{"id":41180,"date":"2021-07-24T21:04:50","date_gmt":"2021-07-24T19:04:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=41180"},"modified":"2021-07-25T12:44:23","modified_gmt":"2021-07-25T10:44:23","slug":"l5-beaute-beton-libre-et-puissant-cameleon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l5-beaute-beton-libre-et-puissant-cameleon\/","title":{"rendered":"#L5 |Beaut\u00e9, b\u00e9ton, libre et puissant cam\u00e9l\u00e9on"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-style-default\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/methode-times-prod-web-bin-86e8e778-ffe1-11e8-92e0-7fb8092617eb-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-41202\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/methode-times-prod-web-bin-86e8e778-ffe1-11e8-92e0-7fb8092617eb-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/methode-times-prod-web-bin-86e8e778-ffe1-11e8-92e0-7fb8092617eb-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/methode-times-prod-web-bin-86e8e778-ffe1-11e8-92e0-7fb8092617eb-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/methode-times-prod-web-bin-86e8e778-ffe1-11e8-92e0-7fb8092617eb.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Orion ? <\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\" style=\"border-color:#cccccc\"><blockquote class=\"has-text-color\" style=\"color:#700535\"><p>l&rsquo;\u0153uvre de la beaut\u00e9<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>#L3 L\u2019eau saisit tes mains. La fra\u00eecheur s\u2019en empare, un instant les s\u00e9pare de ton corps et les plonge dans l\u2019univers. L\u2019eau se saisit de la lumi\u00e8re qu\u2019elle appose sur tes mains en \u00e9cailles d\u2019or. Tes mains s\u2019adonnent \u00e0 l\u2019eau et se m\u00ealent l\u2019une l\u2019autre. Tes mains se retrouvent et s\u2019\u00e9treignent comme deux s\u0153urs qui s\u2019\u00e9taient perdues de vue, chacune pesant le poids de sa vie solitaire. Tes mains d\u2019eau retournent, couple de grands poissons cuivr\u00e9s, \u00e0 leur source. L\u2019eau r\u00e9pond \u00e0 l\u2019appel de l\u2019eau qui coule sur tes mains. L\u2019enveloppe de peau ne contient plus qu\u2019\u00e0 peine toute l\u2019eau qui fait te fait vivant, ton sang, ta chair, les cristaux de ta pens\u00e9e, le calcaire de tes os, la pierre \u00e9rod\u00e9e des r\u00eaves. Regarde&nbsp;: un filet d\u2019eau au sortir du long bec de cuivre courbe mord comme la br\u00fblure d\u2019un baiser le dos de ta main. Ce baiser perdure apr\u00e8s que l\u2019eau ruisselle et s\u2019empare des doigts et des paumes et coule dans la coupe de cuivre avec un bruit qui devient la fra\u00eecheur pour toi, pour la caravane. Il perdure quand tes mains sont s\u00e8ches, la lumi\u00e8re disparue. Il appelle aux retrouvailles nuptiales de la vraie pri\u00e8re. De l\u2019eau, tu as toujours \u00e9t\u00e9 aim\u00e9.&nbsp;<strong>L\u2019eau coule du balcon d\u2019une maison presque en ruine, mais les fleurs sont toujours neuves. Leurs couleurs se moquent de la guerre et de la d\u00e9solation, elles jouent dans le soleil comme des enfants dans un lac. Toi, tu passes en dessous, l\u2019esprit accapar\u00e9 par ton travail, par ta journ\u00e9e, par tes proches qui sont plus exigeants que tes ennemis, par le manque d\u2019argent, par l\u2019abondance de biens\u2026 Que sais-je\u2009? Et l\u2019eau tombe sur toi et te fait lever la t\u00eate. Elle touche le sommet de ton cr\u00e2ne. Elle glisse dans le dos de ta chemise. Tu cries. Tu te rappelles confus\u00e9ment que tu as cri\u00e9 un jour de retrouvailles avec l\u2019eau dont tu n\u2019as aucun souvenir. Tu cries vers les jardini\u00e8res et tu vois les fleurs et le visage d\u2019une femme qui les aime. Tu vois sa bouche faire O. Tu vois l\u2019eau qui goutte sur le trottoir dans un petite flaque d\u2019or et le reflet de la maison en ruine. Dans le tremblement du reflet, la fa\u00e7ade tient bon, elle s\u2019est attach\u00e9 le soleil de la fin de l\u2019apr\u00e8s-midi, comme un tablier. Et toi, tu es un instant cette fleur qu\u2019une main attentionn\u00e9e arrose une fois le jour. Tu fr\u00f4les l\u2019\u0153uvre de la beaut\u00e9 et son myst\u00e8re, en son milieu.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote class=\"has-text-color\" style=\"color:#700535\"><p>plus vrai que b\u00e9ton &amp; langues cam\u00e9l\u00e9onnes<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>#L2 <strong>Le sable se fige en b\u00e9ton. Les plages sont d\u00e9vor\u00e9es, les d\u00e9serts vid\u00e9s pour faire de la ville. Ils en sont sonn\u00e9s. Le quai sous les pieds est plus exotique pour ces deux-l\u00e0 que les marchandises qu\u2019on y d\u00e9barque. Toute l\u2019Afrique et l\u2019Europe en ballots, en caisses, en barils. Va et vient des dockers dos en \u00e9querre. \u00c7a parle toutes les langues et une seule&nbsp;: le sabir des ports de la M\u00e9diterran\u00e9e. Certains qui ont fini plus t\u00f4t perdent leur paye au bonto d\u2019un gamin hilare qui doit courir vite pour tricher autant. Ils s\u2019engagent prudemment vers le bateau. Un contact, gagn\u00e9 au jeu lui aussi, pendant les derni\u00e8res soir\u00e9es de la caravane. Un contact, pas deux. Le grand avance comme la derni\u00e8re tour debout \u00e0 l\u2019issue d\u2019une partie d\u2019\u00e9checs qui emm\u00e8ne les joueurs \u00e0 travers la nuit. Somnambulique. L\u2019autre le suit dans son ombre. Ses pupilles vives comme la braise dans la fente de ses yeux baiss\u00e9s. Chacun son bonto, faire passer la discr\u00e9tion pour de l\u2019humilit\u00e9, c\u2019est le tour que lui joue et il n\u2019est pas en \u00e9tat de courir.&nbsp;<\/strong>On sait quand on s\u2019embarque, on ne sait pas quand on part. <strong>Trois jours, dit le capitaine. Sabir d\u2019espagnol, de fran\u00e7ais et d\u2019arabe. Parlement de la M\u00e9diterran\u00e9e. Grossier v\u00eatement, \u00e9pais comme une cuirasse d\u2019accents crois\u00e9s, de mots m\u00eal\u00e9s de gestes qui disent la destination, la dur\u00e9e du voyage et le prix, mais dissimulent la langue maternelle, l\u2019origine, ce sexe b\u00e9ant d\u2019o\u00f9 ils sont sortis faibles avant d\u2019\u00eatre tremp\u00e9s \u00e0 l\u2019acier des chantiers navals. Les pavillons affichent bien une nationalit\u00e9. Mais les coques ne sont que des coquilles d\u2019emprunt pour prendre la mer. \u00c0 qui se fier\u2009? <\/strong>Le capitaine a un air \u00e0 partir sans eux le soir m\u00eame. Il exige des arrhes&nbsp;: cet \u0153il de tigre gros comme un vrai, mont\u00e9 en argent massif. <strong>Eye of the tiger\u2026 un accent des Indes s\u2019est invit\u00e9 comme il pointe vers la bague le doigt qui la veut<\/strong>. Cela peut lui suffire. Comment savoir\u2009? On ne peut pas savoir. Trois jours, peut-\u00eatre cinq, dit le capitaine devant leur h\u00e9sitation. <strong>La main tremble en \u00f4tant l\u2019anneau avec peine, il bute sur les jointures. Ses yeux pleins de fi\u00e8vre obstin\u00e9ment baiss\u00e9s, il murmure quelque chose \u00e0 la pierre. Le capitaine perd un instant de sa superbe et la m\u00e9fience repart de plus belle. A-t-il reconnu sous les tournures et les emprunts, la langue espagnole\u2009? On ne peut pas savoir.<\/strong> Trois jours. La bague s\u2019\u00e9change dans la poign\u00e9e de main. Il ne peut rien promettre. Trois jours \u00e0 tuer sans faire de mauvaises rencontres qui inverseraient la donne. Ils ne peuvent pas rester l\u00e0, c\u2019est certain. <strong>Pas d&rsquo;autre contact. Pas d&rsquo;autre deuxi\u00e8me chance. Son grand compagnon n\u2019est pas \u00e0 l\u2019abri des balles. S\u2019ils les retrouvent, ils flotteront comme des algues au fond de la mer, un bloc de b\u00e9ton aux pieds. Trois jours. Il se d\u00e9tourne \u00e0 regret de l\u2019horizon bleu. L\u2019autre respire plus largement. Trois jours. Deux nuits. Entre les blocs bleu\u00e2tres de la ville derri\u00e8re les remparts sto\u00efques dans le soir qui leur tombe dessus, ni trop loin du port, ni trop pr\u00e8s de la mer, ils s\u2019en vont perdre leurs propres traces.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote class=\"has-text-color\" style=\"color:#700535\"><p>le jeu puissant<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>#L1 Ils doivent arriver \u00e0 la mer. Le grand en a peur. Il a laiss\u00e9 entendre qu\u2019il ne l\u2019avait jamais vue. L\u2019autre, non&nbsp;: il ressemble \u00e0 Edmond Dant\u00e8s. Pas le genre \u00e0 trembler au bord du bassin. Pourquoi penser encore \u00e0 eux\u2009? Pourquoi ne pas les laisser filer\u2009? Ils font face \u00e0 la mer \u00e0 pr\u00e9sent. Le grand est cat\u00e9gorique. Sa peau n\u2019ira pas plus loin. Elle est sortie de l\u00e0 il y a tr\u00e8s longtemps, mais maintenant qu\u2019il voit le gris insondable sous l\u2019horizon, il s\u2019en souvient presque. Cette eau qui lui l\u00e8che les pieds&nbsp;: viens jouer avec moi viens jouer avec moi , la m\u00eame l\u2019irrigue en dedans. L\u2019autre soupir profond\u00e9ment, se lave les poumons. Le grand n\u2019en d\u00e9mord pas. Il faut faire le tour, faire le d\u00e9tour. Au mieux la peau longera le bassin et c\u2019est un assez long voyage qui tourne en rond sans jamais quitter la c\u00f4te d\u2019un c\u00f4t\u00e9 ou de l\u2019autre de la M\u00e9diterran\u00e9e et les os et le sang n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir sous le soleil devant l\u2019eau infatigable&nbsp;: viens jouer avec moi viens jouer avec moi. C\u2019est la peau qui d\u00e9cide qu\u2019on ne va pas au travers m\u00eame si on va plus loin. Faire le tour, faire le d\u00e9tour. Il sait assez de g\u00e9ographie pour croire la chose possible. Mais l\u2019autre et sa ruse en viendront \u00e0 bout. L\u2019autre et son urgence de quitter ces bords o\u00f9 il peut encore \u00eatre reconnu, nomm\u00e9. Il ne p\u00e8se plus que la moiti\u00e9 de son poids, mais la singularit\u00e9 de ses yeux le d\u00e9nonce aussi vite que les cicatrices cach\u00e9es sous son caftan. Pourquoi sauver ceux-l\u00e0\u2009? Pourquoi la m\u00e9moire ch\u00e9rit-elle ces deux-l\u00e0 apr\u00e8s des semaines de sable, de feu et de merveilles\u2009? Ils vont quelque part. Ils ne retournent ni \u00e0 la routine du d\u00e9sert ni \u00e0 l\u2019ordre immuable du cabinet m\u00e9dical encaustiqu\u00e9 d\u2019une petite ville de la province fran\u00e7aise. Ils vont traverser la petite eau. Ils vont cambrioler des villes de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Comment vont-ils monnayer leur travers\u00e9e cette fois\u2009? Probablement de la m\u00eame mani\u00e8re que la derni\u00e8re, avec le chef de la caravane&nbsp;: le grand en vendant sa force et l\u2019autre en jouant avec les voyageurs. Il \u00e9tait \u00e0 peine capable de se tenir sur ses jambes que d\u00e9j\u00e0 il lan\u00e7ait les d\u00e9s, acceptait toutes les parties de cartes, affrontait qui voulait aux dames, quadrillant le sable et disposant les noyaux d\u2019olive tr\u00e8s avant dans la nuit, laissant les voyageurs nus comme la main tandis que les siennes se couvraient de bagues. Aux chameliers, il rendait la moiti\u00e9 de leurs pertes, mais avec les voyageurs, il \u00e9tait sans piti\u00e9. Ils regardent la mer, mais sans voir un instant la m\u00eame chose. Il l\u2019aura emmen\u00e9 sur une plage pour lui faire \u00e9prouver la fin du sable et le commencement du sel, avant qu\u2019ils n\u2019embarquent. Sont-ils amis\u2009? Pourquoi cette question a-t-elle de l\u2019importance soudain\u2009? Non. Fr\u00e8res peut-\u00eatre. \u00c9trangement fr\u00e8res. Fr\u00e8res de secrets \u00e9chang\u00e9s sans une parole. Ils se tiennent. Une fois qu\u2019il raflait la mise, un joueur amer a dit&nbsp;: \u00ab\u2009Heureux au jeu\u2026\u2009\u00bb. Certains ont \u00e9voqu\u00e9 les \u00e9toiles et le diable. Mais l\u2019autre fron\u00e7ait les sourcils et les hypoth\u00e8ses s\u2019amenuisaient. Personne ne veut f\u00e2cher l\u2019homme-montagne. N\u2019emp\u00eache qu\u2019il a peur des petites vagues douces, viens jouer avec moi viens jouer avec moi et de ce qu\u2019elles peuvent bien transporter dans l\u2019ourlet d\u00e9licat de leur \u00e9cume, des tatouages de sel sur ses pieds aussit\u00f4t effac\u00e9s et redessin\u00e9s par la vague suivante, de cette respiration incessante plus large que la sienne. Il crie quand l\u2019autre lui tend un os de s\u00e8che, blanc comme une lame et l\u2019invite \u00e0 s\u2019en saisir. Que voit-il pour hoqueter de terreur comme un enfant qui se r\u00e9veille dans un mauvais r\u00eave\u2009? Son compagnon le calme de sa main bagu\u00e9e. Mais il rit doucement, c\u2019est certain. Et la fissure de son c\u0153ur grandit d\u2019autant. Un jour, on rit \u00e0 nouveau, au d\u00e9pourvu. Il a tellement fum\u00e9 du mauvais tabac des chameliers pour tromper la douleur que son rire lui creuse une caverne dans la poitrine. Mais il rit. <strong>Rien ne peut interrompre la partie perdue d\u2019avance qu\u2019il a engag\u00e9e contre la mort. Il joue ses organes, il joue son c\u0153ur, ses larmes, sa chair, livre apr\u00e8s livre, son sang rose. Combien de temps cela peut-il encore durer ? Combien de temps le d\u00e9sir de revanche peut-il se substituer \u00e0 un foie en \u00e9tat de marche ? Il a entourloup\u00e9 le diagnostique de l\u2019homme de l\u2019art en se remettant sur pieds, il a fait mentir tous les livres. Mais la mort n\u2019est pas la m\u00e9decine. Ils jouent \u00e2prement sous un arbre toujours vert. Elle ne retient pas ses coups, mais il feinte et esquive avec art, admettons-le, Messieurs de l\u2019Acad\u00e9mie\u2026 Les voil\u00e0 au bord de la mer. Un bateau part cette nuit qui les emm\u00e8nera de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e et de l\u00e0, il mettra le monde en ordre de beaut\u00e9, avec sa ruse et la force de ce fr\u00e8re, bloc de confiance aveugle \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default\"><blockquote class=\"has-text-color\" style=\"color:#700535\"><p>figure libre<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>#L3 Beau visage. Beau. Soleil rouge. Rouge et bleu. Beau visage. <strong>Vue du ciel. L\u2019\u0153il-oiseau, ailes immobiles, tourne, tourne, tourne, plane dans les courants. Rouges et bleus. Sourcils, ombres de nuages. Sente \u00e9troite du nez&nbsp;: un pied de fourmi apr\u00e8s l\u2019autre jusqu\u2019aux grottes d\u2019un dragon. Rouges et bleues. Inspire et le paysage s\u2019asphyxie. L\u2019oiseau aspir\u00e9 descend en torche, s\u2019engouffre. Expire et le monde se d\u00e9ploie selon l\u2019oiseau pris dans l\u2019air chaud, trait de feu vers le ciel. Rouge et bleu.&nbsp; D\u2019en haut, les l\u00e8vres, lacs de sang sous la glace br\u00fbl\u00e9e, secret de l\u2019\u00eele blanche des dents, l\u2019arbre cass\u00e9 de la m\u00e2choire, le bivouac des tempes o\u00f9 br\u00fble un feu rouge et bleu, la for\u00eat de racines noires. L\u2019\u0153il-oiseau tournoie. Ivre. Ivre vif. Rouge et bleu.<\/strong> Dans la t\u00eate, tout est lent. Lent mais pas rien. <strong>Ou trop fort. Trop de couleurs ensemble. \u0152il-mouche \u00e0 mille facettes et borgne d\u2019un coup. Beaucoup ou trop peu, jamais rien. Mais la bouche, la bouche garde tout pour elle dans la salive. Il ne faut pas dire Beau visage.<\/strong> Trop\u2026 personnel. Il ne faut pas personnel, il ne faut pas toucher le beau visage tout bleu, tout rouge. Toucher avec les yeux.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l&rsquo;\u0153uvre de la beaut\u00e9 #L3 L\u2019eau saisit tes mains. La fra\u00eecheur s\u2019en empare, un instant les s\u00e9pare de ton corps et les plonge dans l\u2019univers. L\u2019eau se saisit de la lumi\u00e8re qu\u2019elle appose sur tes mains en \u00e9cailles d\u2019or. Tes mains s\u2019adonnent \u00e0 l\u2019eau et se m\u00ealent l\u2019une l\u2019autre. 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