{"id":41306,"date":"2021-07-25T11:27:36","date_gmt":"2021-07-25T09:27:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=41306"},"modified":"2021-07-25T16:38:17","modified_gmt":"2021-07-25T14:38:17","slug":"l3-pot-de-depart-moment-de-convivialite-partage-entre-collegues","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/l3-pot-de-depart-moment-de-convivialite-partage-entre-collegues\/","title":{"rendered":"#L3 | Pot de d\u00e9part, moment de convivialit\u00e9 partag\u00e9 entre coll\u00e8gues"},"content":{"rendered":"\n<p>Je vais quand m\u00eame prendre des viennoiseries et du caf\u00e9, et envoyer un mail pour leur proposer de venir dans mon bureau partager \u00ab un moment de convivialit\u00e9 entre coll\u00e8gues, l\u2019occasion de se dire au-revoir\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas parce que je suis content de partir et de ne plus voir toutes ces t\u00eates de con que je ne dois pas \u00eatre poli et dire au revoir. Mais \u00e7a me p\u00e8se. Je n\u2019arrive m\u00eame pas tout \u00e0 fait \u00e0 me dire que c\u2019est la fin du calvaire. Le seul truc que je me dis, c\u2019est que certains d\u2019entre eux vont quand m\u00eame me manquer. Ce ne sont quand m\u00eame pas tous des t\u00eates de cons. Mais enfin, il y en a pas mal. Et puis inviter des coll\u00e8gues \u00e0 passer dans le bureau, \u00e7a devrait peser sur les nerfs de mes coll\u00e8gues de bureau et \u00e7a, \u00e7a me r\u00e9jouit un peu. Comme je n\u2019ai rien annonc\u00e9, je ne devrais pas avoir droit au discours de d\u00e9part devant tout le service, surtout \u00e9nonc\u00e9 par mon chef ador\u00e9. Abhorr\u00e9. C\u2019est dingue d\u2019avoir deux mots aussi proches phon\u00e9tiquement pour deux id\u00e9es aussi contraires. Allez, c\u2019est bient\u00f4t fini. Fini d\u2019\u00eatre sermonn\u00e9 comme un gamin qui a fait une grosse b\u00eatise, qui n\u2019a pas voulu faire plaisir \u00e0 papa, fini les \u00ab\u00a0tes agents, c\u2019est comme tes gosses, il faut tout le temps \u00eatre sur leurs dos\u00a0\u00bb, fini les moments o\u00f9 il refait les calculs \u00e0 la main pour me mettre le nez dans mon caca alors que l\u2019erreur vient de la formule Excel, fini les vexations, les humiliations, les gonflements de pectoraux, la pose parce qu\u2019il ne sait pas o\u00f9 il a pos\u00e9 sa Rolex, les repas ostensiblement l\u00e9gers, les plaintes parce qu\u2019il ne peut pas aller \u00e0 ses entra\u00eenements de Krav Maga, menace \u00e0 peine voil\u00e9e, mention \u00e0 peine dissimul\u00e9e de sa capacit\u00e9 \u00e0 potentiellement de te casser la gueule. Tout \u00e7a, ce sera fini ce soir. Ce n\u2019est pas le moment de repenser \u00e0 tous les coll\u00e8gues qu\u2019il a convaincu de mon incomp\u00e9tence plut\u00f4t que de la sienne et qu\u2019il m\u2019a mis \u00e0 dos. Ce n\u2019est vraiment pas le moment de penser \u00e0 \u00e7a. Ni \u00e0 sa belle-s\u0153ur qu\u2019il envisageait de placer \u00e0 mon poste. Ni au manque de soutien de ma ch\u00e8re \u00e9quipe alors que je me tapais tout le boulot p\u00e9nible, inint\u00e9ressant, parce que je ne voyais pas comment faire pour leur demander de faire des trucs aussi nuls et inutiles et pour qu\u2019ils n\u2019aient pas l\u2019impression d\u2019\u00eatre trop command\u00e9s, alors que je les d\u00e9fendais en r\u00e9union quand ils faisaient des erreurs alors que j\u2019\u00e9tais moins pay\u00e9 qu\u2019eux. \u00a0Pas le moment de penser au changement dans leur regard quand j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accepter le poste. Ni \u00e0 ceux qui m\u2019ont clairement dit que je serai incomp\u00e9tent. Bon sang, je suis content de partir, mais il y a quand m\u00eame cette derni\u00e8re journ\u00e9e \u00e0 g\u00e9rer. Je passe \u00e0 la cantine, je demande deux thermos de caf\u00e9, un d\u2019eau chaude pour le th\u00e9, et deux douzaines de viennoiseries. \u00c7a me co\u00fbte quand m\u00eame 20 balles. 20 balles pour des trous de balles. Bravo pour le jeu de mot. Pourvu qu\u2019on ne me demande pas de discours. Je devrais dire merci. Je me trouverais dans l\u2019obligation de remercier. Merci pour quoi\u00a0? Pour les insomnies\u00a0? Pour le doublement de ma consommation de bi\u00e8re\u00a0? Pour m\u2019avoir fait perdre mes illusions sur le monde professionnel\u00a0? C\u2019est vrai que je pourrais au moins leur dire merci pour \u00e7a. Je les mets tous dans le m\u00eame sac, mais c\u2019est quand m\u00eame un peu plus compliqu\u00e9 que \u00e7a. Je n\u2019ai pas vraiment envie de croiser personne dans l\u2019ascenseur, dans le couloir. Laissez-moi encore quelques secondes avant d\u2019enfiler mon visage de bonne humeur. D\u2019ailleurs, pas trop de bonne humeur, j\u2019imagine qu\u2019il faut aussi faire sembler de montrer qu\u2019on est un peu triste de partir. L\u2019ascenseur s\u2019ouvre. Allez, on y va. \u00ab\u00a0Salut\u00a0! Salut\u00a0! \u00c7a va\u00a0? Et oui dernier jour, tu passeras prendre un caf\u00e9 dans le bureau\u00a0? Je vais envoyer un mail \u00e0 tout le monde.\u00a0\u00bb En fait, j\u2019esp\u00e8re que tu ne viendras pas avec ton faux sourire, et ton obstination \u00e0 vouloir coller \u00e0 l\u2019image que tu te fais de la coll\u00e8gue parfaite, mais je ne peux pas te le dire, surtout qu\u2019en souriant comme je le fais, je suis hypocrite que toi\u00a0!\u00a0\u00ab\u00a0Allez \u00e0 tout \u00e0 l\u2019heure.\u00a0\u00bb Le bureau est ferm\u00e9, je suis le premier, je dois \u00eatre le premier. Les cl\u00e9s, pas facile \u00e0 attraper au fond de mes poches avec les viennoiseries, les thermos, \u00e7a y est. J\u2019ouvre la porte\u2026. Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ces trucs roses qui pendent du plafond\u00a0? Qu\u2019est-ce que c\u2019est que ces conneries\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>Hier, avant de partir, j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 S\u00e9bastien de me pr\u00eater les cl\u00e9s du bureau qu\u2019il partage avec Jean, Jean-Luc, Alina, Hester V\u00e9ronique D. et V\u00e9ronique B. Et M\u00e9lodie, la stagiaire. Et Idriss mais qui n\u2019est pas l\u00e0, tout le temps, que les vendredis, les autres jours il est \u00e0 Compi\u00e8gne. S\u00e9bastien m\u2019a donn\u00e9 les cl\u00e9s, mais j\u2019ai d\u00fb lui expliquer que je voulais organiser une surprise pour le d\u00e9part de Jean-Luc, il a eu l\u2019air surpris, mais il a souri en disant que c\u2019\u00e9tait sans doute une de mes meilleures id\u00e9es. Il \u00e9tait tellement surpris qu\u2019il est parti en riant. Ce matin, je me suis lev\u00e9e plus t\u00f4t. Il n\u2019y avait pas grand monde dans le m\u00e9tro et heureusement parce que j\u2019ai pein\u00e9 \u00e0 me trimballer les deux cakes, celui \u00e0 la banane, l\u2019autre aux pruneaux, les bols, les bonbons, la bombonne d\u2019h\u00e9lium, les ballons et les confettis. D\u2019ailleurs je ne sais pas ce que je vais faire de tout \u00e7a \u00e0 la fin de la journ\u00e9e, surtout de la bombonne d\u2019h\u00e9lium. Il faudra que je demande \u00e0 S\u00e9bastien o\u00f9 est-ce que je dois la jeter, il doit savoir \u00e7a, lui. J\u2019ai gonfl\u00e9 tous les ballons, et j\u2019ai attach\u00e9 des rubans roses \u00e0 chacun d\u2019eux. Parce que sinon, c\u2019est compliqu\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer tous les ballons. Le plafond est haut, \u00e7a fait un effet bizarre, on voit surtout les rubans qui pendouillent quand on entre dans la pi\u00e8ce, mais l\u2019effet est g\u00e9nial quand on l\u00e8ve les yeux avec toutes ces couleurs. J\u2019ai plac\u00e9 les drag\u00e9es aux amandes et les dragibus dans des bols, les cakes sur des assiettes, je les ai d\u00e9coup\u00e9es. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 me chercher un caf\u00e9, le temps que les coll\u00e8gues arrivent (je leur avais envoy\u00e9 un mail pour leur dire de venir un peu plus t\u00f4t, on n\u2019est pas tous l\u00e0, on est presque tous le service&nbsp;!)&nbsp;et \u00e0 9h25, V\u00e9ronique B., non\u2026 V\u00e9ronique D. a ferm\u00e9 la porte du bureau de l\u2019int\u00e9rieur. \u00c7a m\u2019a demand\u00e9 pas mal de boulot, mais Jean-Luc le m\u00e9rite tellement. C\u2019\u00e9tait tellement un chouette coll\u00e8gue. Toujours souriant, toujours la p\u00eache, opini\u00e2tre, qui n\u2019a jamais rien l\u00e2ch\u00e9, m\u00eame dans les moments difficiles. Il a eu une p\u00e9riode difficile, assez longue d\u2019ailleurs, o\u00f9 on voyait bien qu\u2019il \u00e9tait tendu. Mais il a tenu, il s\u2019est accroch\u00e9, il a abattu un travail monstrueux. On va le regretter. Et je crois qu\u2019il va nous regretter aussi. \u00ab&nbsp;Chut chut chut&nbsp;! Je crois qu\u2019il arrive.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Aujourd\u2019hui, nous sommes tous r\u00e9unis en l\u2019honneur de Jean-Cul&nbsp;!&nbsp;\u00bb D\u00e9conne pas&nbsp;! Tu ne peux pas l\u2019appeler Jean-Cul devant tout le monde, tu es chef de service. Pardon, seigneur&nbsp;; il doit avoir ces raisons pour \u00eatre comme il est, mais je ne pense pas qu\u2019il m\u00e8ne sa vie comme il faudrait la mener. \u00c0 son \u00e2ge, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 trois gamins et j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 cat\u00e9gorie A, sans passer les concours, juste parce que j\u2019\u00e9tais bon. Et je ne tirais pas une tronche de trois pieds de long quand j\u2019arrivais au bureau. \u00c7a ne sera pas une grosse perte pour le service. On va enfin pouvoir bosser. Wouhou&nbsp;! Bosser-bosser&nbsp;! Les dossiers-dossiers&nbsp;! D\u2019ailleurs, remets-toi \u00e0 ton discours, \u00e9vacue \u00e7a vite, que tu puisses passer \u00e0 des trucs int\u00e9ressants. Donc Jean-Luc (et non pas Jean-Cul, je vais dire Jean-Cul, c\u2019est s\u00fbr, je vais dire Jean-Cul, mon Dieu, il ne faut pas que je dise Jean-Cul, mais je sens que je vais dire Jean-Cul\u2026) Jean-Luc est arriv\u00e9 dans le service un premier avril, et contrairement \u00e0 ce qu\u2019on pourrait croire, ce n\u2019\u00e9tait pas un poisson d\u2019avril&nbsp;! \u00c7a s\u2019est bien, c\u2019est une petite blague gentille, si c\u2019est gentil, \u00e7a passe&nbsp;! Je vais passer pour un chef qui a de l\u2019humour, et lui aussi il a de l\u2019humour, avec sa t\u00eate de panda sous Prozac, c\u2019est un pince sans rire&nbsp;! Ensuite, faire l\u2019historique des dossiers qu\u2019il a men\u00e9 \u00e0 bien. \u00c7a, \u00e7a va \u00eatre rapide, je vais en rajouter quelques-uns auxquels il a particip\u00e9, dire qu\u2019il a bien assur\u00e9 la continuit\u00e9 du p\u00f4le dont il \u00e9tait responsable, \u00e7a ne mange pas de pain, et lui souhaiter bonne chance pour son avenir professionnel. Et je lui demande de nous dire quelques mots. Comme il n\u2019a s\u00fbrement rien pr\u00e9vu comme d\u2019habitude, \u00e7a ne sera pas long. Et voil\u00e0&nbsp;! Bon vent Jean-Cul&nbsp;! Discours, plus un caf\u00e9 pendant qu\u2019il sort ces niaiseries, plus manger un truc, un quart d\u2019heure, vingt minutes. Et ensuite&nbsp;: bosser-bosser&nbsp;! Les dossiers-dossiers&nbsp;! Il est 10h30, j\u2019y vais et je fais \u00e7a vite. \u00ab&nbsp;Salut \u00e0 tous&nbsp;! Salut&nbsp;! Oh c\u2019est g\u00e9nial tous ces ballons&nbsp;! Il faudra les enlever apr\u00e8s, hein&nbsp;! Je ne pense pas que ce soit tr\u00e8s \u00ab&nbsp;protocole de s\u00e9curit\u00e9-incendie&nbsp;\u00bb&nbsp;! il ne faudrait pas qu\u2019on se fasse gronder par les pompiers&nbsp;! Hahaha&nbsp;! Alors o\u00f9 est le roi de la f\u00eate&nbsp;? Il est l\u00e0&nbsp;! Comme le veut la tradition et en tant que chef de service, j\u2019ai pr\u00e9par\u00e9 un petit discours. Aujourd\u2019hui, nous sommes tous r\u00e9unis en l\u2019honneur de Jean-Luc. Jean-Culuc (bien rattrap\u00e9, merci mon Dieu&nbsp;!) est arriv\u00e9 dans le service un premier avril, et contrairement \u00e0 ce qu\u2019on pourrait croire, \u00e7a n\u2019\u00e9tait pas un poisson d\u2019avril&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est surr\u00e9aliste. On n\u2019arrive presque pas \u00e0 se voir avec tous ces rubans qui nous pendent sur le visage, sur la t\u00eate, qui nous asticotent le nez et les oreilles, c\u2019est comme si on voulait nous faire des chatouilles pour \u00eatre bien s\u00fbr qu\u2019on ait le sourire, comme si on redoutait que \u00e7a parte en vrille, que Jean-Luc, qui n\u2019a plus rien \u00e0 perdre, l\u00e2che ses quatre v\u00e9rit\u00e9s \u00e0 tout le monde. Heureusement qu\u2019on est le matin, heureusement qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019alcool&nbsp;! Caroline a install\u00e9 du rose partout, les bols sont roses, les assiettes en carton sont roses, les serviettes sont roses, les gobelets sont roses. La couleur de l\u2019amour. De l\u2019amour entre coll\u00e8gues, ce truc qui n\u2019existe pas, ou en tout cas, pas vraiment. Pas ici, c\u2019est s\u00fbr. Et les ballons de toutes les couleurs au plafond, un arc-en-ciel de bonheur au travail. Le tout dans une ambiance de guimauve, d\u2019oursons en g\u00e9latine. Pour un peu, on pourrait croire qu\u2019elle a vaporis\u00e9 un parfum d\u2019int\u00e9rieur au bubble gum. \u00c7a part \u00e9videmment d\u2019une bonne intention, je crois d\u2019ailleurs que Jean-Luc \u00e9tait un des rares \u00e0 appr\u00e9cier sinc\u00e8rement Caroline, mais qu\u2019est-ce que c\u2019est g\u00eanant&nbsp;! Tout est g\u00eanant. Que Caroline ne se soit pas rendu compte du contexte du d\u00e9part de Jean-Luc. Ce n\u2019est pas tellement une surprise, Caroline ne se rend jamais compte, et quelque part c\u2019est un peu rassurant. Mais l\u00e0&nbsp;! Tout le monde joue le jeu. En fait, je ne suis m\u00eame pas s\u00fbre que tout le monde joue le jeu. Comment d\u00e9crypter les sourires&nbsp;? S\u00e9bastien se marre de la situation, jouit de savoir qu\u2019on a fait \u00e0 Jean-Luc la pire surprise qui soit, jouit du malaise des autres, comme d\u2019habitude. Certains sourient, soulag\u00e9s de voir partir Jean-Luc, parce que ce n\u2019\u00e9tait vraiment pas tr\u00e8s agr\u00e9able de travailler avec quelqu\u2019un qui r\u00e9pondait toujours que ce n\u2019\u00e9tait pas possible, et qui ne semblait pas se mettre en quatre comme il aurait d\u00fb pour ouvrir des possibilit\u00e9s, comme si Jean-Luc \u00e9tait informaticien ou l\u00e9gislateur ou magicien. Ceux-l\u00e0 qui disaient que Jean-Luc ne voulait pas et que c\u2019\u00e9tait p\u00e9nible qu\u2019il fasse la tronche. Ceux-l\u00e0 qui ont toujours consid\u00e9r\u00e9 que c\u2019\u00e9tait Jean-Luc le probl\u00e8me parce qu\u2019il apportait les mauvaises nouvelles, parce qu\u2019il ne fantasmait pas des proc\u00e9dures de travail mais restait coller \u00e0 ce qui est possible. Les autres, comme Jean-Luc, sourient jaune, rouges de malaise. Quel malaise&nbsp;! Qu\u2019est-ce que je suis g\u00ean\u00e9e, pour lui, comme pour tout le monde. Et le comble, c\u2019est le discours de Laurent, qui manque de l\u2019appeler Jean-Cul et encha\u00eene avec sa blague de merde qui fait rire toute l\u2019\u00e9quipe et Jean-Luc y compris, qui ne peut pas faire autrement. Le protocole et l\u2019hypocrisie. Et ils font faire un discours, pour \u00eatre s\u00fbrs de parachever l\u2019humiliation. Et il va \u00eatre oblig\u00e9 de dire merci. On a tous \u00e9crits un mot sur la carte&nbsp;: en gros, on souhaite, bonne continuation, bon vent, ces conneries. Moi aussi, j\u2019ai \u00e9crit un truc de ce genre. Ce que je voudrais te dire Jean-Luc, c\u2019est que ce n\u2019est pas grave. Ce n\u2019est qu\u2019un boulot et on n\u2019a pas le choix, il faut faire bouillir la marmite. Certes, tu n\u2019\u00e9tais peut-\u00eatre pas tr\u00e8s comp\u00e9tent, mais tu t\u2019es accroch\u00e9, et en m\u00eame temps quand le boulot consiste \u00e0 faire des trucs aussi r\u00e9p\u00e9titifs et inint\u00e9ressants, sans substance, c\u2019est difficile d\u2019\u00eatre comp\u00e9tent. Tu \u00e9tais le fusible et on a tout fait pour le faire sauter. Maintenant on va se d\u00e9merder. On ne s\u2019est pas beaucoup parl\u00e9, mais ce que je retiendrai de toi, c\u2019est quand tu nous parlais des livres de chevalerie que tu lisais. Mais les chevaliers aujourd\u2019hui gagnent bien mal leur cro\u00fbte et beaucoup se retrouvent comme toi, devant des tableaux Excel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je vais quand m\u00eame prendre des viennoiseries et du caf\u00e9, et envoyer un mail pour leur proposer de venir dans mon bureau partager \u00ab un moment de convivialit\u00e9 entre coll\u00e8gues, l\u2019occasion de se dire au-revoir\u00a0\u00bb. 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