00a0bonheur fou d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 travers\u00e9e par autre chose que la boue &amp; la bouse\u00a0\u00bb lui dit-elle le saluant par trois fois &amp; certains voulurent lui toucher le bras lui t\u00e2ter le cuir &amp; palper le tissu de ses manches &amp; \u00ab\u00a0pas de \u00e7a\u00a0\u00bb dit-il ou ne dit-il pas dans un mouvement de recul ruminant quelque chose qu&rsquo;aucun de nous ne comprit &amp; \u00ab\u00a0qu&rsquo;a-t-il dit qu&rsquo;a-t-il dit\u00a0\u00bb demand\u00e8rent certains relevant la t\u00eate de leur paillasse &amp; \u00ab\u00a0on ne sait pas\u00a0\u00bb dirent d&rsquo;autres accroupis devant lui p\u00e9toires en main attendant qu&rsquo;il s&rsquo;endorme la bave aux l\u00e8vres &amp; \u00ab\u00a0retiens-toi\u00a0\u00bb dis-je \u00ab\u00a0ou cache ta joie\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0des fois on a les yeux qui brillent trop\u00a0\u00bb &amp; d&rsquo;autres se firent tout petits &amp; se turent tapis dans l&rsquo;ombre accroupis planqu\u00e9s derri\u00e8re les armoires p\u00e9toires en main coutelas entre les dents &amp; d&rsquo;autres argu\u00e8rent que tout cela ne m\u00e8nerait \u00e0 rien de rien d\u00e9sesp\u00e9rant d&rsquo;un jour ressortir au grand jour \u00e0 l&rsquo;air libre &amp; d&rsquo;autres s&rsquo;assirent dos au mur tout contre lui le remerciant d&rsquo;\u00eatre ce qu&rsquo;il \u00e9tait : une bouff\u00e9e d&rsquo;air frais une occasion de rena\u00eetre \u00ab\u00a0sans papa ni mama\u00a0\u00bb dirent-ils &amp; d&rsquo;autres encore hoch\u00e8rent la t\u00eate disant qu&rsquo;il ne servait \u00e0 rien de parler &amp; d&rsquo;autres d\u00e9sesp\u00e9r\u00e8rent de ne pas apprendre sa bouche de nouvelles nouvelles du monde &amp; \u00ab\u00a0pour une fois que l&rsquo;on tombe sur quelqu&rsquo;un\u00a0\u00bb dirent-ils &amp; la pluie tomba &amp; l&rsquo;on se f\u00e9licita d&rsquo;\u00eatre toutes &amp; tous vivants vivantes dans la vie &amp; l&rsquo;on se f\u00e9licita d&rsquo;avoir un toit &amp; certains scrut\u00e8rent la nuit comptant les \u00e9clairs &amp; certains s&rsquo;activ\u00e8rent &amp; nous parl\u00e2mes monocorde &amp; nous l&rsquo;hypnotis\u00e2mes &amp; aucun d&rsquo;entre nous n&rsquo;enleva sa pelisse &amp; aucune d&rsquo;entre nous ne se mit torse nu &amp; nous f\u00eemes semblant d&rsquo;\u00eatre \u00e0 nouveau de vieilles choses &amp; nous train\u00e2mes des pieds en savate nos couvertures sur le dos &amp; cela irrita certains \u00ab\u00a0dire que nous avions tr\u00e8s jeunes le go\u00fbt des chevauch\u00e9es &amp; des destins tendus\u00a0\u00bb dirent-ils &amp; \u00ab\u00a0que cela est dr\u00f4le\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0bouffon\u00a0\u00bb dirent-ils &amp; nous dodelin\u00e2mes de la t\u00eate berc\u00e9es par la longue nuit &amp; quelques-uns s&rsquo;endormirent \u00e0 m\u00eame le sol devant le fourneau &amp; toutes nous su\u00e2mes sous nos couvertures de laine &amp; le m\u00e9tal du fourneau fut port\u00e9 au rouge &amp; il fit chaud \u00e0 mourir &amp; certains se relev\u00e8rent en furie &amp; certaines dirent qu&rsquo;elles ne voulaient pas mourir idiotes &amp; d&rsquo;autres tra\u00een\u00e8rent leur couverture derri\u00e8re elles rejoignant les couloirs frais les devants de porte les devantures des appartements &amp; d&rsquo;autres brav\u00e8rent les dangers refusant de sortir pr\u00e9f\u00e9rant mourir ici asphyxi\u00e9s mais au chaud \u00e0 crever de froid comme des chiens &amp; certains dirent qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9crit que cette nuit on mourrait &amp; certaines opin\u00e8rent &amp; d&rsquo;autres dirent que peut-\u00eatre d\u00e9j\u00e0 nous \u00e9tions des corps morts flottant dans l&rsquo;air &amp; certains ne crurent plus \u00e0 l&rsquo;avenir &amp; je virai au rouge \u00e9cartant soigneusement du fourneau &amp; du po\u00eale le bras d&rsquo;un petit enfant &amp; je dis qu&rsquo;il fallait se reprendre \u00e9viter d&rsquo;ajouter du malheur au malheur &amp; je claquai huit \u00e0 dix fois des mains &amp; certains pleur\u00e8rent sur leur sort &amp; d&rsquo;autres d\u00e9plor\u00e8rent l&rsquo;\u00e9tat du monde &amp; cette nuit-l\u00e0 aucun ne se lava la bouche &amp; cette nuit-l\u00e0 certains p\u00e9rirent pour de bon dans leur t\u00eate &amp; d&rsquo;autres firent comme si rien n&rsquo;avait eu lieu &amp; d&rsquo;autres firent comme si rien n&rsquo;arriva passant leur temps devant l&rsquo;aspirateur \u00e9pluchant son mode d&#8217;emploi t\u00e2chant de comprendre comment le brancher &amp; ce fut joie joie &amp; joie pour tous ceux toutes celles qui s&rsquo;affair\u00e8rent autour du frigobox &amp; ce fut joie joie &amp; joie pour toutes celles tous ceux qui \u00e9mirent des consid\u00e9rations &amp; tandis que nous parl\u00e2mes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e2mes ou aim\u00e2mes tandis que nous \u00e9mirent des hypoth\u00e8ses sur les d\u00e9fauts des marchandises tandis que nous v\u00e9c\u00fbmes comme si c&rsquo;\u00e9tait au grand jour _P_A_N ! il rumina \u00e0 nouveau quelque chose &amp; deux larmes coul\u00e8rent sur ses joues &amp; aucun de nous ne le comprit &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire \u00ab\u00a0c&rsquo;est s\u00fbr\u00a0\u00bb que la vie \u00e9tait illusoire &amp; quelqu&rsquo;un dit non non &amp; non pas du tout \u00e7a pas du tout \u00e7a &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que l&rsquo;amour n&rsquo;existait pas ou qu&rsquo;il avait toujours cru que l&rsquo;amour n&rsquo;existait pas &amp; quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre dit que non &amp; qu&rsquo;il venait de dire qu&rsquo;il n&rsquo;avait jamais cru en la bont\u00e9 humaine &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que toute sa vie il s&rsquo;\u00e9tait comport\u00e9 comme un chien &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait comport\u00e9 toute sa vie apr\u00e8s moi les mouches &amp; quelqu&rsquo;un dit qu&rsquo;il venait de dire que notre accueil l&rsquo;avait touch\u00e9 au c\u0153ur &amp; nous le pr\u00eemes alors dans nos bras &amp; nous le serr\u00e2mes contre nos c\u0153urs &amp; certaines lui l\u00e9ch\u00e8rent les larmes &amp; d&rsquo;autres lui l\u00e9ch\u00e8rent la bouche regrettant de ne pas comprendre de n&rsquo;entendre \u00ab\u00a0rien de rien\u00a0\u00bb dirent-elles \u00e0 toutes ses paroles murmur\u00e9es dans le noir comme s&rsquo;il se parlait \u00e0 lui-m\u00eame comme si nous n&rsquo;existions pas \u00ab\u00a0ne l&rsquo;entourions pas de notre amour infini\u00a0\u00bb dirent-elles lui caressant la joue &amp; il se leva doigt sur la g\u00e2chette &amp; il se recula &amp; certains dirent na\u00effs na\u00efves regardez-le regardez-le na\u00efvet\u00e9 de croire en la paix perp\u00e9tuelle &amp; d&rsquo;autres secou\u00e8rent leurs cheveux longs flottant jusqu&rsquo;\u00e0 leur pantalon &amp; d&rsquo;autres \u00e9ruct\u00e8rent puis lui crach\u00e8rent \u00e0 la gueule &amp; d&rsquo;autres le menac\u00e8rent du doigt &amp; toutes &amp; tous nous lui prom\u00eemes un sale quart d&rsquo;heure &amp; je lui dis qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas sain que nous le gard\u00e2mes &amp; je lui fis remarquer nos p\u00e9toires point\u00e9es sur son c\u0153ur &amp; je lui montrai nos lames longues &amp; effil\u00e9es &amp; il courut comme un chien tout autour de la table &amp; nous f\u00fbmes hilares de voir ses yeux fous &amp; certains l&rsquo;imit\u00e8rent courant bras en l&rsquo;air dans les chambres les salons &amp; les salles de bains &amp; il prit la porte cherchant refuge quelque part sur le pallier &amp; certaines le cours\u00e8rent &amp; d&rsquo;autres hauss\u00e8rent les \u00e9paules se levant du sol \u00e9poussetant leurs fesses regardant dans le vide disant qu&rsquo;ils l&rsquo;avaient toujours su &amp; certains dirent qu&rsquo;on le savait pas vrai ? qu&rsquo;on le savait pas vrai ? qu&rsquo;il n&rsquo;y avait rien \u00e0 attendre de quelqu&rsquo;un dont la puanteur creva l&rsquo;air d\u00e8s qu&rsquo;il entra &amp; d&rsquo;autres dirent que de toute fa\u00e7on cela ne nous emp\u00eacherait pas un jour de rejoindre toutes &amp; tous le grand herbu &amp; l&rsquo;une d&rsquo;entre nous dit que le bambou ne lui r\u00e9ussissait pas &amp; l&rsquo;une d&rsquo;entre nous nous d\u00e9barrassa des plantes mortes &amp; l&rsquo;un d&rsquo;entre nous fit le m\u00e9nage passant la brosse \u00e0 d\u00e9faut de l&rsquo;aspirateur &amp; tous toutes tous nous entend\u00eemes les autres tambouriner &amp; p\u00e9rorer incitant l&rsquo;autre \u00e0 leur ouvrir lui promettant monts &amp; merveilles une vie saine &amp; drolatique une mort saine &amp; drolatique une morsure de chien \u00e0 la gorge &amp; nous f\u00fbmes en joie &amp; nous le remerci\u00e2mes d&rsquo;\u00eatre venu &amp; d&rsquo;\u00eatre entr\u00e9 dans nos vies &amp; certains lui dirent qu&rsquo;ils l&#8217;embrasseraient volontiers sur la bouche &amp; d&rsquo;autres dirent que ceci \u00e9tait une belle nuit la meilleure des nuits possibles &amp; d&rsquo;autres lui dirent qu&rsquo;il rangeraient leurs couteaux &amp; d&rsquo;autres dirent qu&rsquo;ils souhaitaient \u00eatre amis avec lui &amp; d&rsquo;autres descendirent l&rsquo;escalier quatre \u00e0 quatre rejoignant la cour craignant qu&rsquo;il sorte par la fen\u00eatre &amp; s&rsquo;enfuie par les toits &amp; mon sang ne fit qu&rsquo;un tour \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de le perdre&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"510\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Lise-Sarfati-10-768x510-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-40729\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Lise-Sarfati-10-768x510-1.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/Lise-Sarfati-10-768x510-1-420x279.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><figcaption>(c) lise sarfati<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>Codicille 3 : Pour les curieux &amp; curieuses : voici le lien vers la proposition 4 &amp; la matrice n\u00b01 :  <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-comment-perso-jai-appris-un-peu-a-ecrire-un-peu-en-lisant-beaucoup-episode-1-la-matrice\/\">https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l4-comment-perso-jai-appris-un-peu-a-ecrire-un-peu-en-lisant-beaucoup-episode-1-la-matrice\/<\/a><\/code><\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1.TEXTE SOURCE : une impro-remix de trois fragments de Sophie Podolski &amp; de bonnes mains lui ont d\u00e9lac\u00e9 les bottines &amp; nous \u2013 si bons si justes \u2013 lui avons servi la soupe &amp; il en prit trois assiett\u00e9es &amp; il ne leva pas les yeux &amp; nous ne lui montr\u00e2mes pas les dents &amp; nous lui sour\u00eemes &amp; nous <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-podolski-remix-matrice-n2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#L5 PODOLSKI REMIX (matrice n\u00b02)<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":40731,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[2071,2069,2462],"tags":[],"class_list":["post-40718","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2021-les-cycles","category-2021-faire-un-livre","category-livre-5"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40718","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/19"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=40718"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/40718\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/40731"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=40718"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=40718"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=40718"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}